Marche à l’étoile : le road trip d’un esclave noir américain

Marche à l’étoile est un roman pour adolescent historique, sur l’esclave noir américain, mais aussi un beau road-trip plein d’humanité, et une double quête d’identité.

Marche à l'étoileRentrée littéraire jeunesse 2017

Marche à l’étoile

d’Hélène Montardre

Rageot, à paraître le 13 septembre 2017
9782700256246, 14,90€

Niveau : Collège / Lycée
Thèmes : esclavage, Etats-Unis, XIXème siècle, Underground Railroad, quête d’identité, fuite, survie

 

Billy a  15 ans. Il est noir et vit en Georgie, en 1854. Il est esclave dans une plantation. A la mort de celle qui l’a élevé, il découvre quelques bribes de son passé. Et puis les événements s’accélèrent, et il fuit la plantation, et sa condition d’esclave. Un road trip à travers les Etats-Unis s’engage alors, d’Atlanta jusqu’à la frontière canadienne qui fait tant rêver.

Ce très beau récit de fuite, à la fois imaginé et documenté, permet de plonger dans un passé américain pas toujours très connu. Le chemin parcouru par Billy dans Marche à l’étoile est à la fois l’occasion de découvrir de magnifiques paysages, bien dépeints par Héléne Montardre, mais surtout de faire des rencontres. L’histoire de Billy, un parmi tant d’autres, permet de croiser de nombreuses personnalités, généreuses souvent, fourbes parfois.

Si comme moi vos connaissances de l’esclavage noir américain ne sont pas très développées, vous allez découvrir de nombreuses choses, et surtout sans avoir l’impression de lire un documentaire. Les informations sont simples, exemptes en grande partie de chiffre, plus basées sur l’humain. On découvre notamment l’Underground Railroad, un réseau de routes et passeurs clandestins, destinés à aider les esclaves noirs américains en fuite.

En plus de ce récit historique passionnant, il y a le mystère des origines de Billy. Ces quelques mots au début du récit « France, Durieux, français », et une boucle d’oreille. Billy ne tirera pas les fils, et sa quête d’identité restera en suspens, mais il écrira son histoire. Et c’est là que réside une belle surprise du roman, la deuxième partie se passe de nos jours, et permettra de faire du lien entre ces fils emmêlés, et de découvrir le lien avec la France. Jasper sera notre nouveau compagnon de route, tout aussi exalté et attachant.

Un récit double, très bien mené et qui sait distiller le suspense. On a l’impression de vivre plusieurs vies avec nos deux héros, et les liens invisibles qui se créent entre eux sont touchants. Brillant ! Hélène Montardre, dont j’ai déjà apprécié la plume dans des récits très variés comme L’agenda ou Courir avec des ailes de géant, prouve encore son talent de (ra)conteuse, tout en sensibilité.


+ D’autres romans d’Hélène Montardre à découvrir :
Amies sans frontières, Océania, L’agenda, Courir avec des ailes de géant,

+ Rentrée Littéraire 2017 – Challenge 1% 

challenge rentrée littéraire 2017

 

 

 

 

 

 

Auriez-vous avez des titres de romans sur le thème de l’esclavage, niveau collège, je suis intéressée pour constituer une petite expositions sur ce thème pour mes élèves !

Encore faut-il rester vivants

Encore faut-il rester vivantsRoman pour adolescents
Science-fiction – Post apocalyptique – Survie
à partir de 12/13 ans

Encore faut-il rester vivants

d’Anne Ferrier

Magnard, 2016
978-2-210-96276-7, 13,90€
Epub, 9,49€

L’apocalypse a eu lieu. Pour survivre, trois adolescents unissent leurs forces et avancent coûte que coûte.

 

Début in medias res un peu précipité, qui nous lance dans l’action sans qu’on comprenne vraiment ni qu’on ait vu les personnages…

Bam ! Bam Bam !
Les coups redoublent de vigueur. « S’ils parviennent à entrer, nous sommes morts ! » Le cerveau de Mouette est sûrement en train de calculer le pourcentage de chance de survie dont nous disposons. Sauf qu’il n’y a pas besoin d’être devin pour ça : elles doivent frôler le néant.

Julia, dite Princesse, Shawn, dit ‘Cro Magnon’ et Mouette étaient dans le même lycée. Quand une éruption solaire dévaste le monde, ils se retrouvent par hasard ensemble, alors que tout les oppose. Ceux qui n’ont pas brûlé semblent développer une étrange maladie : ils deviennent enragés et cherchent à manger les Vivants. Le mot n’est jamais prononcé dans le livre, mais difficile de ne pas penser aux Zombies. Des zombies éphémères, qui meurent en quelques jours.

Encore faut-il rester vivants est, comme son nom l’indique, un survival. Cadavres qui jonchent les rues, familles dessimées, attaques, pièges, violence… rien n’est épargné à nos trois adolescents. Ils se partagent d’ailleurs la narration, permettant une alternance de point de vue qui les rend encore plus attachants. Trois personnages très différents qui évoluent rapidement, apprenent, s’endurcissent.

