Lacrimae d’Andrea H Japp

Lacrimae : Les Mystères de Druon de Brévaux
Tome 2

d’Andrea H Japp

Roman adulte – historique et policier

Flammarion,
9782081225466, 21€

Thèmes : XIVème siècle, mire, médecin, science, enquête, mystère,

 

Début du XIVe siècle dans un comté de France.
Lacrimae est la seconde aventure de Druon de Brévaux, médecin  » expert  » du Moyen Age, pris dans l’étau d’une ténébreuse machination et confronté à de nombreuses énigmes mortelles.

Mon avis :
Avant toute chose il faut que je vous avoue que j’ai lu ce livre il y a déjà quelques mois, et que ma critique s’est faite attendre. Je ne sais pas pourquoi, je n’arrive pas à l’écrire. Enfin si je sais un peu pourquoi… Suite à mon article sur le premier tome de la série, Aesculapius, l’auteur, Andréa H. Japp, m’a envoyé (par la poste) un petit mot de remerciement… ça m’a énormément touché, bizarrement plus que lorsqu’un auteur laisse un commentaire sur mon blog ou m’envoie un message. C’est étrange je sais, et de nombreux auteurs fouillent sur le web, à la recherche d’avis sur leur livre je crois, mais c’est ici un auteur que je connais depuis longtemps, que je suis, et cette forme papier… bref, il y a de grandes chances pour que cette page aussi finisse un jour dans les mains de l’auteur, sous une forme ou une autre… (Bonjour Madame, et un grand merci pour le plaisir que vous donnez à tous vos lecteurs, et à moi en particulier!)

Hum vous voyez j’ai un peu de mal à commencer. En plus j’ai fait des recherches historiques pour essayer de ne pas dire de bêtises bref j’en suis venue aujourd’hui à la conclusion que je suis un peu folle, et qu’il faut que j’arrête mon blog si je ne veux pas être lue… Manque de confiance en moi je crois… Mais si nous passions à l’essentiel, mon avis…
En vérité je viens de commencer la lecture du tome 3 Templamentis, sorti le 16 février, ce qui m’a décidé car j’adore décidément cette histoire…

Rappelez vous, je vous avez présenter Héluise, le personnage principal, comme un personnage « attachant, intelligent, rusé, et bien accompagné ». Vous imaginez donc ma joie de la retrouver dans ce deuxième tome, toujours accompagnée d’ailleurs par Huguelin qui commence à prendre plus d’initiatives et de « poids » dans l’histoire. Nous l’avions laissée sur la route, nous la retrouvons sur la route, toujours avec pour trame de fond cette mystérieuse pierre rouge… Mais ici encore nous n’avançons dans ce grand mystère que par petites touches, des indices ici ou là, souvent dans la bouche de personnages étrangers à l’intrigue principale… Comme l’ancien meilleur ami de son père, qui l’a trahi, l’évêque Foulques de Sevrin, ou d’autres personnages à l’âme bien sombre…

Mais ce n’est pas ce grand mystère qui nous tient véritablement en haleine  dans ce deuxième volume des aventures de Druon de Brévaux, mais bien les intrigues et meurtres de Thiron. En se rapprochant d’Alençon, Héluise, toujours déguisée en homme et mire (médecin itinérant) s’arrête à l’auberge du Chat borgne. A croire qu’elle attire les meurtres, plusieurs hommes ont été assassiné dans l’entourage de cette bourgade, dans des circonstances troublantes, mais similaires, alors qu’ils n’ont à première vue rien en commun.

Entre l’auberge, l’abbaye et le château proche, les mystères s’accumulent, et les morts aussi. Une fois de plus Héluise va mener l’enquête, avec une patience et un raisonnement digne de Poirot ! Les personnages sont criant de vérité, on se les imagine sans peine… on dévore donc ce deuxième tome sans se lasser une seule minute!

Mon seul reproche peut être sera pour le tout début du livre. Si dans le premier tome et dans la suite de ce deuxième tome le vocabulaire d’époque ne m’a pas dérangé, j’ai trouvé le tout début de ce deuxième tome véritablement allourdi par le nombre de mots moyen-âgeux m’obligeant à lire les notes sans arrêt, et du coup à entrer moins facilement dans l’hisoire. Cela dit, il est difficile de reprocher ce détail à l’auteur car ce deuxième tome montre une fois de plus l’habile maîtrise d’Andréa H Japp concernant l’époque. L’arrière plan historique tient vraiment bien la route, et ce vocabulaire d’époque permet de rentrer pleinement dans l’ambiance du livre.

