Je ne sais pas – roman ado/jeune adulte

Je

Je ne sais pas

Marie Colot

Coll. Le chapelier fou
Alice Éditions (2016)
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Au milieu de la nuit, de sa fenêtre du 3ème étage, Clara a été témoin d’une scène hyper violente. Une des prostituées de la rue s’est fait tabasser, elle est à l’hôpital dans un état grave. Une autre prostituée a désigné la fenêtre de Clara aux policiers chargés de l’enquête. Interrogée, Clara est incapable de sortir le moindre mot.

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En une douzaine de petits chapitres (2/3 pages), Marie Colot nous fait remonter dans le temps, le temps de Clara. Son enfance, ses traumatismes (petits ou grands) à 6 ans, 7 ans, 10 ans… On découvre les différents moments de sa vie qui ont conduit à ce mutisme, à cette incapacité de communiquer.

Petit à petit, on comprend pourquoi/comment Clara en est arrivée à ne plus s’exprimer, comment elle s’auto-efface du monde… Comment, à un moment donné, les mots ne suffisent plus à expliquer les maux.

Un roman petit (70 pages) mais costaud qui m’a beaucoup plu !

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Un extrait :

« Je. Ne. Sais. Pas. Quatre mots. Juste quatre mots. Et je n’arrive même pas à les prononcer. C’est dommage. Ils arrêteraient peut-être avec leurs questions, si je les disais.

– Pourquoi tu te tais ?

– Pourquoi tu n’as rien fait ? Clara, enfin, pourquoi ?

Pourquoi ? Pourquoi ? Ils n’ont que ce mot à la bouche. Ils peuvent continuer encore et encore. Je ne leur parlerai pas. Ce n’est pas que je ne veux pas, c’est que je n’y arrive pas. J’ai déjà essayé cent fois ou presque.

Il y a du sang trois étages plus bas. Il paraît que c’est de ma faute. Enfin, en partie. Juste un peu. Assez pour m’empêcher de dormir – comme pas mal d’autres choses d’ailleurs. »

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De cette auteure, je vous ai déjà présenté « Deux secondes en moins » co-écrit avec Nancy Guilbert

Le site de Marie Colot

Dans cette collection « Le chapelier fou » je vous avais déjà parlé du très dur mais très intéressant « Un courant d’air » de Laurie Cohen

Éditions Alice jeunesse

Les enfants de Titaniah – Roman ado

TitaniahLes enfants de Titaniah

Sugeeta Fribourg
Éd. Alice Jeunesse (2010)
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La planète Titaniah ressemblait beaucoup à la terre. Il y avait des océans, des forêts, des animaux et des humanoïdes qui nous ressemblaient étrangement. La seule différence avec la Terre en fait, était un don que les enfants recevaient à la naissance. En effet, les enfants naissaient avec la faculté de comprendre le langage de tous les êtres vivants, plantes ou animaux, ainsi que la possibilité de dialoguer avec eux par télépathie.

Malheureusement, vers 7 ou 8 ans, la plupart des enfants perdaient ce don. A 12 ans, Sylvio était une exception et son don était plus présent que jamais. Un privilège qui le remplissait de joie car il adorait se promener en forêt et dialoguer avec tous les habitants, arbres ou animaux…

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Extrait : « Sylvio parvint à une clairière. Il était arrivé à son rendez-vous. Au centre s’élevait le vieux chêne, le Génie de la Forêt. Son feuillage généreux grimpait presque jusqu’au ciel. Cet arbre, qui passait pour millénaire, avait pourtant gardé bon pied bon œil. Aux dires des sources, qui le murmuraient à tout vent, le chêne était le roi de la Forêt parce qu’aucun buisson n’avait jamais eu l’audace de s’enraciner sous son ombre.

– Bonjour Francisco, dit doucement Sylvio.

Il s’assit sous les ramures du vieil arbre, le dos calé contre le tronc solide. Depuis quelques années déjà, le vieux chêne accueillait l’enfant avec la même joie. Il était devenu son ami et son guide. »

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Un roman d’aventure agréable qui parle d’écologie, de respect de la nature et des animaux avec pas mal d’humour et de rebondissements !

Le site de l’éditeur Alice Jeunesse

L’auteure est décédée en 2016.

