Octobre, un crime – Roman jeunesse Argentin

Octobre, un crime, une enquête originale qui nous emmène dans le passé…

octobre

A partir de 11/12 ans

Octobre, un crime

Norma Huidobro

Maximax
École des Loisirs (2017 / EO 2004)
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1998, Buenos Aires. Inès doit se rendre à un bal costumé organisé par sa cousine. Elle ne s’entend pas vraiment avec elle, mais elle n’a pas le choix, elle doit y aller. Le seul point positif de cette histoire, c’est qu’elle peut s’acheter un costume, en l’occurrence une robe. Et il y a justement une boutique d’occasion, là, au coin de la rue, qui la fait rêver à chaque fois qu’elle passe devant. Après de multiples essayages, elle trouve une robe d’organdi jaune, datant des années 50, qui lui plaît beaucoup. En défaisant l’ourlet pour raccourcir la robe, elle trouve une étrange lettre, un appel au secours qui émane d’une jeune fille, Elena… Suite à cette découverte, elle va mener l’enquête.

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Encore un roman récupéré tout spécialement pour le Challenge Amérique Latine, trouvé dans une boite à livres, et j’ai de la chance parce que c’est encore une découverte sympathique !

Cette enquête dans le passé est joliment menée par Inès et on ne s’ennuie pas à la suivre dans ses pérégrinations. Elle va bénéficier du soutien d’Amparito, une vieille femme qui était bonne dans la maison d’Elena. Celle-ci va l’aider dans son enquête. Au passage, elle lui apprend le triste sort des personnes âgées du quartier. Sinon, le livre pourrait se dérouler n’importe où en fait, je n’ai pas trouvé ça très « couleur locale »… Les frères d’Inès font leur part de cuisine et de tâches ménagères (dans un pays qu’on a tendance à voir comme une nation de machos…)

Bref, pas un livre dépaysant, contrairement au dernier lu dans le cadre de ce challenge (roman adulte : la femme feuille, que j’ai beaucoup aimé et que je vous présente bientôt) mais une enquête bien ficelée et très agréable à suivre.

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Extrait P.17 (lettre trouvée dans la robe en 1998)

Le 22 octobre 1958

Chère Malu,

J’ai peur. Mes soupçons étaient fondés. Tout ce que je t’ai raconté dans ma lettre précédente était vrai. Hier soir, je suis montée sur la petite terrasse de la coupole et je les ai entendus.

Ils ont évoqué le poison, les doses, et ils ont précisé qu’il restait peu de temps.. Je n’entendais pas tout, tu sais comme il est dangereux de s’approcher de la fenêtre. D’ailleurs, je crois que je me suis un peu trop avancée, j’ai failli tomber. J’ai fait un faux pas, mais j’ai pu m’agripper au rebord de la fenêtre. Tu n’imagines pas ma peur. Je te promets de ne plus y aller. De toute façon, ça ne sert plus à rien : maintenant, je sais tout.

S’il te plait, je te demande encore une fois de m’aider. Aujourd’hui même. Je veux qu’il hospitalise papa. J’ai l’espoir qu’il le sauve. Mais il faut qu’il vienne, et vite. S’il te plaît Malu, je compte sur toi pour m’aider. Ne m’abandonne pas.

Ton amie pour la vie,

Elena.

PS : je sais très bien que si mon père meurt, je serai la prochaine victime.

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C’est ma 3ème participation au Challenge Amérique Latine chez Bidib Ma petite Médiathèque

Challenge Amérique Latine

Rouille – Roman Jeune Adulte steampunk

Rouille

ROUILLE

Floriane Soulas

Ill. couv. : Aurélien Police

Scrinéo (2018)

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L’histoire se déroule à Paris, en 1897. Les hommes ont colonisé la lune et y ont découvert des matériaux jusque là inconnus qui ont permis de grandes avancées scientifiques. Mais certains n’essaieraient-ils pas de jouer aux apprentis sorciers ?

