Alexandrin ou l’art de faire des vers à pied

Alexandrin

Alexandrin ou l’art de faire des vers à pied

Alain Kokor (ill.) & Pascal Rabaté
Éd. Futuropolis (2017)
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Alexandrin est un homme libre, un vagabond, poète itinérant qui gagne sa vie en vendant au porte à porte ses écrits. Voici comment il interpelle et charme ses futurs lecteurs : « Je me présente, Alexandrin de Vanneville, poète des campagnes et des villes, arpentant les chemins de terre et de bitume, par le vent et par la pluie, sans me taire et sans amertume, je survis en proposant ma poésie« .

Loin, très loin de nos habitudes consuméristes ou des réseaux sociaux, dans une époque pas facile à définir, mais pas si lointaine (photocopieur, McDo ou raviolis existent déjà…) ce poète vagabond recueille un jour un « oiseau égaré », un jeune garçon, fugueur de son état et prénommé Kevin. Il va lui apprendre à faire des rimes, mais aussi et surtout à regarder le bon côté des choses, à profiter des petits moments de bonheur (j’adore la page 52, quand ils imitent les grenouilles), à s’émerveiller d’un rien, d’un oiseau qui chante ou du bruissement du vent dans les feuilles…

Comment ne pas être charmé par ce poète attentionné et rêveur ? Par cet homme qui manie si joliment la langue pour en tirer des rimes ? En fermant cette délicieuse bd, avec un petit (gros) pincement au cœur, on se prend à espérer que les deux auteurs (que je ne connaissais que de nom) continueront à faire un bout de chemin ensemble.

Une ode à la poésie, à la flânerie et à la liberté que je ne peux que vous conseiller !

Alexandrin

Cette page, je l’avoue, m’a bien fait rire !

Les avis des autres participants à la BD de la semaine : Karine, Hélène, Jérôme, Jacques, Stéphie, Mo’ et Blandine

Cette semaine nous sommes reçus par Stéphanie du blog Mille et une Frasques

La femme noire qui montra le chemin de la liberté

HarrietOu l’étonnante histoire d’Harriet TubmanHarriet Tubman by Squyer, NPG, c1885.jpg

Éric Simard & Yann Tisseron (ill.)
Collection Histoire & Société (Résistantes & Résistants)
Éditions Oskar (2016)
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Harriet Tubman (1822-1913) née Arraminta Ross, née esclave, de parents esclaves. Son année de naissance n’est pas sûre, ni son lieu de naissance, car on n’enregistrait pas la naissance des esclaves à cette époque. Quand elle était enfant, on lui a dit que sa grand-mère était arrivée d’Afrique par bateau négrier, en provenance du Ghana, mais de cela non plus, elle n’était pas sûre.

Après avoir vécu comme esclave de nombreuses années, après avoir été maltraitée, frappée par ses « propriétaires » (ça me hérisse le poil d’écrire ça, comment peut-on se considérer propriétaire de quelqu’un ????)

A l’âge de 27 ans, elle décide de s’évader pour aller vivre en femme libre dans les états du nord. Son premier essai échouera, la deuxième fois sera la bonne.

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Dans ce livre, roman documentaire ou documentaire qui se lit comme un roman, c’est un personnage bien étrange qui nous raconte l’histoire. En effet, le narrateur n’est autre qu’une cicatrice, résultat de l’improbable rencontre entre la tête d’Harriett  et un poids de 2 livres lorsqu’elle avait 15 ans…

Elle souffrira des séquelles de cette blessure toute sa vie, mais ça ne l’empêchera d’être une « femme de tête » écoutée et respectée au point d’être surnommée « Général Tubman » !

A la fin de l’histoire, une partie purement documentaire présente un glossaire, une frise chronologique (petit bémol, pourquoi commencer la frise en l’an 1346 av JC ?), une carte des États-Unis pendant la guerre de sécession et une succession de petits encadrés sur l’esclavage et la guerre de sécession, mais aussi sur l’art, la vie quotidienne, les sciences et techniques… à cette époque là !

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Un roman/documentaire que j’ai trouvé intéressant et bien fait (même si j’ai trouvé qu’il manquait quelque chose à la partie romancée, un peu de rythme peut-être ?), indiqué pour les enfants en fin de primaire et collège, mais qui pourra aussi intéresser les plus grands, la preuve, j’ai appris des choses !

La partie roman fait 50 pages et la partie documentaire -bien illustrée- à peine 20.

Dans la même collection, il existe « La femme noire qui refusa de se soumettre : Rosa Parks ».

Sur le site « Histoire d’en lire »  » vous trouverez d’autres romans de cette collection « Histoire et société »

D’autres avis : Blandine, Entre les pages, et celui de livrelibre, moins convaincue.

