L’étrange bibliothèque

étrangeL’étrange bibliothèque

Haruki Murakami

Belfond (2015)

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Un jeune garçon particulièrement curieux et aimant les livres (et les bibliothèques) se retrouve, suite à une requête un peu particulière (Comment s’y prenait-on dans l’Empire Ottoman pour collecter les impôts ?)  enfermé dans une cellule par un vieillard grincheux qui l’oblige à lire les ouvrages traitants de la question.

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Je vais faire hurler les fans de Murakami, mais franchement, je n’ai rien trouvé d’extraordinaire à cette petite histoire… C’est bien écrit, ça se lit sans déplaisir et très rapidement (à peine 60 pages), il y a une atmosphère très particulière, limite inquiétante, on ne sait pas s’il s’agit d’un rêve ou plutôt d’un cauchemar, mais c’est une histoire qui ne me laissera pas un souvenir impérissable… A réserver aux grands connaisseurs de Murakami peut-être ?

Par contre, j’adore la couverture (avec des parties légèrement en relief) et je trouve que les illustrations participent beaucoup à l’atmosphère inquiétante de cette nouvelle (de ce conte ?)

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Un extrait :

Je m’assis sur le lit, m’enfouis le visage dans les mains. Pourquoi devais-je subir une telle épreuve ? Alors que j’étais simplement venu à la bibliothèque emprunter des livres !  » Dites-moi, M. l’homme-mouton, fis-je. Pour quelle raison le vieil homme veut-il m’aspirer le cerveau ? – Eh bien, lorsque le cerveau est bourré de savoir, il est particulièrement délicieux. Nutritif et consistant. Bien crémeux, riche en pulpe.  » [source éditeur]

De Murakami, Sophie vous avait présenté le premier tome de la trilogie 1Q84

Rentrée littéraire 2015 – Mes lectures

Zéro. Je n’ai parlé d’aucun des romans adultes de la rentrée littéraire 2015 que j’ai lu cette année. Un record ! Alors que débute la rentrée littéraire de janvier 2016, il est temps de rattraper le retard, et d’en parler rapidement, avant d’oublier !

Afficher l'image d'origineLe plus libérateur : Otages Intimes de Jeanne Benameur

Repéré chez Noukette, j’ai lu ce livre sans conviction, et j’ai été surprise. Et je ne m’attendais pas à accrocher autant ! Otages intimes raconte, non pas la captivité, mais la libération et le retour à la vie. Je me suis laissée prendre à cette lecture, à ce destin torturé, à ces amis qui se sont éloignés. J’ai dévoré les pages, suivi Etienne et son entourage, espéré, pleuré… La plume de Jeanne Benameur a su faire vivre pour moi ces personnages, qui le temps du livre sont devenus mes meilleurs amis et ma famille. Cette mère fragile, avec ses secrets. Ce meilleur ami, ténu. Cette ex, torturée, et son compagnon. Cette soeur de coeur, si forte et fragile à la fois. Ce village d’enfance, sa tranquillité. L’abandon. La musique. Etienne est prisonnier de lui-même…

Un texte poignant, qui ma redonné goût à la littérature adulte après de nombreuses déceptions, et qui augurait une très belle rentrée littéraire !

Noukette en parle bien mieux que moi !

Le plus touchant : Camille, mon envolée de Sophie Daull Afficher l'image d'origine

Ce roman, repéré chez Stephie, est terriblement touchant.

L’histoire d’une perte, le décès de la fille de l’auteur. Quatre jours d’une fièvre étrange, personne ne semble s’inquiéter. Quatre jours et tout bascule. J’avais peur de passer mon temps à pleurer, et finalement ce beau roman m’a surtout beaucoup touché. J’ai eu les larmes aux yeux, souvent, bien sûr, mais j’ai surtout trouvé ce roman puissant. La façon dont cette mère évoque le tragique, nous fait partager l’horreur, l’errance… Journal intime qui tisse des liens avec le lecteur, Camille, mon envolée est un très beau texte, un cri déchirant, une réalité impossible à admettre.

Sophie Daull partage sa peine sans s’enfermer dans le pathos, elle écrit pour libérer, et c’est un magnifique hommage à sa fille.