Aux « Jardins mécaniques », une maison de plaisir huppée, Duchesse, prostituée vive et éduquée –mais sans mémoire– sait juste qu’elle se prénomme en fait « Violante ». Elle sait également, elle le sent et tout son corps lui hurle que sa place n’est pas là, dans cette maison close.

Suite au décès d’une de ses amies, elle se lance dans une enquête qui va se révéler très dangereuse…

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Rouille est un roman steampunk original et en un seul tome, ce qui devient rare. Même si au final, comme d’habitude lorsque le personnage est bien développé et attachant, on aimerait rester plus longtemps avec Duchesse, alias Violante.

Concernant l’âge je dirais pas avant 15 ans, c’est plutôt violent, comme assez souvent dans les romans jeunes adultes chez Scrinéo et puis ça se passe en grande partie dans une maison close !

Un roman que j’ai lu en une seule journée et avec beaucoup de plaisir. L’ambiance est très particulière, assez sombre et un peu angoissante par moments, le côté steampunk de l’histoire est original et très bien rendu (on est vraiment transporté dans un autre monde !) Le tout m’a beaucoup plu.

Et pour une fois, j’ai pensé à indiquer le nom de l’illustrateur qui a fait la couverture, je la trouve magnifique !!

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Extrait (p.25)

« Elle courut jusqu’à ce que ses poumons crient grâce et s’arrêta, désorientée. Le soleil brillait à présent avec plus de force, illuminant les pavés et les bâtiments décrépis. Malgré tout, la lune restait visible dans le ciel clair, sa surface blanchâtre marquée du halo circulaire plus sombre des mines de Lunium.

Elle s’extirpa du dédale malsain de la souricière. Une toux rauque la secoua alors qu’elle s’enfonçait entre les immeubles bourgeois aux jardins bien entretenus, épargnés par les nuages toxiques venus des mécabourgs. »

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Le blog de l’auteure (allez voir la couverture en « grand », elle est vraiment superbe !!)

Chez Scrinéo, en Young Adult, j’ai également lu et apprécié « Le Dieu oiseau« , « La mort du temps« , « Le livre de Saskia » (3 tomes), « Le roman d’un non-mort » ou encore « Le premier« .

Happy End : court mais terriblement intense

Happy End est un court roman qui se révèle incroyablement puissant. Tom et Béa risquent bien de vous marquer un bon moment, car il y a les Gentils et les Méchants !

Happy EndRoman pour grands adolescents 14+

Happy End

d’Anne Loyer

Alice Editions, 2016
Collection Le chapelier fou
62 pages

Happy End est un court roman qui se révèle incroyablement puissant. Sous la plume d’Anne Loyer, Tom et Béa prennent vie. Tom pouce, très grand mais tout petit dans sa tête nous raconte, avec ses mots enfantins et ses réflexions sur la vie, l’arrivée de Béa dans son immeuble. Sa nouvelle voisine, qui pleure dans le couloir, a un anneau dans le nez, écoute de la musique à fond et se dispute un peu trop avec son père.

Pour Tom, il y a trois catégories de personnes : Les Gentils, les Méchants, et les Jamais (ceux qui ne lui parlent jamais). Béa, il en est sûr, fait partie des Gentils, alors il l’espionne pour mieux la connaître. La rencontre est inévitable.

Happy End n’a que 62 pages, c’est un instantané de vie, une parenthèse dans le monde de Tom et Béa, qui nous permet de les rencontrer. Ne vous attendez pas à tout connaître d’eux, ni à suivre toute leur relation. Nous n’avons qu’une esquisse, un petit bout de l’histoire… C’est parfois un peu frustrant car Tom est un personnage intéressant, et le lecteur aimerait le connaître un peu plus, le comprendre en découvrant sa vie et sa famille notamment. On se contente de survoler sa vie et on se concentre sur ce moment, ce fragment de vie.

