La conquérante de Dominique Marny

 

 

 

 

 

 

La conquérante

de Dominique Marny

 

Roman Adulte

 

 

Editions Presses de la cité (Terres de France)

388 pages, 978-2-258-08773-6, 21€

 

 

 

 

 

Présentation de l’éditeur :

Fuyant sa Touraine natale, Judith Fontange se lance dans le Paris des Années folles, des amitiés stimulantes et des amours
tumultueuses.

Engagée par un modeste bijoutier, elle se découvre alors une passion pour ce métier. Judith possède tous les atouts pour réussir
: beauté, fougue, ambition, talent… Il lui faudra néanmoins se battre pour s’imposer dans le cénacle essentiellement masculin des grands joailliers et accéder à la prestigieuse rue de la Paix.
A travers les engagements et les choix d’une jeune créatrice s’égrènent les rites, les secrets et le savoir-faire d’un univers fascinant, celui des pierres précieuses.

Les romans de Dominique Marny (Darjeeling, Les Nuits du Caire, Mes nuits ne sont pas les vôtres et Il nous reste si peu de
temps) témoignent de sa passion pour l’art, les voyages et l’histoire.

 

Mon avis :

     Judith m’est tout d’abord apparue comme une héroine bien terne, mièvre même. Tout juste arrivée à Paris
elle semble trop frêle pour pouvoir faire sa place dans ce Paris en pleine ébullition ! Et puis au fil des pages, je me suis attachée à elle, j’ai eu envie de la suivre, de la pousser, de la
conseiller. On sent venir certaines erreurs, mais Judith est fougeuse alors on lui pardonne tout, et son intelligence va la conduire très loin…

      Je me suis laissée emporter et j’ai finalement beaucoup aimé ce roman ! J’y ai découvert le Paris
d’après guerre, un Paris avide de fêtes et de grandes célébrations, de rires, de joies… Mais aussi un climat pesant parfois, avec des hommes qui ne sont pas revenus, des familles détruites…
Le livre s’y attarde peu, juste ce qu’il faut en fait, pour laisser sa légéreté à ce livre.

      En suivant Judith nous allons découvrir des personnages très variés, des ses
collocataires à ses collègues et employeurs, en pasant par ses amants… Une galerie de personnages très développée, que l’on suit presque d’un bout à l’autre du roman ce que j’ai beaucoup
apprécié !

      Enfin c’est grâce aux rêves de Judith que nous découvrons le milieu de la
bijouterie
, des petits boutiques aux grands joaillers, elle n’aura de cesse de vouloir évoluer, dessiner, créer. Un milieu très particulier que celui des pierres précieuses, qui attire
trop d’argent pour être vraiment honnête !

 Après une première partie un peu lente selon moi parce qu’elle tourne plus autour des amours de Judith qu’autre chose, le
roman démarre vraiment et nous découvrons la joaillerie. Par contre ce roman serait une réédition remaniée et diminuée à ce que j’ai compris du roman original, et je pense que c’est une bonne
chose, car j’ai apprécié l’histoire comme ça, avec ses mystères, « les clés » que l’auteur laisse au lecteur…

 

Le site de l’auteur, que je remercie pour cette découverte!

 

 

 

Bal de givre à New York de Fabrice Colin

Bal de givre à New York

de Fabrice Colin

Roman adolescent

Editions Albin Michel (Wiz)

Sorti le 05 janvier 2011

978-2-226-19356-8, 13,50€

Mots Clés : New York, Amour, Secret, Fantastique

Présentation de l’éditeur (censurée par moi!) :

« Anna Claramond ne se souvient plus de rien.
Seul son nom lui est familier. La ville autour d’elle est blanche, belle, irréelle. Presque malgré elle, la jeune fille accepte
les assiduités du beau Wynter, l’héritier d’une puissante dynastie. Bal de rêve et cadeaux somptueux se succèdent avec lui mais Anna sent que quelque chose ne va pas. […]
« 

Mon avis :

Quel plaisir de retrouver la magie de Fabrice Colin, après un livre plus terre à terre (quoique!) La vie extraordinaire des gens ordinaires, que j’avais cependant adoré!

