La fourmi rouge – roman ado

fourmiLa fourmi rouge ♥

Émilie Chazerand
Éd. Sarbacane (2017)
*****

Vania est une adolescente de 15 ans qui va entrer au lycée en 2nde. Ce dont elle n’a absolument pas envie ! Elle trouve que sa vie est déjà suffisamment pourrie comme ça… Tout d’abord, comme elle dit : « elle a un blase de protège slip accolé à une pâtisserie autrichienne bourrative« , ensuite elle souffre de ptosis congénital (paupière tombante) et enfin, son père est taxidermiste et plutôt farfelu.

Pour couronner le tout, c’est la reine des menteuses… Et parfois, ça lui pèse.

*****

Si on se doute que certaines choses vont arriver en lisant ce roman, d’autres en revanche sont tout à fait inattendues !

Vania est une jeune fille parfaitement agaçante par moments, assez « vacharde » parfois, mais en l’écoutant nous raconter sa vie, on se dit qu’elle a tout de même quelques excuses. Même si parfois elle se complait dans le côté « j’ai une vie de merde et ce n’est pas près de changer… » Un mystérieux mail va la pousser à s’interroger sur un certain nombre de choses et surtout, sur ce qu’elle veut être : une fourmi noire (autrement dit un mouton) ou une fourmi rouge, vivante et combative ?

Une lecture pas si légère qu’elle en l’air, même si j’ai beaucoup ri ! Un coup de cœur pour moi aussi.

Passez votre chemin si vous aimez le « politiquement correct » et si vous n’aimez pas les gros mots. Pour les autres, je pense que vous apprécierez l’humour !!

Mon seul bémol porte sur l’âge indiqué par l’éditeur. Il dit à partir de 13 ans, j’aurai plutôt dit 14/15…


L’avis de Sophie (présenté avec beaucoup d’autres livres il y a quelques jours, vous l’avez peut-être raté…)

La fourmi rouge est un premier roman pour adolescents vraiment génial. On y découvre Vania, une adolescente qui vit seule avec son père. Une personnalité vraiment détonante, enthousiasmante, pleine d’humour malgré un prénom pas évident à porter, un oeil qui part en vrille et une entrée en seconde qui promet. Tous les personnages de ce roman son truculent : son père taxidermiste farfelu, son meilleur ami Pierre Rachid, son ennemi Charlotte… Bref une vraie fourmilière, dont elle fait partie. Jusqu’au soir où elle reçoit un mail qui lui dit qu’elle est différente : une fourmi rouge… colorée, piquante… qui ne demande qu’à se révéler.

Vania est une héroïne coup de cœur que j’ai adoré suivre même si l’histoire, elle, n’est pas aussi originale que les personnages. L’adolescence, l’amitié, l’amour et la famille sont au cœur des préoccupations de notre adolescente… mais l’humour donne vraiment un coup de fouet à l’ensemble ! Une héroïne qui permettra en plus aux adolescents de comprendre qu’ils sont uniques et qu’ils doivent s’aimer comme ils sont !

Coup de cœur


D’autres avis : Bob et Jean-Michel (ont beaucoup aimé), Les petites madeleines (mitigée – lire la réponse de Tibo Bérard, l’éditeur, dans les commentaires)

Say something – Roman ado/jeune adulte

saySay Something

Jennifer Brown
Albin Michel (2018)

*****

Au lycée, avec son nom de famille « féminin » -Judy- sa timidité et son allure chétive, David est la proie rêvée de certains plus costauds, plus sportifs, sûrs d’eux et de leur force et inconscients, sans doute, des ravages qu’ils occasionnent.

