Des impatientes de Sylvain Pattieu {RL 2012}

Rentrée Littéraire 2012 – Roman adulte

Des impatientes

de Sylvain Pattieu

Le Rouergue, 22 aout 2012
La brune
9782812603884, 19,50€

 

Les « impatientes », ce sont elles deux, Alima Sissoko et Bintou Masinka, lycéennes de Seine-Saint-Denis, africaines par leur origine. Même couleur de peau mais si différentes dans leurs aspirations. L’une élève de première S, qui mise tout sur l’école, et rêve d’intégrer la préparation pour le concours Sciences Po. L’autre, grande gueule et formes exubérantes, abonnée aux sanctions et aux soirées en boîtes de nuit.

« Fleurs de banlieue », les appellent leur jeune professeur d’histoire, Kévin Roullier, qui n’a pas peur du cliché, lui-même archétype de ces jeunes profs venus de région pour un premier poste en ZEP, abonné à meetic pour lutter contre la solitude… Mais comment se jouer des clichés sur ces banlieues qui alimentent tous les fantasmes pour mieux les dépasser ? C’est le pari de Sylvain Pattieu, dans son premier roman, en s’enfonçant dans le concret du quotidien de ses personnages.

J’ai été attirée par ce roman car il se déroule dans un lycée, du moins au début. Deux grandes adolescentes que tout oppose sont les héroïnes de ce roman, nos impatientes. 

D’entrée la voix de l’auteur se fait multiple, selon les narrateurs. Quatre voix ressortent principalement. Celle du narrateur extérieur, que je rapproche de celle de l’auteur et qui nous décrit le milieu avec de nombreuses accumulations. Etrangement c’est quelque chose que j’ai beaucoup aimé dans ce roman, cette voix qui nous parle d’un établissement scolaire, des jeunes qui le fréquentent, de la banlieue parisienne… A cette voix s’ajoute celles qui font le récit. Alima Sissoko et Bintou Masinka principalement, par leur narration alternée nous font découvrir leur vie, leurs blessures… chacune à leur manière. Il y a le ton posé d’Alima, bonne élève, pleine de projet, et celui secoué de Bintou. C’est malheureusement là que j’ai trouvé que l’auteur en faisait trop, dans le ton de cette fille pleine de rage. Sylvain Pattieu s’est senti obligé d’écrire comme parle beaucoup d’adolescents, et transposé à l’écrit c’est à la fois dérangeant à lire et parfois difficile à comprendre. On peut argué que je ne suis pas de ces quartiers d’immigrés dont il parle, mais deux questions se posent alors : à qui s’adresse ce livre ? et pourquoi mon homme qui connait bien ces quartiers à éclater de rire quand je lui ai lu un passage ? J’avoue cependant que c’est quelque chose auquel je suis sensible dans les romans et je n’apprécie guère ce passage du vulgaire à l’écrit… d’autres apprécieront peut être comme une marque d’authenticité… La dernière voix est en fait double, celle de deux hommes, spectateurs de ce qui se joue entre ces deux impatientes, un peu responsable aussi, qui se cache derrière leur passé et leur peur pour s’excuser. Sans compter aussi sur tous les ajouts, les carnets scolaires, les rêves, comme autant d’indice et de témoins.

L’histoire est très bien menée et prenante dans la première partie du roman. Nous avons un point de départ, une situation finale rapidement exposé, et tout le reste nous sert à imaginer d’abord, puis à combler les manques de l’histoire. C’est habile car cela donne vraiment envie d’avancer, de découvrir ce qui a bien pu renverser ainsi la situation…
La deuxième partie m’a beaucoup moins touché, sans doute aussi parce qu’elle quitte le milieu scolaire pour celui du travail (hôtesse de caisse). Les personnages m’ont semblé plus lointain, moins tangible… et moins intéressant malgré leur quête.

Un roman en demi teinte selon moi avec des passages qui m’ont beaucoup plu et d’autres qui me donnaient envie de refermer le livre.

+ Un premier roman

+ Des avis plus positifs sur Babelio

+ 3/7 Challenge Rentrée Littéraire 2012

+ Concernant les partenariats ils ne commenceront que la semaine prochaine, le temps de mettre en place quelques petites choses encore…

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Namibia épisode 3 de Léo

Bande dessinée ado / adulte – Science Fiction / Aventure

Kenya Saison 2
Namibia épisode 3

de Rodolphe,
Léo
et Marchal

Dargaud, 2012
97822050678442, 11,99€

Pour l’ensemble de la série pour éviter les spoiler

L’Afrique mystérieuse, à la fin des années 40. La fringante Kathy Austin, agent secret britannique, est dépêchée au Kenya puis en Namibie. C’est là, sur les flancs du Kilimandjaro, puis dans le désert namibien, sous le tropique du Capricorne, que la jeune anglaise fait de terrifiantes découvertes. Et si l’Homme n’était pas seul sur Terre ?