Andréa H Japp explique d’ailleurs à Philippe Vallet sur France Info la différence fondamentale entre la société de cette époque et la notre… et c’est très bien dit (donc je vous laisse aller écouter ;)

Et pour résumer, parce que j’ai du en perdre certains en route, j’ai une fois de plus été totalement séduite par la magie de ce livre (avec un véritable coup de cœur pour le personnage d’Igraine!). Ce roman historico policier tient la route sur les deux fronts, tout en distillant en arrière plan un mystère encore plus grand, qui nous pousse vers le tome 3 irrésistiblement. Une fresque romanesque qui rend très bien l’ambiance du XIVème siècle, mais avec des personnages terriblement modernes qui font de ce livre un très bon roman qui plaira à beaucoup !

(je ne suis en aucun responsable des écroulement de PAL, j’en profite par ailleurs pour vous informer que le premier tome de la série est sorti ces derniers jours en poche, chez J’ai Lu!)

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Le vieux qui lisait des romans d’amour de Luis Sepulveda

Le vieux qui lisait des romans d’amour

de Luis Sepulveda

Roman adulte, très accessible pour les adolescents

Points, 1999 (pour la présente édition)
EAN 9782020239301, 5€

Thèmes : Amazonie, Shuar,

Lorsque les habitants d’El Idilio découvrent dans une pirogue le cadavre d’un homme blond assassiné, ils n’hésitent pas à accuser les Indiens de meurtre.

Mon avis :
On entre dans cette histoire comme on tombe en amour, sans même s’en apercevoir. Quelques lignes, quelques pages et nous sommes déjà au fond de l’Amazonie nous aussi, prêt à accompagner Antonio José Bolivar, un homme hors du commun.

Est-ce parce que c’est basé sur des faits réels ? Est-ce parce que cet homme aime tellement lire même s’il ne sais que déchiffrer ? Est-ce grâce à cette écriture légère et fluide qui nous entraine ? Je ne sais pas vraiment pourquoi en fait, mais ce court roman est un vrai coup de cœur, une de ces petites perles qu’on a l’impression d’avoir toujours connu et qu’on n’oubliera pas tout de suite ! Tant de thèmes sont abordés ici, qu’il peut être recommandé à tous je crois… même si beaucoup l’on déjà lu! Il y a de l’amour, de la vie, de l’écologie, des peuples massacrés, des quêtes, des aventures, des cadavres, des animaux, de la politique et pourtant ce livre ne se veut pas donneur de leçon… à chacun d’y prendre ce qu’il souhaite.

C’est doux et langoureux et dans le même temps ça pulse à chaque page, il y a du danger et de l’action, entrecoupé de tendre moment de lecture ou de souvenirs. Quelle vie quand même que celle d’un homme comme Antonio José Bolivar, fuyant avec sa femme son village, puis apprenant auprès des Shuars, ce peuple sauvage, qui vit avec et de la nature, et enfin seul, reclus dans une vieille cabane, avec pour seule passion et occupation, la lecture… Envoutant !

Extraits :
« Le ciel était une panse d’âne gonflée qui pendait très bas, menaçante, au-dessus des têtes. Le vent tiède et poisseux balayait les feuilles éparses et secouait violemment les bananiers rachitiques qui ornaient la façade de la mairie. »
« Nul ne peut s’emparer de la foudre dans le ciel, et nul ne peut s’approprier du bonheur de l’autre au moment de l’abandon »
« Le problème c’est que je ne sais pas encore quels livres je veux lire. »

A votre avis, il lit quoi notre vieux comme livre ?

Moi je crois bien que ce sont des livres dignes des Harlequin :)

Livre lu dans le cadre d’une lecture commune avec Hathaway, Hélène et Anne et c’est un véritable coup de cœur!

