La déclaration de Gemma Malley

Roman pour adolescents

La déclaration

de Gemma Malley

Naive,2007

           Anna n’a pas de nom. Elle n’est qu’une Surplus. Née alors que la loi l’interdit, elle ne vit que pour servir ceux qui ont signés la déclaration, ceux qui prennent le traitement qui les empêche de vieillir..  [un traitement a été découvert pour lutter contre la vieillesse et la maladie. Leshommes ne meurent plus et par conséquent, il est interdit d’avoir des enfants à moins de renoncer soi même à l’immortalité.] Anna vit dans une école pour Surplus, Grange Hall, sorte d’orphelinat anglais, régit par une vieille mégère insatisfaite… Des centaines de Surplus apprennent à se fondre dans le décor, pour faire de parfaits serviteurs. Alors qu’Anna effectue un stage à l’extérieur, elle se voit offrir un cahier, son futur journal intime.

C’est en partie comme ça que nous suivons son histoire, par le biais de ce journal, de ce qu’elle y raconte, le soir caché dans une salle de bain de l’orphelinat. C’est comme ça que l’on apprend à connaitre ce nouveau Surplus qui vient d’arriver, déjà adolescent, et qui affirme connaitre les parents d’Anna.

C’est une vraie quête iniatique, une quête de liberté, contre le système, mais aussi contre elle-même, contre ses préconsus, contre ce qu’elle a toujours appris! Une histoire très ancré dans notre temps, mais pourtant futuriste (elle se passe en 2140). De la science fiction légère et romantique, sans robots, mais avec tellement d’humanité… Peut être cependant un peu trop légère, parce qu’à part ce traitement miraculeux, peu d’autres signes de l’évolution de l’humanité est décrit, à l’inverse de la science fiction. On se croirait dans quelques années…

C’est à la fois un inconvénient, parce que l’auteur y perd en crédibilité et en cohérence, mais aussi un avantage puisque cela laisse la place à des personnages forts et attachants. Certaines scènes sont un peu larmoyantes à souhait, mais les adolescentEs y trouveront leur compte je pense!

coeur.gifCette histoire m’a magnifiquement touchée, je n’ai pas pu lacher le livre, et je n’en suis pas ressortie indemne… Un coup de coeur pour moi !

J’ai du lire un article dessus quelque part, avant de le commander… mais où?! Se signaler merci!

 

 

D’autres avis :

Livres Hebdo – Claude Combet (Septembre 2007)
Pour son premier roman, la Britannique Gemma Malley possède à la fois une écriture coupe de poing et tous les ressorts du genre. Elle a bâti un univers cohérent, poussant à l’extrême les traits d’une société, somme toute peu éloignée de la nôtre où le paraître importe davantage que la vérité. (.. .) Un livre sans concession et salutaire.

Lire – Nathalie Riché (Février 2008)

A travers L’ Histoire d’Anna, la romancière invite les adolescents à réfléchir sur l’affirmation de la personnalité et la défense des libertés individuelles et collectives. Un livre magnifique qui devrait toucher aussi les adultes.

La revanche de l’ombre rouge

Recueil de  nouvelles pour adolescents

La revanche de l’ombre rouge

de Jean Molla

Editions ThierryMagnier

Collection Nouvelles

« Comment Pauline autait-ele pu résister à ce luxueux téléphone portable abandonné? Comment l’adolescente aurait-elle pu devnier quel pouvoir démoniaque elle allait libérer en composatn le numéro de sa grand mère? Hutis récits fantastiques. Le livre fermé, on trouve soudain un aur étrange et inquiétant à ses meilleurs amis, ses parents, ou meme à son prpore reflet dans le miroir. »

Huits nouvelles de Jean Molla
1-Le portable Noir
Pauline trouve poser sur un muret un téléphone portable ultra chic, qui fonctionne parfaitement… même trop bien! On sent l’angoisse monter peu à peu, et la fin est une vraie chute de nouvelle… à la fois surprenante et évasive… elle laisse présager le pire! Cette nouvelle est vraiment bien construite, et permet aisément de travailler sur le thème de la nouvelle avec les élèves… C’est aussi ma préféré, et j’en fais souvent la lecture à des groupes d’élèves… Ils sont à chaque fois captivés!

