Passionnée de lecture depuis plus de... 45 ans !! Est très heureuse actuellement d'effectuer un loooooooong remplacement en médiathèque ! ;)

La légende de Podkin le Brave

podkin

La légende de Podkin Le Brave ♥
T1 : Naissance d’un chef

Kieran Larwood
Gallimard Jeunesse (2017)
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Au tout début de ce roman, nous sommes le jour de la fête des Ronces et nous arrivons au terrier de l’Épineux en compagnie d’un lapin itinérant, barde de son état. Au sein du terrier, c’est donc la fête et on accueille avec joie l’arrivée du barde. Une fois restauré et confortablement installé au coin de la cheminée, le barde demande à l’assemblée des lapins quelle histoire ils veulent entendre. Podkin étant la réponse la plus répandue, il commence ainsi son histoire :

« – Ai-je entendu quelqu’un dire Podkin ? demande le barde en s’enfonçant dans son fauteuil. Podkin, le Seigneur des terriers ? Le Roi des exploits ? Podkin et sa dague magique ?

Voyant les lapereaux hocher la tête et pousser des cris stridents, il croise ses avant-pattes peinturlurées et tire sur sa barbe.

– Je connais pas mal d’histoires sur lui, mais elles sont différentes de celles que vous avez déjà entendues. Dans les miennes, il n’est pas question d’yeux qui crachent le feu ni de combats à pattes nues avec des lapins géants. Rien de tout cela.

– Quel genre d’histoires, alors, barde ? Pourquoi sont-elles différentes ? Pourquoi n’y a t-il pas d’yeux féroces ni de géants ?

– Elles sont différentes parce qu’elles sont véridiques, répond le barde. Et parce que les yeux de feu n’existent nulle part sauf dans les contes de fées ou dans la tête de lapereaux crédules.

Il lève la patte pour faire silence et commence. »

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J’ai suivi avec bonheur l’histoire de Podkin, jeune lapin promis à un avenir de Chef (mais qui n’en a cure !) de sa sœur aîné, Paz, bien plus sérieuse que lui (mais qui ne pourra jamais être chef parce que c’est une fille !) et de leur étrange petit frère Pook, dans leur fuite des Gorms (redoutables lapins recouverts de métal).

Podkin est un roman d’aventure et de fantasy captivant et que je vous conseille vivement ! A partir de 9/10 ans.

C’est le 1er tome d’une trilogie dont j’espère pouvoir lire bien vite le 2ème tome (oct 2018 normalement) !

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Le blog de l’auteur (en anglais)

Prix Blue Peter 2017 (Prix britannique organisé par la BBC)
Sélection Meilleurs Livres Jeunesse 2017 des librairies Waterstones.

D’autres que moi ont aimé : Clarabel, Les petits bouquins, Pages d’encre (où vous pourrez voir quelques illustrations)

Alexandrin ou l’art de faire des vers à pied

Alexandrin

Alexandrin ou l’art de faire des vers à pied

Alain Kokor (ill.) & Pascal Rabaté
Éd. Futuropolis (2017)
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Alexandrin est un homme libre, un vagabond, poète itinérant qui gagne sa vie en vendant au porte à porte ses écrits. Voici comment il interpelle et charme ses futurs lecteurs : « Je me présente, Alexandrin de Vanneville, poète des campagnes et des villes, arpentant les chemins de terre et de bitume, par le vent et par la pluie, sans me taire et sans amertume, je survis en proposant ma poésie« .

Loin, très loin de nos habitudes consuméristes ou des réseaux sociaux, dans une époque pas facile à définir, mais pas si lointaine (photocopieur, McDo ou raviolis existent déjà…) ce poète vagabond recueille un jour un « oiseau égaré », un jeune garçon, fugueur de son état et prénommé Kevin. Il va lui apprendre à faire des rimes, mais aussi et surtout à regarder le bon côté des choses, à profiter des petits moments de bonheur (j’adore la page 52, quand ils imitent les grenouilles), à s’émerveiller d’un rien, d’un oiseau qui chante ou du bruissement du vent dans les feuilles…

Comment ne pas être charmé par ce poète attentionné et rêveur ? Par cet homme qui manie si joliment la langue pour en tirer des rimes ? En fermant cette délicieuse bd, avec un petit (gros) pincement au cœur, on se prend à espérer que les deux auteurs (que je ne connaissais que de nom) continueront à faire un bout de chemin ensemble.

Une ode à la poésie, à la flânerie et à la liberté que je ne peux que vous conseiller !

Alexandrin

Cette page, je l’avoue, m’a bien fait rire !

