Lundi découverte 9 – Chan-Ok –

Pour cette Neuvième des Lundi découverte, je souhaite vous faire découvrir Chan-Ok!


chanok 

 

Chan-Ok

 

 

 

Chan-Ok est une maison d’édition crée en 2006 par Hélène Charbonnier. Aujourd’hui Chan-Ok est un label de
Flammarion. La ligne directrice est simple : faire découvrir des oeuvres pour la jeunesse autour de la Corée du Sud.

 

« La volonté du label Chan-ok est d’amener la jeunesse à penser le monde, à découvrir de nouveaux univers et de nouvelles
références.
Pour cela, elle s’appuie sur leur insatiable curiosité à l’égard de toute forme de célébration de l’image et
du texte.

Véritable passeur de sens et d’imaginaire entre la création artistique sud-coréenne et la jeunesse francophone, le label
Chan-ok a pour vocation d’être acteur d’une société française multiculturelle, curieuse et déjà ouverte sur la Corée du Sud. »

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Le nom :

Chan-Ok signifie Perle du ciel, un magnifique nom donc pour une maison d’édition destinée à
la jeunesse, de 4 à 12 ans, mais que je trouve personnellement très bien aussi pour les adultes !

 

Les auteurs :

Les auteurs et illustrateurs sont tantôt coréens du sud, tantôt français, mais dans leur oeuvre on lit toujours leur amour pour
ce pays coupé en deux, pour ses traditions, tout en restant des plus contemporains dans leurs ouvrages.

 

Les collections :

Collection d’Ici et d’ailleurs
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des histoires qui mèlent des auteurs de cultures différentes  


Collection Perles du ciel

des contes traditionnels de Corée, comme le superbe Le tigre aux sourcils blancs de Lee Jin-suk et illustré par Baik
Dae-Seoung.

Un conte aux illustrations magnifiques, qui plonge au coeur d’un conte traditionnel.


Collection Longue vie

des histoires douces et intemporelles, comme

Le chant du ruisseau de Chae In-sun et
illustré par Kim Dong-seong.

Cet album est très mystérieux, après plusieurs lectures, nous n’avons pas réussi (au comité lecture) à être d’accord sur
l’histoire, entre rêve et réalité, entre aujourd’hui et hier… mais il ne laisse pas indifférent.

 

 

Collection Petits matins

des albums pour les plus petits, pour apprendre et découvrir le quotidien. Deux nouveaux titres viennent de paraître, les
aventures de Jinju, petite coréenne qui arrive tout juste en France. Des albums qui mettent en avant les différences entre France et Corée. Des illustrations et des thèmes très enfantins, pour
des albums inter-culturels.

Jinju ma nouvelle école et Jinju j’aime pas la cantine, de Lim Yeong-hee, illustrés par Amélie
Graux.


Collection Matins calmes 

Une nouvelle collection de roman pour les enfants et adolescents. Une autre façon de parler de la Corée du Sud, mais aussi de la
vie, tout simplement.

Je viens de lire

murmure-lune-L-1.jpegMurmure à la lune de Kim Hyang-yi

Présentation de l’éditeur :

Song-hwa est une petite fille solitaire de douze ans.  Elle n’a jamais connu ses parents et vit seule avec sa grand-mère
chamanesse dans un village au bord de la rivière Imjin, non loin de la frontière avec la Corée du Nord.  Dans l’innocence de son coeur, Song-hwa confie à la lune ses chagrins et ses espoirs
secrets.

Mon avis :

Au début du roman, j’aurais bien été incapable de situer à quelle époque se passe ce roman. Song-hwa est une petite fille qui
vit dans un village, avec sa grand-mère, une chamanesse. Je ne connais rien à l’histoire de la Corée et la vie de cette petite fille me semblait assez vieillotte… Pourtant c’est aujourd’hui que
cette histoire se passe.

Cette petite fille est très attachante, et c’est un véritable plaisir que de lire son quotidien, et de découvrir ainsi, entre
famille et amis, la vie, en Corée du Sud. Ce roman sans s’appesantir ou être difficile à lire, nous retrace les grandes lignes de l’histoire de la Corée, dans ce qu’elle a de plus humain, dans ce
qu’elle a aussi de plus terrible. Tant de familles déchirées.

