Deux pour une d’Erich Kästner

Deux pour une d’Erich Kästner.- Livre de Poche Jeunesse (Histoires de vies)

« L’histoire folle de Louise et LOtte, deux soeurs jumelles que leurs parents ont séparés à la
naissance, et qui se rencontrent en colonie de vacances. Et si Louise et Lotte échangeaient leur rôle? »

Une histoire simple, sensible et drole à la fois que celle de ces deux soeurs séparées à la naissance, mais qui décident d’échanger leur rôle. Quelques couacs, des changements, des différences,
et puis une idée de fond, celle de réconcilier leur parent…
C’est vraiment mignonnet, un peu d’un autre temps, quand les romans pour la jeunesse finissaient toujours bien, que les parents divorcés se remettaient ensemble… Mais ça fait parfois du bien,
une histoire joyeuse!

J’aime bien l’écriture de Erich Kästner (dont vous connaissez peut être Emile et les detectives) parce qu’il a une façon bien à lui de prendre à partie le lecteur, de lui poser des questions, que
je trouve intéressante.

Extrait :

 » A la fin surgit dans l’encadrement de la portière, avec son saint frusquin, la vingtième filette. Un petit bouchon au regard grave. […] Une fois à terre, elle regarde à la ronde avec un
sourire embarassé. Tout à coup, d’étonnement, elle écarquille les yeux. Elle reste là, immobile, à fixer Louise. Et voici que Louise, à son tour, ouvre ses quinquets tout ronds. Avec effroi elle
dévisage la nouvelle. Les regards des autres enfants vont avec perplexité de l’une à l’autre. Le chauffeur rejette sa casquette en arrière, se gartte derrière l’oreille et demeure bouche bée.
Pourquoi donc?
Louise et la nouvelle se ressemblent à s’y méprendre. Il est vrai que l’une a de longues boucles et l’autre des nattes serrées mais c’est là réellement tout la différence. »

Ce roman m’a attiré parce que je me souviens avoir vu il y quelques années le film tiré de ce roman, un téléfilm sans doute…

Après quelques recherches, il s’agit d’un film de Walt Disney > A nous quatre! Réalisé par :Nancy Meyers Avec : Lindsay Lohan, Dennis Quaid,
Natasha Richardson, Elaine Hendrix

A noter que le film se passe de nos jours, et non pas au milieu du 20ème siècle comme dans le livre.

(((d’autres adaptations existent : Petite mamnan de Josef Von Baky  (1950), La fiancée de papa de David Swift (1961) et Charlie et Louise de Joseph Vilsmaier (1993)))

Ce qui est marquant aussi dans ce roman, c’est qu’il est pour le moins totalement inofensif, qu’il ne prone aucune idée politique… et qu’il a pourtant été interdit et brulé par Hitler…

Biographie :

Erich Kästner est né à Dresdes en 1899. Il écrivit des poèmes puis des romans pour les enfants et les adultes, enfin des souvenirs d’enfance. Humoriste, il tenta, aves plusieurs écrivains
allemands de l’époque de défendre par la satire la liberté menacée. En 1933, Hitler fit bruler ses livres, comme beaucoup d’autres. Pourtant Kästner ne quitta pas son pays où il mourut en 1974.
Ses oeuvres ont été publiées à des millions d’exemplaires et il a reçu en 1960 le prix Hans Christian Andersen, grand prix international de littérature enfantine.

ATTENTION LE CONCOURS EST FINI! LES RESULTATS SERONT PUBLIES DES QUE J AURAIS ACCES A LA SAUVEGARDE DU
BLOG ORANGE!!

