Les délices de Tokyo – Mois du Japon

délices

Un roman exquis et délicat

Les Délices de Tokyo

Durian Sukegawa

Albin Michel (2016)

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Sentarô tient une échoppe qui fabrique et vend des « dorayaki » une pâtisserie japonaise composée de deux sortes de »pancakes » et fourrée d’une pâte de haricots rouge nommée « an ». Il est là suite à un concours de circonstances, mais n’a qu’une hâte, pouvoir arrêter pour faire autre chose. Devenir écrivain par exemple… Un jour pourtant, suite à une rencontre, son avis va évoluer…

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La gourmande que je suis ne pouvait qu’être attirée par ce titre ! D’autant plus que j’aime beaucoup cette fameuse pâte de haricot qui entre dans la composition de plusieurs pâtisseries japonaises…

C’est une histoire qui parle de pâtisseries et de la cuisson des haricots certes, mais c’est vraiment loin d’être le plus important dans cette histoire. Le plus important, c’est le secret de la connaissance de cette vieille femme, Tokue. Secret que je ne vous divulguerais pas, bien évidemment. Et c’est aussi l’amitié qui va finir par lier Sentarô, Tokue et une jeune fille, Wakana.

C’est un secret terrible, qui a conditionné toute la vie de cette femme et qui va changer la vie de Sentarô. Une très jolie découverte ! Du coup, j’ai acheté le film…

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Extrait : « Après le départ de Tokue, il avait jeté la boîte hermétique à la poubelle, telle quelle. Non sans scrupules, mais il n’avait pas envie d’y goûter. Néanmoins, chaque fois qu’il soulevait le couvercle de la poubelle, la boîte lui faisait de l’oeil. Au bout d’un moment, il l’avait repêchée. S’il y goûtait ne serait-ce qu’une lichette, il aurait fait son devoir, lui semblait-il. Mais cette bouchée lui avait fait froncer les sourcils. La pâte de haricots de Tokue n’avait rien à voir  avec celle du seau en plastique. »

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Ce roman est ma 1ère participation au challenge « Un mois au Japon 2019 » chez Lou & Hilde

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Né d’aucune femme – Prix des Lectrices ELLE (28)

né

Né d’aucune femme ♥
Franck Bouysse

La Manufacture de livres (2019)

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Présentation de l’éditeur :

 » Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile.
— Et alors, qu’y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? demandai-je.
— Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés.
— De quoi parlez-vous ?
— Les cahiers… Ceux de Rose. »
Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.

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Wow. Quelle claque ! Un roman que j’ai eu du mal à lâcher une fois commencé. Pourtant, j’ai eu besoin, à plusieurs reprises, de faire des pauses. De reprendre mon souffle, mes esprits. Une histoire, des mots qui m’ont emportés, tout simplement.

L’histoire, c’est celle de Rose. Une jeune fille « vendue » par son père pour quelques pièces. Et qui se retrouve sous la coupe d’un homme et de sa mère, obligée de leur obéir en tout. On se met à transpirer, à imaginer le pire…

Il y a plusieurs voix dans ce roman. Celle de Rose bien sûr, mais aussi celles de son père, de sa mère, du curé ou encore celle d’Edmond. Toutes sont emplies d’émotions, la tristesse, la colère, le remords…

Magnifique ! ♥

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Une chose est sûre, c’était mon premier « Franck Bouysse« , ça ne sera pas le dernier !

Extrait :

« Je venais d’avoir quatorze ans. Je vivais à la ferme, avec mon père, ma mère et mes trois sœurs. Les Landes, que ça s’appelait. D’ailleurs, ça doit bien toujours s’appeler pareil, étant donné que les endroits changent pas facilement de nom, même quand les gens s’en vont. On était quatre filles, nées à un an d’écart. J’étais l’aînée. Les filles valent pas grand-chose pour des paysans, en tous cas, pas ce que des parents attendent pour faire marcher une ferme, vu qu’il faut des bras et entre les jambes de quoi donner son nom au temps qui passe, et moi et mes sœurs, on a jamais rien eu de ce genre entre nos jambes. Si j’ai pas entendu mille fois mon père dire que les filles c’est la ruine d’une maison, je l’ai pas entendu une seule. »

 

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Le site de l’éditeur

ELLE

28ème lecture / 28 +1

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Vigile – Prix des Lectrices ELLE (27)

Vigile

Comment imaginer le quotidien sans l’être aimé ?

