Méandre – Album pour jeunes lecteurs

Méandre

andre

Muriel Bloch et Sandra Desmazières (ill.)
Le Robert (2018)
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Léon mange tranquillement ses spaghetti à la sauce tomate, les aspirant tout en faisant tourner ses oreilles, lorsque sa tante Andrée lui pose une drôle de question :
– « Dis-moi, mon n’veu, connais-tu la différence entre l’écolier et la rivière ? »
Léon est tellement surpris qu’il en arrête de manger. Une fois dans son lit, blotti sous la couette, c’est pareil, pas moyen de dormir !

Et vous ? Connaissez-vous la réponse à cette question ?
Ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler la réponse !

Léon, lui, va vivre une drôle d’aventure pour trouver la réponse à cette étrange question…

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Méandre est un bel album avec à la fin une double page qui revient sur les mots mis en avant dans l’histoire (écrits plus gros et en couleur) regroupés par genre (adjectifs / noms / verbes). Avec les mots de cette double page, l’enfant est convié à créer de nouvelles phrases et pourquoi pas de nouvelles histoires !

Les illustrations colorées et foisonnantes sont simples, naïves, enfantines et pleines de détails. Je ne sais pas ce qui a été utilisé pour les réaliser, on dirait du crayon de couleur ou de la craie grasse…

Un conte écrit pour favoriser l’acquisition de nouveaux mots !

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Le blog de l’illustratrice, Sandra Desmazières, sur lequel vous pourrez voir d’autres illustrations.

Ce conte fait partie d’une nouvelle collection des éditions Le Robert, « mes mots d’où » qui propose d’emmener les jeunes lecteurs à la découverte de la langue. Ci-dessous l’histoire racontée par la conteuse Muriel Bloch.

 

D’autres avis : Les idées de Ju, Mes échappées livresques

De Muriel Bloch, je vous avais déjà présenté « Le loup et la mésange » que j’adore et que je vous conseille de lire !

challenge albums 2018

Cet album participe bien entendu au Challenge Albums 2018 !

Tut-Tut ! et La pomme rouge #albumsjaponais

Cette année encore, nous passons le mois d’avril au Japon avec Hilde et Lou. Et cette année encore c’est par les albums que se poursuit ma découverte de ce pays qui me fait rêver ! Deux albums pour les petits, et j’espère d’autres d’ici la fin du mois, en lien aussi avec le Challenge  albums 2018
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tut-tut !Tut-tut !

de Yuichi Kasano

Ce petit album cartonné nous entraîne à la découverte des moyens de transports. 3 petits cochons montent à bord d’un bus rouge qui fait Tut-tut, et qui va doubler au fil des pages, une moto conduite par un renard, un taxi avec un lion et un gros camion bleu, avant d’arriver à destination. Ces trois petits cochons, qui vont regarder par la fenêtre du bus tout au long des pages, sont trois enfants, et le bus rouge leur parle directement « – Bienvenue à bord ! dit le bus rouge ». Les enfants sont donc mis dans la position des petits cochons, eux aussi invités à bord.

Des fonds blancs, seulement le bus rouge et les autres véhicules croisés, Tut-tut est un album très visuel qui attirera l’oeil du jeune enfant, mais aussi son oreille si le lecteur s’amuse avec le Tut-tut et les coucou aux autres véhicules. Le côté japonais n’est pas très visible dans cet album assez simple, mais les véhicules sont tout de même dotés d’yeux, ce qui les rend un peu kawaii, et donc ajoute la petite touche de mignonnerie japonaise !

Ma fille est maintenant trop grande, mais c’est un album idéal pour qu’elle puisse le raconter à son petit frère d’ici quelques mois, même sans savoir lire, car le texte est très simple et répétitif. Nul doute que les jeunes enfants vont apprécier cette histoire simple qui met en scène à la fois des animaux et des véhicules.

Album dès 6 mois – Ecole des Loisirs, 2018 – Traduit du japonais par Diane Durocher. 9782211235839, 8€


la pomme rougeLa pomme rouge

de Kazuo Iwamura

Natchan, une petite fille, apporte une belle pomme rouge tout en haut de la colline, pour la manger. Mais voici que celle-ci lui échappe et se met à dévaler la pente. Elle cours après, demande de l’aide et le lapin, puis l’écureuil, vont eux aussi courir après cette pomme rouge. Ils dévalent tous la pente, à la suite de la pomme rouge… jusqu’à un gros ours ! Quelle est belle cette pomme, tous ont envie d’y goûter. Après un retour en haut de la colline, ils vont la partager, tous les 4, et se régaler.

Une histoire toute simple qui joue sur la course poursuite, puis sur le partage. Tout est doux dans cet album, avec ce zen très japonais. Les animaux sont intégrés naturellement dans l’histoire, sans être personnifié pour autant, et apporte une belle notion d’entraide et de partage.

A l’image de la couverture les illustrations ajoutent à cette douceur : personnages et décors sont crayonnés en noir et blanc, quand seule la pomme apporte une touche de couleur, le rouge, qui va attirer l’oeil des enfants. Mini hérissonne, qui préfère souvent les histoires très colorées, a été sensible au doux charme de cet album. Elle était calme à la lecture, et le texte étant simple elle a vite pu se l’approprier et participer elle aussi à la lecture.

