Cinq branches de coton noir – BD

cinqDeux époques pour un même espoir…

BD ado / adulte (15+)

Cinq branches de coton noir

Yves Sente et Steve Cuzor (ill.)

Couleurs : Meephe Versaevel

Collection Aire Libre
Dupuis (2018)
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En 1776, à Philadelphie, des indépendantistes demandent à Mme Betsy de coudre le premier drapeau des futurs États-Unis d’Amérique. Drapeau qui va être quelque peu transformé par  sa domestique (noire), Angela Brown…

On entend de nouveau parler de ce drapeau 168 ans plus tard, à Douvres, en 1944. La sœur du soldat Lincoln, Johanna,  lui écrit qu’elle a découvert un témoignage époustouflant dans les affaires de leur tante. Cette lettre va changer la vie du soldat Lincoln et des ses amis.

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S’il fallait une preuve de plus qu’on apprend des tas de choses en lisant, y compris des bandes dessinées, cette bd en est la preuve. J’ai étudié la seconde guerre mondiale à l’école, j’ai lu des bouquins, vu des films (terribles…) mais je n’avais jamais entendu parler des « Monuments men » !

Monuments men : Groupe créé en juin 1943 par le général Eisenhower, et chargé de suivre les Alliés afin de récupérer les très nombreuses œuvres d’art dérobées par les nazis. Merci Wiki. (Ok, il faut que je sorte un peu plus, je viens de voir qu’en 2014 George Clooney a fait un film sur eux…)

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J’ai été un peu dégoûté de voir, que malgré le fait qu’ils étaient eux aussi enrôlés et qu’eux aussi risquaient leur vie, les soldats noirs étaient traités avec mépris par les autres soldats, mais j’ai tendance à oublier que la ségrégation raciale aux États-Unis a duré jusqu’à la fin des années 60… (Comment ? J’entends une petite voix qui me dit que ce n’est pas vraiment fini en 2018 ? C’est possible ça ?)

La mise en couleurs

Elle est très spéciale et ne correspond, à priori à rien de particulier (je pensais au départ que le vert était pour Lincoln en 1944 par exemple, mais la suite montre que non !) Bref. De toute façon, j’ai rapidement été prise par l’histoire, et du coup, cette colorisation originale (aplats monochromes) ne m’a pas gênée. Je dirais même plus, elle participe, selon les moments, à donner une ambiance particulière (le gris quand ils sont dans la neige à guetter les allemands…)

J’ai aimé ce scénario à cheval sur deux époques, le très beau dessin de Steve Cuzor et même cette colorisation si particulière. La guerre, ce n’est pas spécialement mon truc pourtant, je serais même plutôt antimilitariste… Mais ici, on parle avant tout des gens, de leur vie et de leurs espoirs.

Une belle bd qui parle de l’Histoire (guerre d’indépendance et seconde guerre mondiale), mais aussi et surtout de culture et de ségrégation.

France Inter a dit : « Une bd à lire comme on regarde un film« . Et c’est tout à fait ça !

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Feuilleter les 20 premières pages sur le site de l’éditeur

Cet album a déjà reçu plusieurs prix : Le « prix Coup de cœur 2018″ (Quai des Bulles) / le « Prix de la BD Embarquée » (Rencontres brestoises de la bande dessinée) / Prix du meilleur album (Festival de BD Louvain-les-bulles)

Écouter Steve Cuzor raconter « comment » il a dessiné cet album :

D’autres que moi ont aimé : Jacques, Mes échappées livresques

Cette semaine nous sommes chez Moka, Au milieu des livres

Les gens honnêtes – Tranche de vie – BD

 

honnêtes Les gens honnêtes

 Gibrat & Durieux

Coll. Aire libre

Dupuis

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Première partie (2008) / Deuxième partie (2010)

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Le tome 1 débute avec l’anniversaire de Philippe. Il a 53 ans, sa famille est avec lui pour fêter l’évènement et ils se sont cotisés pour lui offrir un beau vélo. En un coup de fil, l’ambiance tombe : Philippe vient d’apprendre qu’il est viré. Et ce n’est que le début d’une longue descente aux enfers… La situation de Philippe se détériore tellement qu’il fini par baisser les bras et se laisse totalement aller.

Tome 2 : Après la chute, le fond du trou, c’est bien connu on ne peut que remonter. L’espoir revient pour Philippe et il fait de nouvelles rencontres qui vont changer sa vie.

honnêtes

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Sans que ce soit un coup de cœur, j’ai passé un agréable moment avec cette bd. J’avoue qu’ayant vu le nom de Gibrat, j’ai pensé qu’il avait réalisé les illustrations (si j’avais mieux regardé les couvertures…) Bref, je ne connaissais pas Durieux, mais j’aime beaucoup ce que fait Gibrat et c’est essentiellement pour ça que j’avais emprunté cette bd. De là provient peut-être ma légère déception.

