La femme noire qui montra le chemin de la liberté

HarrietOu l’étonnante histoire d’Harriet TubmanHarriet Tubman by Squyer, NPG, c1885.jpg

Éric Simard & Yann Tisseron (ill.)
Collection Histoire & Société (Résistantes & Résistants)
Éditions Oskar (2016)
* * * * * *

Harriet Tubman (1822-1913) née Arraminta Ross, née esclave, de parents esclaves. Son année de naissance n’est pas sûre, ni son lieu de naissance, car on n’enregistrait pas la naissance des esclaves à cette époque. Quand elle était enfant, on lui a dit que sa grand-mère était arrivée d’Afrique par bateau négrier, en provenance du Ghana, mais de cela non plus, elle n’était pas sûre.

Après avoir vécu comme esclave de nombreuses années, après avoir été maltraitée, frappée par ses « propriétaires » (ça me hérisse le poil d’écrire ça, comment peut-on se considérer propriétaire de quelqu’un ????)

A l’âge de 27 ans, elle décide de s’évader pour aller vivre en femme libre dans les états du nord. Son premier essai échouera, la deuxième fois sera la bonne.

* * * * * *

Dans ce livre, roman documentaire ou documentaire qui se lit comme un roman, c’est un personnage bien étrange qui nous raconte l’histoire. En effet, le narrateur n’est autre qu’une cicatrice, résultat de l’improbable rencontre entre la tête d’Harriett  et un poids de 2 livres lorsqu’elle avait 15 ans…

Elle souffrira des séquelles de cette blessure toute sa vie, mais ça ne l’empêchera d’être une « femme de tête » écoutée et respectée au point d’être surnommée « Général Tubman » !

A la fin de l’histoire, une partie purement documentaire présente un glossaire, une frise chronologique (petit bémol, pourquoi commencer la frise en l’an 1346 av JC ?), une carte des États-Unis pendant la guerre de sécession et une succession de petits encadrés sur l’esclavage et la guerre de sécession, mais aussi sur l’art, la vie quotidienne, les sciences et techniques… à cette époque là !

* * * * * *

Un roman/documentaire que j’ai trouvé intéressant et bien fait (même si j’ai trouvé qu’il manquait quelque chose à la partie romancée, un peu de rythme peut-être ?), indiqué pour les enfants en fin de primaire et collège, mais qui pourra aussi intéresser les plus grands, la preuve, j’ai appris des choses !

La partie roman fait 50 pages et la partie documentaire -bien illustrée- à peine 20.

Dans la même collection, il existe « La femme noire qui refusa de se soumettre : Rosa Parks ».

Sur le site « Histoire d’en lire »  » vous trouverez d’autres romans de cette collection « Histoire et société »

D’autres avis : Blandine, Entre les pages, et celui de livrelibre, moins convaincue.

* * * * * *

Où se cache la bêtise humaine…

En 2016, le président Obama avait décidé d’honorer la mémoire de cette résistante, de cette femme courageuse qui a sauvé tant de gens et qui est une des figures majeures de l’abolition de l’esclavage aux États-Unis en mettant son portrait sur les billets de 20 dollars à partir de l’année 2020.

Mais il semblerait que l’administration de Mr Trump ne souhaite pas faire figurer une militante abolitionniste sur les billets américains…Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Le jour d’avant de Sorj Chalandon ♥ Rentrée Littéraire 2017

Le jour d’avant est un témoignage historique intéressant, un récit de vie touchant avec en plus une intrigue prenante et surprenante. Un très beau roman de cette rentrée littéraire 2017.

le jour d'avantRoman adulte – Rentrée Littéraire 2017
Accessible en fin de collège – lycée

Le jour d’avant

de Sorj Chalandon

Grasset, 2017
9782246813804, 20,90€
epub 14,99€

Le jour d’avant est un roman couteau-suisse, capable de nous surprendre avec un fond historique et humain, couplés à une intrigue bien menée. Sorj Chalandon, auteur déjà apprécié de Profession du père ou Le Quatrième mur, signe en cette rentrée littéraire 2017 un nouveau roman coup de coeur.