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Fedeylins : les rives du monde de Nadia Coste

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Fedeylins

Les rives du monde

Nadia Coste

Gründ Romans,

440p., 18€

parution le 3 mars 2011

Site internet : www.fedeylins.fr


Une série en 4 tomes
tome 2 Aux bords du mal (octobre 2011)
tome 3 A travers la surface (mars 2012)
tome 4 L’Ombre des Pères (octobre 2012)

Présentation du site :

Les fedeylins, petits êtres ailés d’une quinzaine de centimètres de haut, vivent heureux au bord de la mare qui constitue leur Monde. C’est un peuple fragile qui craint essentiellement les gorderives, les batraciens armés de l’autre rivage. Depuis près de trois cent ans, un pacte de non-agression maintient la paix entre fedeylins et gorderives.

Les cinq Pères Fondateurs fedeylins, seuls mâles fécondants, apposent à chaque petit une marque derrière l’oreille gauche avant son éclosion. Cette marque permet une répartition équitable de la société entre les castes (récolteurs, bâtisseurs, prieurs, transmetteurs et créateurs). Croire au destin est fondamental pour accepter la mort qui ravage quotidiennement le village. Pour tous, la marque et le destin sont liés et chacun est persuadé d’avoir une place déterminée.


et la présentation complémentaire du livre :

Comme tous les fedeylins, petits êtres ailés vivant au bord d’une mare qui constitue leur Monde, Cahyl éclot sur un nénuphar.
Comme tous les fedeylins, il doit braver la noyade et de dangereux poissons avant d’atteindre le rivage. Comme tous les survivants de cette première épreuve, Cahyl se présente devant les Pères Fondateurs, avide de connaître la caste choisie pour lui et l’avenir tout tracé qui l’attend.

Mais Cahyl est différent : il lui manque la marque qui le lierait à ce destin. Son existence même fait trembler les bases de sa société et cela, tout le monde n’est pas prêt à l’accepter.

« Être fedeylin, c’est accepter »

Mon avis :

Lire ce livre aussi c’est
accepter!
Accepter de rentrer un monde minuscule, de s’attacher à Cahyl, d’avoir l’impression de vivre à ces cotés, et ne plus en sortir vraiment…

Je me suis plongée dans ce livre par une froide soirée, et l’ai poursuivi sur quelques jours, et j’ai eu un mal fou à le refermer à la fin, je ne voulais pas sortir déjà de ce monde qui m’a totalement enchantée!

Cahyl est un fedeylin, un de ces êtres qui vivent au bord des mares, d’une quinzaine de centimètres, ailé, tout jeune à peine sorti de la bulle, mais pourtant déjà bien différent des autres. L’absence de marque, la présence
d’un don, tout ce qui devrait faire de lui un être exceptionnel et qui dans ce premier tome l’éloigne peu à peu des siens. Dans un monde dirigé par les pères fondateurs, et ou seul le destin peut choisir de la destinée des fedeylins, comment tracer sa propre route ?

Seul Glark, un étrange animal de la mare, lui permet de se sentir un peu moins seul. Sauf que les gorderives, peuple dont fait parti Glark est ennemi à celui des Fedeylins. Une paix relative existe, mais tout de même, ils ne sont pas sensés fraterniser!

Grâce à Glark on découvre un peu mieux Cahyl, qui se livre et devient vraiment lui même, mais on apprend aussi à connaître le peuple guerrier des gorderives. Ce peuple n’est pas le seul à être ennemi avec les Fedeylins, il y a
aussi les migrateurs, c’est grands volants qui mangent les fedeylins lors de leur passage régulier au dessus de la mare. Pour moi les migrateurs ce sont des oiseaux. Est-ce moi qui ai eu envie de tout rationaliser ou l’auteur qui ouvre habillement cette porte sur notre monde qui nous permet d’y croire vraiment. J’ai eu envie tout au long de ce roman de croire que les fedeylins existent, qu’ils vivent à côté d’une mare, qu’ils se nourrissent de vers… C’est sans doute une des plus grande force de ce roman, m’avoir fait entrer à 100% dans son univers, m’avoir donné envie
d’y rester!


Ce roman, qui n’est que le tome 1 d’une aventure qu’on imagine déjà comme fabuleuse, est très bien construit car il permet de découvrir tout l’univers des Fedeylins, et de croiser toute sorte de caractère. La mère Delyndha, protectrice, les soeurs qui accompagnent, les frères prêts à tromper, les voisins qui évoluent, et puis les différents maîtres, qui permettent de faire le plein de connaissance sur le monde des fedeylins… mais pas sur le monde extérieur. Il y a même, grâce à Naï, une fedeylin, un embryon d’histoire d’amour impossible… En effet l’amour est en apparence absent du monde des fedeylin, les femmes « pondent » des oeufs, qui sont fécondés par les pères fondateurs. Les enfants vivent avec leur mère. Point, ai-je envie de dire… et il nous faudra attendre les prochains tomes…!

