Naissance des coeurs de pierre – Roman ado/adulte

NaissanceNaissance des cœurs de pierre

Antoine Dole
Actes Sud Junior (2017)
*****

On suit deux histoires en parallèle.

Celle de Jeb, jeune garçon de 12 ans, qui vit dans le Nouveau Monde. Un monde où l’on a éradiqué toutes les émotions (grâce à des camisoles chimiques), émotions qui étaient la source de tous les problèmes et de la chute de l’Ancien Monde.

Parallèlement donc, on suit la vie d’Aude, une jeune fille de 16 ans qui entre au lycée dans l’Ancien Monde. Aude a des parents plutôt sévères (ils veulent à tout prix qu’elle réussisse et ne voient « que » ça) et se retrouve contre son gré dans un nouveau lycée très côté, mais où elle ne connait personne. Elle va tomber amoureuse de Mathieu, un surveillant.

Ces deux histoires finiront par se rejoindre. Il n’y a pas de réelle indication de temps (on nous dit juste que « l’ancien monde » a disparu il y a des siècles de cela). Un roman surprenant, fort en émotions et en surprises ! Et qui, sous couvert de dystopie, se termine sur un questionnement de notre société, de notre monde : le pays des cœurs de pierre. Car si on se plaint parfois d’être submergé par elles, que devient notre vie, sans émotions ?

Naissance des cœurs de pierre est un roman court (146 pages) mais passionnant, que j’ai dévoré ! ♥

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Un extrait : « Jeb a toujours été un enfant sensible. Elle (sa mère) n’est pas sûre qu’on l’autorisera à repartir avec elle ce soir. Elle a glissé quelques affaires à lui dans un sac, à l’arrière. C’est le préparateur qui prendra la décision. Elle s’en remet à la logique du Programme. Aux mots de la Table des Lois. Elle ne peut pas faire autrement et n’est pas franchement certaine, de toute façon, d’en avoir envie. Jeb a atteint l’âge limite, les autres enfants de la résidence ont déjà tous reçu l’injection.

– Maintenant tais-toi, nous arrivons bientôt.

Le petit garçon espérait autre chose. Il ne cesse d’attendre un élan qui ne se formule pas. Sa mère fixe la route, le corps solide et l’esprit fermement chevillé à la matière. Rien ne se formule qui ne soit pas purement factuel, utile, pratique. Pas de place pour le reste. Jeb avale sa salive, il sent les larmes reculer aussitôt, comme ramenées au fond de la trachée. Tout redevient sec. Le visage bascule à nouveau vers le bord de la route.

Dans un mois, Jeb aura 12 ans.

Le Mur Frontière, interminable, mange à présent tout le cadre. Nul ne sait ce qui existe encore de l’autre côté. On dit que l’Ancien Monde a disparu il y a des siècles de cela. Personne n’en parle plus. »

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Site d’Antoine Dole

Du même auteur, déjà présenté : Konnichiwa Martin ! (2ème livre présenté dans le billet)

Le site de l’éditeur Actes Sud Junior

L’avis de Bob et Jean-Michel

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Romans jeunesse sur le thème du Japon

Voici deux petits romans à lire dès 7/9 ans. Le premier, « Les mille oiseaux de Sadako » est un peu plus long et un peu plus difficile surtout à cause de son thème (maladie de la bombe = leucémie).  Le second par contre peut se lire dès 7 ans. Deux sujets très différents, mais les deux sont intéressants !

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Romans

Les mille oiseaux de SadakoEleanor Coerr & Marc Daniau (Ill.) – Milan (2011) – 8o p.

Prologue : Cette histoire s’inspire de la vie d’une petite fille qui vécut au Japon de 1943 à 1955. Elle habitait Hiroshima quand l’aviation américaine largua une bombe atomique sur la ville. Elle est morte dix ans plus tard à cause des radiations émises par la bombe. Grâce à son courage, Sadako est devenue une héroïne dans le cœur des enfants japonais.

L’histoire vraie, triste et touchante d’une petite fille pleine de vie qui va mourir lentement d’une horrible maladie causée par une guerre dont elle n’est, bien évidemment, aucunement responsable… Difficile de rester insensible devant cette histoire, moi j’ai pleuré comme une madeleine !!