Cette année, plus encore que les autres années, David fait sa rentrée (en Terminale) la peur au ventre. Il faut dire que l’année précédente a été terrible, un déferlement de violence ayant eu lieu dans son lycée. David a passé l’été enfermé chez lui à essayer d’oublier. Impossible, d’autant qu’il « sait » des choses, des choses qu’il devrait dire à la police, mais il ne peut pas, il n’y arrive pas. Les mots refusent de franchir ses lèvres et, du coup, il culpabilise…

*****

En lisant ce roman, on a l’impression de vivre de l’intérieur, de ressentir, de comprendre ce que c’est que d’être quotidiennement moqué / insulté / harcelé par d’autres élèves au lycée. Ce sont toujours les mêmes insultes « Pédé. Tapette. Pédale. Tantouze. » Les mêmes vexations (baisse du pantalon, obligation de faire des pompes devant tout le monde). Pourtant, le ton n’est pas « pleurnichard », David, s’il souffre de tout cela, ne s’en plaint pas. Il s’adapte (il ne mange plus le midi pour éviter qu’on crache dans son assiette par exemple), évite, courbe l’échine.

Étrangement, ce ne sont pas toutes ces persécutions qui le perturbe le plus, mais bien cette chose qu’il sait et qu’il n’arrive pas à dire. Le poids de la culpabilité.

Say something est un roman très court puisqu’il ne fait que 126 pages (les 24 dernières pages sont le début du roman précédent de l’autrice), mais il laisse un goût un peu amer. (c’est ça l’endroit où l’on envoie nos enfants s’instruire ?? Sans être trop naïf, ça fait quand même un peu peur.)

*****

Ce livre est un « complément » à Hate list (plus qu’une suite, c’est un autre point de vue). Je l’ai lu sans avoir lu « Hate list » et j’ai très bien compris l’histoire.

Lire quelques pages sur le site de l’éditeur

De cette autrice, Sophie vous a déjà présenté « Tornade« 

Libérez l’ours en vous – Carole Trébor

Libérez l'ours en vousRoman pour adolescents, dès 13 ans
Vie quotidienne et théâtre

Libérez l’ours en vous

de Carole Trébor

Syros, 2018
9782748521306 – 17,95€

Loin de ses récits fantastiques comme Nina Volkovitch ou de science-fiction avec U4, Carole Trébor nous propose avec Libérez l’ours en vous un récit contemporain, une tranche de vie d’adolescents d’aujourd’hui. Petit clin d’oeil à la Russie tout de même, avec un personnage d’origine russe, Kolia, mais pour le reste, on est dans la campagne française. La campagne viticole, facilement raciste, ou tout du moins prompte à ne pas accepter l’étranger.

Libérez l’ours en vous est un récit complexe, avec trois histoires principales imbriquées. Celle d’un groupe de lycéens, impliqués dans un club théâtre. Celle de leur professeur de théâtre, cette année absente pour maladie. Et celle de la pièce de théâtre Merci l’ours écrite par cette professeur de théâtre, et qui raconte sa propre jeunesse. Trois histoires qui ne font que se couper, se mêler, s’entremêler. Des résonances apparaissent entre toutes ces histoires, entre toute ces personnalités et avec Merci l’ours, la pièce de théâtre que les adolescents vont découvrir peu à peu et monter. Les thématiques qui les rapprochent, les font bondir ou exploser…

Dans Libérez l’ours en vous, la galerie de personnages est très large, et tous sont les propres narrateurs, en alternance. Cette profusion de narrateurs, aux histoires complexes, m’a désarçonné. Si j’aime les récits alternés, j’ai trouvé ici que cela desservait parfois l’histoire, car on ne prend pas le temps de s’attacher aux personnages. Kolia par exemple, qui est un des personnages centraux, nous raconte une grande partie de sa vie : la perte de sa mère et de sa grand-mère, sa nouvelle belle-mère, son père qui ne comprend pas sa passion… Pourtant le tout manque d’un petit quelque chose pour que le déclic se fasse réellement. Finalement je crois que ce récit fonctionne un peu comme ça. Soit vous adhérez à Kolia (et Lisa), et vous adhérerez au livre, soit non, et le récit perd une partie de son intérêt.

