Thierry Dedieu

Thierry Dedieu

Thierry Dedieu, né en 1955 à Narbonne, est un écrivain français, auteur et illustrateur de littérature d’enfance et de jeunesse. (dixit Wikipédia)

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Yakouba Deux albums de cet auteur m’ont vraiment touchée (mais je ne les ai pas tous lus !).

Le 1er, c’est Yakouba. J’étais l’unique bénévole d’une minuscule bibliothèque et je débutais dans l’accueil de classe. Je recevais une classe de CM1 pour la 1ère fois, j’avais pris quelques albums dans le bibliobus de la BDP dont Yakouba.

Yakouba se passe en Afrique et raconte l’histoire d’un jeune garçon qui, pour devenir guerrier, doit aller passer la nuit dans la savane, seul, et tuer un lion. (le texte ici)

yakouba2

Il attend le lion pendant des heures, et quand le lion arrive, il est blessé, à bout de forces d’avoir combattu avec un rival. Et là, le lion dit à Yakouba :

« Comme tu peux le voir, je suis blessé. J’ai combattu toute la nuit contre un rival féroce. Tu n’aurais donc aucun mal à venir à bout de mes forces.Soit tu me tues sans gloire et tu passes pour un homme aux yeux de tes frères, soit tu me laisses la vie sauve et à tes propres yeux tu sors grandi, mais banni, tu le seras par tes pairs. Tu as la nuit pour réfléchir. »

YakoubaLion

yakouba1J’ai fermé l’album, j’ai regardé les enfants qui n’en perdaient pas une miette et je leur ai dit : « Qu’est-ce que vous feriez à la place de Yakouba ? » Et là on est parti dans une grande discussion, parce que personne ne voulait tuer le lion, mais quand même certains voulaient être guerriers…

Je leur ai ensuite demandé ce que, d’après eux, Yakouba avait fait. Une superbe expérience, mon premier débat sur un bouquin avec des gamins. J’ai adoré et je crois bien qu’eux aussi ! Ensuite, je ne suis pas sadique, je leur ai lu la fin de l’histoire…

Un album grand format (23×33) dont les illustrations, en noir et blanc, sont assez « sombres » mais accompagnent merveilleusement bien cette très belle histoire.

Cet album sera suivi de deux autres, Kibwé et Yakoubwé.

Yakouba (Seuil Jeunesse 1994) a eu le Prix Sorcières 1995, le Prix Octogone expression en 1995, le prix Mille Pages des écoles en 1996 et est sélectionné dans la liste recommandée de l’Éducation nationale.

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Un autre album de Thierry Dedieu que j’ai trouvé magnifique, tant l’histoire que les illustrations :

Aagun Aagun

Seuil (2009)

Quelque part, en dehors du temps, une tribu est pillée par la tribu voisine, les Hounks. Les victimes vont chercher de l’aide auprès de leur seigneur qui leur envoie comme aide son meilleur lieutenant, Aagun. Celui-ci installe son campement à égale distance des deux tribus. Tous se demandent alors comment un seul homme pourra leur venir en aide.

Aagun se met à chasser et à offrir son butin aux Hounks. Puis, il impose aux hommes qu’il est censé protéger de l’accompagner à la chasse, avant d’offrir le gibier à leurs ennemis. Personne ne comprend cette injustice.

Pourtant, Aagun vient de leur offrir la liberté et la paix, comme ils vont finir par s’en rendre compte…

Aagun est un conte ou peut-être une fable qui se passe au moyen-âge (?) en Asie (?) rien n’est vraiment précisé, mais cela importe peu en fait, sauf que cela donne un côté « épique » à l’ensemble.

Feng

 Son site ici

 

Thierry Dedieu a reçu le Prix Goncourt Jeunesse en 1995 pour Feng, (Seuil) 

 

L’avis de Sophie sur deux autres albums ici

SignatureNat

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Bingo’s run

♥ Bingo’s run ♥

James A. Levine

Éditions Piranha (2015)

BingosrunBingo est le coureur à pied le plus rapide de Nairobi, et sans doute du monde. À quinze ans, il en paraît à peine dix et il est si rapide qu’il parvient à ne pas se faire remarquer par les policiers corrompus quand il court livrer leurs doses de drogue aux clients de Wolf, son boss.

Après avoir été le témoin du meurtre du plus gros dealer de Nairobi, il trouve refuge dans un orphelinat dirigé par un prêtre à la tête d’activités aussi lucratives que malhonnêtes. Mêlé malgré lui à une lutte entre parrains de la pègre, sa vie déjà risquée devient bien plus dangereuse encore. Pour s’en sortir, Bingo aura besoin d’alliés comme Slo-George, son ami de toujours, ou encore Thomas Hunsa, un artiste génial mais fou. Et il devra surtout apprendre à compter sur les autres autant que sur lui-même.

