Sorcières, fées et princesses. Et quelques charmes tour à tour envoûtants et malfaisants

Sorcières, fées et princesses est un magnifique album superbement illustré!

Livre illustré pour la jeunesse

Sorcières, fées et princesses.
Et quelques charmes tour à tour envoûtants et malfaisants

de Joseph Vernot

 

Editions Marmaille et compagnies, 2018
format : 24 x 32 cm,
nombre de pages : 120,
prix: 20 euros.

Thèmes: enchanteresses, magie, contes, enfance.

 

Présentation de l’éditeur: «Loin de se contenter d’être les faire-valoir des héros, des princes ou des chevaliers, les princesses sont des héroïnes à part entière qui ont une vocation commune : s’extraire d’un destin qui leur est imposé. Souvent jalousées pour leur beauté et primées pour leur indépendance, elles ne doivent leur liberté qu’à leur détermination et à leur vertu plutôt qu’à un quelconque prince charmant. Les sorcières et les fées l’ont bien compris : le véritable pouvoir s’obtient sous l’égide de la nature et de la magie, loin de l’approbation de la gent masculine.»

 

 

Je commencerai par vous parler de l’objet livre en lui-même car c’est vraiment une petite merveille ! La couverture annonce déjà la couleur : nous avons entre les mains un ouvrage aussi délicat et soigné que les princesses auxquelles il rend hommage. Le titre doré et en relief est prometteur, tout en mis en œuvre pour que le lecteur soit plongé dans un monde féerique. Il était une fois Joseph Vernot… tisseur de rêves.

Sobrement illustré à la manière des enluminures, on retrouve pour chaque récit relatant les aventures de jeunes filles vertueuses ou de princesses maudites les guirlandes de roses illustrant la double page intérieure. Ce rappel est du plus bel effet.

Sorcières et enchanteresses quant à elles ont droit à un autre style de rappel afin de les différencier des princesses et autres demoiselles en détresse. Comme pour le théâtre d’ombres, on ne devine des personnages que leur silhouette. Les vêtements et ornements se distinguent grâce à leurs coloris.

Quant aux textes, Joseph Vernot a rassemblé les plus célèbres contes de notre enfance tels qu’ils ont été transmis par les frères Grimm, Perrault et autres conteurs. Figurent également dans ce beau livre Circé, Médée, Morgane, Mélusine et même les fées de salon (je vous laisse découvrir de qui il s’agit). La calligraphie utilisée rend le texte agréable à l’œil et les plus jeunes pourront aisément déchiffrer les prénoms de leurs héros en grands caractères dorés.

J’ai adoré parcourir ce magnifique album qui vous fera revivre les plus belles aventures de votre enfance.

~Melissande~

 

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Apollinaire. Portrait d’un poète entre deux rives de Philippe Bonnet

Un ouvrage riche pour un personnage exceptionnel !

Biographie

Apollinaire. Portrait d’un poète entre deux rives
de Philippe Bonnet

Les éditions bleu et jaune,
mai 2018, 18 euros.

 

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Thèmes: poésie, biographie, art.
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Présentation de l’éditeur: «Apollinaire est un Parisien d’adoption dans son acception la plus absolue. Ici tout l’enchante, même s’il dit bouder la tour Eiffel. […] Il aime les bouquinistes qu’il découvre dès son arrivée, les bibliothèques, les églises, les restaurants, les virées entre copains. Il peut marcher d’Auteuil à Montmartre en faisant un crochet par Saint-Germain et terminer son périple à Saint-Lazare avant de sauter dans le train de Chatou où réside sa mère. […] Il chérit le Paris ancien et s’épanouit aussi dans ces quartiers encore neufs qui vont de Montparnasse à Denfert-Rochereau. Pour ce féru d’art et de modernité, Paris est définitivement the place to be

[…] Philippe Bonnet, un incontestable passionné du grand poète, rend hommage à Guillaume Apollinaire, à l’occasion des cent ans de sa disparition, en mettant en lumière l’une des périodes les plus marquantes et les plus prolifiques de sa vie : celle qui le lie à Paris.»

 

Il s’agit d’une biographie complète et très instructive nourrie des espoirs mais également des déconvenues d’un grand homme que j’apprécie beaucoup. Le poète est toujours une personnalité à part, généralement incomprise voire mal-aimée; dont le génie ne parvient à toucher que quelques élus. Mais Guillaume Apollinaire, lui, a réussi à s’entourer d’amis fidèles et s’il a été malheureux en amour, jamais il n’a manqué de soutien de la part de ses proches.

Philippe Bonnet nous livre ici un portrait juste d’Apollinaire: son grand amour pour Paris, ses activités d’homme de lettres moderne. D’ailleurs, on ignore souvent qu’il a été tour à tour à divers moments de sa vie critique d’art, journaliste et même directeur de revue. De plus, l’ouvrage est ponctué d’anecdotes et de citations ce qui le rend plus accessible et attractif.

J’ignorais pas mal de choses à propos de la vie de ce célèbre poète et je suis très heureuse d’avoir pu en apprendre davantage grâce au travail de Philippe Bonnet. J’ajouterai que l’objet-livre est original, sobre et soigné.

 

~Melissande~

 

+ le site de l’éditeur 

+ L’avis de François Cardinali (Le dit des mots)

+ L’avis de la revue culturelle Les soirées de Paris

Les inséparables – Simone Veil et ses soeurs

Simone

Les inséparables
Simone Veil et ses sœurs
Dominique Missika

Seuil (2018)

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Ce livre raconte la jeunesse des trois sœurs Jacob : Madeleine, Denise et Simone. Comment elles ont vécu l’arrivée de la guerre, la déportation et survécu aux camps de concentration. Puis, à leur retour, alors qu’elles auraient aimé parler, raconter leur terrible histoire, essayer sans doute d’évacuer toutes ces horreurs, elles ne vont rencontrer que gêne ou incompréhension. Une double punition finalement. Les gens voulaient fêter la fin de la guerre, célébrer les résistants et oublier le reste.

