Challenge 1% Rentrée littéraire ~ Les avis de Granny

Voici les avis sur des romans de la rentrée littéraire 2016, par Granny, une participante au Challenge 1% ! Cet article sera remis en avant à l’ajout de nouveaux avis, Granny est parti pour 18 titres !

Au 20/09 – Deux premiers titres :

Riquet à la houppeRiquet à houppe

d’Amélie Nothomb

Albin Michel, 2016

Comme chaque année, je l’attends avec impatience et comme chaque année, je le dévore beaucoup trop vite ! Madame fut d’humeur généreuse cette année , le livre est un tantinet plus long !

Inspiration, sans dissimulation, du conte populaire de Charles Perrault. Réflexion sur la beauté et la laideur , l’intelligence et la bêtise chez l’enfant et l’ado. On y retrouve univers loufoque, voire baroque, des noms à coucher dehors, une langue d’une fluidité parfaite, des références littéraires et la présence discrète d’une grande dame que l’on devine très cultivée, sa touche d’humour et de truculence.

Deux heures de lecture montre en main ! Bref, un bon moment, toujours rafraîchissant !

Pour les adeptes du style, ce cru est une petite pépite.

Coup de coeur

*****

La Gouvernante suédoiseLa gouvernante suédoise

de Marie Sizun

Arléa

Gentillet.
La Gouvernante suédoise est un roman intimiste au parfum suranné.

Portrait tout en tendresse des ancêtres franco-suédois de l’auteure. Il est question d’amour maternel, d’amitié, d’exil.

écoutez nos défaitesLes pages se tournent facilement, on s’attache aux personnage.

Une lecture reposante !

*****

octobre 2016 5 titres de plus :

Ecoutez nos défaites

de Laurent Gaudé

Actes Sud, 2016

Le petit dernier de Gaudé :
roman choral et historique (bien documenté), sous forme de récit à 5 voix.

Le sujet abordé assez difficile : « nos victoires ne sont-elles pas des défaites ? »

Laurent Gaudé nous emmène sur les traces de grands hommes qui ont fait l’Histoire : Hannibal, Hailé Sélassié, le général Grant, un espion habitué du Moyen-Orient, une conservatrice de musée confrontée à la destruction d’un patrimoine millénaire. Un fil rouge pour relier ces personnages : la victoire, ou la défaite de chacun d’eux, et leur manière de la vivre.

Il y a beaucoup de sujets amenant à la réflexion dans ce roman, mais néanmoins j »ai eu du mal à me plonger dedans (peut-être pas le bon moment).

L’écriture reste toujours exceptionnelle… Gaudé fait du Gaudé mais pour moi, ce n’est pas le meilleur cru.

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Petit  pays

de Gaël Faye

Premier roman largement autobiographique qui retrace une jeunesse presque insouciante au Burundi.
Tout cela va malheureusement prendre fin à la suite des conflits entre Hutus et Tutsis au Rwanda voisin.

Angoisse de l’enfant à qui on va demander de grandir trop vite
Le langage est simple et délicat , rempli de nostalgie.
Le narrateur est exilé de son pays .. mais surtout de son enfance .

Premier roman très réussi… Coup de coeur !
Je le vois bien remportant le Goncourt des lycéens!

Gael FAYE est également auteur-compositeur-interprète. Il vit aujourd’hui au Rwanda

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La mort de Mitali Dotto

de Anirban Bose

Moyen.. plus déçue que ravie par ce roman.

Intéressant par les descriptions des différences de mentalité entre l’Inde et les U.S, les descriptions médicales. Les traditions, la corruption, les habitudes de vie sont décrites. Mais, je ne suis pas parvenue à m’attacher aux personnages…

J’ai tourné les pages … Roman pas très long et qui m’a paru interminable !

Mercure de France

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Tropique de la violence

de Natacha Appanah

Mayotte .. à la fois si loin et si proche ( le plus pauvre des départements français ).

Ce roman est basé sur un fait réel ..l’abandon des enfants sur l’ile de Mayotte par leurs parents .
Une plongée dans l’enfer de la jeunesse livrée à elle-même. La violence est au rendez-vous!

Après avoir lu ce livre, si d’aventure vous aviez songé à des vacances à Mayotte , vous aurez vite fait de changer d’avis.
Nous sommes loin de l’île paradisiaque avec sa barrière de corail et qui est le rdv des plongeurs !

Récit court mais bouleversant.

Gallimard

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Le garçon

de Marcus Malte

Un grand livre au vocabulaire incroyable.