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Le pacte des marchombres : T2 Ellana l’Envol

Le pacte des marchombres

 T2 Ellana l’Envol

de Pierre Botero


        Ellana dans ce deuxième tome est toujours une apprentie marchombre. Elle obéit aveuglement à son maître Jilano, continuant à escalader des tours hautes et
vertigineuses… entre autre. Mais l’Empire est emprunt à des troubles, tant à ses frontières où il est attaqué, que dans son organisation interne où les traitres sont nombreux. Ellana fera tout ce
qu’elle peut pour aider l’Empire, contre ceux qui l’attaquent, des marchombres comme elle parfois, contre ceux qu’elle aime aussi…

        Un deuxième tome tout aussi prenant que le premier, qui nous laisse essoufler, et une fois de plus avide de continuer…. Mais là un soucis se pose à moi… est ce que je continue par le tome 3 d’Ellana, où bien est ce que je relis pour le plaisir la Quête d’Ewilan?
En effet comme j’ai du le dire en parlant du tome 1, Ellana est LA marchombre de la quête d’Ewilan, cette jeune femme fantastique, souvent en arrière plan mais à laquelle on s’attache. Dans ces deux premiers tomes on a suivi sa vie AVANT la rencontre avec Ewilan, mais le tome 2 s’achève sur cette rencontre…
Le tome 3 quant à lui, reprends beaucoup de personnages de l’ensemble de ces livres, tout en restant centré principalement sur Ellana…. Dilemme donc… qu’avez vous fait pour ceux qui l’ont lu?

 

Je vous conseille le blog de Jean Louis Thouard pour ceux qui aiment les couvertures :
http://lebaron-rouge.blogspot.com

La carte de Gwendalavir :


Pour les fans, il existe une édition spéciale de ce tome 2, commenté par Bottero lui même. En voici l’avant propos fait par l’éditeur :
« NOTE DE L’ÉDITEUR
Vous êtes sur le point de découvrir, en avant-première, Ellana L’Envol, le deuxième tome de la trilogie de Pierre Bottero Le Pacte des marchombres. Mais auparavant, si vous le voulez bien, remontons un peu le temps…
Voilà bientôt sept ans que, chez Rageot, nous cheminons aux côtés de Pierre. Sept années au cours desquelles il nous a initiés à la fantasy et entraînés jusqu’au cœur de son roman-monde. Un roman-monde où l’imagination défie les frontières, où l’écriture arpente de vastes territoires inconnus et met en scène des personnages qui, pour différents, étranges, voire effrayants qu’ils
soient, n’en deviennent pas moins singulièrement familiers et attachants. Nous attendons chacun de ses nouveaux textes avec impatience, nous les dévorons avec gourmandise, nous les travaillons ensemble avec passion avant de les laisser sereinement trouver refuge entre les mains du lecteur.
Personnage secondaire de  La Quête d’Ewilan, Ellana est devenue l’héroïne de sa propre  histoire dans la trilogie Le Pacte des Marchombres. Quoi de plus logique quand, chez Pierre, chaque personnage est traité avec le même respect et possède le droit absolu, inaliénable, de clamer son intégrité, d’exister par et pour lui-même, voire même de s’émanciper ! Ellana, un personnage qui nous est proche quoique… Aucun lecteur ne peut prétendre connaître le nom que lui ont donné ses parents. Surnommée « Grenouille » par son père ou « ma princesse » par sa mère, « Ipiu » par les Petits, elle développe d’abord sa personnalité ictionnelle qui déterminera ensuite son nom. Un nom qui commence bien sûr par un « E » comme celui de toutes les héroïnes signifiantes de Gwendalavir : Ewilan mais aussi Élicia (la mère), Ellundril (le modèle), Erylis (l’autre) ou Éléa (la némésis).
Ellana, sans doute à ce jour la plus libre et sûrement la plus complexe des héroïnes de l’auteur, son pari romanesque le plus audacieux. Voilà donc bientôt sept ans de magie partagée et à partager. Et d’idées un peu folles qui foisonnent et se concrétisent autour des trilogies : un « making of » dans L’île du destin, un site dédié à Ewilan, une triple fin pour La huitième porte, un concours de poésie marchombre, un guide pour « arpenter leur voie » dans Ellana… Bref, une recherche incessante de bonus et de clins d’œil, témoins du plaisir renouvelé de travailler, d’imaginer et d’offrir ensemble.
Dans cette édition très spéciale, l’idée est de donner carte blanche à Pierre pour intervenir quand il le souhaite au fil des pages. Une version commentée en direct du processus de création de ce deuxième tome  en quelque sorte.
Il est grand temps de vous laisser en sa compagnie… »

