Magellan #BD

Magellan BDBande dessinée ados / adultes

Magellan :
jusqu’au bout du monde

de Christian Clot,
Bastien Orenge et
Thomas Verguet

Glénat, mars 2012
Collection Explora, 56 pages
9782723481977, 14,50€

1519. Jusqu’où faut-il aller pour démontrer la justesse de ses idées, pour vivre ses rêves jusqu’au bout ? C’est ce que Magellan devra apprendre, en allant jusqu’au sacrifice ultime pour que jamais son nom ne soit oublié…

Les très belles illustrations de la couverture notamment m’ont tout de suite attirée et j’ai parcouru les océans avec plaisir.

Cet album nous conte l’histoire de Magellan d’une façon romancée mais proche de la réalité dans les grandes lignes. Magella, ce portugais parti sur les mers au nom du roi d’Espagne était visiblement un homme froid et peu aimé. Mutineries, découvertes, déconvenues et secrets rythment son voyage, son tour du monde.
Le récit du voyage de Magellan est en fait une histoire imbriquée puisque cette histoire est elle même contée au roi d’Espagne, ce qui permet coupures et retours en arrière. Si nous savons dès le début que Magellan est mort, la grande question est « comment ? ». Ce mystère nous pousse dans notre lecture rendant l’ensemble efficace et attrayant.

J’ai eu tout de même un peu de mal à me repérer dans les personnages et j’aurais apprécié un peu plus de données historiques au cours du récit. Un peu perdu par moment donc dans les personnages j’ai trouvé certains passages un peu long mais finalement une surprise m’a permis de retrouver l’intérêt en fin de lecture…

Une bande dessinée intéressante pour découvrir Magellan autrement, mais qui reste assez loin de la « bande dessinée historique ». L’accent est mis sur l’homme, l’aventure et le mystère.

 

+ BD du mercredi : une initiative de Mango, chez qui vous retrouvez chaque semaine le choix de tous les participants

 

 

+ Je profite de cet avis BD pour vous faire part du guide BD Decitre qui vient de sortir, pour 3€ : « Découvrez la BD sous un nouvel angle. Nos libraires Decitre vous proposent huit thématiques originales pour aborder la BD contemporaine. Romans graphiques, BD, mangas, comics, tous les genres sont représentés et chroniqués par nos libraires. Retrouvez également en exclusivité les coups de coeur de notre parrain, le scénariste Fabien Vehlmann. Enfin, huit portraits d’auteurs emblématiques complètent cette sélection afin de vous offrir un large panorama de la BD d’aujourd’hui, et portez un nouveau regard sur la BD »

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Sérum Saison 1 Episode 1

Roman policier / série

Sérum

Saison 1 épisode 1

de Fabrice Mazza et Henri Loevenbruck

J’ai lu, 2012
978-2-290-04174-1, 6€

Attention Spoiler

1773 : Mesmer invente l’hypnose. 1886 : Freud invente la psychanalyse. 2012 : Draken invente le sérum. Une injection. Sept minutes pour accéder au subconscient profond d’Emily Scott. Un carnet pour décrypter ses visions fantasmagoriques. Quelques jours pour empêcher le pire. Mais quand les morts suspectes se multiplient, le NYPD se pose une question : Arthur Draken est-il un psychiatre de génie ou un dangereux criminel ?

On peut effacer votre mémoire pas votre passé

Un roman policier qui reprend les élèments des séries américaines et qui fonctionne bien !

En personnage principal une flic, Lola Gallagher, mère célibataire, caractère bien marqué. Epaulée par son collègue Detroit elle tente de résoudre des affaires criminelles à New York. Quand une jeune femme se fait tirer dessus dans un parc Lola prend l’enquête en main et à vite fait de s’attacher à la victime.

L’intrigue est clairsemée, nous changeons régulièrement les points de vue pour en apprendre plus sur l’enquête mais aussi sur les différents personnages. C’est donc doucement que nous avançons dans l’enquête mais avec un avantage sur les policiers puisque nous suivons aussi en partie « les méchants ».

La galerie de personnages est bien diversifiée et on prend le temps de s’attarder un peu avec chacun. Au final on s’attache tant à l’intrigue policière qu’aux histoires secondaires et plus personnelles des personnages. Lola, son fils et l’absence d’un père. Lola et Detroit. Lola et une mauvaise nouvelle de la part d’un médecin. Lola et son frère… Bon d’accord c’est surtout à Lola et Detroit qu’on s’attache dans ce livre série…

Une lecture aisée avec un ton simple et entrainant qui convient bien à l’histoire. Les auteurs jouent avec le lecteur lui laissant faire ses propres hypothèses pour ne lui dire la vérité que bien plupart… c’est à la fois rusé et cruel!