Mon avis : Bingo’s run est un livre que j’ai gagné. Je l’avoue, j’ai mis un certain temps à l’ouvrir. D’une part, parce que j’avais déjà pas mal de trucs à lire et d’autre part, parce que la couverture et le résumé ne m’attirait pas plus que ça…

Et puis, et puis je suis allée lire quelques critiques ici et là et les avis enthousiastes m’ont intriguée. Du coup, comme je suis une grosse curieuse, je l’ai lu ! Et je n’ai vraiment, vraiment pas regretté !! Quelle claque, quel dépaysement que ce roman (il fait 258 pages mais se dévore d’une traite). C’est bien simple, on ne veux tout simplement pas quitter Bingo à la fin du livre et on voudrait tellement l’aider… Même s’il se débrouille très bien tout seul !

Un roman sur la survie, sur l’appétit de vivre d’un ado de 15 ans. Il vit comme un adulte, tout en étant parfois encore un enfant. Obligé de mûrir, de grandir trop vite (pas sa taille, non, son esprit !) pour survivre, pour avoir une chance de s’en sortir…

Ce qui m’a vraiment plu dans ce roman, plus encore que l’histoire elle-même, c’est l’écriture. Je vous donne un passage : « Tout en attendant une réponse, Dog respirait par son nez arraché. Même la respiration de Dog avait quelque chose de violent : l’air avait peur de lui et ça se sentait ».

J’espère vraiment que ce roman va avoir beaucoup de succès, il le mérite !! Et je vais de ce pas me procurer le 1er livre de cet auteur : Le cahier bleu (sorti en 2010 chez Buchet Chastel)

Attention tout de même à ne pas le mettre entre des mains trop jeunes, c’est dur, parfois violent et souvent cru !

+ Site des éditions Piranha ici

SignatureNat

 

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La vie sans fards – Maryse Condé {RL2012}

Roman adulte autobiographique – Rentrée Littéraire 2012

La vie sans fards

de Maryse Condé

JC Lattès, août 2012
9782709636858, 19€

 

Trop souvent les autobiographies deviennent des constructions de fantaisie. Il semble que l’être humain soit tellement désireux de se peindre une existence  différente de celle qu’il a vécue, qu’il l’embellit, souvent malgré lui. Il faut donc considérer La Vie sans fards comme une tentative de parler vrai, de rejeter les mythes et les idéalisations flatteuses et faciles. Voici peut-être le plus universel de mes livres.

Il ne s’agit pas seulement d’une Guadeloupéenne tentant de découvrir son identité en Afrique ou de la naissance longue et douloureuse d’une vocation d’écrivain chez un être apparemment peu disposé à le devenir. Il s’agit d’abord et avant tout d’une femme aux prises avec les difficultés de la vie. Elle est confrontée à ce choix capital et toujours actuel: être mère ou exister pour soi seule. Je pense que La Vie sans fards est surtout la réflexion d’un être humain cherchant à se réaliser pleinement.
Mon premier roman s’intitulait En attendant le bonheur, ce livre affirme : il finit toujours par arriver.

 

             Un roman autobiographique intimiste, qui nous entraîne dans la vie de Maryse Condé. Une vie tout en lien avec l’Afrique, de près ou de loin.

Un récit très personnel qui nous donne le sentiment d’être un peu voyeur mais qui nous fait découvrir de nombreux aspects de notre société et de l’Afrique. Sénégal, Côte d’Ivoire, Guinée et Ghana, nous voici sur les traces d’une femme, d’une mère que la vie n’épargne pas. Vivre sa vie, chercher sa liberté mais aussi élever ses enfants en faisant face à la misère, au rejet de sa famille mais aussi aux évènements politiques !

Il est très difficile de donner un avis sur une autobiographie, car comment juger de la vie d’un auteur ! Ici nous avons un témoignage très lucide, un retour sur une vie pour peut être réussir à mieux l’appréhender. J’ai réellement apprécié le ton de cet ouvrage car Maryse Condé semble réellement sincère. On dévore ce livre et on apprend beaucoup au travers de ces pages, sur la vie en général mais aussi sur le parcours tourmenté d’un auteur !

Je ne suis pas fan des autobiographies et pourtant j’en lis régulièrement, toujours avec ce léger malaise, cette impression d’entrer dans les secrets de quelqu’un, de n’être pas tout à fait à ma place… Ici aussi j’ai eu ce sentiment mais je me suis laissée porter par les mots et j’ai finalement apprécié ma lecture!