Michel, narrateur, nous raconte sa vie. Son enfance dans le Nord de la France, rythmée par la mine. Son frère Jojo. La catastrophe du 27 décembre 1974 au puit de mine 3bis de Liévin. A travers trois temporalités principales, Sorj Chalandon nous fait suivre le parcours de ce gamin traumatisé. L’enfance de Michel, sa vie avec sa femme, Cécile, mourante, et la conclusion de son histoire, de nos jours. La catastrophe, la fin des liens qui le retiennent encore, et la vengeance. On reconstruit peu à peu son histoire, avec des informations, des bribes seulement parfois, et les aller-retours dans son passé, dans ses souvenirs.

De jolis mots pour des moments durs, mais une poésie de l’instant toujours appréciable.

« Elle est tombée amoureuse de mes blessures, et moi de son intelligence »

Sorj Chalandon prend son temps pour nous raconter son histoire. Le temps de s’attacher à Michel, à son histoire, aux mineurs. Le temps d’oublier le titre et de se laisser porter. Une plongée dans l’âme du Nord et des mineurs de Liévin, mais surtout dans l’histoire d’un homme, d’une vie. Avec des émotions simples, celle des familles des victimes notamment, il nous fait vivre la terreur d’une époque, d’un métier. Les détails sont saisissants, effrayants aussi. Les premiers chapitres, qui semblent assez documentaires, permettent finalement ensuite de mieux comprendre les protagonistes, tout en entrant beaucoup plus dans l’histoire personnelle. Un début qui m’a d’abord laissé de marbre. Je me demandai où voulait en venir l’auteur, avec ses allers-retours, ses bons sentiments. Et puis l’intrigue avance, et les pages se tournent toutes seules…

Coup de coeur de cette rentrée littéraire, Le jour d’avant de Sorj Chalandon est un magnifique récit à l’intrigue très maîtrisée. En utilisant la première personne, si courante en littérature jeunesse, l’auteur permet une identification plus profonde du lecteur au personnage de Michel. A suivre son histoire, à le regarder grandir avec ses blessures, on en vient à le comprendre, à le plaindre, et à excuser son geste. Bluffant.

+ Une lecture dans le cadre du Challenge 1% Rentrée Littéraire 2017 
challenge rentrée littéraire 2017

 

 

 

 

 

+ Les avis de Sylire et Leiloona

+ La présentation du livre :

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

1, rue des petits pas – Roman historique

Rue1, rue des petits-pas

Nathalie Hug

Calmann-Lévy (2014)

* * * * *

1918-1919 : Dans un village de Lorraine, à quelques kilomètres du front, des rescapés, des femmes surtout occupent un village et s’organisent pour survivre. Louise n’a que 16 ans, mais elle a déjà vu et vécu beaucoup d’horreurs, comme tant d’autres à cette époque. Elle va être recueillie par deux sage-femmes, Anne et Vida, qui vont lui transmettre leurs connaissances.

* * * * *

Des livres sur la guerre, la 1ère ou la 2nde, sur les camps, j’en ai déjà lu plusieurs. Mais celui-ci parle de la période qui suit immédiatement la fin de la guerre. Tout est détruit, les maisons comme les gens. Les Américains, nos libérateurs sont omniprésents et ne se conduisent pas tous bien. En lisant ce roman, on imagine aisément le terrible quotidien des populations juste après guerre…

Les hommes, qui rentrent à moitié fous, à cause de ce qu’ils ont vécu, ce qu’ils ont vu, de ce qu’ils ont dû faire… Et comme si la guerre n’avait pas suffit, il faudra faire face à la terrible épidémie de grippe espagnole.

