Nos âmes plurielles – Roman ado

âmes Nos âmes plurielles

Samantha Bailly
Rageot (2017)
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Quand j’ai commencé ce roman (emprunté à la Médiathèque Départementale pour faire connaissance avec une littérature un peu plus « girly » que ce que je lis habituellement), quand j’ai débuté cette lecture donc, je n’avais pas vu que c’était un tome 3…En effet, avant « Nos âmes plurielles« , il y a « Nos âmes jumelles » et « Nos âmes rebelles« …

Mais à dire vrai, ne pas avoir lu les deux précédents tomes ne m’a, ni gêné dans la compréhension de cette histoire, ni empêché de l’apprécier.

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Sonia écrit, Lou dessine. Elles ont d’abord été des amies virtuelles grâce à une collaboration sur un fanzine (raconté dans « Nos âmes jumelles » – 2015).

Puis elles vont se rencontrer IRL et créer un blog BD « Trames jumelles » (raconté dans « Nos âmes rebelles » – 2016).

Dans « Nos âmes plurielles « , le Bac en poche, elles se sont installées en colocation à Paris. Lou fait la difficile expérience d’une prépa aux Gobelins, tandis que Sonia est en Fac de philo à la Sorbonne. Elles vont vivre cette liberté toute nouvelle de façon très différente…

âmes

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J’ai été très agréablement surprise par ce roman. Sans que ce soit un coup de cœur, j’ai passé un très bon moment avec Sonia et Lou.

Deux très jeunes femmes, à peine majeures, qui profitent de leur indépendance toute neuve (et se rendent compte aussi des quelques inconvénients que ça présente ! ;))

Même avec quelques (hum !) années de plus, on peut se retrouver dans ce passage à l’âge adulte, leurs interrogations, leurs angoisses, leurs doutes…

Un bien joli roman !

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De cette autrice, Sophie vous a déjà présenté un thriller « A pile ou face »

Le blog de Samantha Bailly

L’éditeur Rageot

Power Club 1 L’apprentissage

Power Club est une série de science-fiction pour adolescents vraiment prenante, avec une héroïne attachante et une société finalement pas si éloignée de la nôtre…

Roman pour adolescents, à partir de 13 ans. Science-fiction

Power ClubPower Club

1. L’apprentissage

d’Alain Gagnol

Syros, 2017
9782748521504, 17,95€

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Thèmes : Amitié, Richesse, Super-héros, Pouvoir, Aventure
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2038. Le monde a crée des super héros, réunis dans le Power Club. Des injections  de boosters, des marchines biotechnologiques permettent à des jeunes d’être de véritables super-héros : ils peuvent voler, et aide les forces de l’ordre pour faire respecter la loi.

Le Power Club, qui gère les super-héros, est réservé aux très riches. Quelle surprise pour Anna quand ses parents lui offrent justement de rejoindre ces super-héros. Une nouvelle vie d’aventure s’ouvre à elle, avec son lot de contrats à signer, de publicités à faire, et de gens à sauver. Sauf que le Power Club semble cacher des choses…

Alain Gagnol mélange avec beaucoup de réussite le coté très adolescents et la science-fiction. Le récit est l’occasion d’un vrai message sur le rôle de l’image immédiate et de la notoriété dans la société.
Anna, soutenue par sa meilleur amie Lisa va tenter de garder les pieds sur terre pour découvrir les secrets du Power Club… Bien que très riche et plein de rebondissement, on ne découvre que les prémices d’une réponse, dans ce premier tome.

Très vite, Anna comprend qu’il y a des choses qui clochent avec ce Power Club. La disparition d’un autre jeune, censé être invincible, va lui permettre de rencontrer des personnes extérieures, et notamment un journaliste, qui connaît bien des secrets du Power Club. Malgré un univers très science-fiction, la narration à la première personne par Anna elle-même permet d’être très près des adolescents et de leur préoccupations. Les rêve de gloire et de super-héros semblent difficile à réaliser…

Power Club est une trilogie qui file à toute allure et dont le premier tome s’annonce vraiment prometteur. Entre science-fiction, adolescence et dénonciation des travers d’une société de l’image, L’apprentissage est un roman à dévorer.


La Bande Annonce :

Le tome 2 Ondes de Choc est sorti en juillet 2017. Disponible en version papier ou numérique Epub gratuit à télécharger

D’autres roman de science-fiction pour adolescents à découvrir sur Délivrer des Livres : 

gruppSigridmaison des reflets

 

Say something – Roman ado/jeune adulte

saySay Something

Jennifer Brown
Albin Michel (2018)

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Au lycée, avec son nom de famille « féminin » -Judy- sa timidité et son allure chétive, David est la proie rêvée de certains plus costauds, plus sportifs, sûrs d’eux et de leur force et inconscients, sans doute, des ravages qu’ils occasionnent.