Ici j’ai cru un instant avoir affaire à une simple histoire d’amour, ce qui  sincèrement ne me tentait pas plus que ça… et bien pas du tout et c’est d’une seule traite que j’ai dévoré ce roman. On y retrouve l’écriture simple mais toujours entraînante de Fabrice Colin, mais aussi la magie que j’aime… Par magie j’entends en fait fantastique, car pas d’Harry Potter ici, ni de baguette!

Anna Claramond est une adolescente attachante, qui se laisse entraîner dans l’amour par Wynter, un riche héritier. Si tout se passe à New York, le monde semble légèrement différent, comme décalé… Secrets, mystères, angoisse, nous ne pouvons pas nous empêcher de faire tourner les pages, pour comprendre enfin… sauf que plus on avance, plus on se pose de questions… ahhh je ne peux rien vous dire de plus, mais c’est bien mené, et très bien tourné! Mon seul regret sera peut être d’être adulte, car j’ai senti parfois que c’était vraiment pour adolescents… Enfin bon, vous connaissez mon coeur de midinette… j’ai craqué!

Un roman à lire et conseiller, que je vais proposer à mes collégiennes! – oui les filles surtout, parce qu’elles lisent plus déjà, et parce qu’une grande partie du roman repose sur l’amour, ce qui va être dur à défendre auprès de mes petites brutes –

Pour couronner le tout, Fabrice Colin est un homme très agréable, avec qui j’ai pris plaisir à discuter, et dont je suis
régulièrement le blog!

Extraits :

« Tournant la tête vers la vitre, j’observai mon reflet. Cheveux bruns mi-longs, expression rêveuse. L’impression de familiarité n’était pas aussi forte que je l’aurais pensé mais j’aimais ce que je voyais. Était-ce bien moi ? Et qui d’autre, pauvre idiote ? La vitre me renvoyé un sourire : j’avais seize ans. Mon père n’était plus là mais il m’avait laissé toute sa fortune. J’étais inscrite dans le lycée le plus prestigieux de la ville. »

 » Et si j’erre en ceci, si mon tort est prouvé,

je n’ai jamais écrit, nul n’a jamais aimé. »

Le récap des colis du swap Nouvel An, c’est juste en dessous – Le top Wikio Littérature de janvier
2011, c’est chez Mélo

Lundi découverte 21 Naïve éditions


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Naïve est une maison d’édition particulière, car elle ne publie pas que des livres, loin de là !

Musique, DVD, livres CD, Naïve joue sur tous les fronts, et si je ne peut parler que du côté livre, je peux dire que là pas de soucis, Naïve gagne!

 

Leur catalogue de littérature jeunesse se remplit rapidement, avec de nombreuses perles!

http://www.naive.fr/public/img/front/pho/backgrounds/2048x1280/000033.jpg

« naïve

(adjectif et nom commun)
féminin de naïf
Spontanée, sincère, vraie
Innocente, naturelle, simple
Se dit d’une oeuvre au style primitif. »

 

 

Et en effet je crois qu’il faut de la naïveté pour se lancer dans tant de domaine d’édition… pourtant après 12 ans
d’existence, Naïve continue d’étoffer son catalogue, pour mon plus grand plaisir.

« Être naïf, c’était rêver naïve.
Le rêve a dessiné une vision du futur, un projet d’entreprise qui a mobilisé les énergies autour d’une détermination
commune. Nous avons dû affronter ensemble une réalité difficile.

Être indépendant, c’est entrer en résistance, par une guérilla incessante, contre un système qui lamine. Mais c’est
précisément dans l’épreuve que l’entreprise et les hommes qui l’animent se révèlent.