2-Un talent diabolique !
Victorio Diavolo est un adolescent bien étrange, qui dessine merveilleusement bien… une fois encore trop bien! Moins percutante cette histoire n’en reste pas moins intrigante…

3- La revanche de l’ombre rouge
Martin est parfait pour le rôle du héros que recherche Dutilleul… sauf que voila il n’y a pas que dans le roman que Martin vit les aventures écrites par Dutilleul. Personne ne semble s’inquiétait des disparations de Martin et de sa vie dans les romans, ce qui parait assez bizarre, mais la mort de Dutilleul permet un rebondissement intéressant.

4-Le centre aéré
Quand deux petits se retrouvent pour la première fois au centre aéré, et que le petit Landry leur raconte des histoires d’enlèvements suspects, par des gens qui ressemblent à des parents, on commence à avoir peur…

5-Un amour immortel
Une belle histoire de grimoires, sorcelleries, et démons… Avec des adolescents qui aiment…

6-Léa
Vladimir, jeune homme aux anciennes manières drague ouvertement Lea… il l’invite à manger au restaurant, lui conseille des produits riches en globules rouges… mais la fin n’est pas là où l’on croit…

7-Rien de pire que les histoires dont on connait déjà la fin
Un camarade de classe riche, aux attitudes bourgeoises, méfiants et qui interdit Antoine Ménard d’entrer dans une pièce… alors forcément…

8- L’armoire
Une armoire trouvée chez un vieil antiquaire est installée dans la chambre du petit Thibaud. Mais voilà qu’il se met à inventer des histoires abracadabrantes d’enfants démons qui vivent dans son armoire… Faut il y croire?

Extraits :
« Dans les semaines qui suivirent, il fut vicitime des menus tracas que suscite l’élaboration d’un scénario. par exemple, lorque Dutilleul eut l’idée de le faire mordre par un cobra, il déclencha une violente fièvre que sa mère mit sur le compte de la croissance. »
 « Au premier regard, elle m’avait plu, réveillant en moi un soudain élan de gourmandise. Dix huit ans, dix neuf peut être. Longue et brune, un teint clair, délicat comme une porcelaine, des cheveux mi-longs abondamment bouclés et une bouche large, rouge, presque indécente sur ce visage ingénu. »

Voilà donc les nouvelles de ce recueil bien ficelé, qui donne parfois froid dans le dos. Ces nouvelles restent pour adolescents, les ficelles sont souvent grosses, mais les thèmes sont variés et toujours sympathiques.

Ce livre fait partie de la sélection 5e – 4e du Prix des Incorruptibles 2008-2009

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Ne pas tout dire

roman pour adolescents

Ne pas tout dire

de Shaïne Cassim

Grasset Jeunesse, 2000
Collection Lampe de Poche 

Constance, lycéenne spasmophile, angoissée, peureuse, myope et fille unique de parents divorcés semblent bien mal lotie dans la vie.Heureusement elle va traverser cette dure période qu’est l’adolescence entourée par sa mère (qui se remet difficilement du départ de son père), Noémie (qui oscille entre mensonge et chagrin d’amour car elle aime le même garçon que Constance) et Vladimir Illitchkov, le Pope de son quartier (pas de religion là dedans, ils se retrouvent autour d’un café au bar du coin les nuits d’insomnie…) Peu à peu on va voir Constance se noyer dans cette spasmophilie qui l’handicape… mais on la verra aussi devenir de plus en plus forte, surmonter ses peurs, assumer la nouvelle compagne de son père, aider à la fois sa mère et sa meilleure amie, et tomber amoureuse, avec des hauts, beaucoup, et des bas, encore plus…