Sans être un livre « féministe », c’est un livre qui parle des femmes. De leurs vies, de leurs combats, de leur quotidien, de leurs petits bonheurs. De leur vie intime aussi, vous saurez tout. Les maladies de l’appareil uro-génital féminin , les différentes façons d’accoucher…

Un livre passionnant qui m’a beaucoup touché et beaucoup appris ! On sent que le tout a été sérieusement documenté…

* * * * *

Un extrait ? « Les gémissements de la fille qui s’agrippe à mon bras, le serrant jusqu’à l’os, son buste redressé, son visage grimaçant d’effort… J’ignorais tout de cette inconnue déposée devant notre maison. Des Poilus l’avaient ramassée dans un fossé, à côté d’une charrette renversée dont le contenu avait été pillé. Moribonde, elle était menottée au cadavre d’un gendarme fauché par la grippe. Probablement une voleuse ou une meurtrière en transfert, ou encore une folle. Depuis la guerre, les routes grouillaient de pauvres hères chassés des hôpitaux où les lits étaient réservés aux soldats.

Son identité nous importait peu. Chaque femme, chaque fille, chaque vieille, qu’elle soit coupable du pire ou innocente, prostituée ou sainte, trouvait notre porte ouverte.« 

* * * * *

L’interview de Nathalie Hug qui m’avait donné envie de lire son livre.

D’autres avis : Celui d’Aline sur Anamor, celui d’Indira sur Livre et compagnie, celui du journal Page des libraires

Ce livre est ma 2ème participation au Challenge « Première Guerre Mondiale » chez Blandine.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Challenge 1% Rentrée littéraire ~ Les avis de Granny

Voici les avis sur des romans de la rentrée littéraire 2016, par Granny, une participante au Challenge 1% ! Cet article sera remis en avant à l’ajout de nouveaux avis, Granny est parti pour 18 titres !

Au 20/09 – Deux premiers titres :

Riquet à la houppeRiquet à houppe

d’Amélie Nothomb

Albin Michel, 2016

Comme chaque année, je l’attends avec impatience et comme chaque année, je le dévore beaucoup trop vite ! Madame fut d’humeur généreuse cette année , le livre est un tantinet plus long !

Inspiration, sans dissimulation, du conte populaire de Charles Perrault. Réflexion sur la beauté et la laideur , l’intelligence et la bêtise chez l’enfant et l’ado. On y retrouve univers loufoque, voire baroque, des noms à coucher dehors, une langue d’une fluidité parfaite, des références littéraires et la présence discrète d’une grande dame que l’on devine très cultivée, sa touche d’humour et de truculence.

Deux heures de lecture montre en main ! Bref, un bon moment, toujours rafraîchissant !

Pour les adeptes du style, ce cru est une petite pépite.

Coup de coeur

*****

La Gouvernante suédoiseLa gouvernante suédoise

de Marie Sizun

Arléa

Gentillet.
La Gouvernante suédoise est un roman intimiste au parfum suranné.

Portrait tout en tendresse des ancêtres franco-suédois de l’auteure. Il est question d’amour maternel, d’amitié, d’exil.

écoutez nos défaitesLes pages se tournent facilement, on s’attache aux personnage.

Une lecture reposante !

*****

octobre 2016 5 titres de plus :

Ecoutez nos défaites

de Laurent Gaudé

Actes Sud, 2016

Le petit dernier de Gaudé :
roman choral et historique (bien documenté), sous forme de récit à 5 voix.

Le sujet abordé assez difficile : « nos victoires ne sont-elles pas des défaites ? »

Laurent Gaudé nous emmène sur les traces de grands hommes qui ont fait l’Histoire : Hannibal, Hailé Sélassié, le général Grant, un espion habitué du Moyen-Orient, une conservatrice de musée confrontée à la destruction d’un patrimoine millénaire. Un fil rouge pour relier ces personnages : la victoire, ou la défaite de chacun d’eux, et leur manière de la vivre.