Les avis des autres participants à la BD de la semaine : Karine, Hélène, Jérôme, Jacques, Stéphie, Mo’ et Blandine

Cette semaine nous sommes reçus par Stéphanie du blog Mille et une Frasques

Emma – Roman ado / jeune adulte

Emma

EMMA

Tess Corsac
Coll. Rester Vivant
Le Muscadier (2017)
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Emma, n’est pas, comme on pourrait le penser au premier abord, le prénom d’une jeune femme. Non, c’est le nom donné à un terrible virus, virus qui a décimé 80% de la population mondiale…

Les survivants se sont organisés pour survivre, car les gens touchés par le virus, les « Gueules bleues » ne meurent pas tout de suite et sont terriblement dangereux et contagieux…

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Un extrait : « Emma. Emma est une petite sœur sombre, rachitique et tordue, qui grandit en nous. Emma est un tueur invisible qu’on apprend à craindre. Un monstre à éviter, qui pose sur nous ses milliers d’yeux.

Dans toutes les maisons, on trouve le même dépliant plastifié accroché bien en évidence sur un mur ou une porte. Très vieux papier. Il a appartenu à mon arrière-grand-père et a toujours ce même aspect froid et sérieux.

Beaucoup de ces mots m’échappaient quand j’étais plus jeune. Enfant, j’imaginais Emma pareille à une meute de loups microscopiques prêts à venir me dévorer de l’intérieur. L’image me faisait frissonner, mais j’étais à mille lieux de la vérité. »

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Nous suivons une jeune fille, Azur, dans sa nouvelle vie. Elle vient d’avoir 15 ans, elle est maintenant considérée comme une adulte et va devoir se comporter comme telle. A sa suite, nous prenons connaissance du monde qui l’entoure et on ne l’envie pas vraiment…

Un roman que j’ai eu du mal à lâcher une fois commencé, tellement les thèmes abordés sont touchants. Un roman qui pousse à la réflexion, comme toujours chez cet éditeur !

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Éditions Le Muscadier

Le site de l’auteur

De cette maison d’édition, nous vous avons déjà présenté plusieurs titres : Bêtes de pensée et Badalona, Jours de neige (un recueil de nouvelles), 40 jours d’automne, Station sous-paradis, les mains dans la terreVirée nomade, Phobie, Orient extrême, le 9E continent, l’aigle noir et le réveil de Zagapoï

Ma vie de monstre – Roman historique

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Ma vie de monstre

Anne Pouget
Scrinéo (2018)
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Tognina, une jeune fille, a hérité de la maladie de son père : l’hypertrichose (dérèglement hormonal qui se manifeste par une pilosité abondante et envahissante). Elle a 13 ans et vit au château de la Reine Catherine de Médicis. En effet, son père a été enlevé lorsqu’il avait 10 ans et offert au Roi qui l’a marié à une femme de la cour afin de lui faire « des petits sauvages »… Le couple a eu 9 enfants, dont 3 sont atteints de cette maladie. La Reine s’occupe d’eux, ils sont nourris, logés, instruits mais en échange, Tognina, son frère, sa sœur et son père doivent « comparaître » devant des assemblées de curieux, autrement dit, jouer les « bêtes de foire ». Ce qu’ils font sans se rebeller, mais pas sans souffrance…

A la fin du roman, une vingtaine de pages documentaires présentent le contexte historique et les personnages.

monstre

Tognina Gonsalvus

Un roman avec lequel j’ai passé un très bon moment ! On est rapidement pris dans l’histoire de Tognina, perçue par la plupart des gens comme un animal. Pour cette raison d’ailleurs, alors que cette histoire est tirée de faits réels, on ne sait pas où cette famille a été enterrée. En effet, étant considérés comme des animaux, Tognina, ses frères et leur père n’eurent droit ni aux derniers sacrements, ni même à une sépulture…

Une « petite » histoire de la grande Histoire, racontée de façon très vivante et qui m’a beaucoup plu !

Le site d’Anne Pouget

Des éditions Scrinéo, nous vous avons également présenté : La lune est à nous,  La mort du temps, Un ado nommé Rimbaud, Le livre de Saskia, Le premier, Le roman d’un non-mort, Wifi-génie, Les héritiers de l’aube, Les avatars de Gaspard, FBI Animaux disparus

Le conte remanié (BnF) par Mme Leprince de Beaumont en 1757. L’histoire originale, écrite par Gabrielle de Villeneuve en 1740, était plus longue et pas forcement adaptée à un jeune public.

Vous connaissez sans doute la version de Disney, mais connaissez-vous le très beau film de Jean Cocteau, réalisé en 1946 ?