 Extraits :
 » Tout brillait au-dessus de moi. Trop. Le ciel était très étoilé. Les diamants scintillants semblaient à portée de main. J’ai tendu les doigts mais je n’ai rien attrapé. J’étais heureuse comme j’avais pu l’être parfois en Toscane _ des centièmes de secondes volées à la tristesse. J’ai regardé mes talons noirs, immaculés, ma robe de soie verte. J’en aurais ri. j’avais l’impression d’être déguisé en femme. »
 » J’ai eu envie de me lever. J’ai enfilé ma robe de chambre et je suis sortie. […] Quelqu’un m’a heurté et j’ai poussé un cri.
_Excusez moi.
C’était le Pope. Il avait des poches sous les yeux et l’air fatigué.
_ Qu’est ce que vous faites dehors à cette heure-là?
_ Je suis insomniaque, a-t-il soupiré.
J’ai eu envie de rire et je me suis retenue à grand-peine. »

Une écriture intéressante, pleine de petites phrases douces et charmantes, qui accompagnent agréablement cette histoire. On s’attache très vite à Constance, on a envie de l’aider, de lui souffler d’avoir confiance en elle… Bien que ce soit une lycéenne, avec des préoccupations de cet âge (bac, cigarette, alcool et sexe -le tout abordé très pudiquement-) les collégiens peuvent apprécier ce livre.

Selon une de mes élèves : ‘j’ai pas pu le refermer avant d’avoir fini »

Moche

Roman pour adolescents

Moche

de Rachel Hausfater-Douïeb

Flammarion, Collection Tribal

C’est l’histoire de Mirabelle, adolescente calme et sérieuse, qui a un énorme problème : elle est moche… Ce roman très court (80 pages) s’étale sur un peu plus de 2 ans. Elle commence par l’adoption d’un chat, moche lui aussi, et une rédaction de français; et se termine par la re-rédaction du devoir de français, et la rencontre d’un garçon. Entre temps Miralaide comme on la surnomme va devenir Mirabelle…

Sans céder à la facilité (pas de traitement miracle ni de magie dans les changements qui interviennent) Rachel Hausfater nous présente ici un thème ultra classique, celui de l’adolescente mal dans sa peau. L’écriture est légère, aérienne presque, les réflexions de l’adolescente ne sont, au final, jamais ni noires ni suicidaires, ce sont juste ces petits tracas de tous les jours : boutons, poids, appareil dentaire, lunettes… Les problèmes sont traités les uns après les autres, sans précipitation, avec l’aide de son entourage, parents, soeur et amie.

Extraits :
« Quand je me regarde dans la galce (rarement) j’ai envie de pleurer. Car j’ai ce qu’on appelle un physique ingrat. Ingrat et… très gras. Je suis grosse et essaie de noyer mes formes sous des habits diformes »

« Maintenant Mirabelle voit. Elle voit bien. Elle voit tout. Tous ses boutons. Et elle a envoe de fermer les yeux. »

« Des boutons, on peut les faire disparaitre. Mais un nez? Impossible! Et surtout pas le nez de Mirabelle… Tant qu’il vivotait dans l’ombre de ses lunettes, il paraissait minimisé […] Il trône maintenant fièrement au beau milieu de son visage, arrogant,  ominateur, omniprésent, et on ne voit plus que lui. Il est trop grand, il est bossu, elle est foutue! »

J’ai pour ma part trouvé l’histoire un petit peu trop simple et classique, mais je pense que c’est là que se trouve toute la force de ce livre, qui ne se sent pas obligé de baratiner sur des sentiments adolescents que n’ont quand même pas la majorité des adolescents (bien qu’on puisse parfois se le demander à la lecture de beaucoup de romans ado).

En tout cas ce livre a séduit les élèves de 6ème (filles) à qui j’en ai fait la lecture. Je l’avais choisi exprès parce que l’une d’elles vient juste d’avoir un appareil dentaire et ne l’aime pas beaucoup… J’ai fait mouche, et j’ai même réussi à la faire sourire, dévoilant enfin toutes ses dents barbelées, que je n’avais plus vu depuis quelques semaines…