Enfin outre son nom de série qui a un côté très américain et marketing (et permet aux auteurs de nous laisser en plan au milieu de l’histoire) ce roman se veut moderne par son interaction technologique avec la lecture. Grâce à des flashcodes réguliers insérés dans le texte au cours des chapitres, le lecteur peut écouter la même musique que le personnage principal, ou voir une vidéo. Pour ma part j’ai lu ce roman dans le train, sans accéder à ces contenus et cela n’a absolument pas gêné ma lecture. Je compte tenter l’expérience avec l’épisode 2 de Sérum (sorti le 25 avril).

Au final une forme moderne pour ce roman qui a su me captiver mais qui promet de nombreux tomes puisque nous ne sommes qu’à l’épisode 1 de la saison 1… Addictif comme une bonne série policière, mais frustrant aussi!

+ le site de la série avec des énigmes…
+ Plus d’infos sur Serum sur www.jailu.com
+ le site d’Henri Lœvenbruck www.henriloevenbruck.com
+ Serum sur Twitter, sur Facebook

 

L’épopée du perroquet de K. Reichs

Roman adulte – plutôt fille –

L’épopée du perroquet

de Kerry Reichs

traduit par Christine Auché

Oh ! Editions, mars 2012
9782361070298, 19€90
416 pages

Une pétillante jeune femme en quête d’elle-même, Un perroquet au sens de l’à-propos déconcertant, Une vieille voiture bringuebalante… Tous en route pour Hollywood ! Cette fois, la coupe est pleine ! A 25 ans, Maeve est sur le point de craquer. Alors qu’elle vient de perdre son job, ses parents ont décidé de lui couper les vivres pour l’aider à se prendre en charge… Ni une ni deux, Maeve, accompagnée de son perroquet Oliver, part refaire sa vie à Hollywood.
Mais c’est compter sans le destin qui s’acharne. En pleine traversée des Etats-Unis, sa voiture rend l’âme au milieu de nulle part. Voici Maeve coincée avec son perroquet, loin des siens, loin de son rêve, dans une petite ville perdue du fin fond de l’Arizona. Petite ville perdue certes, mais qui recèle bien des charmes, comme Maeve ne tarde pas à le découvrir… Au point de renoncer à rejoindre la mythique Hollywood ?

Bien que la couverture ne me plaise pas beaucoup j’ai ouvert ce roman avec une grande curiosité. Curieuse de savoir ce que la fille de Kathy Reichs (auteur des livres à l’origine de la série Bones) pouvait bien écrire, mais aussi avec l’envie de traverser les Etats-Unis…

Ce roman est en effet une épopée, celle d’une jeune femme et de son perroquet, Oliver, à travers les Etats Unis. De la Caroline du Nord à Los Angeles pour être exacte. Un voyage initiatique pour cette jeune femme qui veut changer de vie. Une voiture ancienne, quelques bagages et son perroquet, voici Maeve en route. Mais qui dit vieille voiture dit réparation et donc argent… son voyage se déroule donc au rythme des garages et des petits boulots.

Difficile dans un premier temps de cerner Maeve, et l’histoire commence de façon assez banale par une fuite en forme de voyage. C’est finalement l’arrivée à Coin Perdu qui fait réellement démarré le roman. Nous découvrons alors de nombreux personnages hauts en couleur et Maeve elle même nous apprait dans toute sa complexité et ses secrets.

Si ce roman est clairement féminin j’en ai apprécié le ton d’autant plus qu’il ne s’arrête pas uniquement aux histoires d’amour nous offrant à la fois amitié, épreuves et surprises. Une surprise particulièrement pour ma part, que je n’ai vu arriver que très peu à l’avance, et qui nous offre un thème qui m’aurait fait fermé le livre dans les premières pages. Pourtant j’ai continué ce roman, attachée déjà aux personnages et à l’histoire et j’ai continué ma découverte avec d’autant plus d’intérêt.

L’auteur place  l’héroïne dans l’univers des livres, librairie, livres jeunesses, livres anciens, auteur… un aspect superficiel mais qui fait un petit plus intéressant, tout comme les noms de villes. Pas évident dans la traduction mais Maeve décide en fait de parcourir sa route par les petites routes en suivant les noms de villes étranges, l’occasion de découvrir les noms farfelus des villes américaines, comme Coin Perdu, Nulle Part… L’auteur ajoute encore un peu de personnalité à Maeve avec une passion pour les chaussettes fantaisies qui m’a beaucoup fait rire!