 

+ D’autres romans de Maryse Condé :
–  Ségou
– La vie scélérate
– Traversée de la mangrove
– Moi, Tituba, sorcière noire de Salem
– Les Belles Ténébreuses
– En attendant la montée des eaux

Victoire, les saveurs et les mots
– Conte cruel
– Hugo le terrible
– Savannah blues

+ Une vidéo de l’auteure en 2010

+ 5/7 Challenge 1% Rentrée Littéraire

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Des impatientes de Sylvain Pattieu {RL 2012}

Rentrée Littéraire 2012 – Roman adulte

Des impatientes

de Sylvain Pattieu

Le Rouergue, 22 aout 2012
La brune
9782812603884, 19,50€

 

Les « impatientes », ce sont elles deux, Alima Sissoko et Bintou Masinka, lycéennes de Seine-Saint-Denis, africaines par leur origine. Même couleur de peau mais si différentes dans leurs aspirations. L’une élève de première S, qui mise tout sur l’école, et rêve d’intégrer la préparation pour le concours Sciences Po. L’autre, grande gueule et formes exubérantes, abonnée aux sanctions et aux soirées en boîtes de nuit.

« Fleurs de banlieue », les appellent leur jeune professeur d’histoire, Kévin Roullier, qui n’a pas peur du cliché, lui-même archétype de ces jeunes profs venus de région pour un premier poste en ZEP, abonné à meetic pour lutter contre la solitude… Mais comment se jouer des clichés sur ces banlieues qui alimentent tous les fantasmes pour mieux les dépasser ? C’est le pari de Sylvain Pattieu, dans son premier roman, en s’enfonçant dans le concret du quotidien de ses personnages.

J’ai été attirée par ce roman car il se déroule dans un lycée, du moins au début. Deux grandes adolescentes que tout oppose sont les héroïnes de ce roman, nos impatientes. 

D’entrée la voix de l’auteur se fait multiple, selon les narrateurs. Quatre voix ressortent principalement. Celle du narrateur extérieur, que je rapproche de celle de l’auteur et qui nous décrit le milieu avec de nombreuses accumulations. Etrangement c’est quelque chose que j’ai beaucoup aimé dans ce roman, cette voix qui nous parle d’un établissement scolaire, des jeunes qui le fréquentent, de la banlieue parisienne… A cette voix s’ajoute celles qui font le récit. Alima Sissoko et Bintou Masinka principalement, par leur narration alternée nous font découvrir leur vie, leurs blessures… chacune à leur manière. Il y a le ton posé d’Alima, bonne élève, pleine de projet, et celui secoué de Bintou. C’est malheureusement là que j’ai trouvé que l’auteur en faisait trop, dans le ton de cette fille pleine de rage. Sylvain Pattieu s’est senti obligé d’écrire comme parle beaucoup d’adolescents, et transposé à l’écrit c’est à la fois dérangeant à lire et parfois difficile à comprendre. On peut argué que je ne suis pas de ces quartiers d’immigrés dont il parle, mais deux questions se posent alors : à qui s’adresse ce livre ? et pourquoi mon homme qui connait bien ces quartiers à éclater de rire quand je lui ai lu un passage ? J’avoue cependant que c’est quelque chose auquel je suis sensible dans les romans et je n’apprécie guère ce passage du vulgaire à l’écrit… d’autres apprécieront peut être comme une marque d’authenticité… La dernière voix est en fait double, celle de deux hommes, spectateurs de ce qui se joue entre ces deux impatientes, un peu responsable aussi, qui se cache derrière leur passé et leur peur pour s’excuser. Sans compter aussi sur tous les ajouts, les carnets scolaires, les rêves, comme autant d’indice et de témoins.

L’histoire est très bien menée et prenante dans la première partie du roman. Nous avons un point de départ, une situation finale rapidement exposé, et tout le reste nous sert à imaginer d’abord, puis à combler les manques de l’histoire. C’est habile car cela donne vraiment envie d’avancer, de découvrir ce qui a bien pu renverser ainsi la situation…
La deuxième partie m’a beaucoup moins touché, sans doute aussi parce qu’elle quitte le milieu scolaire pour celui du travail (hôtesse de caisse). Les personnages m’ont semblé plus lointain, moins tangible… et moins intéressant malgré leur quête.

Un roman en demi teinte selon moi avec des passages qui m’ont beaucoup plu et d’autres qui me donnaient envie de refermer le livre.

+ Un premier roman

+ Des avis plus positifs sur Babelio

+ 3/7 Challenge Rentrée Littéraire 2012

+ Concernant les partenariats ils ne commenceront que la semaine prochaine, le temps de mettre en place quelques petites choses encore…

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