Tenir jusqu’à l’aube – Rentrée littéraire

TenirUn roman poignant qui se dévore comme un thriller !

Tenir jusqu’à l’aube
Carole Fives

L’arbalète Gallimard (2018)
*****

Une jeune mère, seule avec son fils de 2 ans. Une vie quotidienne à deux, en permanence, la mère n’ayant pas les moyens de faire garder son fils. Une relation fusionnelle avec ce tout petit qui devient de plus en plus exigeant, sa mère lui cédant tout par peur qu’il ne pleure, ne crie, ne dérange les voisins.

Mais la mère, telle la chèvre de Mr Seguin si fréquemment citée, rêve de liberté. Elle a besoin de souffler, de respirer, de ne plus seulement être mère. Alors, chaque nuit, elle sort. Pas longtemps, juste quelques minutes et pas très loin, juste quelques pas. Mais au fil des nuits, avec la sensation de légère ivresse procurée par cette liberté, le temps et les distances s’allongent. Jusqu’au jour où…

*****

On ressent tellement la détresse et la solitude de cette femme, de cette mère. Elle veut bien faire, elle aime son enfant, elle ne veut que son bien, mais elle étouffe (et se sent coupable). Elle essaie de trouver de l’aide sur les réseaux sociaux, mais ne trouve que bien peu d’oreilles attentives et beaucoup de bouches moralisatrices. Totalement isolée, elle a peu de moyens car il est difficile de se concentrer sur son travail avec un petit enfant de 2 ans à ses côtés.

Même si on ne peut que frémir quand elle sort la nuit en laissant son enfant endormi dans l’appartement, on la comprend tout de même.

Un court roman (176 p.) qui se lit très vite, avec un zeste de fébrilité…

Il est dans la première sélection du Prix Médicis, dans la dernière du Prix Landerneau et aussi dans celle du Prix Wepler.

Feuilleter les 20 premières pages

C’est ma 8ème participation au Challenge 1% de la Rentrée Littéraire

Logo Challenge 1% Rentrée Littéraire 2018 – Picos/Shutterstock

Nora – Bande dessinée jeunesse

nora

nora

Léa Mazé

Éd. de la Gouttière (2015)

****

Les parents de Nora sont en plein déménagement. Ils emmènent donc la petite fille chez son oncle qui habite dans une ferme. D’abord fâchée (et boudeuse !) Nora découvre la liberté qu’ apporte des vacances à la campagne. Elle trouve une cachette dans un vieux chêne et passe son temps à grimper dans l’arbre pour observer une petite grand-mère qui passe ses journées seule, assise sur un banc. Elle se pose des tas de questions qu’elle pose à son oncle, qui est parfois un peu embêté…

****

J’ai beaucoup aimé cette petite fille qui se pose beaucoup de questions, sur la solitude, la vie, la naissance (elle voit une chatte mettre ses petits au monde), la mort et aussi l’amour (la moure !!). Comme la plupart des enfants, elle pose ses questions et obtient des réponses plus ou moins claires, qu’elle comprend plus ou moins bien… Ce qui donne de jolis passages oniriques !

Un autre personnage qui m’a bien plu, c’est la maman chatte !! Elle a de ses expressions par moments, c’est très drôle !

Une très jolie bd, pleine de tendresse.

****

Le blog de Léa Mazé

Sur le site de l’éditeur, vous pourrez voir la liste de tous les prix reçus par cette bd ainsi que les coulisses de la création d’une bande dessinée.

De cette maison d’édition, Sophie vous a déjà présenté : Anuki T1, Anuki T2, Anuki T3, Anuki T4 et Myrmidon, Myrmidon dans l’espace, La petite famille, Passe-passe, Enola T1 et 2

Petit Elliot – La grande famille – Album

petit

Petit Elliot

La grande famille

Mike Curato

Casterman (2016)

^^^^^

Petit Elliot, nous vous en avons déjà parlé, avec le premier tome de cette petite série : « Petit Elliot dans la grande ville ». Celui-ci est le 2ème. Un 3ème tome « Petit Elliot et la fête foraine » est paru fin 2017 (pas encore lu !), et le 4ème « Petit Elliot à la campagne » est prévu pour octobre 2018 (et j’ai vu sur le site de l’auteur qu’il y en a un sur Noël).