Mais c’est aussi l’histoire de la vie, des déménagements, de la violence conjugale, des fuites, des réussites… Des histoires
d’amitié, fortes, des histoires de famille, tout aussi fortes. Une ode à la nature, à la lune, à laquelle se confie cette jeune fille triste, et souvent seule.


Une peinture sociale très poétique, dont j’ai réellement apprécié la lecture !

 

Ce roman a reçu le Prix littéraire Samseong ( 530 000 exemplaires vendus en Corée)

 

Deux autres titres viennent de paraitre dans cette collection Les lettres du secret de Bae Yoo-an et Rêves de
liberté
par Kim So-yeon.

 


 

« Lisez ! Lisez ! Car il n’y a pas de frontière dès lors qu’il s’agit de puiser dans l’essence d’un livre pour penser le
monde. »

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Les liens :

Le site

Téléchargez le catalogue Premier
semestre 2010

 


Les lundis découvertes, c’est aussi chez Delphine, Isleene… Toutes les infos ici!

Aujourd’hui Delphine nous fait découvrir les éditions Transboréal

Petit Becs du Québec de Marie Rougemont

Petits becs du Québec

 


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Auteur : Marie Rougemont

Editeur : Les soleils
bleus

Date :  juin 2010
Pages : 106 p.
Prix : 15 €
ISBN
  978-2-918148-02-9
 

 


  Roman (adolescent dès 12 ans)

 

 

Thèmes : Adolescence, Famille, Musique, la Réunion, Québec

 

 

 

Présentation de l’éditeur :
« Juillet 2008, fin d’année scolaire pour Céline, 15 ans, qui mène une vie bourgeoise et très cadrée entre des parents affectueux
et unis, dans l’île de la Réunion.

L’arrivée de sa tante Caroline, figure pétillante du show-biz au Québec, va troubler ce quotidien tranquille et solitaire…
Pourquoi cette hostilité entre ses parents et cette tante d’Amérique un peu surprenante mais si attachante, si généreuse ?

Moments  merveilleux, tensions et conflits se succèdent sous la plume de Céline. De vieilles plaies sont mises à nu mais
ces épisodes douloureux vont faire évoluer les rapports dans la famille et dessiner pour Céline, les jours à venir sous d’autres couleurs. »

 

 

Avis :

Ce petit roman se lit très vite, et nous plonge dans une histoire qui sonne juste. Céline, adolescente, se
retrouve coincée entre des parents aimants mais très exclusif. Alors forcément quand sa tante délurée débarque, et l’entraine dans des endroits merveilleux, Céline apprend à vivre autant… et
découvre des secrets de famille !

Un roman qui se déroule sur l’île de la Réunion, et nous en apprend donc plus sur la vie là bas, et sur ses
expressions, mais avec une autre pointe d’exotisme, le Québec. C’est ce que j’ai beaucoup apprécié dans ce livre, la découverte de dizaine d’expressions québecoises, certaines déjà croisées grâce
à Abeille, GeishaNellie et Karine:) principalement. C’est un véritable dépaysement que ce roman, dont l’histoire plaira aux adolescents. Malheureusement le vocabulaire étant toujours traduit,
cela amène à de nombreuses notes de bas de page, qui ne m’ont pas génées, mais risque de perturber parfois dans la lecture les plus jeunes lecteurs.

L’ensemble du roman est convainquant, avec une histoire heureuse à tout les points de vue, et même une belle
histoire d’amour, sans tomber dans le roman trop « fleur bleue ».

Il faut aussi vous avouer que j’ai aimé un autre détail du livre, la relation de Céline avec la documentaliste de
son établissement… parce que j’ai aussi des élèves qui sont revenus les derniers jours, juste pour m’aider, alors que mes collègues jouaient tranquillement au foot ou à la pétanque… Alors à
eux – qui ne liront pas ce lignes – Merci ! Et merci bien sûr à Marie Rougemont, enseignante, de l’avoir écrit :)

 

Un roman agréable, dépaysant, qui laisse un petit goût de vacances, malgré l’été qui touche à sa
fin!