Ce troisième tome de la série Namibia (suite de Kenya) continue à nous entrainer dans des mystères de plus en plus complexes mais passionnants. Les albums de Léo sont toujours un plaisir, et chaque nouvelle sortie apporte de nouvelles découvertes fantastiques !

Le cycle commencé par Kenya nous a fait rencontré des animaux fantastiques comme Léo sait si bien les inventer. Une aventure avec un petit côté rétro aussi puisqu’elle se déroule dans les années 40. Avec le cycle Namibia, Léo et Rodolphe, associés cette fois en plus à Bertrand Marchal, nous propose de nouvelles aventures pour notre agent secret anglais, avec encore une fois de nombreux dangers.

Dans ce troisième tome (il est vivement conseillé de commencer par le début de la série pour tout comprendre!) qui se déroule en 1949 Kathy Austin est plongée dans le coma dans un hopital de Namibie. Un autre agent est donc envoyé sur le terrain. En parallèle nous suivons le développement des Fils d’Ezechiel, une secte mystérieuse.

Manipulation génétique, créatures extraterrestres, les évènements étranges se précipitent toujours dans cette saga, mais ce tome est un petit peu à part. La science fiction est bien présente, mais au premier plan nous allons surtout découvrir des histoires humaines et une aventure d’espionnage.

L’univers illustré par Léo est comme toujours très visuel, on entre complètement dans les aventures. Les personnages prennent vie devant nous, les décors sont parfaits, mais ce sont comme toujours les détails de science fiction qui ne manqueront pas de plaire ! Il faut noter aussi l’influence de plus en plus présente de Marchal qui se détache peu à peu de l’univers graphique de Léo…

Niveau intrigue on continue de cumuler les mystères, mais peu de réponse pour le moment, il faudra se contenter de cela en attendant le premier tome. C’est le plus difficile dans cette saga finalement, attendre la suite… mais c’est aussi une belle occasion de tout relire à chaque sortie!

Un très intriguant troisième tome, bien mené mais qui nous laisse sur notre faim une fois de plus !

Je ne peux pas résister à l’envie de vous montrer un extrait :

C. Dargaud 2012, ne pas reproduire sans autorisation

Dans le cadre du Mercredi BD chez Mango

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Celles qui attendent de Fatou Diome

  Celles qui attendent
 
 
cellesquiattendent.gif

Auteur : Fatou Diome
Editeur :
Flammarion

SP : Gilles Paris
 Date : 25/08/2010
Pages : 329 p.
Prix : 19 €
ISBN
  978-2-08-124563-1

 
 
Roman
– Littérature française / Littérature
sénégalais

 

Rentrée Littéraire

 

Thèmes : Famille, Pauvreté, Sénégal, Emigrés, Europe

 

 

 

 Présentation de l’éditeur :
« Arame et Bougna, mères, respectivement, de Lamine et Issa, deux émigrés clandestins.

Elles ne comptaient plus leurs printemps, mais chacune était la sentinelle vouée et dévouée à la sauvegarde des siens, le
pilier qui devait tenir la demeure sur les galeries creusées par l’absence. Mais comment dépeindre la peine d’une mère qui attend son enfant, sans jamais être certaine de le revoir ? Coumba et
Daba, quant à elles, humaient leurs premières roses : jeunes, belles, elles rêvaient d’un destin autre que celui de leurs aînées du village.

Assoiffées d’amour, d’avenir et de modernité, elles s’étaient lancées, sans réserve, sur une piste du bonheur devenue peu à
peu leur chemin de croix. Mariées, respectivement à Issa et Lamine, l’Europe est leur plus grande rivale. Esseulées, elles peuvent rester fidèles à leur chambre vide ou succomber à la
tentation. Mais la vie n’attend pas les absents, derrière les émigrés, les amours varient, les secrets de famille affleurent ; les petites et grandes trahisons vont alimenter la chronique
sociale du village et déterminer la nature des retrouvailles.
Le visage qu’on retrouve n’est pas
forcément celui qu’on attendait…. « 

Avis :

J’ai souvent entendu parlé du Ventre de l’Atlantique de Fatou Diome, mais je n’ai jamais eu l’occasion de le
lire. Après avoir lu Celles qui attendent, je me dis qu’il ne faut plus attendre !