Au delà de la terrible histoire de cette petite fille, on apprend à connaître un peu les coutumes et la culture du Japon, comme la fameuse légende des mille grues.Un roman qui m’a vraiment touché et dont j’ai un peu de mal à parler (d’autant plus que je suis allée voir pas mal de sites sur le sujet et que c’est vraiment horrible…)

Légende des 1000 grues

L’avis de Liyah

Site de Marc Daniau

Un article intéressant qui parle du mémorial de la paix et de la statue de Sadako à Hiroshima. Un autre qui montre les réactions de l’époque dans les journaux.

A l’heure où les États-Unis ont un nouveau « chef de guerre » qui balance des missiles et des bombes entre la poire et le fromage (ou plutôt entre le fromage et le gâteau au chocolat !!), il peut être judicieux de se rappeler que la guerre est rarement une bonne solution et que les dommages collatéraux atteignent souvent des innocents… Mais ce n’est que mon avis !

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Romans

Konnitchiwa, Martin ! d’Antoine Dole / Salut, Hikaru ! de Gilles Abier – Les éditions du Rouergue (2015) – 45 pages

Un petit mot tout d’abord pour vous présenter cette collection « Boomerang » lancée par les éditions du Rouergue en 2012. Ce sont des livres que l’on peut lire en commençant soit d’un côté, soit de l’autre. Il y a donc deux histoires qui se « répondent » sur un même sujet.

Pour celui-ci, j’ai commencé par « Konnichiwa, Martin ! » : La maîtresse de Martin a décidé que cette année, tout le monde aurait un correspondant étranger. Le jour où les lettres arrivent, tout le monde est content de lire sa lettre car les correspondants ont écrit en français. Tout le monde sauf Martin qui est tombée sur la lettre qui vient du Japon et elle est écrite en hiraganas…

Si on prend le livre de l’autre côté, « Salut, Hikaru ! » on voit l’histoire racontée par Hikaru, une petite fille japonaise qui a souhaité écrire à un français à cause de sa grand-mère qui a visité la France et adore ce pays. Mais que dire à quelqu’un qui habite si loin ? Qui a une vie si différente ?

Un échange de lettres qui se transforme en ouverture à l’autre, en curiosité pour sa vie, pour sa culture… Une amitié naissante ?

Au départ j’étais un peu intriguée par cette drôle d’idée (coller deux histoires tête-bêche !). Mais cette façon de faire se répondre les deux histoires est très réussie et c’est vraiment agréable à lire… Mon seul regret est que ce soit si court, je serais bien restée un peu plus longtemps en compagnie de Martin et d’Hikaru…

Site d’Antoine Dole

Site de Gilles Abier

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Challenge Mois du Japon organisé par Lou de My Lou Book et Hilde du Livroblog

Romans

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Laisse brûler

Laisse brulerLaisse brûler
d’Antoine Dole
Sarbacane, 
Collection Exprim’ (2010)

* * * * *

Trois jeunes hommes. Noah, anéanti il y a 6 ans par Julien. Maxime, le petit ami de Noah, amoureux vite éconduit. Et Julien, animateur télé, qui se réveille nu, ligotté à une chaise, dans une cave.
Trois comme pour un triangle amoureux d’une mauvaise série, pourtant on est bien loin de ça.
Avec des mots crus, Noah, Maxime et Julien nous parlent à leur manière de l’amour : l’amour physique et l’Amour, mais surtout des ravages qu’il cause.
Les événements se bousculent, sans que l’on sache vraiment au début, sans que l’on comprenne. Noah traine un fardeau, celui d’une rupture dit-il à qui veut bien l’entendre, surtout aux psys qu’il va voir pour cumuler les traitements et les anti-dépresseurs. Avaler des cachets, boire, baiser, et passer des heures sur un banc, à côté de chez Julien.
Trois hommes, trois destins brulés, des chemins qui se croisent, qui se cherchent.
D’une voix intense, brutale, crue, Antoine Dole donne la parole à ces trois hommes. Ils se livrent en racontant leur vie, et l’on reconstitue peu à peu le puzzle de cette terrible histoire.
Des phrases courtes, souvent percutantes, qui accrochent le lecteur… ou le rebutent :
« Faut voir qu’il trouve ça bon, baiser l’imbaisable, bien esquinter. »
« Dans ma tête je ris, pleure, m’emporte et ressens, l’air de rien. Dans ma tête je vis. »

* * * * *
Totalement dans le ton de la collection Exprim’, ce livre est bien construit, percutant, dérangeant… mais il faut apprécier le ton, l’oralité de l’auteur, qui sont un véritable obstacle pour moi.

Le blog de l’auteur ici

Le site des éditions Sarbacane

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