Vigile – Prix des Lectrices ELLE (27)

Vigile

Comment imaginer le quotidien sans l’être aimé ?

VIGILE
Hyam Zaytoun

Le Tripode (2019)

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Présentation de l’éditeur : Un bruit étrange, comme un vrombissement, réveille une jeune femme dans la nuit. Elle pense que son compagnon la taquine. La fatigue, l’inquiétude, elle a tellement besoin de dormir… il se moque sans doute de ses ronflements. Mais le silence revenu dans la chambre l’inquiète. Lorsqu’elle allume la lampe, elle découvre que l’homme qu’elle aime est en arrêt cardiaque.
Avec une intensité rare, Hyam Zaytoun confie son expérience d’une nuit traumatique et des quelques jours consécutifs où son compagnon, placé en coma artificiel, se retrouve dans l’antichambre de la mort.

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Vigile : Qui se rapporte à l’état de veille, qui survient à l’état de veille

On sent bien l’angoisse ressentie par cette femme à l’idée de perdre son compagnon, son amant, son confident, le père de ses enfants. Et il n’est pas encore parti pourtant, mais le manque est déjà là, cruel.

Un court récit, 125 pages à peine, qui raconte l’un de ces moments dans une vie où l’on a l’impression que le temps s’est arrêté. Où plus rien ne compte, plus rien n’a d’importance que cette vie en suspens, presque entre parenthèses. Rien ne compte plus que les visites à l’hôpital et cette attente qui n’en finit pas : va t-il se réveiller ?

Un témoignage dans lequel on est un spectateur impuissant (mais pas un voyeur) de la détresse et de la douleur d’une personne qui sent partir l’être aimé.

A la peur de la perte s’ajoute l’angoisse du lendemain, du quotidien à assurer, seule avec deux enfants. Et la narratrice de s’interroger : Est-elle, sera t-elle une bonne mère ?

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Et ça n’a rien à voir avec l’histoire, mais je trouve la couverture absolument magnifique !

Lire les premières pages sur le site de l’éditeur (en bas de page)

ELLE

27ème lecture / 28 +1

(Ordre de lecture, pas de présentation)

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Anatomie d’un scandale – Prix des Lectrices ELLE (26)

Anatomie

Anatomie d’un scandale

Sarah Vaughan

Préludes / LGF (2019)

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Présentation de l’éditeur :

Kate vient de se voir confier l’affaire de sa vie, celle qui accuse l’un des hommes les plus proches du pouvoir d’un terrible crime. Elle va devoir faire condamner James Whitehouse.

Sophie adore son mari, James. Elle est prête à tout pour l’aider et préserver sa famille. Elle va devoir trouver la force de continuer comme avant.
Comme avant, vraiment ? Quels sombres secrets dissimule le scandale, et à quel jeu se livrent réellement ces deux femmes et cet homme ?

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Kate est une avocate pénaliste brillante. Mais elle vient de perdre une affaire et elle n’aime pas ça. Lorsque son clerc lui apporte une nouvelle affaire, touchant de près le pouvoir en place de surcroit, elle n’hésite pas une seule seconde…

Sophie, elle, doit faire face à l’infidélité de son mari, homme public, et à tout ce qui en découle… Mise à l’écart des voisins ou amis, traque de la presse, sans parler de la honte de voir tout cela déballé en public et du chagrin qu’elle éprouve.

Le procès se déroule en 2016, mais il y a de nombreux retours dans le passé, en 1992, lorsque Sophie et James étaient étudiants… Il y a aussi un retournement de situation plutôt réussi, car crédible dans la façon dont il est amené et expliqué.

Ce qui est terrible dans cette histoire, c’est ce qu’on apprend sur la justice et son fonctionnement !

Un livre avec un thème très actuel, le consentement sexuel. A partir de quel moment y a t-il viol ? A partir de combien de « NON »…

Un polar qui m’a bien plu pour ses personnages, que j’ai trouvé tout à fait crédibles, notamment Sophie et James.

Avec en prime quelques détails pas franchement « séduisants » sur le fonctionnement de « fratries » à l’université d’Oxford !

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ELLE

26ème lecture / 28 +1

(Ordre de lecture, pas de présentation)

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3 minutes pour comprendre Les 50 plus grands mythes et légendes initiatiques

Un magnifique ouvrage indispensable aux amoureux de mythologie

Livre illustré adulte

3 minutes pour comprendre Les 50 plus grands mythes et légendes initiatiques

d’Irène Mainguy

Editions Le courrier du livre, 2018,
116 pages, 18 euros

Thèmes : mythologie, cosmogonie, quêtes spirituelles

 

Présentation de l’éditeur: «Don Quichotte ou le chevalier de l’utopie, Pygmalion en quête de perfection, Tristan et Iseut ou l’amour impossible, Prométhée et la transmission de la connaissance… Les mythes et légendes initiatiques sont présents dans toutes les traditions. D’une portée universelle, nourris de symboles, ils nous interpellent sur l’origine du monde et donnent réponse aux questions essentielles: D’où venons-nous? Qui sommes-nous? Où allons-nous?