La chute de l’album La pomme rouge permet de voir le cycle des végétaux, avec le trognon de pomme qui va donner un pommier…

Le nom de l’auteur/illustrateur, bien que japonais, vous dit quelque chose ? Bien vu, il s’agit de l’auteur de la superbe série La famille souris, dont les premiers albums datent de mon enfance ! Un auteur illustrateur aux multiples facettes, mais dont j’apprécie décidément le travail !

+ Un dossier pour travailler sur ce titre avec les 3-5 ans, à télécharger.

Album dès 2-3 ans – Ecole des loisirs, 2010 Collection album (couverture rigide) 9782211201025 – 12,20€ / 2012 Collection Les lutins (couverture souple) 9782211208796 – 5,00€

 

PETIT AIGLE – Conte musical végétarien

petit aigle

L’histoire du PETIT AIGLE élevé par des poulets

Texte de Jean-Philippe Vaillant
Illustrations et chansons de Mélodie Vaillant (Yucca)
Raconté par Carole Vaillant

Avec les voix de :

Dani Terreur (grand prix des Inrocks 2016) : Petit Aigle,
Lise : Aiglette,
Yucca : la Mère Poule
Carmen Maria Vega : Renard…

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Alors que Petit Aigle n’était qu’un œuf, un paysan l’a volé dans le nid de ses parents pour le rapporter à sa ferme. Il voulait le faire couver par une de ses poules, puis le dresser pour la chasse quand il serait adulte… C’est dans le nid de la petite poule bleue que l’œuf a été mis. Elle sait bien que ce n’est pas son œuf et elle voit bien que ce n’est pas un œuf de poule… Mais qu’importe ! Un cœur de mère bat sous son plumage bleuté et elle s’assied délicatement pour le tenir au chaud. Quand Petit Aigle casse sa coquille, tout le monde dans la basse-cour voit bien qu’il est différent : il est bleu quand les autres poussins sont jaunes, son bec est beaucoup plus crochu, ses pattes bien plus acérées et il est plus gros. Mais personne ne lui tient rigueur de toutes ses différences. Même le fermier le laisse tranquille ! Que faire d’un aigle qui ne vole pas ?

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Un très joli conte entrecoupé d’une douzaine de chansons.

Au départ, on ne peut que penser au conte d’Andersen, le vilain petit canard. Un petit qui est élevé par une autre famille que la sienne et qui est bien différent. Ici donc, c’est un aiglon qui est élevé par une poule dans la basse-cour d’une ferme. Il a été élevé comme un poulet et se comporte comme tel, picorant des graines et des vers et ne volant pas. Jusqu’au jour où…

Un conte qui parle de la différence, de la peur de l’étranger et du rejet qui peut en découler.

J’ai beaucoup aimé le texte, plein d’humour et de références à l’attention des parents (« Je croyais qu’elle venait de Bergerac dit le cochon, elle avait un si grand bec, que dis-je, un bec…), les jolies musiques et les chansons douces et rythmées à la fois.

Et puis, un conte avec un aigle végétarien, ça ne vous intrigue pas ?

Un des chansons pour vous donner une petite idée.

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Ma vie de monstre – Roman historique

monstre

Ma vie de monstre

Anne Pouget
Scrinéo (2018)
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Tognina, une jeune fille, a hérité de la maladie de son père : l’hypertrichose (dérèglement hormonal qui se manifeste par une pilosité abondante et envahissante). Elle a 13 ans et vit au château de la Reine Catherine de Médicis. En effet, son père a été enlevé lorsqu’il avait 10 ans et offert au Roi qui l’a marié à une femme de la cour afin de lui faire « des petits sauvages »… Le couple a eu 9 enfants, dont 3 sont atteints de cette maladie. La Reine s’occupe d’eux, ils sont nourris, logés, instruits mais en échange, Tognina, son frère, sa sœur et son père doivent « comparaître » devant des assemblées de curieux, autrement dit, jouer les « bêtes de foire ». Ce qu’ils font sans se rebeller, mais pas sans souffrance…

A la fin du roman, une vingtaine de pages documentaires présentent le contexte historique et les personnages.

monstre

Tognina Gonsalvus

Un roman avec lequel j’ai passé un très bon moment ! On est rapidement pris dans l’histoire de Tognina, perçue par la plupart des gens comme un animal. Pour cette raison d’ailleurs, alors que cette histoire est tirée de faits réels, on ne sait pas où cette famille a été enterrée. En effet, étant considérés comme des animaux, Tognina, ses frères et leur père n’eurent droit ni aux derniers sacrements, ni même à une sépulture…

Une « petite » histoire de la grande Histoire, racontée de façon très vivante et qui m’a beaucoup plu !

Le site d’Anne Pouget

Des éditions Scrinéo, nous vous avons également présenté : La lune est à nous,  La mort du temps, Un ado nommé Rimbaud, Le livre de Saskia, Le premier, Le roman d’un non-mort, Wifi-génie, Les héritiers de l’aube, Les avatars de Gaspard, FBI Animaux disparus

Le conte remanié (BnF) par Mme Leprince de Beaumont en 1757. L’histoire originale, écrite par Gabrielle de Villeneuve en 1740, était plus longue et pas forcement adaptée à un jeune public.

Vous connaissez sans doute la version de Disney, mais connaissez-vous le très beau film de Jean Cocteau, réalisé en 1946 ?