Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien – Mathias Leboeuf

Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien :
Petite histoire de la philosophie en 32 citations

de Mathias Leboeuf

Documentaire – usuel de philosophie

Le livre de poche, janvier 2011
(Les usuels de la philo)
6,00€, 279 pages

L’auteur :

Mathias Lebœuf est docteur en philosophie et journaliste à La Revue.
Après avoir consacré sa thèse au rapport de la peinture et du langage, il décide de fonder une agence d’action culturelle, Valeur Agitée, qui s’attache à promouvoir la philosophie et surtout à la diffuser en dehors de l’Université auprès de non-spécialistes. Il intervient ainsi régulièrement en entreprises, anime plusieurs cafés philosophiques et enseigne dans le cadre de l’Université Permanente de la ville de Paris.
Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien est son premier ouvrage.

Mon avis :

De la philosophie amenée par des citations, je me suis dit que c’était tout à fait ce qu’il me fallait. Au final je ne suis pas déçue, mais la promenade n’a pas été aussi reposante que prévue. Pourquoi ? Parce que c’est de la philosophie en fait, tout simplement. Les citations sont vraiment un prétexte pour amener un philosophe. Ainsi « Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point » permet de parler de Blaise Pascal. C’est un de mes chapitres préférés d’ailleurs, car j’aime à la fois cette citation, et en bonne auvergnate ce philosophe, scientifique émérite. Surtout qu’il ne se considérait pas du tout comme un philosophe, ce qui rend ses travaux plus accessible. Cheminement, argumentation, source et réfutation, chaque chapitre nous apporte des informations sur un philosophie donc, mais en le mettant en relief avec les autres philosophes, les idées partagées ou non, le contexte aussi… Et puis la citation est interprétée… et ici c’est « une querelle métaphysique […] sur la « connaissance de Dieu ». Un deuxième chapitre lui est consacré, pour encore plus de plaisir :)
Les auteurs sont classés par ordre chronologique. C’est donc Héraclite, Socrate et Platon qui commencent, suivis par Aristote, Epicure [mauvais souvenirs de terminal…], puis des inconnus pour moi Epictète, Guillaume d’Ockham et More, mais des incontournables aussi comme Machiavel, Montaigne, Hobbes, Descartes, Pascal donc, puis Spinoza, Leibniz, Voltaire, Hume (je ne le connaissais pas non plus celui ci), Rousseau (je l’aime bien lui aussi), Kant, Hegel, Proudhon, Marx, Nietzsche, Freud aussi, et les presque contemporains Wittgenstein, Camus, Sartre et Deleuze.

Certains sont purs philosophie, d’autres beaucoup moins, mais l’ensemble est homogène et tout à fait accessible… Il faut quand même porter un intérêt à la philosophie ou avoir une grande curiosité car les informations sont condensées. Un livre qui part direct vers ma petite sœur, en espérant qu’elle en retira quelque chose pour ses concours  !

Et quelques citations pour vous :
« On ne se baigne jamais dans le même fleuve » Héraclite
« L’homme est un loup pour l’homme » Hobbes
« Il est beaucoup plus sûr d’être craint qu’aimé » Machiavel

 

Plus une petite vidéo Interview de l’auteur :

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Danbe d’Aya Cissoko et Marie Desplechin

Danbe

d’Aya Cissoko et Marie Desplechin

Roman adolescents / adulte

Calmann-Lévy, février 2011
9782702141755, 15€

Thèmes : Immigration, Intégration, Boxe, Volonté, Famille

Une petite fille immigrée grandie heureuse à Ménilmontant, frappée par une série de deuils familiaux, devient championne de boxe puis étudiante à Sciences Po : le parcours hors du commun d’Aya, raconté avec force et justesse par Marie Desplechin.
Danbé est le résultat d’une longue conversation entre Aya Cissoko et Marie Desplechin. Quand elles se sont rencontrées chez des amis communs, le projet d’écrire une « vie d’Aya » était déjà ancien ; Aya en avait posé les grandes lignes sur le papier. Il pouvait sembler curieux, voire prématuré, de se lancer dans un récit autobiographique, quand son auteur avait tout juste une petite trentaine d’années.
Mais son destin à la fois exemplaire et particulier justifiait la démarche. Fille de parents maliens venus d’un village pour s’installer à Paris, Aya connaît les conditions de vie difficiles d’une famille pauvre et déracinée.