A travers le parcours initiatique de personnages hors du commun, héros ou anti-héros, légendaires ou historiques, ils nous indiquent comment surmonter les épreuves qui jalonnent notre existence, et œuvrer, tel un alchimiste, à une transformation de soi en profondeur. Cet ouvrage, magnifiquement illustré, décrit et décrypte les plus grands récits initiatiques sur la création du monde, la connaissance, l’immortalité, l’amour absolu, la quête spirituelle…

Tous sont porteurs de messages, vecteurs de sacré et de transcendance. Ils forment les racines d’un arbre unique, celui d’une culture millénaire, un patrimoine auquel l’esprit humain est dans la nécessité de se référer pour trouver sa Vérité.»

 

 

Quel magnifique ouvrage que voilà! Superbement illustrés, les 50 mythes et légendes choisis regorgent d’anecdotes historiques, de proverbes et autres indications pédagogiques utiles.

De page en page, on explore avec Irène Mainguy les récits fondateurs de l’humanité mais aussi les peurs ancestrales (je pense notamment au mythe du vampire). Les explications sont détaillées mais jamais ennuyeuses et j’ai appris beaucoup de choses même à propos de sujets que je croyais déjà connaître. En effet, on ne se lasse pas d’être entraîné dans un monde de mystères, où l’homme côtoie les dieux et découvre les principes de l’alchimie.

Le livre est divisé en sept parties, chacune d’entre elles est consacrée à un type de mythes: comme par exemple « Mythes et légendes de l’amour absolu ». J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ces différentes parties. On est séduit aussi bien par les illustrations que par les textes sélectionnés avec soin, qui ne manquent pas de poésie. 

Cette collection est très bien réalisée et il me tarde d’en découvrir les autres volumes. Je vous la recommande donc!

~Melissande~

 

+ L’avis du blog D’encre et de cendres

+ D’autres publications d’Irène Mainguy sur le site des éditions Dervy

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Pirate n°7 – Prix des Lectrices ELLE (25)

Pirate

Pirate n°7

Elise Arfi

Éditions Anne Carrière (2018)

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Présentation de l’éditeur : Un soir, au Palais, Elise Arfi, jeune avocate commise d’office, voit arriver sept Somaliens hagards et menottés. Ils sont accusés de piraterie, du meurtre d’un navigateur français et de la prise d’otage de sa femme. Le sort attribue à [avocate la défense de Fahran, le pirate n° 7. La gravité des faits est indiscutable. Mais tout, dans cet acte de justice, prend une tournure dérangeante. Bien que mineur, Fahran est jugé comme un adulte.

 

Il ne comprend pas un mot de français et ne peut pas se faire aux règles et aux codes de la prison. Bientôt, au déracinement culturel et affectif s’ajoutent de graves maltraitances qui font sombrer l’adolescent dans la folie. Jusqu’au procès aux assises, quatre ans plus tard, l’avocate s’efforce de garder Fahran en vie. L’objectif tourne à l’obsession, l’obligeant à affronter les autorités en charge du dossier.

Défendre le pirate n° 7 va changer la vision de son métier, la conduisant à interroger sa vocation.

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Le pire, dans cette histoire, c’est qu’on ne peut même pas en vouloir à ce pirate n°7, Fahran. Pourquoi ? Mais parce que, pauvre parmi les pauvres, il n’a pas le choix, s’il n’aide pas les autres, il est condamné. Fait prisonnier avec les autres pirates et amené en France, totalement déraciné, ne comprenant pas la langue, jugé non pas comme un être humain mais comme un vulgaire numéro puisqu’il n’a pas de papiers et jugé comme un adulte alors qu’il n’a que 16 ans

Comment ne pas le prendre en pitié ?

 

S’imaginer à sa place, perdu dans un endroit où on ne comprend rien, ni la langue, ni les codes, c’est abominable. Comment ne pas s’interroger, au fil des pages, sur la façon dont on traite les prisonniers ? Ils ont été jugés coupable, ok. Privé de leur liberté le temps de leur condamnation, ok. Mais faut-il pour autant les traiter de cette façon là ? Quand on entend parfois certaines personnes dirent que les prisonniers sont en vacances aux frais de l’état parce qu’ils ont la tv dans leur cellule, on a envie de leur dire de lire ce livre, pour comprendre, un peu, comment ça se passe…

Un témoignage véritablement poignant et que j’ai trouvé bouleversant.

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Extrait : C’est l’avocate qui parle : « J’ai regardé Fahran, hagard, bourré de médicaments, comme d’habitude. Indifférent à chacune de mes paroles. Le désignant comme la poupée de chiffon qu’il était devenu, somnolant au fond du box, j’ai pris la cour à témoin d’un système pénal qui fabrique des fous. Au moment de son interpellation, Fahran était un adolescent de 16 ans, décrit par tous les témoins comme gai, gentil, affectueux, travaillant dur pour aider sa famille. Il n’avait ni trouble du comportement, ni trouble psychiatrique. A 20 ans, on jugeait un pantin détruit par les psychotropes, un automate bouffi, craintif, incapable de soutenir son attention plus de quelques minutes. »

ELLE

25ème lecture / 28

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