Si l’auteur a très bien alterner les ambiances et les tons dans son récit on pourrait aussi aisément lui reprocher quelques facilités. Les histoires amoureuses sont clairement déjà vues, mais mêlées à l’ensemble elles sont plutôt convaincantes. Finalement les sentiments l’emportent, Maeve a su me toucher et je ressors émue de ce roman.

Une aventure féminine et intérieure au ton sincère qui nous parle en plus de livres… Une belle distraction !

 + Il semble qu’une bonne partie de la blogosphère l’ai déjà lu, ce ne sont pas les avis qui manquent :

Lael : « Un roman rafraîchissant et touchant. »
La conteuse : « Un très chouette livre   »
Stellabloggeuse :  « un joli coup de cœur »
Un coup de coeur aussi pour Galleane 

Heureusement il y a aussi des déçues : {pour la diversité des goûts et des couleurs}

Cynthia : « ce roman n’a pas su toucher mon coeur de lectrice… »

Abolition de l’esclavage en France

Aujourd’hui 10 mai nous « fêtons » l’ anniversaire de l’abolition de l’esclavage en France.

Un peu d’histoire :
En janvier 2006 Jacques Chirac alors président de la république décide de faire du 10 mai la journée commémorative de l’abolition de l’esclavage en France. Ce même jour correspond à l’adoption de la loi Taubira reconnaissant la traite négrière et l’esclavage comme crime contre l’humanité. Depuis ce sujet trouve sa place dans les programmes scolaires, pas forcément ce jour là évidement.

La collection Voir l’histoire chez Fleurus que j’aime beaucoup sort pour cette occasion un nouveau titre :

Esclaves et négriers

de Max Guérout

Ce documentaire est comme toujours accompagné d’un DVD vidéo. Pour ce titre c’est un film documentaire primé au Festival international du film archéologique qui nous est proposé. Les esclaves oubliés de l’île de Tromelin retrace les fouilles de cette terrible histoire réelle. Celle d’esclaves abandonnés sur l’île suite à un naufrage. Ils vont passer 15 ans sur cette île avant qu’un navire trouve les quelques rescapés. J’avais pour ma part découvert cette histoire grâce au roman Les naufragés de l’île Tromelin, mais j’ai beaucoup apprécié ce documentaire bien mené qui nous permet de redécouvrir les fouilles archéologiques et donc de retrouver les preuves de cette histoire.

Pour la partie livre documentaire on retrouve les classiques index et lexique. Cela paraît bête de dire cela, mais il y a tellement de documentaires qui s’en passent ! C’est pour moi une composante indispensable d’un documentaire utile! Sinon ce documentaire reprend la forme classique de la collection :

– Un sujet par double page, avec illustration et encadrés pour les informations en plus !

J’ai apprécié pour ma part les petites informations de bas de page, des petites choses en plus, des dates, des chiffres… Des choses vraiment intéressantes que l’on ne trouve pas sur wikipédia, THE bible de mes élèves ;)

Mes élèves justement, qu’en ont ils pensé ? 
Les 6ème l’ont dédaigné, ça n’est pas au programme, ils ne connaissent et comme j’avais aussi mis sur la table des nouveautés des Tom Tom et Nana… bref, raté.

Les 5ème et 4ème par contre l’ont feuilleté, du moins mes habitués du CDI. Certains s’y sont un peu arrêté, je leur ai demandé leur avis.
Ce qui en ressort : un sujet très intéressant, beaucoup d’informations, beaucoup de texte mais des encadrés qui plaisent.

Enfin 3 élèves de 3ème se sont jetés sur le livre, j’en ai été la première étonnée mais il se trouve qu’en histoire des arts ils cherchaient justement quelque chose sur le thème. Ils ont été parfaitement servi puisque ce livre propose dans ses nombreuses illustrations de nombreux tableaux et gravures.

Au final un documentaire qui permet à la fois d’apprendre de nombreuses choses car l’histoire y ai livré sans faux semblants ou excuses et de faire des recherches! 

L’esclavage existait sans doute bien avant l’Antiquité. A partir du XVIe siècle, il devient un système commercial réglementé par les États pour fournir la main-d’oeuvre nécessaire aux plantations de sucre ou de café des colonies. Et il faudra attendre la seconde moitié du me siècle pour que cesse enfin ce commerce inhumain. L’ouvrage retrace cette traite à travers l’océan Atlantique, le commerce négrier à l’intérieur même de l’Afrique, dans l’océan Indien et les îles de Polynésie.
Il rappelle le combat pour les abolitions, les fraudes qui ont suivi, et les nouvelles formes d’asservissement. Il raconte surtout le désespoir de ces hommes et de ces femmes, arrachés à leur terre et à leur culture…

Et vous connaissez-vous de bons titres sur ce thème ? Notamment en littérature jeunesse ?