Chaman – Roman ado/adulte ?

ChamanChaman

Maxence Fermine
Michel Lafon (2017)

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Richard Adam est charpentier du ciel. Comme il est à moitié indien -et que, soit-disant, les indiens n’ont pas le vertige- il a été embauché par une entreprise qui construit de très hauts bâtiments. Au moment où commence cette histoire, il vient de perdre sa mère. Et comme il n’a jamais vraiment connu son père, à 45 ans, il se retrouve orphelin. Sur le point de se suicider, il se souvient qu’il a fait une promesse à sa mère : emmener ses cendres et les disperser sur les terres de ses ancêtres. Pour réaliser les dernières volontés de sa mère, Richard va pénétrer dans un monde dont il ne soupçonnait pas l’existence…

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C’est un roman qui, par certains côtés, m’a fait penser à un conte. Mais pas un conte de fées, non, il faut plutôt aller chercher du côté des contes et légendes amérindiennes. C’est un roman très court, qui se lit très rapidement et très facilement, mais qui m’a laissé un goût de trop peu.

J’ai bien aimé le côté « historique » avec le rappel des guerres indiennes, des traités non respectés par les blancs (encore à notre époque apparemment, Trump vient de faire passer un oléoduc sur les terres sacrées des sioux…*) ainsi que le retour aux sources, la quête d’identité de cet homme mi-blanc mi-indien qui ne sait pas trop où est sa place.

Intéressant aussi le rappel de la vie dans les réserves, avec les ravages de la maladie, de la drogue ou encore de l’alcool. Mais j’ai vraiment trouvé dommage que tout cela ne soit pas un peu plus approfondit, que ce soit juste survolé.

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Un extrait : « Le jour où Richard Adam comprit qu’il n’avait qu’une vie, il n’avait jamais été si proche du ciel. Et pour cause. Il se tenait en équilibre sur une poutrelle d’acier, à près de soixante mètres de hauteur. Et il avançait, pas à pas, vers le vide. Tout doucement, en retenant son souffle, calme et serein. Résolu à faire le grand saut dans l’inconnu. (…) Parvenu au bout de son perchoir, il s’arrêta, retint son souffle, et contempla une dernière fois le paysage qui s’offrait à lui, telle une flaque d’or blanc. Il pensa que la vue était sublime, et la vie, terriblement fragile. Un souffle de vent, un faux pas, et il disparaîtrait à jamais. Il s’envolerait tel un oiseau dans les nuées. »

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*Voir l’article de Francetvinfo (fév 2017)

Ma 2ème (?) participation au challenge 1% Rentrée littéraire 2017

challenge rentrée littéraire 2017

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La femme noire qui montra le chemin de la liberté

HarrietOu l’étonnante histoire d’Harriet TubmanHarriet Tubman by Squyer, NPG, c1885.jpg

Éric Simard & Yann Tisseron (ill.)
Collection Histoire & Société (Résistantes & Résistants)
Éditions Oskar (2016)
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Harriet Tubman (1822-1913) née Arraminta Ross, née esclave, de parents esclaves. Son année de naissance n’est pas sûre, ni son lieu de naissance, car on n’enregistrait pas la naissance des esclaves à cette époque. Quand elle était enfant, on lui a dit que sa grand-mère était arrivée d’Afrique par bateau négrier, en provenance du Ghana, mais de cela non plus, elle n’était pas sûre.

Après avoir vécu comme esclave de nombreuses années, après avoir été maltraitée, frappée par ses « propriétaires » (ça me hérisse le poil d’écrire ça, comment peut-on se considérer propriétaire de quelqu’un ????)

A l’âge de 27 ans, elle décide de s’évader pour aller vivre en femme libre dans les états du nord. Son premier essai échouera, la deuxième fois sera la bonne.