Ce roman apporte un regard intéressant sur notre civilisation actuelle, en la réduisant quasiment à néant. Même l’espoir, auquel se rattache beaucoup Julie, fini par s’étioler…

Si l’intrigue tient bien la route, avec des personnages construits et attachant, je regrette deux éléments : Encore faut-il rester vivants est un one-shot (visiblement), et l’intrigue, qui se déroule sur presque un an, manque souvent de détails, de profondeur. L’histoire aurait gagné à être plus développée, la vitesse n’apportant pas toujours d’élément de suspense, au contraire. En effet une histoire d’amour va prendre une place relativement importante dans le récit, et réduire encore le temps de l’action…

Un roman un peu court pour être totalement dans la survie, mais qui n’épargne rien à nos héros. Une belle entrée en matière pour découvrir ce genre si l’on ne souhaite pas se lancer dans une série.
Vous aimerez sûrement aussi Brainless, U4, les Variants

+ Challenge YA 6
+ 1% Rentrée littéraire

Extrait
Bande annonce :

Craig Thompson

blankets2Craig Thompson

 BlanketsManteauDeNeigeBlankets – Collection écriture – Casterman (2004)

Ce roman graphique (autobiographique) raconte la vie d’un enfant puis son adolescence au sein d’une famille chrétienne très rigoriste (et très sévère). 600 pages en noir et blanc, 600 pages très sensibles, très douces, très belles, pleines d’émotions et de tendresse pour nous parler de ce jeune garçon timide qui a grandi sans amour, sans encouragements, sans explication et sans plaisir. Il va rencontrer l’amour, grandir, se libérer de la pression religieuse de ses parents, vivre !

Prix : Meilleure couverture du roman graphique (2003) pour le Times, deux Eisner Awards (2004), trois prix Harvey (meilleur artiste, dessinateur, et meilleur album graphique), deux prix Ignatz.

Blankets

Mon avis : Vous n’aimez pas le noir et blanc ? Vous vous y ferez. Vous trouvez ça trop gros ? Installez-vous confortablement sur votre canapé, vous ne verrez pas le temps passer. Vous craignez que ça ne vous plaise pas ? Ne me cassez pas les pieds, empruntez-le à la bibliothèque et lisez-le !!!

♥♥♥

HabibiHabibi – Collection écriture – Casterman (2011) 

Vendue à un scribe alors qu’elle vient tout juste de quitter l’enfance, puis éduquée par celui-ci, une très jeune femme voit son mari assassiné sous ses yeux par des voleurs. Elle parvient pourtant à leur échapper et trouve refuge sur une improbable épave de bateau échoué en plein désert, en compagnie d’un enfant nommé Habibi. Ensemble, dans des décors souvent nimbés de magie, ils vont grandir et vivre leur vie au sein de cet étrange endroit, en s’efforçant autant que possible de se protéger de la violence et de la dureté du monde, au rythme des contes, histoires, mythes et légendes racontés par la jeune femme…

habibi3

Mon avis : Plus difficile à lire que « Blankets », avec énormément de références religieuses, au Coran notamment, ce qui m’a plu ici, c’est cette histoire racontée sous la forme d’un conte des mille et une nuits et surtout, surtout, plus encore que l’histoire, ces magnifiques illustrations au style oriental.

Craig Thompson a écrit plusieurs autres romans graphiques, que je vais m’empresser d’emprunter. Cet homme a du talent pour dessiner et raconter des histoires, n’en doutez pas ! Si vous ne connaissez aucun des deux, je vous conseille de commencer par « Blankets », plus accessible. Ces romans graphiques sont à réserver aux grands ados/jeunes adultes/adultes car certains passages sont assez violents…

SignatureNat

Moon, tome 1 : La révolte de la colombe

Moon La révolte de la colombeMoon

Tome 1 : La révolte de la colombe

Karen Bao

Collection Macadam

Éditions Milan (2015)

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L’histoire : Moon nous raconte l’histoire de Phaet. Phaet n’a jamais senti le soleil sur sa peau, le vent dans ses cheveux, elle n’a jamais marché dans la neige ou plongé dans l’océan. Elle a grandi sur la Lune, colonisée par les humains depuis des décennies. A 15 ans, elle ignore tout de la liberté. Quand sa mère Mira est arrêtée, Phaet n’a plus le choix. Pour subvenir aux besoins de sa famille, elle s’engage dans la Milice et entre au service de la dictature.

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Mon avis : On sent bien que c’est un roman « jeunesse » et pas « young adulte » comme je l’ai vu noté sur certains blogs. Par l’illustration de couverture déjà, qui fait un peu « enfantin », mais aussi et surtout par le manque d’approfondissement de certaines choses, tel que l’entrainement par exemple qui passe un peu vite.

La première partie du roman nous fait découvrir le monde de Phaet, sa famille et ses amis. La deuxième partie, c’est son apprentissage comme milicien et dans la troisième partie, tout bascule : elle apprend pourquoi sa mère a été arrêté, pourquoi son père est mort et un tas d’autres choses encore… Dont je ne peux pas parler sans dévoiler une bonne partie de l’histoire, ce qui serait un peu dommage.

Karen Bao nous décrit un monde totalitaire plutôt terrifiant, où tout le monde vit dans une bulle sans possibilité de s’échapper puisqu’il n’y a pas d’endroit viable en dehors des bases. De nombreuses questions restent en suspens, on attend donc le deuxième tome pour avoir les réponses à nos questions !

Une lecture agréable, je lirai le tome 2 avec plaisir.

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Pour la petite histoire, Karen Bao a commencé à écrire ce roman à… 17 ans !

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Challenge Petit Bac 2016 chez Enna, 1ère ligne, catégorie ANIMAL

SignatureNat