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L’ouvrage est découpé en 4 parties. Au départ, il y a l’enfance -heureuse- des enfants Jacob qui se termine avec le début de la guerre.

Dans la 2nde partie, on aborde le retour des camps, l’incompréhension, la gêne. La difficulté de trouver sa place. Avoir envie de parler de ce qu’elles ont vécu, mais à qui ?

La suite parle du mal qu’elles ont à recommencer à vivre « normalement », tout en repartant de zéro parce qu’elles n’ont plus rien, même pas leurs vêtements.

Et la dernière partie parle du devoir de mémoire. Ce qu’ont vécu ces femmes a façonné toute leur vie. Elles n’ont jamais pu -et sans doute jamais voulu- oublier ce qu’elles avaient vécu et se sont battues chacune à leur manière pour que l’on n’oublie pas.

J’ai appris au moins une chose en lisant ce livre :

la façon dont s’est passé le « retour » des personnes déportées. Mes « connaissances » sur la seconde guerre mondiale s’arrêtent aux camps de concentration en fait. Je n’ai jamais étudié « l’après-guerre« , et du coup, certaines choses relatées ici sur la manière dont ont été traités les gens qui rentraient des camps m’ont beaucoup surprise… J’avais commencé à lire « Une vie » l’autobiographie de Simone Veil, il y a quelques années, et arrivé à la moitié, j’avais arrêté. Ce livre m’a donné envie de reprendre ma lecture !

Une seule chose m’a gênée dans ce livre. On sent par moment une sorte de vénération de l’auteur pour les sœurs Jacob (« elles étaient belles… », « une jolie blonde », « un teint de porcelaine »…) et ça m’a un peu agacée. Quand je pense à Simone Veil, je pense d’abord à une femme intelligente, déterminée, qui a fait avancer la cause des femmes.

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Dominique Missika est journaliste, éditrice et historienne. C’était une proche de Simone Veil et de Denise Vernay. Elle a réalisé ce livre à partir de souvenirs personnels et de ses rencontres avec les deux sœurs. Voir ici sa biographie sur France Culture.

ELLE

14ème lecture / 28

(Ordre de lecture, pas de présentation)

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C’est ma 18 ème participation au Challenge 1% de la Rentrée Littéraire

Logo Challenge 1% Rentrée Littéraire 2018 – Picos/Shutterstock

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Ici les femmes ne rêvent pas – Rentrée littéraire

femmes

Une histoire terrible et bouleversante dans l’Arabie Saoudite des années 2000…

Ici les femmes ne rêvent pas
Récit d’une évasion

Rana Ahmad

Globe (2018)

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Quand elle était petite, Rana habitait avec ses parents et ses frères et sœurs à Riyad en Arabie Saoudite.
Et elle était parfaitement heureuse. Puis elle a grandi. Et comme c’était une fille, son pays l’a privée d’une grande partie de sa liberté. Elle nous raconte dans cet ouvrage comment et pourquoi elle a pris la décision de tout quitter, son mari, sa famille, ses amies, son pays…

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Pour l’occidentale que je suis, européenne, et élevée de surcroit par des parents athées, la lecture de ce livre a été une vraie « révélation » !

Bien sûr, j’ai déjà croisé des femmes voilées ou portant la burka dans la rue. Bien sûr j’ai entendu parler de ces histoires dans les banlieues où les garçons surveillent leurs sœurs, leurs mères, allant parfois jusqu’à les frapper…

Mais je ne m’étais jamais rendue compte à quel point la loi islamique, la charia, faisait d’un pays comme l’Arabie Saoudite une prison à ciel ouvert pour les femmes… Un endroit où aucune liberté n’existe pour elles.

Tout ce que cette jeune femme raconte est récent, puisque ce dont elle parle s’est passé dans les années 2015/2016.

Page 136, j’ai été frappée par une de ses réflexions :

« Je sais aujourd’hui que dans d’autres pays on apprend la théorie de l’évolution aux enfants, qu’elle y est devenue une évidence et que ces connaissances sont librement accessibles. Pour une personne qui a grandi là-bas, il doit être difficile de comprendre quelle sensation on éprouve quand on voit la lumière après tant d’années d’obscurité. »

Si, à l’époque de Darwin (voir sa bio en bd), il n’est pas étonnant que ses théories aient été controversées, j’ai été scotchée de voir qu’il y avait encore des gens pour remettre en cause sa fameuse théorie de l’évolution au XXI ème siècle !

La 2ème partie du livre parle de la dure vie de migrant.

Comment ils se font voler par certains passeurs et comment leurs vies sont mises en danger. Comment ils sont traités ensuite par les différents pays traversés…

Puis, quand ils sont enfin arrivés dans un pays susceptible de les accueillir (ici l’Allemagne), le temps passé à attendre d’avoir des papiers pour avoir le droit de mener, enfin, une vie normale.

Une chose est sûre : je ne suis pas près d’aller en Arabie Saoudite ! J’étais bien assez agacée, en Italie, d’être obligée de couvrir mes cheveux et mes épaules pour visiter les églises… Une lecture « coup de poing » !

« Les femmes saoudiennes n’iront pas en enfer, il y a longtemps qu’elles y vivent » Hamza Kashgari, poète saoudien. (p.283)

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ELLE

8ème lecture / 28

(Ordre de lecture, pas de présentation)

***

C’est ma 9 ème participation au Challenge 1% de la Rentrée Littéraire

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