40 p.  de notes environ… un extrait :
« LES NOMS
Comment faire pour que le lecteur, une fois franchie la porte conduisant à mon monde, ait la sensation de se trouver ailleurs ? Ce n’est pas parce que le roman est catalogué fantasy que le dépaysement est assuré. Pour que l’effet fonctionne, il faut insérer des éléments dans la narration qui, insidieusement ou, au contraire, avec brutalité, vont convaincre le voyageur qu’il n’est
plus chez lui.
Placer à chaque page des montagnes hautes de vingt kilomètres, des bestioles à vingt-six pattes pesant trois tonnes, ou des hordes gobelinesques assoiffées de sang ne suffit néanmoins pas toujours.
Voire donne envie de vraiment se trouver ailleurs tant le résultat est pesant.
Tout est question d’équilibre.
Des monstres, certes, mais pas trop, des hordes gobelinesques savamment dosées et la certitude qu’une montagne haute de vingt kilomètres interpellera beaucoup plus le lecteur si elle est mythique.
Y compris dans le roman.
Les noms, ceux des personnages, des créatures ou des lieux, obéissent à la même règle.
La règle de l’équilibre. »

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L’ami L’iguane

L’ami l’iguane

de Alex Cousseau

illustré par Anne Lise Boutin

Editions du Rouergue,
Collection Zig Zag, 2008

Selection Prix des Incorruptibles 2009-2010 catégorie CM2 – 6ème

Ma voisine Manola vient du Mexique. Elle a un iguane dans sa salle de bains. Au village ceux qui ne les aiment pas disent que Manola mange des mouches et que l’iguane est dangeureux. 

Je vous arrête tout de suite, pour ceux que le résumé aurait amené à penser qu’il s’agit d’un policier, ce n’est pas du tout ça! Pour ceux qui connaissent l’auteur aussi d’ailleurs… On reste bien dans le style d’un de ces derniers livres que j’ai lu mais dont j’ai bien évidemment perdu le titre (Rouergue aussi d’ailleurs), une unité de temps, de lieu et d’action, rien de bien compliqué… Un jeune narrateur au langage simple et coulant… et pourtant un thème de société très bien traité : le racisme, la peur de la différence, et très légèrement le problème des papiers
réglementaires….
Les illustrations en noir et blanc collent bien avec le texte, même si je n’aime pas ce style, trop « moderne » à mon gout.

Un petit roman facile à lire, intéressant, mais pas un coup de coeur cependant… que les adeptes de Cousseau se rassurent, ce n’est pas ce livre qui est moins bon, c’est moi qui n’aime pas bien ses livres en général, même si je n’arrive pas à exprimer pourquoi! Ce roman est par ailleurs encensé de toute part, et je n’en ai vu pour l’instant que des critiques positives!

Je vais certainement travailler l’année prochaine avec plusieurs classes de 6ème sur la selection du prix des Incorruptibles, peut être qu’une fois vu par des jeunes et avec des jeunes je changerai d’avis!

Retour de mes élèves : la plupart ne comprennent pas vraiment ce titre, on du mal à déméler les « on-dit » de la réalité, à appréhender le message du livre….

La grammaire est une chanson douce

Roman pour adolescents

La grammaire est une chanson douce

d’Erik Orsenna (de l’Académie Française)

Ed Stock, 2001

« Tout le monde dit et répète « Je t’aime ». il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement les mots s’usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver. »

Ce livre est un grand classique des professeurs de français, tout le monde le connait parait il… Mais il faut bien avouer mon ignorance, je viens juste de le découvrir, à croire que j’étais toujours passé à travers les goutes. Bref comme dirais Neph, « Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle ! »

C’est donc l’histoire de Jeanne et de son grand frère Thomas. Enfin non c’est l’histoire des mots… Disons pour faire simple que c’est l’histoire de Jeanne et Thomas aux pays des mots! Chaque été ils traversent l’Atlantique en bateau pour les vacances d’été… Cependant une tempête les surprends et ils s’échouent sur une île… mais ils sont devenus muets… Des mots voguent dans l’océan…

J’arrête là le résumé de l’histoire, de toute façon tout le monde le connait ce livre (comment ça je me répéte… faut voir aussi qu’on me l’a bien répété…) Toujours est-il que les enfants, pour réapprendre à parler vont devoir apprivoiser les mots, jouer avec eux. jeanne passera des journées entières dans l’usine des mots, à marier verbes, auxilliaires, interjections, sujet, complément, conjonction… Ils vont même rencontrer St Exupéry!