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Dans ce livre, roman documentaire ou documentaire qui se lit comme un roman, c’est un personnage bien étrange qui nous raconte l’histoire. En effet, le narrateur n’est autre qu’une cicatrice, résultat de l’improbable rencontre entre la tête d’Harriett  et un poids de 2 livres lorsqu’elle avait 15 ans…

Elle souffrira des séquelles de cette blessure toute sa vie, mais ça ne l’empêchera d’être une « femme de tête » écoutée et respectée au point d’être surnommée « Général Tubman » !

A la fin de l’histoire, une partie purement documentaire présente un glossaire, une frise chronologique (petit bémol, pourquoi commencer la frise en l’an 1346 av JC ?), une carte des États-Unis pendant la guerre de sécession et une succession de petits encadrés sur l’esclavage et la guerre de sécession, mais aussi sur l’art, la vie quotidienne, les sciences et techniques… à cette époque là !

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Un roman/documentaire que j’ai trouvé intéressant et bien fait (même si j’ai trouvé qu’il manquait quelque chose à la partie romancée, un peu de rythme peut-être ?), indiqué pour les enfants en fin de primaire et collège, mais qui pourra aussi intéresser les plus grands, la preuve, j’ai appris des choses !

La partie roman fait 50 pages et la partie documentaire -bien illustrée- à peine 20.

Dans la même collection, il existe « La femme noire qui refusa de se soumettre : Rosa Parks ».

Sur le site « Histoire d’en lire »  » vous trouverez d’autres romans de cette collection « Histoire et société »

D’autres avis : Blandine, Entre les pages, et celui de livrelibre, moins convaincue.

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Où se cache la bêtise humaine…

En 2016, le président Obama avait décidé d’honorer la mémoire de cette résistante, de cette femme courageuse qui a sauvé tant de gens et qui est une des figures majeures de l’abolition de l’esclavage aux États-Unis en mettant son portrait sur les billets de 20 dollars à partir de l’année 2020.

Mais il semblerait que l’administration de Mr Trump ne souhaite pas faire figurer une militante abolitionniste sur les billets américains…Enregistrer

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Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Le jour d’avant de Sorj Chalandon ♥ Rentrée Littéraire 2017

Le jour d’avant est un témoignage historique intéressant, un récit de vie touchant avec en plus une intrigue prenante et surprenante. Un très beau roman de cette rentrée littéraire 2017.

le jour d'avantRoman adulte – Rentrée Littéraire 2017
Accessible en fin de collège – lycée

Le jour d’avant

de Sorj Chalandon

Grasset, 2017
9782246813804, 20,90€
epub 14,99€

Le jour d’avant est un roman couteau-suisse, capable de nous surprendre avec un fond historique et humain, couplés à une intrigue bien menée. Sorj Chalandon, auteur déjà apprécié de Profession du père ou Le Quatrième mur, signe en cette rentrée littéraire 2017 un nouveau roman coup de coeur.

Michel, narrateur, nous raconte sa vie. Son enfance dans le Nord de la France, rythmée par la mine. Son frère Jojo. La catastrophe du 27 décembre 1974 au puit de mine 3bis de Liévin. A travers trois temporalités principales, Sorj Chalandon nous fait suivre le parcours de ce gamin traumatisé. L’enfance de Michel, sa vie avec sa femme, Cécile, mourante, et la conclusion de son histoire, de nos jours. La catastrophe, la fin des liens qui le retiennent encore, et la vengeance. On reconstruit peu à peu son histoire, avec des informations, des bribes seulement parfois, et les aller-retours dans son passé, dans ses souvenirs.

De jolis mots pour des moments durs, mais une poésie de l’instant toujours appréciable.