J’ai lu ce livre en lecture commune avec Lael, ce qui nous a permis d’échanger sur notre ressenti, et la problématique des personnages est vraiment celle qui me semble centrale dans l’appréciation de ce roman. Le côté théâtre, les thématiques abordées, tout le reste est intéressant et offre un beau récit, je regrette donc d’être restée sur ma faim, au point de préférer les petites soeurs aux personnages principaux… Les relations parents – enfants, souvent mises en avant par les personnages, l’immigration, l’humour, tout un tas de petites choses qui font que ce livre reste une belle lecture. Les modalités du récit sont variées, théâtre et narration bien sûr, mais aussi mail, sms, chanson, articles de presse… un mélange réussi.

Libérez l’ours en vous est un roman contemporain qui réussit habilement à allier théâtre et récit moderne, pour autant la galerie de personnage n’a pas réussi à m’entraîner au coeur de cette histoire.


+ la pièce Merci l’ours existe vraiment et a été écrite par Carole Trébor. On peut la retrouver via l’application Syros Live, de même que les chansons qui en font partie.

+ Découvrez l’avis de Lael, qui a, elle, apprécié le personnage de Kolia !

+ Pour la petite anecdote, chaque fois que je parle de ce roman, je veux l’appeler Libérez-vous de l’ours. Un lapsus sans doute révélateur d’une partie du récit, où l’ours n’est pas forcément celui qu’on croit !

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Coeur de Hérisson 2& 3

La suite de Coeur de Hérisson, un manga shôjo plus doux qu’il n’y paraît !

Cœur de hérisson - Tome 2Coeur de Hérissoncoeur de hérisson

Tomes 2 & 3

de Nao Hinachi

 

Kazé, 2017
192 pages, 6,79€

Coeur de Hérisson est un shôjo manga japonnais en 5 volumes. Je vous ai présenté l’adorable Kii et son copain un peu bourru, un peu hérisson, lors de ma lecture du premier tome. L’ensemble très kawai, avec pas mal de hérissons, avait su me séduire… et la suite alors ?

Dans les tomes 2 et 3 la relation entre Kii et Hozuki évolue très rapidement, en bien comme en mal. On assiste toujours à des incompréhensions et une difficulté à dialoguer entre eux. Pour autant l’histoire avance réellement et ne se contente de rester bloquer sur une jeune Kii trop timide qui se cache derrière Hozuki sans oser lui parler. Ils vont tous les deux évoluer, faire des rencontres, et peu à peu on va voir se nouer leur relation. Une relation loin d’être simple et lisse !

Les personnages secondaires sont beaucoup plus les lycéens que dans le premier tome, ce qui est à la fois dynamique… et peu original. Si l’histoire est très adolescente, stéréotypée parfois, elle n’en reste pas moins intéressante. On va peu à peu découvrir un peu plus la vie de Hozuki. J’ai apprécié que Kii se tourne un peu vers d’autres personnes, même si finalement elle en revient toujours à Hozuki.
Haruki est un personnage secondaire qui sème le doute dans l’esprit de Kii, et j’ai aimé son rôle, mais aussi son personnage… que j’ai presque tendance à préférer à celui de Hozuki, qui m’insupporte un peu dans ses réactions.

L’histoire de ces deux tomes permet de découvrir l’origine de ce surnom Hérisson pour Hozuki, avec un flash back pour découvrir sa rencontre avec Yukino. Et forcèment dès que cela touche aux hérissons je fonds… et j’ai très envie de découvrir Harry le Hérisson moi aussi.

Pour les plus curieux, sachez qu’il y aura un baiser… mais entre qui et qui, je vous laisse le découvrir !

Coeur de hérisson continue d’entraîner le lecteur dans un univers doux et kawaii dans ces deux tomes, réussissant à maintenir l’attention. Si Coeur de hérisson reste un shôjo scolaire assez classique, les illustrations soignées et les petits hérissons apportent une petite touche supplémentaire de douceur, et ça, ça me plait !

***

+ sur le site de l’éditeur KAZE

+ L’avis de Hina, si vous voulez plus de détail sur l’histoire de ces deux tomes (attention spoiler!) – avec de jolies photos