Une très belle histoire fantastique, qui rappelle à la fois la force et le pouvoir des mots, mais aussi leur sensibilité propre. Un bon moyen de revoir les bases des fonctions grammaticales et les temps, sans s’en apercevoir!

J’ai beaucoup aimé ce petit moment de complicité avec les mots
. L’écriture reste légère, malgré des phrases peu habituelles en littérature jeunesse… (la narratrice est une petite fille de 10-11 ans)

« Un insecte avait dû pendant la nuit, s’introduire dans mon oreille et maintenant l’effronté, il me gratouillait le tympan. Il me fallait sévir »

… à relire mon exemple je ne le trouve pas si exceptionnel… c’est un ensemble je crois!

Un autre extrait pour le plaisir :
«  Les mots dormaient.
Ils s’étaient posés sur les branches des arbres et ne bougeaient plus. Nous marchions doucement sur le sable pour ne pas les réveiller. Bêtement, je tendais l’oreille : j’aurais tant voulu surprendre leurs rêves. J’aimerais tellement savoir ce qui se passe dans la tête des mots. Bien sûr, je n’entendais rien. Rien que le grondement sourd du ressac, là-bas, derrière la colline. Et
un vent léger. Peut-être seulement le souffle de la planète Terre avançant dans la nuit. Nous approchions d’un bâtiment qu’éclairait mal une croix rouge tremblotante.
-Voici l’hôpital, murmura Monsieur Henri.
Je frissonnai.
L’hôpital ? Un hôpital pour les mots ? Je n’arrivais pas à y croire. La honte m’envahit.
Quelque chose me disait que, leurs souffrances nous en étions, nous les humains, responsables. Vous savez, comme ces Indiens d’Amérique morts de maladies apportées par les conquérants européens.
Il n’y a pas d’accueil ni d’infirmiers dans un hôpital de mots ; Les couloirs étaient vides. Seule nous guidaient les lueurs bleues des veilleuses. Malgré nos précautions, nos semelles couinaient sur le sol.
Comme en réponse, un bruit très faible se fit entendre. Par deux fois. Un gémissement très doux. Il passait sous l’une des portes, telle une lettre qu’on glisse discrètement, pour ne pas déranger.
Monsieur Henri me jeta un bref regard et décida d’entrer.
Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue :
Je
t’

aime

Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur
la blancheur des draps. Trois mots reliés chacun par un tuyau de plastique à un bocal plein de liquide.
Il me sembla qu’elle nous souriait, la petite phrase.
Il me sembla qu’elle nous parlait :
-Je suis un peu fatiguée. Il paraît que j’ai trop travaillé. Il faut que je me repose.
-Allons, allons, Je t’aime, lui répondit Monsieur Henri, je te connais. Depuis le temps que tu existes. Tu es solide. Quelques jours de repos et tu seras sur pied.
Il la berça longtemps de tous ces mensonges qu’on raconte aux malades. Sur le front de Je t’aime, il posa un gant de toilette humecté d’eau fraîche.
-C’est un peu dur la nuit. Le jour, les autres mots viennent me tenir compagnie.
« Un peu fatiguée », « un peu dur », Je t’aime ne se plaignait qu’à moitié, elle ajoutait des « un peu » à toutes ses phrases.
-Ne parle plus. Repose-toi, tu nous as tant donné, reprends des forces, nous avons trop besoin de toi.
Et il chantonna à son oreille le plus câlin de ses refrains.
La petite biche est aux abois
Dans le bois se cache le loup

Ouh ouh ouh ouh

Mais le brave chevalier passa

Il prit la biche dans ses bras

La la la la

-Viens Jeanne, maintenant. Elle dort. Nous reviendrons demain. »

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