Tu vois, on pense à toi ! de Cathy Ytak

Tu vois, on pense à toi est un court roman épistolaire qui permet de partir sur les traces de deux copains en classe découverte sur une île.

tu vois, on pense à toiTu vois, on pense à toi

de Cathy Ytak

Syros, 2017
Tempo, 67 pages
9782748523126, 6,35 euros

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Amitié, île, correspondance, épistolaire, mail, mer, voyage scolaire

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Clément et Nolan partent en classe découverte sur l’île Scobier, laissant derrière eux leur amie Alwena, coincée à l’hopital. Ils décident alors de lui envoyer des mails pour lui faire vivre aussi leurs aventures… Alwena quant à elle est friande de ces nouvelles, et de savoir s’ils ont accomplis la mission demandée.

On oscille avec Tu vois, on pense à toi ! entre trois histoires, trois genres presque, et tout ça seulement en une soixantaine de pages.

Nous avons l’échange épistolaire d’une part, et uniquement cela, même si quand les garçons racontent leur journée, des dialogues sont présents. Ainsi pas de narrateur externe pour nous donner des informations sur les personnages ou la véracité de l’histoire, on est obligé de suivre le mouvement, de tourner les pages pour en savoir plus.

C’est Nolan qui y a pensé le premier, à t’écrire. Tu le connais : les bonnes idées, c’est toujours lui qui les a. Après, il faut qu’il trouve quelqu’un pour les mettre en pratique… Et là, c’est moi.

L’aventure, voire l’enquête menée par Clément et Nolan, est aussi un élément important de l’histoire, celui qui tient en haleine Alwena, qui lui permet d’être un peu avec eux sur l’île. Une histoire à la limite du merveilleux, qui étonne, questionne.

Enfin, il y a l’amitié, le secret d’Alwena, la boite bien lourde que Clément et Nolan transportent. Ce mystère ajoute encore une autre dimension au roman, le rendant doux et touchant. Une vraie ôde à l’amitié avec des mots très justes, des émotions simples, et des enfants touchants.

Un roman court mais très riche, avec les doux mots de Cathy Ytak et une imagination débordante d’enfants. Un texte court, facile à lire, mais très positif et intéressant dès 9 ans.


+ le site de Cathy Ytak

+ D’autres livres de Cathy Ytak à découvrir sur Délivrer des Livres :

LaSeuleFaçonDeTeParlerMains

Le goéland qui fait miaou – Livre CD

goélandLe goéland qui fait miaou ♥

Récit et paroles de Jérôme Attal
Musique et chant de Constance Amiot
Illustrations de Sylvie Serprix
Raconté par Robinson Stevenin
Le label dans la forêt (2017)
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Une histoire simple, accessible dès 4 ans (le CD dure 34 minutes, il y a une histoire entrecoupée de 7 chansons).

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Kino est un bébé goéland très curieux. Il habite avec Maman et Papa goéland sur le toit d’une maison, non loin du bord de mer. En voulant regarder ce qui se passe ailleurs, il tombe du toit dans le jardin, en plein sur les demoiselles Hortensias ! Comme il ne sait pas encore voler, il va avancer dans le jardin, et en cherchant une solution pour retrouver sa maison il va rencontrer un ver de terre, une tortue, un hérisson… Et une petite fille, Cordélia.

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L’avantage d’un livre cd, c’est qu’on peut avoir plusieurs expériences avec : on peut commencer par lire l’histoire, puis l’écouter et enfin écouter l’histoire en la suivant dans le livre… Mais avec cette histoire là (et surtout les chansons !) je pense que vous aurez une expérience supplémentaire : vous aurez envie de danser !!

Tout m’a plu : Les illustrations, rondes, jolies, très colorées et pleine d’imagination, elles accompagnent à merveille le texte. L’histoire est amusante, avec un petit « suspense » (le vilain monsieur va t-il attraper le bébé goéland ??) et la musique et les chansons sont pleines de pep’s !

Une des chansons m’a fait penser à une chanson de Manu Chao (mais je ne sais plus laquelle !!)

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En bref, « Le goéland qui fait miaou » est une histoire pleine de gaieté, rythmée et amusante !

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Vous pourrez écouter une des chansons sur le site de l’éditeur Le label dans la forêt

Le label dans la forêt est une maison d’édition qui édite des livres disques créés par des auteurs, des chanteurs, des musiciens et des illustrateurs.

Dans un style un peu différent, je vous avais présenté un album qui parle aussi d’oiseaux du bord de mer avec humour (mais sans cd !) : Lulu la mouette

Sous la grande vague – Album

SousSous la Grande Vague

K. Hokusai & H. Kérillis
Léon Art & stories (2014)

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A la suite d’un tsunami, un pêcheur fait naufrage loin du Japon et son fils se retrouve seul. Traumatisé, il a oublié jusqu’à son nom. Il se retrouve à l’orphelinat, et après un rêve qui lui montre le Mont Fuji, il part vers la montagne, dans l’espoir de retrouver son père.

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Au départ, je voulais parler de cet album au mois d’Avril, pour le mois du Japon, mais il a mis un certain temps à arriver de la Médiathèque Départementale… Du coup, ça tombe bien, il ouvrira le Challenge Albums du mois d’août, dont le thème est « Mers et Océans » !

Je connaissais déjà cet éditeur, pour avoir vu passer sur les blogs plusieurs albums de leur collection mini Léon (livres sur l’art et bilingues à partir de 3 ans) ou encore de la collection Art-Fiction dont cet album fait partie et qui s’adresse aux plus grands (à partir de 6 ans). Mais je n’avais jamais eu l’occasion d’en lire un. C’est chose faite.