Des mots, des métaphores, des poèmes… avec beaucoup de références. Nous passons pages après pages de la tristesse à la solitude, de la folie à l’horrible et à l’amour. Et tout cela sans un mot sans une parole du garçon.

Roman à la fois naturaliste, puis initiatique, puis d’amour (très) érotisant, puis roman de guerre et même épistolaire mais dans un seul sens puisque le garçon est illettré.
Marcus Malte maîtrise de bout en bout et se livre à un exercice brillant. La meilleure preuve, c’est que l’on ne voit pas vraiment passer les pages et que l’on aurait même envie que cette histoire se prolonge pour passer plus de temps avec le garçon devenu homme. C’est beau !

Grasset

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Un paquebot dans les arbres

de Valentine Goby

Par l’auteur de « Kinderzimmer ».

Très beau roman, également inspiré d’une histoire vraie ,  qui embarque le lecteur dans une traversée tumultueuse où Mathilde prend le commandement du bateau familial à la dérive. Elle sera celle, fragile, mais courageuse et tenace, qui tente de redonner la dignité à sa famille éclatée.
Nous sommes dans les années 50, au cœur des trente glorieuses… La maladie s’installe, la toute neuve « sécurité sociale  » ne prend pas en charge les indépendants… Tout s’écroule.

C’est beau, c’est fort .. on quitte Mathilde avec difficulté.

Coup de cœur !

Actes Sud

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Retrouvez tous les participants au Challenge 1% Rentrée Littéraire sur l’article dédié, et n’hésitez pas à participer vous aussi !

Et ce Nothomb alors, je sais que beaucoup l’attendent à chaque rentrée, qu’en avez-vous pensé ? Un coup de coeur pour vous aussi ?

Rentrée littéraire 2015 – Mes lectures

Zéro. Je n’ai parlé d’aucun des romans adultes de la rentrée littéraire 2015 que j’ai lu cette année. Un record ! Alors que débute la rentrée littéraire de janvier 2016, il est temps de rattraper le retard, et d’en parler rapidement, avant d’oublier !

Afficher l'image d'origineLe plus libérateur : Otages Intimes de Jeanne Benameur

Repéré chez Noukette, j’ai lu ce livre sans conviction, et j’ai été surprise. Et je ne m’attendais pas à accrocher autant ! Otages intimes raconte, non pas la captivité, mais la libération et le retour à la vie. Je me suis laissée prendre à cette lecture, à ce destin torturé, à ces amis qui se sont éloignés. J’ai dévoré les pages, suivi Etienne et son entourage, espéré, pleuré… La plume de Jeanne Benameur a su faire vivre pour moi ces personnages, qui le temps du livre sont devenus mes meilleurs amis et ma famille. Cette mère fragile, avec ses secrets. Ce meilleur ami, ténu. Cette ex, torturée, et son compagnon. Cette soeur de coeur, si forte et fragile à la fois. Ce village d’enfance, sa tranquillité. L’abandon. La musique. Etienne est prisonnier de lui-même…

Un texte poignant, qui ma redonné goût à la littérature adulte après de nombreuses déceptions, et qui augurait une très belle rentrée littéraire !

Noukette en parle bien mieux que moi !

Le plus touchant : Camille, mon envolée de Sophie Daull Afficher l'image d'origine

Ce roman, repéré chez Stephie, est terriblement touchant.

L’histoire d’une perte, le décès de la fille de l’auteur. Quatre jours d’une fièvre étrange, personne ne semble s’inquiéter. Quatre jours et tout bascule. J’avais peur de passer mon temps à pleurer, et finalement ce beau roman m’a surtout beaucoup touché. J’ai eu les larmes aux yeux, souvent, bien sûr, mais j’ai surtout trouvé ce roman puissant. La façon dont cette mère évoque le tragique, nous fait partager l’horreur, l’errance… Journal intime qui tisse des liens avec le lecteur, Camille, mon envolée est un très beau texte, un cri déchirant, une réalité impossible à admettre.

Sophie Daull partage sa peine sans s’enfermer dans le pathos, elle écrit pour libérer, et c’est un magnifique hommage à sa fille.