Dix ans déjà mais l’aventure ne fait que commencer. Les fondations sont solides, nous remercions les artistes et les équipes naïve qui les ont construites ainsi.
Comme tous les albums de famille ce livre est incomplet, il est un instantané fugitif d’une réalité en perpétuel mouvement… et la famille ne cesse de s’agrandir.
Patrick Zelnik et Gilles Paire »

 

Pour tout savoir sur cette maison d’édition, et ses artistes, je vous conseille vivement le livre des 10 ans !

Dans la partie littérature jeunesse, il y a de tout, albums, livre CD, et romans ! C’est surtout la partie roman que je connais et que j’aime, bien que j’ai déjà lu quelques albums, mais qui ne sont pas vraiment des coups de coeur.

Niveau roman par contre, que des coups de coeur!

J’ai commencé avec la Déclaration de Gemma Malley, un roman de science fiction très bien construit, que j’ai adoré, de même que la suite, La résistance, et j’attends avec impatience le 3ème tome, prévu pour 2011.

Extrait :

11 janvier 2140
Mon nom est Anna. Mon nom est Anna et je ne devrais pas être là. Je ne devrais pas exister.
Pourtant, j’existe.
Ce n’est pas ma faute si je suis là. Je n’ai jamais demandé à naître. Même si ça n’excuse pas le fait que je sois née. Mais on m’a retrouvée très vite, ce qui est « de bonne augure ». En tout cas d’après Mrs Pincent. Elle, c’est la directrice de Grange Hall. On l’appelle « Madame l’Intendante ». Quant à Grange Hall, c’est l’endroit où je vis. C’est là qu’on apprend aux gens comme moi à se rendre Utiles – ou « comment tirer le meilleur parti du pire », pour reprendre la phrase de Mrs Pincent. Je n’ai pas d’autre nom.  »


 

J’ai aussi apprécié Etranger à Berlin, j’ai d’ailleurs profité du salon pour saluer l’auteur Paul Dowsell dans un anglais à faire peur…

Extrait :

« Le lendemain de son quatorzième anniversaire, Peter s’était vu approcher au club-house par son chef de section de la Deutsches Jungvolk, qui l’avait officiellement convié à un grand défilé le 13 octobre prochain en l’honneur de son accession à la Hilterjugend. Lorsqu’il l’avait annoncé aux Kaltenbach, le professeur l’avait observé avec fierté en disant : « C’est le moment le plus sacré de la vie d’un jeune Allemand.

 

 

Et aujourd’hui encore une belle découverte avec

Black-Out

de Sam Mills

Un roman d’anticipation, post terrorisme en quelque sorte. Suite à de grave attentats à Londres, le gouvernement commence à censurer les livres, les interdire, les réécrire. Sauf que peu à peu de plus en plus de livres se trouvent interdit, car la moindre pensée subversive ou fantastique pourrait influencer sur les jeunes. Une montée de la toute puissance gouvernementale sur les livres, la culture, et finalement la population, on veut ne pas y croire, pourtant rien ne semble tout à fait impossible.
L’Attrape-Coeur, Sa majesté des mouches, 1984 et même Harry Potter interdits ! Mais le pire je crois c’est que certains sont réécrits dans des versions édulcorées… Imaginez donc 1984 finir par ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants…

Au milieu de ce monde Stefan, 16 ans, qui vit avec son père, libraire. Un adolescent attachant, dans un roman haletant! Des aventures, de l’action, du suspense, de l’amour, de la culture et un rapport aux livres très intéressant! Un livre à lire pour imaginer un monde sans liberté de pensée, et sans Harry Potter (oui je sais c’est bête, mais ça m’a plus choqué que Sa majesté des Mouches, question de génération!)

J’ai beaucoup apprécié l’écriture de ce pavé, qui reste simple mais touchante, entre action et réflexion!

 

Un roman pour adolescent, bien mené, avec un zeste de science fiction et un soupçon – et même plus- de livres et de lecture, une recette à dévorer sans attendre!

Black-out / Sam Mills.- Naïve (Naïveland), 2010.- 978-2-350-21225-8, 18€