A partir d’une douzaine d’estampes de Katsushika Hokusai, Hélène Kérillis a construit une histoire. Mais elle a fait plus encore, car elle a écrit son histoire sous la forme de Haikus (petits poèmes japonais en 17 syllabes). C’est tout à la fois étonnant et très réussi ! Cela donne un rythme très particulier à l’histoire.

A la fin, deux double-pages nous présentent les estampes avec quelques renseignements, puis la dernière double-page apporte quelques réponses aux questions que les enfants pourraient se poser (différence entre tableau et estampe / qui est Hokusai / les enfants japonais ont-ils peur des tsunamis…)

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Un album qui participe à démocratiser l’accès à « l’Art », moi je dis bravo !! Et je vais en acheter plusieurs pour la bibli…

sous

Le site d’Hélène Kérillis

De cette auteure, nous vous avons déjà présenté « Un noël en noir et blanc – Sur les traces de Claude Monet » (4ème album présenté)

Et sur Hokusai, « le vieux fou de dessin » de François Place

L’éditeur Léon Art & stories

D’autres avis : celui de Bidib (Ma petite Médiathèque),  ainsi que celui de Blandine (Vivrelivre)

challenge albums 2017

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La Sirène : chants mortels et histoire d’amour

La Sirène, l’histoire d’amour contrariée d’une jeune fille à la voix mortelle. Comment chanter pour attirer à la mort des milliers de personnes, et en même temps tomber amoureuse ?

la sirèneRoman pour adolescents

La Sirène

de Kiera Cass

traduit par Madeleine Nasalik

Robert Laffont, 2016
Collection R, 360 pages
17,90€, disponible en numérique pdf epub

Comment chanter pour attirer à la mort des milliers de personnes, et en même temps tomber amoureuse ? Kahlen, sirène malgré elle, a bien du mal à supporter sa condition. Lors d’un naufrage, elle est en train de se noyer quand elle entend une voix. La Mer lui propose alors de la garder en vie, à condition qu’elle passe 100 ans à son service, en tant que Sirène. 100 ans où elle sera immortelle, suite à quoi elle pourra vivre une vie normale, sans se souvenir de rien. Alors que cela fait 80 ans que Kahlen se dévoue à la Mer, entre cauchemars et remords, elle rencontre Akinli. Un jeune homme différent. Il ne lui faut que quelques jours pour tomber amoureuse. Son secret ne lui permet pourtant pas.

Kiera Cass, auteur de la série à succès La Sélection, a d’abord écrit ce roman La Sirène. Auto-publié, les avis étaient assez partagés. Elle a depuis retravaillé ce texte, publié en France par la collection R. Un premier roman prometteur, un brin en dessous de la Sélection, à l’univers beaucoup plus construit.

Histoire d’amour contrariée, jeune femme rongée par les remords, fantastique… Des thèmes simples et habituels en littérature pour les adolescents, mais Kiera Cass nous entraîne encore dans une belle histoire, romantique à souhait. Comme dans La Sélection, son personnage principal, tourmenté, est très attachant. Les lecteurs adolescents s’identifient, cherchent eux-aussi le grand amour. D’autant plus que notre Sirène n’est pas seule, elle vit entourée de ses sœurs Sirène, dont on découvre aussi les histoires. Ces histoires secondaires permettent de donner du relief au récit. A travers les histoires des autres sirènes, on comprend mieux le lien qui les unit à la mer, et les contraintes qui vont avec. On passe un moment avec ces sirènes, même si l’ensemble manque un peu de profondeur. Les personnages secondaires ne sont pas très fouillés, leurs histoires semblent intéressantes mais on est relativement frustré de ne pas pouvoir les suivre plus longtemps. Un léger déséquilibre dans le récit entre découverte de l’univers et histoire d’amour fait penser que l’auteur aurait aimé proposer un récit plus complet.

Avec La Sirène, Kiera Cass réinvente le mythe des sirènes, et c’est véritablement une bonne idée. Loin de femmes à queue de poisson, l’auteur s’amuse à jouer sur les contes anciens. Seule la voix des sirènes est dangereuse, contraignant Kahlen et ses soeurs à communiquer en langue des signes en présence d’humains. Les liens avec l’océan sont forts, parfois trop pour nos héroïnes, mais offrent une belle poésie générale.

Les Roussalki de la mythologie slave sont les esprits des femmes noyées qui hantent rivières et cours d’eau. Les Ondines peuvent obtenir une âme en se liant à un mortel. Les Sirènes sont dotées de somptueuses chevelures et de longues queues, les Naïades ne vivent que dans l’eau douce et les Grecs vouaient à tout un aréopage de divinités aquatiques. 

La Sirène est un joli roman d’amour, un amour contrarié, poignant, haletant. J’ai passé un très bon moment en compagnie de Kahlen et de ses soeurs sirènes, même si j’aurais aimé voir certains aspects plus développer. Kiera Cass nous offre cette fois encore une romance, mais aussi un univers fantastique, un joli mélange, dans l’air du temps.

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+ Challenge YA#6
+ le site de l’auteur Kiera Cass
+ lire un extrait
+ Mon avis sur La Sélection
Un gros succès au CDI du collège, de même que La Sirène depuis que je l’ai mis en rayon en janvier !
L’effet couverture est important, de même que la reconnaissance de l’auteur suite à l’attrait pour La Sélection !