« Je voulais écrire vite, jusqu’à ta mort, ton dernier souffle ;
puis, allez, faisons durer jusqu’à ton enterrement,
et puis voilà, ça ne s’arrête pas,
ça ne s’arrêtera jamais – toi disparue n’a pas de fin. »

Le plus vivant, et brut : La petite barbare d’Astrid Manfredi

Un style brut, abrupte même. Difficile d’accès dans les premières pages. Et puis, peu à peu, on s’attache à cette petite barbare. Cette jeune fille, derrière les barreaux, qui écrit comme un espoir de vie meilleure. Avec elle on va découvrir sa banlieue, sa violence. Les rêves vivent oubliés et l’argent facile, comme pour croire encore en quelque chose.

Un roman qui secoue, à travers les mots durs, les situations plus dures encore, et l’espoir qui fait trop souvent défaut. Un texte que j’ai délaissé d’abord… et que j’ai repris pour ne plus lâcher !

Des gens qu’on parque sans une thune dans des endroits sans un arbre, il ne peut pas leur pousser des ailes.

Céline a aimé aussi !

La déception de la rentrée : Le crime du comte Neville d’A. Nothomb

Alors que j’avais trouvé de belles choses dans les derniers romans d’Amélie Nothomb contre beaucoup d’avis, j’ai cette fois ci eu une belle déception. Belle tout de même, car j’ai aimé le personnage de Sérieuse. L’histoire est totalement farfelue, burlesque. Le comte Neville apprend par une diseuse de bonne aventure que lors de la grande fête qu’il a prévu, il va tuer un de ses invités ! Il en perd le sommeil, et l’esprit !

Inspirée d’une nouvelle d’Oscar Wilde que je n’ai pas lu, ce récit, très court, m’a pourtant régulièrement ennuyé. Ce comte est un personnage volontaire ridicule, mais l’humour noir de l’auteur n’a pas fonctionné sur moi. Seule Sérieuse, sa fille cadette persuadée qu’elle ne peut rien ressentir et qui veut mourir m’a interpellée.

Un récit court dont la fin a su susciter un peu d’intérêt… trop tard, c’était terminé !

« Tais-toi. Si tu continues de parler, je vais te haïr. Et si je te hais, je n’aurai pas le courage de te tuer. »

Afficher l'image d'origineLe plus bouleversant et révoltant : La maladroite d’Alexandre Seurat

Le roman s’ouvre sur le témoignage d’un professeur, qui reconnait dans un article de journal, une ancienne élève. Une élève qu’elle soupçonnait d’être maltraitée. Une élève qu’elle n’a pas pu sauver. C’est ainsi que se déroule le récit, à partir des témoignages de ceux qui ont côtoyé cette fillette de 8 ans. De ceux qui ont cru, pensé, alerté, mais qui n’ont rien pu faire. Chaque page est poignante car elle nous montre la souffrance de cette enfant, sans jamais lui donner la parole. Ces témoignages extérieurs sont terribles, bouleversant, et montre comme la lenteur du système peut être préjudiciable.

Un récit fort, qui nous vrille le coeur. L’auteur sait mettre une distance impressionnante, ne pas donner son avis, juger… Un premier roman vraiment réussi !

Le plus historique : La terre qui penche de Carole Martinez 

Vivre le Moyen-Age avec Blanche, c’est découvrir un univers à la fois réel et fantastique. D’autant plus que Blanche est morte à 12 ans, et que ce récit alterne entre sa voix d’enfant et celle de son âme, qui a vieillie. L’auteur manie avec brio la plume pour nous rendre compte de cette époque, et notamment de la condition des femmes, tout en y incorporant suffisant de magie pour qu’on soit envoûter ! Les chansons médiévales sont aussi de belles parenthèses.

Un très beau conte médiéval, qui invite à lire Du domaine des Murmures !

« Et peigne, peigne la toison,
Et tourne, tourne le fuseau
Et mouille, mouille la laine du bout des doigts,
Et le fil se fait sans y penser »

J’en ai commencé quelques autres, et j’en ai encore dans ma PAL… Je vous parlerai sans doute un jour… La variante chilienne, Les échoués, La source, Boussole, La logique de l’amanite, Un roman anglais, Deux messieurs sur la plage, les eaux troubles du Mojito…

Merci à la Librairie Dialogue et au Match de la rentrée littéraire 2015 Priceminister

Toute la rentrée littéraire chroniquée par les blogueurs, c’est sur le blog du challenge de la rentrée littéraire 2015 !