« Je voulais écrire vite, jusqu’à ta mort, ton dernier souffle ;
puis, allez, faisons durer jusqu’à ton enterrement,
et puis voilà, ça ne s’arrête pas,
ça ne s’arrêtera jamais – toi disparue n’a pas de fin. »

Le plus vivant, et brut : La petite barbare d’Astrid Manfredi

Un style brut, abrupte même. Difficile d’accès dans les premières pages. Et puis, peu à peu, on s’attache à cette petite barbare. Cette jeune fille, derrière les barreaux, qui écrit comme un espoir de vie meilleure. Avec elle on va découvrir sa banlieue, sa violence. Les rêves vivent oubliés et l’argent facile, comme pour croire encore en quelque chose.

Un roman qui secoue, à travers les mots durs, les situations plus dures encore, et l’espoir qui fait trop souvent défaut. Un texte que j’ai délaissé d’abord… et que j’ai repris pour ne plus lâcher !

Des gens qu’on parque sans une thune dans des endroits sans un arbre, il ne peut pas leur pousser des ailes.

Céline a aimé aussi !

La déception de la rentrée : Le crime du comte Neville d’A. Nothomb

Alors que j’avais trouvé de belles choses dans les derniers romans d’Amélie Nothomb contre beaucoup d’avis, j’ai cette fois ci eu une belle déception. Belle tout de même, car j’ai aimé le personnage de Sérieuse. L’histoire est totalement farfelue, burlesque. Le comte Neville apprend par une diseuse de bonne aventure que lors de la grande fête qu’il a prévu, il va tuer un de ses invités ! Il en perd le sommeil, et l’esprit !

Inspirée d’une nouvelle d’Oscar Wilde que je n’ai pas lu, ce récit, très court, m’a pourtant régulièrement ennuyé. Ce comte est un personnage volontaire ridicule, mais l’humour noir de l’auteur n’a pas fonctionné sur moi. Seule Sérieuse, sa fille cadette persuadée qu’elle ne peut rien ressentir et qui veut mourir m’a interpellée.

Un récit court dont la fin a su susciter un peu d’intérêt… trop tard, c’était terminé !

« Tais-toi. Si tu continues de parler, je vais te haïr. Et si je te hais, je n’aurai pas le courage de te tuer. »

Afficher l'image d'origineLe plus bouleversant et révoltant : La maladroite d’Alexandre Seurat

Le roman s’ouvre sur le témoignage d’un professeur, qui reconnait dans un article de journal, une ancienne élève. Une élève qu’elle soupçonnait d’être maltraitée. Une élève qu’elle n’a pas pu sauver. C’est ainsi que se déroule le récit, à partir des témoignages de ceux qui ont côtoyé cette fillette de 8 ans. De ceux qui ont cru, pensé, alerté, mais qui n’ont rien pu faire. Chaque page est poignante car elle nous montre la souffrance de cette enfant, sans jamais lui donner la parole. Ces témoignages extérieurs sont terribles, bouleversant, et montre comme la lenteur du système peut être préjudiciable.

Un récit fort, qui nous vrille le coeur. L’auteur sait mettre une distance impressionnante, ne pas donner son avis, juger… Un premier roman vraiment réussi !

Le plus historique : La terre qui penche de Carole Martinez 

Vivre le Moyen-Age avec Blanche, c’est découvrir un univers à la fois réel et fantastique. D’autant plus que Blanche est morte à 12 ans, et que ce récit alterne entre sa voix d’enfant et celle de son âme, qui a vieillie. L’auteur manie avec brio la plume pour nous rendre compte de cette époque, et notamment de la condition des femmes, tout en y incorporant suffisant de magie pour qu’on soit envoûter ! Les chansons médiévales sont aussi de belles parenthèses.

Un très beau conte médiéval, qui invite à lire Du domaine des Murmures !

« Et peigne, peigne la toison,
Et tourne, tourne le fuseau
Et mouille, mouille la laine du bout des doigts,
Et le fil se fait sans y penser »

J’en ai commencé quelques autres, et j’en ai encore dans ma PAL… Je vous parlerai sans doute un jour… La variante chilienne, Les échoués, La source, Boussole, La logique de l’amanite, Un roman anglais, Deux messieurs sur la plage, les eaux troubles du Mojito…

Merci à la Librairie Dialogue et au Match de la rentrée littéraire 2015 Priceminister

Toute la rentrée littéraire chroniquée par les blogueurs, c’est sur le blog du challenge de la rentrée littéraire 2015 !