Mon avis
Cette autobiographie est menée de mains de maître par Aya Cissoko et Marie Desplechin. J’avoue bien volontiers que c’est le nom de Marie Desplechin, auteur jeunesse que j’affectionne, qui m’a poussé vers ce livre. Je ne connaissais pas du tout Aya Cissoko… et tant mieux finalement, car j’ai pu découvrir son histoire petit à petit, au fil des lignes. Je suis entrée tout entière dans ce récit, j’ai eu peur, j’ai eu les larmes aux yeux, le sourire aux lèvres, envie de crier… mais surtout l’envie de tourner les pages, de continuer à découvrir ce destin si particulier, tellement plein de force et de dignité.
Un parcours exemplaire ? Pas vraiment en fait, et je ne le souhaite à personne, sauf que ce sont ces épreuves qui ont fait d’Aya Cissoko une femme aux talents multiples…

Dans ce livre nous découvrons la France, et Paris, sous les yeux d’une petite fille, puis d’une adolescente qui n’a pas choisi de vivre là où elle vit, mais qui s’y adapte. Alors non ce n’est pas un roman sur les « quartiers », pas vraiment, mais ce qui y est évoqué est intéressant, car même dans les situations dramatiques, il y a des lueurs d’espoir. « L’avantage » d’une autobiographie contrairement à un roman, c’est qu’on ne peut rien épargner au personnage principal… Même si ce récit est celui d’une réussite, multiple d’ailleurs, ce n’est pas que cela, il y a aussi les trous noirs, les difficultés, la pauvreté, la mort… Le tout est superbement maitrisé, car on ne tombe jamais dans le pathos. Un témoignage admirable d’une jeune femme qui continue d’avancer, et de réussir!

Alors un grand bravo à Aya tout d’abord, pour cette force, cette leçon de vie, et ses réussites… et mes félicitations à Marie Desplechin aussi, qui a prêté sa plume et son talent à ce récit! Une autobiographie qui est à lire, à transmettre, et à faire lire, notamment aux adolescents, mais pas que!

Une rencontre a eu lieu à Paris, certains adolescents vont avoir la chance des les rencontrer (c’est ça aussi d’avoir 2 supers nanas comme profs :)
L’avis plus qu’enthousiaste de Stephie, qui a en plus assisté à la rencontre parisienne. Mais aussi les avis de Noukette, Constance93, et Chiffonnette !

Extrait :
 » Grandir enfant français de parents africains donne un regard particulier sur l’Histoire, un regard ironique, un peu méfiant. Je ne sais pas si l’Afrique a un problème avec l’Histoire. Mais je suis à la bonne place pour constater que l’Histoire a un problème avec l’Afrique. »
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Quand j’étais déesse d’Irène Cohen Janca

Quand j’étais déesse

d’Irène Cohen Janca

Roman jeunesse, adolescents

Rouergue, janvier 2011
Dacodac
9782812601934, 7€

Thèmes : Déesse, Népal, Kumari, Famille, Amitié

« A quatre ans Rashmila est si belle qu’elle est élue déesse vivante du Népal. Un jour, elle est chassée brutalement du palais et renvoyée chez ses parents, des petits artisans. Rashmila, pourquoi n’es-tu plus la Kumari royale ? Quel est ton secret ? »

Mon avis :
J’ai lu ce roman plusieurs fois. Et plusieurs fois à haute voix. J’ai donc un regard assez particulier sur ce livre, et je connais aussi la réaction des élèves de 6ème face à cette histoire.
A ma première lecture je l’ai trouvé vraiment facile, et manquant cruellement de profondeur, voire parfois d’explication. J’aurais voulu plus d’informations sur le Népal, sur les Kumari, la vie quotidienne, les fêtes. Il y a certaines choses, il y a même une légende, mais cela semble un peu survolée. Par ailleurs les personnages sont assez peu détaillés, surtout les personnages secondaires. L’ensemble cependant est sympathique.