 

 

 

La nostalgie heureuse d’Amélie Nothomb {RL2013}

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Toute la rentrée littéraire 2013, avis de lecteurs

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Roman adulte
Rentrée Littéraire 2013

La Nostalgie heureuse

d’Amélie Nothomb

Audiolib, 21 août 2013
(version papier Albin Michel)
9782356416254, 18€

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Thèmes : Japon, enfance, souvenir, tournage, Kobé, Fukushima,

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La rentrée littéraire se fait aussi en audio grâce à Audiolib, avec la sortie conjointe du nouveau roman d’Amélie Nothomb et de sa version audio, lue par Cathy Min Jung.

2h33 d’écoute, portée par une voix envoûtante qu’on associe à celle d’Amélie Nothomb grâce à l’utilisation de la première personne tout au long de ce roman. Car plus qu’un roman La Nostalgie Heureuse est une autofiction et raconte quelques mois de la vie d’Amélie Nothomb, en 2012.

L’auteur, qui nous a déjà plusieurs fois parlé d’elle, dans Stupeur et Tremblements ou dans Ni d’Eve ni d’Adam, revient sur ses liens avec le Japon, qu’elle a quitté à l’âge de 5 ans, puis retrouvé à 20 ans pour le quitter encore. Son voyage en 2012 la mène sur les traces de son passé et c’est de sa plume habile qu’elle nous livre à la fois ses souvenirs et sa redécouverte d’un Japon touché par des catastrophes naturelles.

 Sur les traces de son passé, accompagnée d’une équipe de tournage, Amélie Nothomb rejoue des partitions d’enfance avec sa nounou, redécouvre son école, se perd dans la foule et surtout retrouve cet homme qu’elle a quitté il y a près de 20 ans, qu’elle a abandonné.

Une très belle découverte du Japon sous les cerisiers en fleur mais aussi une macabre découverte, celle de ces lieux détruits par les tremblements de terre ou le raz de marée. L’auteur nous livre ses pensées, ses états d’âmes, ses déceptions.

Si l’exercice est réussi ce roman n’est finalement qu’un témoignage personnel d’un séjour au Japon sans réel intérêt pour qui n’a pas suivi le parcours d’Amélie Nothomb. Loin des romans qui ont fait son succès La Nostalgie Heureuse est un joli journal de bord qui nous permet de découvrir pas à pas son retour au Japon. Si l’histoire avec son ancien amoureux pimente un peu le début du livre, l’ensemble est assez convenu, sans grands moments. Seule l’histoire de sa traductrice japonnaise me restera sans doute en mémoire, cependant je ressors de cette lecture audio avec l’envie grandissante de visiter le Japon.

Une auto-fiction pleine de souvenirs attendrissants et une découverte du Japon sous la plume agréable d’Amélie Nothomb, ici portée par la voix de Cathy Min Jung.

Ecouter un extrait :

+ Challenge 1% Rentrée Littéraire 2013

Tuer le père d’Amélie Nothomb

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Tuer le père

d’Amélie Nothomb

roman adulte, rentrée littéraire 2011

Albin Michel, août 2011
9782226229755 , 16€
150 pages

Acheter le livre

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Présentation de l’éditeur :
 » Allez savoir ce qui se passe dans la tête d’un joueur. »

 

Mon avis :

Je n’ai toujours pas lu les premiers Nothomb, ceux dont on me dit tant de bien. Je me suis contentée de ceux sortis ces dernières années, que j’ai plutôt bien aimé, mais sans comprendre tout de même l’engouement qu’ils suscitent. J’ai donc lu le dernier quand même, histoire de savoir… et j’ai été agréablement surprise. En plein RAT c’est tout à fait ce dont j’avais besoin.

Une intrigue intéressante, un discours imbriqué mettant en scène Amélie Nothomb un peu superflu, maus une histoire qui a su me porter, me faire avancer.

Joe, adolescent mis à la porte par sa mère est un magicien très doué.
Norman, magicien réputé.
Christina, sa femme, fire dancer.
Trois personnages qui vont tisser des liens étranges, autour de la magie et de la triche… une famille ?

J’ai aimé le caractère des personnages, leur mal de vivre, leur joie, leur façon de se défoncer au Burning Man, une fois par an. Et la patience de Joe. Surtout sa patience. Impossible pour moi de m’attacher à lui pourtant. Du départ il paraît froid, et c’est Norman qui a retenu mon attention. Il tente de prendre la place du père, se sent père, se dit père. Le père de Tuer le père ?

Un roman à découvrir pour sa logique implacable, ses surprises, ses personnages atypiques et son ambiance!

http://www.priceminister.com/blog/wp-content/uploads/2011/08/rentree_litteraire.png Merci à Priceminister pour son opération rentrée littéraire, et à mes filleuls :)