Cette année, plus encore que les autres années, David fait sa rentrée (en Terminale) la peur au ventre. Il faut dire que l’année précédente a été terrible, un déferlement de violence ayant eu lieu dans son lycée. David a passé l’été enfermé chez lui à essayer d’oublier. Impossible, d’autant qu’il « sait » des choses, des choses qu’il devrait dire à la police, mais il ne peut pas, il n’y arrive pas. Les mots refusent de franchir ses lèvres et, du coup, il culpabilise…

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En lisant ce roman, on a l’impression de vivre de l’intérieur, de ressentir, de comprendre ce que c’est que d’être quotidiennement moqué / insulté / harcelé par d’autres élèves au lycée. Ce sont toujours les mêmes insultes « Pédé. Tapette. Pédale. Tantouze. » Les mêmes vexations (baisse du pantalon, obligation de faire des pompes devant tout le monde). Pourtant, le ton n’est pas « pleurnichard », David, s’il souffre de tout cela, ne s’en plaint pas. Il s’adapte (il ne mange plus le midi pour éviter qu’on crache dans son assiette par exemple), évite, courbe l’échine.

Étrangement, ce ne sont pas toutes ces persécutions qui le perturbe le plus, mais bien cette chose qu’il sait et qu’il n’arrive pas à dire. Le poids de la culpabilité.

Say something est un roman très court puisqu’il ne fait que 126 pages (les 24 dernières pages sont le début du roman précédent de l’autrice), mais il laisse un goût un peu amer. (c’est ça l’endroit où l’on envoie nos enfants s’instruire ?? Sans être trop naïf, ça fait quand même un peu peur.)

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Ce livre est un « complément » à Hate list (plus qu’une suite, c’est un autre point de vue). Je l’ai lu sans avoir lu « Hate list » et j’ai très bien compris l’histoire.

Lire quelques pages sur le site de l’éditeur

De cette autrice, Sophie vous a déjà présenté « Tornade« 

P’tit bout – Roman ado/adulte

boutP’tit bout ♥

Alex Wheatle
Au Diable Vauvert (2017)
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P’tit bout, c’est Lemar. Comme il était le plus petit de sa classe en début de collège, on l’a appelé « P’tit bout ». Il a un peu grandi, ce n’est plus lui le plus petit, mais le nom est resté.
Avec ses potes McKay et Jonah, ils essaient de dégoter un rencard avec une fille. P’tit bout est en admiration devant Venetia King, la fille la plus sexy du collège. Alors quand celle-ci, admirative de son talent de dessinateur, vient lui demander de lui faire son portrait, il est aux anges !

Mais tout ne va pas se passer comme prévu, d’autant plus que P’tit bout est recruté – un peu (beaucoup !) malgré lui – par un des plus gros chefs de gang du quartier…

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Ce qui m’a vraiment beaucoup plu dans ce roman, c’est que j’y ai cru. A fond. Par moments j’ai eu peur pour P’tit bout, j’ai été triste ou heureuse pour lui à d’autres moments. Dans ma tête, je lui donnais des « conseils » (fais pas le con P’tit bout, tu déconnes P’tit bout, fais pas ça !) Bref, j’étais totalement immergée dans l’histoire, que j’ai lu d’une traite. P’tit bout et ses copains sont des personnages très attachants.

Et en plus, j’ai ri. Malgré une histoire pas toujours très gaie (problèmes familiaux, chômage, précarité, pauvreté, violence -on est dans une « cité » contrôlée par des gangs-) j’ai beaucoup ri en « écoutant » P’tit bout et ses amis. L’écriture est dynamique et très drôle.

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Un extrait :

« – Pour avoir une fille comme Venetia, il faut tous les trucs qui vont avec, mon frère, m’a expliqué McKay. Tu dois avoir un Iphone, des écouteurs Dr. Dre, les dernières Adidas, une belle coupe de cheveux à l’iroquoise et être assez grand pour qu’elle puisse poser sa tête sous ton menton. Les filles canon aiment bien qu’on leur fasse penser à un grand frère.

– Ouais et toi, Bout, t’as rien de tout ça, a ajouté Jonah. Alors laisse tomber et pense même pas à aller parler à une petite merveille comme Venetia.

J’ai commencé à m’éloigner, sachant bien que, même si j’avais des écouteurs Dr. Dre et tout le reste, je n’aurais jamais le cran de parler à Venetia. Jonah et McKay m’ont rattrapé et on s’est tirés du bahut.

On habitait touts dans la cité de Crongton-Sud, à dix minutes à pied du collège. Jonah vivait au 2ème étage de mon immeuble et moi au 5ème. McKay Tambo habitait avec son père et son frère ainé dans le bloc de béton d’en face. Dieu seul sait ce qu’ils devaient engloutir dans leur case, parce qu’ils avaient tous les trois la carrure des catcheurs. »

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Prix du meilleur roman jeunesse du Guardian en 2016

Sur le site de l’éditeur Au Diable Vauvert, j’ai appris qu’il s’agissait du 1er tome d’une trilogie dont le 3ème tome doit paraître en 2019… A suivre !