 

Merci à Philippe Lorenzo !

 

 

Mon bel amour… de Jacqueline Woodson

monbelamour.gifMon bel amour…

(autre titre : Mon bel amour, ma déchirure)

Jacqueline Woodson

Traducteur : Luc Riqoureau

Hachette

juin 2010 (janvier 2004)

186 p.

12 €

ISBN 978-2-01-202082-5

Roman d’amour (adolescent dès 9-10 ans)
Thèmes : Adolescence, Amour, Racisme, New York,

Présentation de l’éditeur :

Au premier regard, ils s’aiment.
Lui, Jeremiah, le garçon noir de Brooklyn, fils unique d’un réalisateur et d’une romancière. Elle, Ellie, la jeune fille juive
du quartier huppé, petite dernière de la famille. Tout les oppose mais ils fréquentent le même lycée, et reconnaissent chacun la lueur du grand amour dans les yeux de l’autre. Mais le bonheur est fragile…

Avis :

J’ai été ravie de trouver ce livre dans ma boite aux lettres, d’autant plus que je ne m’y attendais pas. Belle couverture,
collection grand format très grands ados… Malheureusement après le premier chapitre il a bien fallu me résoudre à l’évidence… L’histoire me disait vraiment quelque chose, et quelques chapitres plus loin, je n’avais plus aucun doute… Quelques recherches sur Internet plus tard, j’ai compris que ce livre était déjà paru chez Hachette en 2004, au livre de poche jeunesse. Légère déception donc, mais passagère. En relisant le livre j’ai retrouvé l’émotion de ma première lecture, les mêmes larmes aussi d’ailleurs!

Quelle belle histoire d’amour ! Miah et Ellie ont une force qui m’a beaucoup plu, du caractère, de la vie, de l’amour. C’est un plaisir de les suivre, de les voir se découvrir… on aimerait tellement que cette histoire finisse bien… ah vraiment il faut le lire pour comprendre. Un peu de Roméo et Juliette dans cette histoire d’amour qui ressemble beaucoup à un combat !

Une fois sortie de cette belle histoire d’amour, il n’y a pas grand chose, et on est presque triste de voir que les préjugés
restent. Les relations parents enfants sont tout de même intéressantes…  J’aurais aimé un peu plus d’originalité, mais peut être cela est il du aussi à une plus grande exigence lors de ma deuxième lecture !

Un roman idéal en collège, plutôt fille bien sûr, et qui plaira à n’en pas douter !

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Une petite critique quand même. Oui la couverture de la version poche n’est vraiment pas moderne, et attire un lectorat plus jeune… mais c’est quand même dommage je trouve de passer d’un livre à 5 euros à un livre à 12… je préfère quand c’est dans l’autre sens ! Cependant niveau commercial, c’est évident que cette nouvelle couverture est nettement plus vendeuse, et que le grand format attire plus facilement des ados, qui se rapproche ainsi des livres adultes !

D’autres avis :

Clarabel, Adalana, Stephie, Lael et Neph, qui a elle aussi pleuré !

Uglies de Scott Westerfeld

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Roman de science fiction (adolescent)

Uglies

 de Scott Westerfeld

traduit par Guillaume Fournier

Pocket Jeunesse, mai 2007
978-2-266-15924-1, 13,50€
432 pages

Thèmes : Adolescence, Beauté, Science Fiction (anticipation, dystopie), Ecologie

Présentation de l’éditeur : 

Tally aura bientôt 16 ans.
Comme toutes les filles de son âge, elle s’apprête à subir l’opération chirurgicale de passage pour quitter le monde des Uglies et intégrer la caste des Pretties. Dans ce futur paradis promis par les Autorités, Tally n’aura plus qu’une préoccupation, s’amuser… Mais la veille de son anniversaire, Tally se fait une nouvelle amie qui l’entraîne dans le monde des rebelles. Là-bas, elle découvre que la beauté parfaite et le bonheur absolu cachent plus qu’un secret d’État : une  manipulation.
Que va-t-elle choisir? Devenir rebelle et rester laide à vie, ou succomber à la perfection?