« Elle est tombée amoureuse de mes blessures, et moi de son intelligence »

Sorj Chalandon prend son temps pour nous raconter son histoire. Le temps de s’attacher à Michel, à son histoire, aux mineurs. Le temps d’oublier le titre et de se laisser porter. Une plongée dans l’âme du Nord et des mineurs de Liévin, mais surtout dans l’histoire d’un homme, d’une vie. Avec des émotions simples, celle des familles des victimes notamment, il nous fait vivre la terreur d’une époque, d’un métier. Les détails sont saisissants, effrayants aussi. Les premiers chapitres, qui semblent assez documentaires, permettent finalement ensuite de mieux comprendre les protagonistes, tout en entrant beaucoup plus dans l’histoire personnelle. Un début qui m’a d’abord laissé de marbre. Je me demandai où voulait en venir l’auteur, avec ses allers-retours, ses bons sentiments. Et puis l’intrigue avance, et les pages se tournent toutes seules…

Coup de coeur de cette rentrée littéraire, Le jour d’avant de Sorj Chalandon est un magnifique récit à l’intrigue très maîtrisée. En utilisant la première personne, si courante en littérature jeunesse, l’auteur permet une identification plus profonde du lecteur au personnage de Michel. A suivre son histoire, à le regarder grandir avec ses blessures, on en vient à le comprendre, à le plaindre, et à excuser son geste. Bluffant.

+ Une lecture dans le cadre du Challenge 1% Rentrée Littéraire 2017 
challenge rentrée littéraire 2017

 

 

 

 

 

+ Les avis de Sylire et Leiloona

+ La présentation du livre :

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

1, rue des petits pas – Roman historique

Rue1, rue des petits-pas

Nathalie Hug

Calmann-Lévy (2014)

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1918-1919 : Dans un village de Lorraine, à quelques kilomètres du front, des rescapés, des femmes surtout occupent un village et s’organisent pour survivre. Louise n’a que 16 ans, mais elle a déjà vu et vécu beaucoup d’horreurs, comme tant d’autres à cette époque. Elle va être recueillie par deux sage-femmes, Anne et Vida, qui vont lui transmettre leurs connaissances.

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Des livres sur la guerre, la 1ère ou la 2nde, sur les camps, j’en ai déjà lu plusieurs. Mais celui-ci parle de la période qui suit immédiatement la fin de la guerre. Tout est détruit, les maisons comme les gens. Les Américains, nos libérateurs sont omniprésents et ne se conduisent pas tous bien. En lisant ce roman, on imagine aisément le terrible quotidien des populations juste après guerre…

Les hommes, qui rentrent à moitié fous, à cause de ce qu’ils ont vécu, ce qu’ils ont vu, de ce qu’ils ont dû faire… Et comme si la guerre n’avait pas suffit, il faudra faire face à la terrible épidémie de grippe espagnole.

Sans être un livre « féministe », c’est un livre qui parle des femmes. De leurs vies, de leurs combats, de leur quotidien, de leurs petits bonheurs. De leur vie intime aussi, vous saurez tout. Les maladies de l’appareil uro-génital féminin , les différentes façons d’accoucher…

Un livre passionnant qui m’a beaucoup touché et beaucoup appris ! On sent que le tout a été sérieusement documenté…

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Un extrait ? « Les gémissements de la fille qui s’agrippe à mon bras, le serrant jusqu’à l’os, son buste redressé, son visage grimaçant d’effort… J’ignorais tout de cette inconnue déposée devant notre maison. Des Poilus l’avaient ramassée dans un fossé, à côté d’une charrette renversée dont le contenu avait été pillé. Moribonde, elle était menottée au cadavre d’un gendarme fauché par la grippe. Probablement une voleuse ou une meurtrière en transfert, ou encore une folle. Depuis la guerre, les routes grouillaient de pauvres hères chassés des hôpitaux où les lits étaient réservés aux soldats.

Son identité nous importait peu. Chaque femme, chaque fille, chaque vieille, qu’elle soit coupable du pire ou innocente, prostituée ou sainte, trouvait notre porte ouverte.« 

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L’interview de Nathalie Hug qui m’avait donné envie de lire son livre.

D’autres avis : Celui d’Aline sur Anamor, celui d’Indira sur Livre et compagnie, celui du journal Page des libraires

Ce livre est ma 2ème participation au Challenge « Première Guerre Mondiale » chez Blandine.

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