Anne Loyer sait décidément apporter beaucoup d’émotions en peu de mots et traiter de thèmes ardus dans s’appesantir. Ici déficience mentale et père violent se côtoient dans le couloir d’un immeuble, tout simplement… et cela ne peut que marquer le lecteur !


+ Le site d’Anne Loyer

+ D’autres livres d’Anne Loyer présentés ici :
Minus Lupus (album)
Les aventures de Kimamila (première lecture)

Ueno Park d’Antoine Dole #RL2018

Huit adolescents, huit récits, huit destins sous les cerisiers en fleurs de Ueno Park au Japon.

Ueno ParkRoman pour adolescents – dès 14 ans
Rentrée littéraire 2018

Ueno Park

d’Antoine Dole

Actes Sud Junior, 22 août 2018
9782330108273, 13,50€
Disponible en numérique epub 9,99€

Thèmes : Japon, adolescence

Ueno Park est un grand parc de Tokyo, où les habitants et touristes viennent chaque printemps pour Hanami : admirer les sakura, les cerisiers en fleur. C’est cet évènement qui rassemble dans ce récit huit adolescents. Un roman choral avec huit histoires à la première personne, pour huit destins d’adolescents japonais.

“À la sortie de la gare, Ueno Park n’est qu’à quelques minutes. Un cerisier immense accueille les visiteurs. Un éclatement de douceur contre le paysage de béton froid. Vu d’ici, Tokyo n’est plus cette capitale immense qui mâche les corps et les recrache. Cette ville qui m’a tant fait peur ces derniers mois semble retenir son souffle. Tout au long du trajet qui m’a menée ici, j’ai la sensation d’avoir marché sur la pointe des pieds, en effleurant à peine le sol. À chaque pas, mon coeur sur le point de lâcher.”

Bien qu’Antoine Dole soit un auteur français, c’est une vraie plongée au Japon que fait le lecteur grâce à ce Ueno Park. Avec ces huit protagonistes on entre dans les questionnements de la jeunesse actuelle, avec une partie de questionnement très universels, mais aussi des choses typiquement japonaises, dans l’air du temps. Avec ces huit jeunes nous sommes nous aussi au Japon, et on en comprend mieux de nombreux aspects.

Pas d’adolescent guilleret caricature de manga ici, mais huit jeunes en mal-être, qui se sentent seuls. Impossible de vous décrire chaque personnage, chaque histoire, mais avec Ayumi, Haruto, Noriyuki, Sora ou Aïri nous plongeons dans un univers tokyoïte un peu décalé. Certains maux sont très liés au Japon, comme un orphelin du tsunami de 2011, ou un genderless kei, d’autres sont plus universels, comme une fan obsessionnelle, un malade du cancer, un sans-abri ou une hikikomori (vivre reclus chez soi). Huit adolescents pour huit solitudes qui portent grâce à la plume d’Antoine Dole.

Ueno Park n’est un roman que grâce à son dernier paragraphe qui boucle la boucle, mais il s’apparente plus à un recueil avec ces huit personnages bien distincts et leur huit histoires personnelles. 130 pages seulement mais des mots puissants, des destins touchants. Peu de temps, un instantanné de vie, cette fête d’Hanami qui invite à se réunir. Nos huit protagonistes se racontent en faisant le point sur leur vie, leurs espoirs. Ces jeunes sont différents de ce que l’on attend d’eux généralement, ou de ce qu’ils voudraient être. Cela donne des personnalités attachantes, des sentiments forts, pour un recueil véritablement touchant.

Antoine Dole nous offre une promenade atypique dans Ueno Park, où les cerisiers ne sont que spectateurs des vies qui se trament à leur pied. Un récit fort, poignant, qui se déroule pourtant avec une douceur incroyable et une absence totale de jugement. Huit destins à découvrir en même temps que cette vision différente du Japon qu’ils proposent.

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