Emmy & Oliver : l’amitié 10 ans plus tard

Emmy & Oliver est un roman pour adolescents autour d’une histoire d’amitié, d’amour, mais surtout sur le temps qui passe et qui sépare les gens…

emmy oliverEmmy & Oliver

de Robin Benway

traduit par A. Delcourt

Nathan, 2017
978-2-09-256470-7, 15,95€

 

Emmy & Oliver sont inséparables. Voisins, copains d’école, ils sont toujours ensemble. Pourtant alors qu’ils ont 7 ans, Oliver est enlevé par son père. Emmy reste seule, et à l’adolescence elle est toujours très entourée par ses parents qui la couvent un peu trop, de peur qu’elle aussi disparaisse.
10 ans plus tard, Oliver réapparait. Comment reprendre leur histoire après tout ce temps ? Qu’est-il arrivé à Oliver ?

Emmy & Oliver est un roman assez prévisible mais qui touche par la belle histoire d’amitié qui lie les deux protagonistes. Emmy, la narratrice, est touchante et il est facile, pour le lecteur, de s’identifier à elle. Les thématiques principales renforcent ce lien avec le lecteur, traitant des relations familiales et amicales, et de la difficulté de faire accepter ses envies et ses rêves à son entourage.
Les parents sont relativement présents dans ce roman, avec un rôle très réaliste contrairement à beaucoup de romans pour ados. Ils ne sont ni idéalisés, ni diabolisés, et ne sont pas non plus complètement absents. Il y a une certaine justesse dans les sentiments, un équilibre général du roman et entre les protagonistes qui crée un univers doux malgré le drame de départ.

Emmy & Oliver sont tous deux des adolescents simples, bien dépeints, et qui sont confrontés à la réalité. La thématique de l’enlèvement d’Oliver et de ses rapports avec son père apporte un coté dramatique qui permet de créer une certaine tension narrative au fil des pages. Malgré tout c’est réellement la relation entre les deux adolescents qui est au coeur du récit.

Un beau récit, léger et réaliste malgré le drame qui lance l’histoire. Emmy & Oliver est un roman pour adolescents qui tient ses promesses et offre un beau moment de lecture… Vous pouvez l’emporter sur la plage pour accompagner votre adolescent, puisque le surf et la plage font partie de l’histoire… mais n’oubliez pas de le lui piquer pour le découvrir vous aussi !

+ D’autres romans de Robin Benway, eux aussi légers et agréables :
Robin Benway - La pire mission de ma vie Tome 2 : La pire mission de ma vie n'est pas finie.

La pyramide des besoins humains

pyramideLa pyramide des besoins humains

Caroline Solé
Médium Poche
L’École des Loisirs (2017)
* * * * *

Christopher est un jeune garçon qui a fugué et vit dans la rue à Londres, dormant sur un carton. On saura rapidement pourquoi et comment il est arrivé là. Attiré par une affiche avec une pyramide multicolore, il s’inscrit à un jeu sous un pseudo, une émission de téléréalité intitulée « La pyramide des besoins humains ». Il s’agit de raconter sa vie en suivant les « niveaux » de la pyramide de Maslow. Tout le monde peut voter pour les différents candidats et à sa grande surprise, Christopher passe le premier niveau…

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Abraham Maslow, un psychologue américain (1908-1970) est connu pour avoir hiérarchisé les motivations des besoins humains selon 5 niveaux (les deux premiers étant indispensables) : Voir ci-dessous la pyramide de Maslow.pyramide

Dans ce roman, on suit la vie quotidienne de ce jeune SDF. Comment il est arrivé là et comment il a survécu. Il raconte la faim, le froid, le cafard à l’arrivée des fêtes de Noël… Il résume ses besoins physiologiques (1er niveau de la pyramide) de la façon suivante : « Un carton sec, épais, propre. Un hot-dog avec pas trop de moutarde. Une bière bon marché, un chewing-gum et une clope. Me caresser sous le duvet. Besoins physiologiques : OK. Du moins pour un ado dont tout le monde se fout. Bienvenue à Chinatown 2.0. »

Une courte lecture qui peut pousser à réfléchir, à voir autrement. Réfléchir à ce que sont réellement nos besoins, à ce qu’est la télé-réalité, à ce que sont les réseaux sociaux et comment nous réagissons face à eux…

Voir autrement aussi les gens qui vivent dans la rue. On tourne souvent la tête, on fait comme si on ne les voyait pas, histoire de ne pas être obligé de leur donner de l’argent ou de leur dire non. Du coup, on les ignore, c’est comme s’ils n’existaient pas…