Sauf que voilà, mes élèves ne ressentent pas du tout ces manques! Ils apprécient cette histoire pour ce qu’elle est, sans trop se poser de question. Quelques rires à cause des nom des personnages ou des lieux, mais ils accrochent bien et attendent vraiment la fin avec impatience !

Alors c’est certainement un roman adapté à son public, qui fonctionne bien, et qui donne quand même des bases sur le Népal qui pourront donner au plus curieux l’envie de faire des recherches (comme moi!)

Quelques infos du coup sur les Kumari :
Ce sont des jeunes filles hindouistes, qui répondent à une série de critères physiques. Elles deviennent Kumari vers l’âge de 3 – 4 ans, et le reste jusqu’à leurs premières règles – c’est ce point qui me pose problème dans le livre, car il n’est pas évoqué, et cela parait bizarre vu l’âge supposé de la jeune fille… –

Ces jeunes filles bénéficient aussi, depuis peu, d’une éducation, mais les autres règles demeurent : elles sont vénérées, ne doivent pas poser le pied au sol, ne montrent pas leurs émotions…

Un article de libération sur la Kumari actuelle.

Attention l’article de Wikipedia sur le sujet me semble donner par mal de fausses informations… à vérifier par un spécialiste donc!

Photo : nepal-trek.com

 

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Délirium de Lauren Oliver

Délirium

de Lauren Oliver

Roman adolescents, jeunes adultes Science Fiction (dystopie)

Hachette, février 2011
Black Moon, 451 pages
9782012021266, 18€

Thèmes : Amour, Dystopie, Famille, Liberté, Science fiction

Mon avis :

Lena est une jeune fille attachante, qui m’a permis de rentrer très rapidement dans ce roman pour adolescents. Pourtant ce monde est étrange… Un monde sans amour! A 18 ans, une petite opération, et c’est fini, plus jamais d’amour. Les couples sont formés sur dossier par les autorités… Brr ça fait froid dans le dos un monde pareil. Pourtant tous sont persuadés que l’amour est la maladie ultime… Mais tout ça fait suite à un évènement type chaos/fin du monde. Démarche religieuse et politique à la fois, elle semble convenir à tout le monde… Pourtant Lena a des doutes, sur elle d’abord, à cause de son histoire familiale, et puis sur l’amour…
L’histoire reprend des choses déjà bien souvent vues, mais le thème principal, autour de l’amour est original. On imagine sans trop de peine l’essentiel de l’action, mais on avance dans l’histoire avec plaisir, pour les découvertes, les informations que l’on glane, et parce qu’on espère!

On passe de bons moments en compagnie de Léna, mais aussi Alex (un jeune homme qui me plait bien!!) et Hana, sa meilleure amie.

Alors l’amour est-il une maladie si grave que ça… L’auteur a son parti pris, et moi aussi :) J’aurai apprécié que les personnages secondaires (notamment la famille) soit un peu plus développée, pour mieux sentir les transformations, mais j’ai trouvé l’ensemble convaicant.

Les dystopies sont à la mode cette année, et ce n’est pas pour me déplaire, car j’y trouve toujours beaucoup de plaisir! Mon seul regret ici ? La fin !

Toutes les infos et extraits, sur Lecture Academy

Infos fan :
25 mars : Chat Video avec Lauren Oliver
6 avril :  dédicace de Lauren Oliver à Paris – Virgin Megastore Champs-Elysées de 18h à 20h – jour de sortie de son deuxième roman : Le dernier jour de ma vie.

2012 : Le tome 2 de Délirium :  Pandemonium
2013 : Le tome 3 Requiem

Sans date : Le roman Délirium sera adapté au cinéma, les droits ayant été acheté par Fox 2000.

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