Une tranche de vie agréable à suivre, Philippe est un personnage sympathique mais avec un penchant un peu trop prononcé pour la bouteille à mon goût. Qu’importe. La vie de lui a pas fait de cadeaux, il s’en sort comme il peut. Dans le tome 2, d’autres personnages, plus atypiques (le libraire ou la barmaid…) vont apporter un peu d’originalité, de piquant à l’histoire.

Je n’ai pas adoré le dessin (mais pas détesté non plus, hein, faut pas exagérer !) mais l’histoire m’a suffisamment plu pour que je lise la suite ! Ah, je ne vous ai pas dit ? Il y a encore 2 tomes après ces deux là !

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De Gibrat, nous vous avons présenté : Le sursis

D’autres avis : Mo’, Moka, Stephie, Le petit carré jaune, Lasardine

 

est en congé pour la période estivale !

Mais je continuerai à vous présenter mes lectures de BD tous les mercredis.

La vieille dame qui n’avait jamais joué au tennis – BD

vieille

La vieille dame qui n’avait jamais joué au tennis
& autres nouvelles qui font du bien

Zidrou (scénario)
Illustrateurs : Colombo – Cordoba – Gili – Homs – Hureau – Lafebre – Sempere – Siri – Van Beughen

Dupuis (2009)
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15 nouvelles composent ce recueil. Des nouvelles en BD, ça n’est pas si courant. Zidrou a écrit les textes, qu’il a proposé, au fil des rencontres, à différents illustrateurs.

J’ai beaucoup aimé la 1ère nouvelle « Coltrane » où l’on rencontre un grand-père qui accueille à bras ouverts son petit fils qui sort de prison. Dans « les brûlures » j’ai bien aimé le dessin de Simon Hureau et l’humour aussi. « Les poulets rôtis » m’a plu pour son côté « gentil » et résolument optimiste ! « Noël blanc » est une histoire surprenante de compréhension, d’humanité et d’empathie, la magie de Noël ?

La plus longue de ces nouvelles, « la vieille dame qui n’avait jamais joué au tennis… » celle qui donne son nom à ce recueil, est plutôt triste.. « Visite au cimetière » par contre, comme son nom ne l’indique pas, est franchement drôle !!

Impossible de résumer toutes ces histoires, cela perdrait tout son charme. Ce sont de petits instantanés de vie, plus ou moins tristes/amusants, plus ou moins coquins selon les histoires.

Et avec la dernière nouvelle, la boucle est bouclée, on retrouve les personnages de la première histoire…

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Sans que ce soit un coup de cœur, j’ai passé un bon moment avec ce recueil. Un moment trop bref peut-être, quand les personnages nous plaisent on aimerait rester plus longtemps avec eux !

Une bd feel-good ont dit certains, moi je dirais, pas tant que ça ! On a effectivement souvent le sourire aux lèvres, mais pas tout le temps…

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Un autre avis, celui d’Iluze

De Zidrou nous vous avons déjà présenté plusieurs bd (récap)

Cette semaine, nous sommes dans la bibliothèque de Noukette

 

 

Et cette bd participe aussi au Challenge « Un max de BD en 2018 » de Kobaitchi

Pour la ligne 20) Loué/emprunté à la bibliothèque

Toute la poussière du chemin

PoussièreToute la poussière du chemin ♥

Wander Antunes & Jaime Martin
Coll. Aire Libre
Dupuis (2010)
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Amérique, après la crise de 1929. Tom erre sur les routes, on sait qu’il a perdu ses terres et qu’il est seul. Pas pour longtemps car un jeune gamin s’accroche à ses basques, le suivant jusque dans le train. Un gamin qu’il laissera, avant, peut-être, de trop s’attacher à lui. Par hasard, il rencontrera le père du gamin, qui va le payer pour rechercher son fils à travers le pays.

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Beaucoup de sujets sont abordés dans cette bd. La crise de 29, à travers tous ces malheureux jetés sur les routes, prêts à tout pour avoir de quoi manger. La ségrégation raciale, avec les noirs traités comme des chiens, battus ou pendus pour rien, avec même, parfois, la complicité des gens chargés de faire régner l’ordre et la justice… Violence, misère, bêtise… Heureusement que Tom est humain, lui !

Une histoire sombre, très très sombre. Nous sommes bien loin du « rêve américain »…

Les dessins, aux couleurs froides, moroses, comme « passées » complètent parfaitement le scénario. L’ambiance est triste, grise, poussiéreuse, l’homme est solitaire…

Une lecture qui m’a fait l’effet d’un coup de poing à l’estomac, et qui, je pense, ne laissera personne indifférent. Un coup de cœur pour moi !

Une bd qui rend hommage à Jack London et dont le thème, l’ambiance du début m’ont rappelé Steinbeck et ses raisins de la colère.

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D’autres que moi l’ont aimé (ou pas !) : Mo’ (n’a pas aimé), Noukette (a aimé)

Biographie de Jaime Martin sur le site de l’éditeur Dupuis

Celle de Wander Antunes

Jaime Martín est un illustrateur et auteur de bande dessinée espagnol d’origine catalane. La plupart de ses albums ont une composante autobiographique et une portée sociale marquées. Wikipédia

Nuage

Cette semaine nous sommes reçus par Moka

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