 

 

 

Romans légers pour l’été

Sélection de romans légers, pour l’été (ou pas…)

Je viens de voir dans LivresHebdo que l’Académie Goncourt propose ses conseils de lecture pour l’été : voir ici.

Et, avec la très grande modestie qui me caractérise (si c’est vrai !!) je me suis dit : « Pourquoi je ne proposerais pas ma sélection de romans frais, légers et drôles pour l’été ? » Hein, pourquoi ?

Pour en finir avec la liste concurrente (celle de l’Académie Goncourt, faudrait suivre un peu quand même…) je n’en ai lu aucun (bon, ils sont tous sortis en 2015, c’est quand même assez récent !) mais il y en a un que j’ai très envie de lire, c’est celui de Tatiana de Rosnay « Manderley for ever ».

Bon, j’arrête le blabla, voici donc les livres frais, légers et/ou drôles que j’ai lu cette année :

Les aventures de Cluny Brown de Margery Sharp (Belfond – coll. Vintage)

Avril enchanté d’Elizabeth Von Arnim (éditions 10/18)

Et je danse aussi d’Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat (Fleuve Noir)

Ne dites pas à ma mère que je suis voyante, elle me croit libraire à Vancouver d’Eileen Cook (J’ai Lu)

Patience de John Coates (Belfond – coll. Vintage)

Le bois du rossignol de Stella Gibbons (Points)

 ClunyBrownAvrilEnchantéEtJeDanseAussi  NeDitesPasAMaMere - copie 9782714456489 BoisRossignol

Et d’autres, il y a un peu plus longtemps :

– La reine des lectrices d’Alan Bennett (Denoël)

– Prisonniers du paradis d’Arto Paasilinna (Gallimard)

– Les filles d’Hallows Farm d’Angela Huth (Gallimard)

 

ReineDesLectrices prisonniers du paradis FillesHallowsFarm

Et pour ceux qui aiment l’humour franchement décalé, il y a :LeGangDesMégèresInapprivoisées

– Le gang des mégères inapprivoisées : Ou comment kidnapper un mari quand on a rien pour plaire de Tom Sharpe (Belfond)

Voilà, j’espère que vous trouverez votre bonheur dans cette petite sélection d’été… SignatureNat

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Snow Queen

Roman adulte

Snow Queen

Michael CUNNINGHAM

Traduit par Anne DAMOUR

Belfond 2015

Un soir de novembre, alors qu’en pleine déprime amoureuse il traverse Central Park, Barrett est témoin d’une lumière mystérieuse, un moment fugace de beauté pure, un instant suspendu, comme si quelqu’un, quelque part, le regardait avec bienveillance.

Une lumière qui lui évoque son frère, Tyler, cocaïnomane, musicien talentueux qui n’a jamais percé ; Beth, la fiancée de Tyler, qui se meurt d’un cancer ; Liz, leur amie commune, leur presque mère.

Une lumière qui illumine aussi ses propres failles, ses ambitions ratées, ses amours déçues.

Une lumière comme une manifestation du sublime. Comme l’amour qui, malgré tout, unit ces êtres blessés. Ou le rappel que, si le temps passe et les rêves aussi, reste la tendresse…

Un roman magistral, à la fois moderne et intemporel qui, dans le New York du 21eme siècle, invite à réfléchir sur la place qu’ on accorde à ceux qu’on aime.

A la faveur d’une lumière, le personnage principal va se plonger dans se souvenirs, penser à ceux qu’il aime. Famille, amis, une réflexion profonde et belle à lire, qui se dévore tant on apprécie les personnages que l’on voit évoluer sous nos yeux.

L’auteur exploite avec brio des thèmes forts, tels que la peur de vieillir, la maladie, la détresse émotionnelle, la famille…

Un texte poétique et littéraire, qui propose une intertextualité intéressante. 
Snow Queen, la reine des neiges/glaces, comme le conte de JC Andersen… Et ce n’est pas un hasard, car dans les deux on retrouve ce miroir déformé installé dans le regard des autres et qui déforme la vision du monde…

 

Je vous invite à tenter de gagner ce livre aujourd’hui sur Facebook!