Cahyl nous entraîne avec lui dans ce monde, sous la direction de Nadia Coste qui maîtrise ici d’une plume légère et agréable un monde complexe et plein de détails. Chaque chapitre s’ouvre sur un extrait d’un livre fedeylin ce qui
permet d’apporter des connaissances aux lecteurs et d’éclairer l’ensemble de l’ouvrage d’un aspect plus poétique. Avec Cahyl on passe surtout de grands moment de réflexions et de découverte du monde fedeylin, et l’action est assez rare finalement dans ce premier tome, presque trop rare, et c’est peut être mon seul reproche à ce roman. Je ne me suis pas ennuyée, mais j’avais parfois envie que cela bouge un peu plus, avance un peu plus vite. 4 tomes sont prévus (et écrits) et l’univers crée par Nadia Coste est très complet, ce premier tome prend donc vraiment le temps de nous poser le contexte de l’aventure, de nous plonger dans ce monde, de nous faire aimer Cahyl, et comme dit si bien Acr0 :
« On s’attache irrémédiablement à lui. »

Un roman fantastique qui nous plonge dans un monde superbement construit, aux personnages attachants. J’ai beaucoup aimé et lirai sans aucun doute les tomes suivants! A conseiller autant aux adolescents qu’aux adultes!

Merci pour ce très beau partenariat à Cécilia (pour les éditions Gründ) ainsi que pour les graines de lotus, une superbe idée qui permet de poursuivre la lecture…

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D’autres vies que la mienne d’Emmanuel Carrère

D’autres vies que la mienne

d’Emmanuel Carrère

Roman adulte


Gallimard (Folio), 2010 (POL 2009)

9782070437825, 6,80€

Thèmes : Tsunami, Mort, Cancer, Vie, Argent, Justice

Présentation de l’éditeur :

A quelques mois d’intervalle, la vie m’a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d’un
enfant pour ses parents, celle d’une jeune femme pour ses enfants et son mari.

Quelqu’un m’a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n’écris-tu pas notre histoire ? C’était une commande, je l’ai acceptée. C’est
ainsi que je me suis retrouvé à raconter l’amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d’un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s’occupaient d’affaires de surendettement
au tribunal d’instance de Vienne (Isère). Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d’extrême pauvreté, de justice et surtout d’amour.

Tout y est vrai.

Mon avis

Il m’est très dur de parler ce livre, car je n’ai pas pu le finir. Tout avait pourtant si bien commencé… Une écriture prenante et un thème si sensible, si plein d’émotions. Le tsunami, sa vague terrible et meurtrière. La mort d’un enfant, l’attente des rescapés, la puanteur, l’espoir… tout était réuni pour un livre triste, pourtant c’était poignant et tout juste assez pesant pour être insupportable mais pousser à continuer à lire.

C’est au retour à en France que tout commence à se gâter. Quand j’aurais aimé suivre encore les protagonistes du départ, tout se déplace vers une autre femme, un autre drame… la maladie, le cancer qui la ronge, qui la tue et laisse sa famille désemparée… L’auteur commence alors un travail de mémoire pour la faire revivre différemment, pour parler d’elle à travers la voix de ses proches, amis, famille… C’est là que j’ai arrêté ma lecture, car elle était devenue pour moi beaucoup plus pesante que prenante. Un thème trop proche de moi, que je n’ai pu supporter et continuer… Cela n’est pourtant pas du tout de la faute de l’auteur, dont j’ai aimé la plume mais aussi l’idée de reprendre l’histoire à travers les proches… c’est juste moi…

Un roman qui m’a en fait trop touché pour que je puisse le continuer et l’aimer… mais un roman empli d’amour et de vie à travers la mort et la maladie…

Merci à Folio et Bob pour ce livre !

D’autres avis : Yohan, Franck, Cuné, Flora, Clochette, Jules, Mango, Nanet, Mrs Pepys, Lasardine, Djak, Calypso,((oui pour une fois je site d’autres critiques alors que je ne prends jamais le temps de le faire, mais c’est pour compenser mon demi-avis!))

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