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Où se cache la bêtise humaine…

En 2016, le président Obama avait décidé d’honorer la mémoire de cette résistante, de cette femme courageuse qui a sauvé tant de gens et qui est une des figures majeures de l’abolition de l’esclavage aux États-Unis en mettant son portrait sur les billets de 20 dollars à partir de l’année 2020.

Mais il semblerait que l’administration de Mr Trump ne souhaite pas faire figurer une militante abolitionniste sur les billets américains…Enregistrer

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Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Le jour où… Nouvelle collection de 1ers romans

jourLe jour où

Thierry Lenain & Thanh Portal
Nathan (2017)
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On a mangé tous ensemble

Demain, on doit faire un pique-nique. Mais demain c’est vendredi et certains ne doivent pas manger de viande, mais du poisson. D’autres ne peuvent manger que si c’est halal, d’autres encore voudraient manger du cheval ce qui en fait hurler certains ! Bref, manger tous ensemble, partager sa nourriture, ça semble assez compliqué…

Heureusement la maîtresse est là, et comme le problème semble venir de la viande, elle va leur proposer des alternatives afin que tous puissent partager le même repas !

Un petit roman qui m’a beaucoup plu,  très intelligent, et qui, sans jugement, propose une solution ! Mon seul regret est que nous n’ayons pas les explications de la maîtresse…

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jour

… La France est devenue la France

Chaque semaine, il y a un moment où la maîtresse nous autorise à poser les questions qui traînent au fond de nos têtes. Aujourd’hui, c’est Tovi qui lève la main et demande : « Maîtresse, pourquoi t’es noire ? » Ce à quoi la maîtresse répond : « et toi Tovi, pourquoi tu es blanc ? » et Tovi de répondre que c’est parce qu’il est français…

Un petit roman qui permet une première approche de « qu’est-ce que la nationalité ». Intéressant, même si  j’ai trouvé que ça ne répondait pas vraiment à la question… Mais ça permettra peut-être aux enfants d’y réfléchir !

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Dans cette même collection, deux autres romans sont sortis : Le jour où on a arrêté de faire la guerre et le jour où papa s’est remarié.

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De Thierry Lenain, nous vous avons déjà présenté : Mademoiselle Zazie en folie, Mademoiselle Zazie déteste la maîtresse, Un marronnier sous les étoiles (2ème livre présenté dans l’article)

Le site de Thanh Portal

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Les mains dans la terre – Coll. Rester Vivant

Mains

Les mains dans la terre

Cathy Itak

Éd. Le Muscadier (2016)

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Dans une longue lettre, Mathias explique à ses parents tout ce qu’il n’a pas pu, pas su, leur dire de vive voix. Il s’en va.

Il arrête ses études, lui qui était si doué. Le voyage dans le Nordeste du Brésil que ses parents lui ont offert pour ses 18 ans lui a ouvert les yeux. Il ne veut pas d’une vie passée à gagner de l’argent, mais d’une vie qui a du sens, dans laquelle il pourra s’épanouir.

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Un roman qui parle de la difficulté qu’il y a parfois à s’extirper du carcan ou des traditions familiales. Ah les parents qui veulent que leurs enfants soient médecins ou avocats ! Pour leur bien, bien sûr ! Se demandent-ils parfois ce que voudraient leurs enfants, ce qui les intéresse, les motive ?

Une histoire qui parle également de la difficulté à trouver qui l’on est et ce que l’on souhaite faire de sa vie. Faire des choix, s’affirmer, c’est grandir, mais c’est parfois bien difficile !

Une histoire touchante et qui pousse à réfléchir à qui l’on est et à ce qu’on veut (faire/devenir…).

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station

Présentation de l’éditeur : La collection Rester vivant est constituée de nouvelles et de romans qui parlent du monde d’aujourd’hui, en abordant sans détour les questions écologiques, sociales et éthiques qui émergent au sein de la société dans laquelle nous évoluons. Elle s’adresse en priorité aux pré-ados, aux ados… et plus généralement à tous les lecteurs qui résistent encore à l’asservissement des esprits, quel que soit leur âge. Ces livres ont pour ambition, en plus d’attiser l’imaginaire du lecteur, d’éveiller son sens critique et de poser un regard incisif sur nos comportements individuels et collectifs.

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Cathy Ytak : son site et son blog

De cette auteure, nous vous avons déjà présenté : La seule façon de te parler

Éditions Le Muscadier

De cette maison d’édition, nous vous avons déjà présenté plusieurs titres : Bêtes de pensée et Badalona, Jours de neige (un recueil de nouvelles), 40 jours d’automne, Station sous-paradis

L’avis de Jérôme et celui de Noukette

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