Un roman que j’ai trouvé très bien fait et très touchant. A travers les 5 niveaux de la pyramide, ce jeune garçon nous raconte sa vie, celle passée et celle présente.  Et il y a même de l’humour ! J’aime beaucoup un des petits textes qu’écrit Christopher : « Monsieur Maslow, vous êtes un sombre abruti. Ou bien un escroc. Vous savez bien qu’on n’est pas forcément à l’abri même avec un toit au-dessus de sa tête et qu’on peut aussi se croire en sécurité sans être protégé : des millions d’individus exposent bien leur intimité sur des murs virtuels, malgré les risques de virus et de piratage, non ? Puisque l’important c’est de « croire », j’atteste sur l’honneur, moi Christopher Scott, que mon besoin de sécurité est parfaitement satisfait. Rendez-vous au niveau supérieur, l’escroc ! »

Bref, un roman qui ne laissera, je le crois, personne indifférent ! On croit vraiment à l’existence de Christopher, et on se pose avec lui toutes sortes de questions…

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« La pyramide des besoins humains » est le premier roman jeunesse de Caroline Solé. Il a remporté quatre prix :

Les escales littéraires d’Auvergne 2016, Enlivrez-vous à Thionville 2016, le prix Sainte-Beuve 2017, le prix des collégiens de Rillieux-la-Pape 2017 et a fait l’objet d’une trentaine de sélections depuis sa publication. Sur le site de l’auteure, vous pourrez feuilleter quelques pages.

D’autres avis : celui de Liradode Ricochet (il fait partie de leur sélection)

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Sur le thème de la télé-réalité, Sophie vous avait présenté « Et à la fin, il n’en restera qu’un » de Jean-Luc Luciani

Sur celui des SDF, je vous avais présenté « Un courant d’air » de Laurie Cohen, un roman glaçant. Sur ce même thème, il y a également « No et moi » de Delphine de Vigan.

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A kiss in the dark : amour ou mensonge ?

A Kiss in the dark est un roman très touchant sur l’amour à l’adolescence et l’homosexualité. Une belle histoire d’amour peut-elle survivre au plus gros des mensonges ?

a kiss in the darkRoman pour adolescents

A Kiss in the dark

de Cat Clarke

traduit par Alexandra Maillard

Robert Laffont, 2014
Collection R, 414 pages
978-2-221-14508-9, 17,90€

Derrière ce titre étrange A Kiss in the Dark – Un baiser dans le noir, se cache un roman touchant sur l’adolescence, mais surtout sur le mensonge et ses conséquences.

Alex fait une rencontre sur un forum de musique, et, lors d’un concert, découvre en vrai Kate. Il fait sombre et leur rencontre les conduit à un baiser, dans le noir. Un baiser mais, surtout, un malentendu. J’ai vu beaucoup de critique avant de lire le livre qui cachait le mystère de ce livre, mais je trouve que ce n’est pas là que ce situe l’intérêt de ce roman. Ce secret, on le découvre assez rapidement, et on s’en doute dès les premières pages. Dans le passage suivant, je vous dévoile donc ce secret. Rendez-vous en dessous des étoiles rouges pour connaître mon avis sans être pour autant spoiler.

***

Kate est une jeune fille un peu timide, et sa rencontre avec Alex est vraiment très belle. Pourtant elle se trouve sur son identité, car Alex a beau être un garçon manqué, c’est surtout une fille. Cheveux courts, veste masculine, skate… elle ne se pose même pas la question. Et Alex, amoureuse, heureuse elle aussi, s’enferme dans le silence, puis dans le mensonge. Et ils vivent une superbe histoire d’amour… avec ce secret comme épée de Damoclès.

Dans la première partie de A kiss in the dark, on suit Alex et on comprend et excuse totalement cette jeune fille heureuse. Le lecteur s’attache, s’inquiète. Cat Clarke fait parfaitement ressentir le désarrois de son héroïne, et, comme tout part d’un malendu, on excuse. Quand tout part en vrille et que Kate apprend la vérité, la belle histoire d’amour vire au cauchemar.
Changement de ton, et surtout changement de narrateur principal. C’est maintenant la voix de Kate qui se fait la plus présente, et on va apprendre peu à peu à mieux la connaître. On va se mettre à sa place. L’auteur réussi une fois de plus à nous faire apprécier son héroïne, et parvient à nous faire aimer ces deux protagonistes, alors même qu’ils se font du mal.

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A Kiss in the dark est avant tout une superbe histoire d’amour et deux personnages attachants. C’est aussi des larmes, une guerre et la force destructrice des réseaux sociaux. C’est une mère trop présente et une famille presque absente. C’est un bonnet en laine. Un magnifique roman d’amour, de ces amours tourmentés, destructeurs, où le mensonge s’imice. Un beau message d’écoute et de tolérance, qui saura toucher les lecteurs qui aiment la littérature jeunesse / YA.