Ce livre décrit de façon très juste les relations humaines entre mère et fils, mère et belle fille, conjoint,
quand un l’Europe les sépare.

Pour s’assurer la réussite de leur fils, deux mères envoient leurs fils en Europe… Mariés juste avant de
partir, c’est l’attente de ces femmes que l’on va suivre.

Arame, Bougna, Coumba et Daba sont quatre femmes très différentes, mais quatre femmes très fortes, attachantes.
On a parfois envie de les secouer, de leur dire ce qu’elles ne voient pas, mais peu importe en fait, car l’essentiel c’est la vie, qui avance… toujours, sans attendre ceux qui sont
loin.

Les points de vue changeants nous aident à comprendre le monde de ces femmes, entre secrets de famille,
solitude, souvenir, espoir. De l’émotion, souvent cachée, sort du coeur de ces femmes qui restent étrangères entre elles.

Un très belle fresque humaine, qui dénonce les problèmes d’immigration autant que l’espoir qu’il donne, et qui
rend la vie encore un peu plus précieuse.

L’écriture de Fatou Diome est exceptionnelle de musicalité, de rythme, de sentiment, une vraie belle découverte
pour moi !

 

Extraits :

 » Les coups de fil s’étaient largement espacés. Les femmes accusèrent le coup.
Mais on finit toujours par s’inventer une manière de faire face à l’absence. Au début, on compte les jours, puis les semaines, enfin les mois. Advient inévitablement le moment où l’on se résout
à admettre que le décompte se fera en années ; alors on commence à ne plus compter du tout. Si l’oubli ne guérit pas la plaie, il permet au moins de ne pas la gratter en permanence. N’en
déplaise aux voyageurs, ceux qui restent sont obligés de les tuer, symboliquement, pour survivre à l’abandon. »


 L’avis de Clara,

 

 

 

1pourcent

 

 

 Challenge du 1% littéraire 2010, repris par Schlabaya

Billet 3/7

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Mma Ramotswe détective d’Alexander Mc Call Smith

Mma Ramotswe détective

mmaramotswedetective.jpg
Auteur : Alexander Mc Call Smith
Traducteur : Elisabeth Kern
Editeur : 10/18
Collection : Grands détectives
Date : 26/02/2007
Pages : 249 p.
Prix : 7€
ISBN 978-2-264-04554-6

 Roman Policier

Thèmes : Afrique, Enquête

Présentation de l’éditeur :
« Divorcée d’un mari trompettiste porté sur la bouteille, Precious Ramotswe est bien décidée à ne plus céder aux mirages de l’amour ! J.L.B. Matekoni, gentleman garagiste, lui fait pourtant les yeux doux mais l’inénarrable  » Mma  » a un projet en tête… Un beau jour, elle se jette à l’eau et ouvre à Gaborone, capitale du Botswana, son pays bien-aimé, la première agence de détectives strictement au féminin. En compagnie de son assistante, Mma Makutsi, elle déclare la guerre aux maris en fuite et aux escrocs sans vergogne. Ne reculant devant aucun danger, elle s’attaquera même à la sorcellerie, le grand tabou de l’Afrique.
Mma Ramotswe mène ses enquêtes tambour battant, sous les yeux de son soupirant favori… et pour notre plus grand plaisir.  »

Avis :

Quel plaisir de suivre Precious dans ses enquêtes suite à l’ouverture de son cabinet de detective privé : L’agence
n°1 des Dames Détectives du Botswana… Un lien léger, avec une enquête très touchante sur la disparition d’un enfant, et puis toutes les autres enquêtes qui se succèdent… Un véritable régal que ces histoires, qui ne manquent pas d’humour et qui nous font dévouvrir l’Afrique sous certains aspects! Les réflexions de Mma Ramotswee sont vraiment super, surtout quand elle parle des hommes :)

J’ai vraiment apprécié ce livre, et j’ai hâte de lire la suite !

 

Lu dans le cadre du défi littéraire policiers des 5 continents :
http://idata.over-blog.com/2/49/72/39/Images-Divers/PlanisphereDefi.gif

 

Un grand merci à Marie de Soie dit en Passant pour ce prêt! (en lien son avis sur le livre :)
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