 

  Ce roman a remporté de nombreux prix littéraire, dont le Grand Prix de l’imaginaire

 

Avis :

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J’ai lu ce livre en 2007, à sa sortie, avec beaucoup de plaisir. Je l’avais d’ailleurs acheté pour mes collégiens, sans faire mouche. Depuis j’ai changé de collège, et je n’ai pas retenté l’expérience. Pourtant le hasard des vacances m’a fait me replonger dans ce premier tome (pour mieux apprécier la suite) et je finis sur le même sentiment qu’alors : wahou ! J’adore. Et du coup je suis tentée une fois de plus le conseiller à mes élèves !

Pourquoi j’ai aimé, c’est un peu plus dur à expliquer, puisque c’est un ensemble. J’aime ces histoires d’anticipation qui nous font réfléchir sur le maintenant et le après. J’aime les aventures d’adolescentes entre courage et inquiétude, force et résignation, amitié et amour. Et puis j’aime l’écriture de Scott Westerfeld dont j’ai lu d’autres livres. Un ensemble simple quand je l’écris, pourtant c’est la complexité de ses éléments imbriqués qui font de ce livre un véritable coup de coeur, un de ces livres que je ne me lasse pas de recommander.

Tally c’est une adolescente dans un monde complètement différent, mais qui pourtant peu renvoyer les adolescents actuels à leur propre image personnelle, à leur propre choix. Sensibilité, grand air, secret d’Etat… la vie! Quelques siècles après notre maintenant, nous sommes devenus les Rouillés, et notre mode de vie n’existe plus!

Dans ce premier tome d’une trilogie qui compte 5 livres (je vous expliquerai au fur et à mesure des tomes) Tally est face à ses choix d’avenir, seule souvent, mais pourtant très entourée. Sous forme de voyage initiatique elle va prendre conscience de ce qu’elle est, et de ce qu’elle veut. Romance passagère, décision grave, révélation terrifiante, ce premier tome met en place les personnages de façon splendide, et nous permet de nous attacher peu à peu à chacun d’eux. L’histoire à la fin de ce tome reste en suspend… difficile donc de s’arrêter là.

Un film « Uglies » est prévu en 2011 au USA… je reste sceptique mais enthousiaste !

  Extraits :

 » La nature n’avait pas besoin d’une opération pour être belle. Elle l’était, tout simplement ! »

 « Shay la fit s’asseoir à une table, se tourna vers une étagère et en sortit une poignée d’ouvrages sous emballage plastifié qu’elle déploya devant Tally.

– Des livres sur papier ? Et alors ?
– Pas des livres. On appelle ça des ‘magazines’, expliqua Shay.
Elle en ouvrit un et pointa le doigt. Les pages étrangement brillantes étaient couvertes de photos.

De gens.

Moches.

Tally écarquilla les yeux tandis que Shay tournait les pages, pointant le doigt et gloussant.
Elle n’avait jamais vu autant de visages si différents. Des bouches, des yeux, des nez de toutes les formes possibles, et sur des gens de tous âges. Et les corps! Certains ridiculement gras, d’autres horriblement musclés, ou bien d’une maigreur troublante; presque tous présentaient d’importants défauts de proportions. Mais au lieu d’avoir honte de leurs difformités, ces gens riaient, s’embrassaient, prenaient la pose, comme si toutes ces photos avaient été prises lors d’une gigantesque réception.

– Qui sont ces monstres?
– Ce ne sont pas des monstres, répondit Shay. Le plus dingue, c’est que ce sont des gens célèbres.
– Célèbres pour quoi? Pour leur laideur?
– Non. Ce sont des sportifs, des acteurs, des artistes. Les hommes aux cheveux filandreux sont des musiciens, je crois. Les plus moches sont des hommes politiques, et quelqu’un m’a dit que les gras-doubles sont principalement des comiques.
– Alors, c’est à ça que ressemblaient les gens avant le premier Pretty? Comment arrivaient-ils à se regarder les uns les autres? »

 

Et comme le jeudi c’est citation avec Chifonette,  voici ma participation :

 » Tout est plus glamour quand vous le faites sur votre lit. Même peler des pommes de terre. »  Andy Warhol