Dans cet album, Petit Elliot l’éléphant à pois et son amie la souris habitent ensemble. Mais aujourd’hui, la souris a une réunion de famille (Parents, grand-parents, 15 frères, 19 sœurs, 25 tantes, 27 oncles, 147 cousins…) et Petit Elliot reste seul dans l’immeuble désert. Il décide alors d’aller se promener, mais partout autour de lui les gens sont en couple, avec leurs enfants, leurs amis… Il se sent seul. Et triste.

^^^^^

Une seconde histoire aussi mignonne que la 1ère (même si elle est moins gourmande ! ;) ) qui montre que même si on n’a pas de famille, on peut être accueilli (adopté ?) par des personnes avec qui on sera bien et avec qui on formera une famille (même sans « liens du sang »).

Et comme je l’avais déjà noté dans la présentation du premier volet des aventures du Petit Elliot, il n’est pas étonnant que les illustrations me plaisent autant ! Dans cette Interview de Mike Curato, dans laquelle il explique sa façon de travailler, il dit s’être inspiré des tableaux de Edward Hopper, un peintre américain que j’aime beaucoup.

Dernier « détail » mais qui a son importance : il y a des gens de toutes les couleurs/nationalités dans les illustrations et je trouve ça vraiment très bien !

Feuilleter quelques pages sur le site de l’éditeur

Le site de Mike Curato

Cet album participe au challenge « Je lis aussi des albums 2018″

challenge albums 2018

Sirius – roman post-apocalyptique

Sirius

SIRIUS ♥

Stéphane Servant

Coll. Épik
Éditions du Rouergue (2017)

*****

Ce livre faisait partie des 10 romans sélectionnés pour le Prix Vendredi. Vendredi*****

Le monde de Sirius est mort, ou presque. Il n’y a plus d’animaux – sauvages ou domestiques – et quasiment plus d’hommes. Dans cet environnement inquiétant, Alice tente -tant bien que mal- d’élever son petit frère, Kid. Leur quotidien plutôt tranquille, entre recherche de nourriture et leçons,  va être brutalement bousculé et ils vont être obligés de prendre la route très vite, de fuir sans espoir de retour. Au cours de ce long voyage, ils vont s’apercevoir qu’ils ne sont peut-être pas si seuls que ça…

*****

Les jours fériés, pour la lecture, c’est super ! J’ai commencé ce roman hier soir (le 9/05) et je l’ai terminé ce soir. Autant dire que c’est une aventure qui m’a beaucoup plu !! Les personnages sont atypiques, il y a du mystère (les infos arrivent au compte gouttes !), du danger, des surprises… Bref, tout ce qu’il faut pour rester « scotché  » à son bouquin !

Sirius est une aventure qui nous invite à aimer et protéger la nature, et un voyage au bout duquel on n’a pas vraiment envie d’arriver, pour ne pas avoir à quitter Alice et Kid.

Un dernier détail : j’adore la couverture !

C’est par ici pour lire les premières pages

*****

Je sais que cette lecture est aussi un coup de cœur pour Sophie !

L’avis de Sophie Hérisson : Oui, oui, un gros coup de coeur ! J’en profite d’ailleurs pour vous expliquer un peu plus pourquoi… Alice, personnage principal, est vraiment bien campée : ni trop héroïque ni trop fi-fille, une adolescente juste dans un monde en ruine. Juste, c’est d’ailleurs le mon pour qualifier Sirius. Ce récit est beau car il est dans la justesse. Dans ce monde post-apocalyptique on va rencontrer autant de « bons » que de « méchants » sans trop savoir à l’avance qui est dans quelle catégorie. Les relations sonnent justes, empruntent de doute, sans trop de chichi ni d’histoires d’amour inutiles.

Avec Alice et Kid c’est un véritable voyage initiatique que va faire le lecteur, à la découverte de paysages dévastés, mais surtout de personnages intéressants, symbole de toute une histoire d’un monde qui s’écroule.

Un roman prenant, entre douceur de la nature et danger d’un monde sans loi, touchant.

*****

De cet auteur, nous vous avons déjà présenté plusieurs albums très chouettes : « Cinq minutes et des sablés« , « Boucle d’ours » et « Le crafougna » trois albums drôles ou tendres que je vous invite vivement à découvrir !

Son blog (avec une très jolie bio)

Aux éditions du Rouergue, la collection Épik