Il y a beaucoup de sujets amenant à la réflexion dans ce roman, mais néanmoins j »ai eu du mal à me plonger dedans (peut-être pas le bon moment).

L’écriture reste toujours exceptionnelle… Gaudé fait du Gaudé mais pour moi, ce n’est pas le meilleur cru.

******

Petit  pays

de Gaël Faye

Premier roman largement autobiographique qui retrace une jeunesse presque insouciante au Burundi.
Tout cela va malheureusement prendre fin à la suite des conflits entre Hutus et Tutsis au Rwanda voisin.

Angoisse de l’enfant à qui on va demander de grandir trop vite
Le langage est simple et délicat , rempli de nostalgie.
Le narrateur est exilé de son pays .. mais surtout de son enfance .

Premier roman très réussi… Coup de coeur !
Je le vois bien remportant le Goncourt des lycéens!

Gael FAYE est également auteur-compositeur-interprète. Il vit aujourd’hui au Rwanda

******

La mort de Mitali Dotto

de Anirban Bose

Moyen.. plus déçue que ravie par ce roman.

Intéressant par les descriptions des différences de mentalité entre l’Inde et les U.S, les descriptions médicales. Les traditions, la corruption, les habitudes de vie sont décrites. Mais, je ne suis pas parvenue à m’attacher aux personnages…

J’ai tourné les pages … Roman pas très long et qui m’a paru interminable !

Mercure de France

******

Tropique de la violence

de Natacha Appanah

Mayotte .. à la fois si loin et si proche ( le plus pauvre des départements français ).

Ce roman est basé sur un fait réel ..l’abandon des enfants sur l’ile de Mayotte par leurs parents .
Une plongée dans l’enfer de la jeunesse livrée à elle-même. La violence est au rendez-vous!

Après avoir lu ce livre, si d’aventure vous aviez songé à des vacances à Mayotte , vous aurez vite fait de changer d’avis.
Nous sommes loin de l’île paradisiaque avec sa barrière de corail et qui est le rdv des plongeurs !

Récit court mais bouleversant.

Gallimard

 ******

Le garçon

de Marcus Malte

Un grand livre au vocabulaire incroyable.

Des mots, des métaphores, des poèmes… avec beaucoup de références. Nous passons pages après pages de la tristesse à la solitude, de la folie à l’horrible et à l’amour. Et tout cela sans un mot sans une parole du garçon.

Roman à la fois naturaliste, puis initiatique, puis d’amour (très) érotisant, puis roman de guerre et même épistolaire mais dans un seul sens puisque le garçon est illettré.
Marcus Malte maîtrise de bout en bout et se livre à un exercice brillant. La meilleure preuve, c’est que l’on ne voit pas vraiment passer les pages et que l’on aurait même envie que cette histoire se prolonge pour passer plus de temps avec le garçon devenu homme. C’est beau !

Grasset

******

Un paquebot dans les arbres

de Valentine Goby

Par l’auteur de « Kinderzimmer ».

Très beau roman, également inspiré d’une histoire vraie ,  qui embarque le lecteur dans une traversée tumultueuse où Mathilde prend le commandement du bateau familial à la dérive. Elle sera celle, fragile, mais courageuse et tenace, qui tente de redonner la dignité à sa famille éclatée.
Nous sommes dans les années 50, au cœur des trente glorieuses… La maladie s’installe, la toute neuve « sécurité sociale  » ne prend pas en charge les indépendants… Tout s’écroule.

C’est beau, c’est fort .. on quitte Mathilde avec difficulté.

Coup de cœur !

Actes Sud

****

Retrouvez tous les participants au Challenge 1% Rentrée Littéraire sur l’article dédié, et n’hésitez pas à participer vous aussi !

Et ce Nothomb alors, je sais que beaucoup l’attendent à chaque rentrée, qu’en avez-vous pensé ? Un coup de coeur pour vous aussi ?