+ sur le site des éditions Robert Laffont

+ Challenge YA#6

+ D’autres livres de Cat Clarke à découvrir :

REVANCHE PERDUE ET RETROUVÉE OPÉRATION PANTALON CONFUSION CRUELLES

Revanche et Cruelles sont deux romans qui m’ont beaucoup marqué, et que je vous conseille! Perdue et retrouvée est différent, mais très touchant aussi !

+ D’autres histoires d’amour tourmentées :
maison des reflets no longer héroïne  VentPrendra Cet été-là la sirène

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

La Sirène : chants mortels et histoire d’amour

La Sirène, l’histoire d’amour contrariée d’une jeune fille à la voix mortelle. Comment chanter pour attirer à la mort des milliers de personnes, et en même temps tomber amoureuse ?

la sirèneRoman pour adolescents

La Sirène

de Kiera Cass

traduit par Madeleine Nasalik

Robert Laffont, 2016
Collection R, 360 pages
17,90€, disponible en numérique pdf epub

Comment chanter pour attirer à la mort des milliers de personnes, et en même temps tomber amoureuse ? Kahlen, sirène malgré elle, a bien du mal à supporter sa condition. Lors d’un naufrage, elle est en train de se noyer quand elle entend une voix. La Mer lui propose alors de la garder en vie, à condition qu’elle passe 100 ans à son service, en tant que Sirène. 100 ans où elle sera immortelle, suite à quoi elle pourra vivre une vie normale, sans se souvenir de rien. Alors que cela fait 80 ans que Kahlen se dévoue à la Mer, entre cauchemars et remords, elle rencontre Akinli. Un jeune homme différent. Il ne lui faut que quelques jours pour tomber amoureuse. Son secret ne lui permet pourtant pas.

Kiera Cass, auteur de la série à succès La Sélection, a d’abord écrit ce roman La Sirène. Auto-publié, les avis étaient assez partagés. Elle a depuis retravaillé ce texte, publié en France par la collection R. Un premier roman prometteur, un brin en dessous de la Sélection, à l’univers beaucoup plus construit.

Histoire d’amour contrariée, jeune femme rongée par les remords, fantastique… Des thèmes simples et habituels en littérature pour les adolescents, mais Kiera Cass nous entraîne encore dans une belle histoire, romantique à souhait. Comme dans La Sélection, son personnage principal, tourmenté, est très attachant. Les lecteurs adolescents s’identifient, cherchent eux-aussi le grand amour. D’autant plus que notre Sirène n’est pas seule, elle vit entourée de ses sœurs Sirène, dont on découvre aussi les histoires. Ces histoires secondaires permettent de donner du relief au récit. A travers les histoires des autres sirènes, on comprend mieux le lien qui les unit à la mer, et les contraintes qui vont avec. On passe un moment avec ces sirènes, même si l’ensemble manque un peu de profondeur. Les personnages secondaires ne sont pas très fouillés, leurs histoires semblent intéressantes mais on est relativement frustré de ne pas pouvoir les suivre plus longtemps. Un léger déséquilibre dans le récit entre découverte de l’univers et histoire d’amour fait penser que l’auteur aurait aimé proposer un récit plus complet.

Avec La Sirène, Kiera Cass réinvente le mythe des sirènes, et c’est véritablement une bonne idée. Loin de femmes à queue de poisson, l’auteur s’amuse à jouer sur les contes anciens. Seule la voix des sirènes est dangereuse, contraignant Kahlen et ses soeurs à communiquer en langue des signes en présence d’humains. Les liens avec l’océan sont forts, parfois trop pour nos héroïnes, mais offrent une belle poésie générale.

Les Roussalki de la mythologie slave sont les esprits des femmes noyées qui hantent rivières et cours d’eau. Les Ondines peuvent obtenir une âme en se liant à un mortel. Les Sirènes sont dotées de somptueuses chevelures et de longues queues, les Naïades ne vivent que dans l’eau douce et les Grecs vouaient à tout un aréopage de divinités aquatiques. 

La Sirène est un joli roman d’amour, un amour contrarié, poignant, haletant. J’ai passé un très bon moment en compagnie de Kahlen et de ses soeurs sirènes, même si j’aurais aimé voir certains aspects plus développer. Kiera Cass nous offre cette fois encore une romance, mais aussi un univers fantastique, un joli mélange, dans l’air du temps.

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+ Challenge YA#6
+ le site de l’auteur Kiera Cass
+ lire un extrait
+ Mon avis sur La Sélection
Un gros succès au CDI du collège, de même que La Sirène depuis que je l’ai mis en rayon en janvier !
L’effet couverture est important, de même que la reconnaissance de l’auteur suite à l’attrait pour La Sélection !

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