VIGILE
Hyam Zaytoun

Le Tripode (2019)

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Présentation de l’éditeur : Un bruit étrange, comme un vrombissement, réveille une jeune femme dans la nuit. Elle pense que son compagnon la taquine. La fatigue, l’inquiétude, elle a tellement besoin de dormir… il se moque sans doute de ses ronflements. Mais le silence revenu dans la chambre l’inquiète. Lorsqu’elle allume la lampe, elle découvre que l’homme qu’elle aime est en arrêt cardiaque.
Avec une intensité rare, Hyam Zaytoun confie son expérience d’une nuit traumatique et des quelques jours consécutifs où son compagnon, placé en coma artificiel, se retrouve dans l’antichambre de la mort.

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Vigile : Qui se rapporte à l’état de veille, qui survient à l’état de veille

On sent bien l’angoisse ressentie par cette femme à l’idée de perdre son compagnon, son amant, son confident, le père de ses enfants. Et il n’est pas encore parti pourtant, mais le manque est déjà là, cruel.

Un court récit, 125 pages à peine, qui raconte l’un de ces moments dans une vie où l’on a l’impression que le temps s’est arrêté. Où plus rien ne compte, plus rien n’a d’importance que cette vie en suspens, presque entre parenthèses. Rien ne compte plus que les visites à l’hôpital et cette attente qui n’en finit pas : va t-il se réveiller ?

Un témoignage dans lequel on est un spectateur impuissant (mais pas un voyeur) de la détresse et de la douleur d’une personne qui sent partir l’être aimé.

A la peur de la perte s’ajoute l’angoisse du lendemain, du quotidien à assurer, seule avec deux enfants. Et la narratrice de s’interroger : Est-elle, sera t-elle une bonne mère ?

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Et ça n’a rien à voir avec l’histoire, mais je trouve la couverture absolument magnifique !

Lire les premières pages sur le site de l’éditeur (en bas de page)

ELLE

27ème lecture / 28 +1

(Ordre de lecture, pas de présentation)

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Maîtres et esclaves – Prix des Lectrices ELLE (24)

Maîtres

MAÎTRES ET ESCLAVES

Paul Greveillac

Coll. Blanche
Gallimard (2018)

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Présentation de l’éditeur : Kewei naît en 1950 dans une famille de paysans chinois, au pied de l’Himalaya. Au marché de Ya’an, sur les sentes ombragées du Sichuan, aux champs et même à l’école, Kewei, en dépit des suppliques de sa mère, dessine du matin au soir. La collectivisation des terres bat son plein et la famine décime bientôt le village.
Repéré par un garde rouge, Kewei échappe au travail agricole et à la rééducation permanente. Sa vie bascule. Il part étudier aux Beaux-Arts de Pékin, laissant derrière lui sa mère, sa toute jeune épouse, leur fils et un village dont les traditions ancestrales sont en train de disparaître sous les coups de boutoir de la Révolution.
Dans la grande ville, Kewei côtoie les maîtres de la nouvelle Chine. Il obtient la carte du Parti. Devenu peintre du régime, il connaît une ascension sans limite. Mais l’Histoire va bientôt le rattraper.

***

N’ayant pas vraiment l’habitude de lire de la littérature chinoise ou qui se passe en Chine, les noms chinois m’ont un peu gênés au départ… C’est bête, mais je perdais le fil et devait revenir en arrière dans l’histoire pour m’y retrouver.

Au final

Un roman que j’ai trouvé intéressant, mais un peu touffu, un peu trop lourd par moments et que j’aurai sans doute mieux apprécié si j’avais eu plus de connaissances sur la Chine de cette époque là, sur laquelle, je l’avoue, je ne connais pas grand-chose…

La première partie, qui raconte l’enfance de Kewei, est celle qui m’a le plus plu (soit les 150 premières pages). Ensuite j’avoue mettre un peu ennuyée au milieu des intrigues du parti, des histoires politiques… L’auteur saute parfois du coq à l’âne et j’ai vraiment eu du mal à lire ce roman jusqu’au bout !

***

Extrait (p. 25) : La jeune femme sourit. Embarrassée par l’enfant à son sein, elle tourna brièvement le dos au chef du Parti. De ses baguettes, elle fouilla la carcasse de la carpe. Puis, triomphante, tenant entre ses doigts une arête énorme, elle fit face à  Jiang Jinsheng tout sourire.

-Ah ah ! Bravo ! Ce petit Kewei vous apportera décidément beaucoup de bonheur !

C’était, selon une vieille légende, l’épée que la déesse Nuwa avait fait tomber dans le fleuve Qingyi alors qu’elle étayait le ciel effondré. Signe distinctif, elle permettait d’assurer que la carpe était bien d’ici. »

Une interview de l’auteur, qui parle beaucoup plus simplement qu’il n’écrit !

ELLE

24ème lecture / 28

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