Sur des thèmes similaires (dialoguer avec les animaux, avoir du respect pour eux) nous vous avons présenté la trilogie « Lion Boy »

 

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La louve

La LouveLa louve

Clémentine Beauvais & Antoine Déprez

Coll. Histoires comme ça

Ed. Alice Jeunesse (2014)

♥♥♥

Ce qui m’a attiré en premier, comme souvent avec les albums d’ailleurs, c’est l’illustration de couverture. Le joli visage rond et rose de cette petite fille sous sa peau de loup. Puis j’ai ouvert cet album et je me suis retrouvée face à un magnifique paysage enneigé avec, tout au fond, un petit village haut perché. J’étais attrapée !

Les personnages ont des têtes plutôt amusantes (et certains ont des nez parfois, que Cyrano ne renierait pas ! Même s’ils ne vont pas dans le même sens…). Le seul dessin que je n’ai pas trop aimé, c’est celui de la louve. Son museau est un peu étrange…

Quand à l’histoire, elle est plutôt triste au départ. Un père a attrapé un louveteau pour faire un manteau à sa fille. Mais la louve, qui est aussi la sorcière qui protège le village, jette un sort à la fille de l’homme et promet qu’elle mourra si les villageois ne lui rendent pas son fils, le louveteau.

Oui mais voilà. Le père a déjà tué le petit de la louve… Que faire ?

Un drôle de conte hivernal, plein de neige, de sorcellerie et d’amitié que j’ai beaucoup aimé !

Avec en prime de drôles d’expressions rigolotes : « un froid de loup« , « une maladie de sorcière« , j’adore ! Et il semblerait que je ne sois pas la seule, puisqu’il a déjà eu plusieurs prix : Cet album a gagné le Prix des P’tits Loups 2015 et le Prix Chapitre Nature 2015 et il a été nominé pour le Prix des Incorruptibles 2015-2016.

Le site de Clémentine Beauvais ici

Celui d’Antoine Déprez .

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Un courant d’air

UnCourantDAirUn courant d’air

Laurie Cohen

Collection « Le chapelier fou »

Éditions Alice Jeunesse (2014)

L’auteure : Elle écrit des contes depuis l’âge de six ans. Elle a suivi des études littéraires et cinématographiques et a publié une vingtaine d’albums pour la jeunesse. Laurie se passionne également pour le cinéma et la photographie. Elle aime observer le monde, rêver et parler de sujets forts qui lui tiennent à cœur. Un courant d’air sera son premier roman destiné aux jeunes adultes. Elle désire à terme partager son temps entre écriture et cinéma, persuadée que les deux univers se complètent.

L’histoire : Une jeune femme se retrouve à la rue après un drame familial et tente de se reconstruire en réglant ses comptes avec le passé.
On ne prononce jamais son nom. Anonyme comme tous ceux qui traînent sur les trottoirs et qu’on ne remarque pas, ou qu’on oublie aussitôt. Une ombre sans âge et sans visage. Un courant d’air. Une droguée ? Une alcoolique ? Une pauvre fille sans boulot ? Non. Une jeune femme, étudiante en droit il y a quelques années encore, que la vie a éprouvée et qui ne s’est pas relevée… 

Mon avis : Âmes sensibles, s’abstenir. Ici, on n’est pas chez Walt Disney, on est dans la rue. C’est sale, il fait froid, il n’y a pas grand-chose à manger et en plus, c’est dangereux. On lutte pour sa survie au quotidien. Pour trouver un endroit où dormir. Et la rue, c’est un endroit où l’on finit par disparaitre…

Un roman triste, mais réaliste qui vous fera peut-être regarder autrement (regarder tout court !) les gens qui vivent dans la rue. Une réalité pas toujours facile à appréhender (oui, tout le monde peut se retrouver à la rue un jour ou l’autre, et ça fait peur !)

Les chapitres sont courts et les phrases, percutantes, incisives, coupent comme un rasoir. Il y a comme un sentiment d’urgence dans ce roman. Des gens qui suivent malgré eux une pente qu’ils ne pourront plus remonter. Arrivé à la fin du bouquin, on se dit que ce n’est pas possible d’abandonner des gens comme ça, de les laisser crever dans la rue, comme des bêtes… Et pourtant…

Mon conjoint (53 ans) l’a lu, son commentaire a été : « qu’est-ce que c’est triste ce bouquin ! » Puis il a dit, en 2 mots : c’est glaçant et humain à la fois…

Julie, 20 ans, l’a dévoré dans l’après-midi : elle a beaucoup aimé, a trouvé ce roman facile à lire, intéressant et vraiment prenant.

Je l’ai vu indiqué à partir de 13 ans, je dirais plutôt 15/16 ans, après ça dépend des lectures et du vécu de chacun…

« Un courant d’air » a été sélectionné pour le prix Izzo 2015 des lycéens.

SignatureNat