Place du marché – Le muscadier

Le Muscadier est un éditeur indépendant. Né en 2011, il publie des ouvrages s’adressant à tous publics, son objectif étant de donner des clés pour comprendre le monde qui nous entoure.

Place du marché, c’est une collection  de nouvelles et de romans, qui s’adresse plus particulièrement aux ados (collège et lycée) afin de les aider à développer leur sens critique.

Bêtes de penséeBêtes de pensée

Christophe Léon

Le Muscadier (2015)

L’auteur : Ancien étudiant des Beaux-Arts, ancien joueur professionnel de tennis, il a publié à ce jour plus de 30 romans en littérature jeunesse – notamment à L’école des loisirs, chez Thierry Magnier ou au Seuil –, et une dizaine en littérature vieillesse (dite générale).

L’histoire : Un père et son fils luttant contre les mauvaises herbes et les blattes. Une classe visitant une ferme pédagogique à la pointe du modernisme. Un jeune cadre dynamique découvrant les rites initiatiques de la haute finance… Jusque-là, tout est normal. Mais attention : ici, rien ne se passe comme prévu. Les héros, qu’ils aient deux, quatre ou six pattes, n’agissent pas exactement comme l’on pourrait s’y attendre. Trois fables contemporaines savamment épicées, où l’on retrouve l’esprit malicieux de Pense bêtes, publié précédemment aux éditions du Muscadier.

 Mon avis : La première nouvelle intitulée « Blattaria » est plutôt triste et j’ai, du coup, été assez désagréablement surprise par la maxime qui clôt la fable sur un ton humoristique. J’aime l’humour, mais je l’ai trouvé ici « déplacé ». J’avais bien aimé cette nouvelle, mais cette maxime finale m’a déplu. (Mais je n’ai peut-être pas tout compris !)

Les végétariens apprécieront grandement la deuxième nouvelle, intitulée « de père en fils ». Je n’en dis pas plus, si ce n’est que cette fois, j’ai trouvé la maxime finale tout à fait appropriée. Et je crois que je ne mangerai pas de viande aujourd’hui !

La troisième nouvelle est tout bonnement abominable, mais effectivement, le message passe et ça fait réfléchir !! (bizutage / doit-on faire ou non « comme tout le monde »…)

Il est difficile d’en dire plus sans dévoiler les intrigues, ce qui serait dommage, mais vous n’oublierez pas de sitôt ces trois histoires ! J’en ai pris « plein la tête » !!

Une collection très intéressante à avoir en CDI pour instaurer des débats avec les élèves (« petit » format -70 pages en tout- qui ne rebutera pas les « petits » lecteurs et « petit » prix -6,90 euros- qui ne rebutera pas l’acheteur, le tout pour une grande claque, ça vaut le coup, non ?).

A avoir aussi en bibliothèque, pour faire par exemple une lecture à voix haute suivi d’un débat avec des ados… Et puis tant qu’à faire, à avoir dans la vôtre, de bibliothèque !

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BadalonaBadalona

Patrick Joquel

 Le Muscadier (2015)

L’auteur : Patrick Joquel est né à Cannes. Il a enseigné en Angleterre et au Sénégal, puis est revenu dans son département d’origine. Il est Instituteur, auteur de romans, d’albums, poète…

L’histoire : Un grand nuage a enveloppé la Terre. Un drôle d’hiver a nettoyé la planète de la plupart de ses habitants. Seules quelques espèces ont survécu. Parmi celles-ci, les animaux marins coulent des jours paisibles.

Mais un jour, Badalona, la baleine phosphorescente, aperçoit un feu sur le rivage. Les humains sont de retour. Les deux anciens ennemis vont-ils reprendre le combat ? ou vont-ils tenter de vivre en harmonie et s’apprivoiser ?

Mon avis : L’homme a détruit son environnement et a disparu. C’est du moins ce que croyait les baleines qui, elles, ont survécu. Celle qui nous raconte cette histoire ne connait pas l’homme. Il a disparu bien avant qu’elle ne naisse. Mais la mémoire collective des baleines dit que l’homme est dangereux, qu’il a failli éliminer les baleines des océans avec ses harpons et qu’il faut s’en méfier…

Cet homme que l’on rencontre ensuite est revenu à l’époque des cavernes, des huttes et du feu (que tout le monde ne sait pas faire). Il est déjà méfiant envers celui qui n’a pas la même couleur de peau ou de cheveux et prompt à éliminer celui qui se met en travers de son chemin. Bref, peut-il vraiment changer ?

Sur un fond post-apocalyptique, et sous la forme d’une belle légende « cétacéenne », une très jolie histoire de rencontre entre un homme et une baleine. L’homme est-il capable d’apprendre de ses erreurs ? Peut-il partager sans attendre quelque chose en retour ? Peut-il, en un mot, être « bon » pour son environnement et les êtres vivants qui l’entourent ? Doit-on systématiquement avoir peur de l’inconnu ? Un seul homme peut-il changer les choses ?

Ce très court roman (77 pages) permet de se poser plein de questions, et, pourquoi pas, d’essayer d’y répondre !

 

SignatureNat

40 jours d’automne – Philippe Milbergue

Roman pour jeunes adolescents

40 jours d’automne

de  Philippe Milbergue

Le Muscadier, 2013
Place du marché, 90 pages
979-10-90685-21-5, 7,90€

Thèmes : Roms, intégration, cuisine, apprentissage du français

 

Vous allez finir par croire, entre la température ambiante et mes titres de ces jours-ci (voir hier déjà, Automne) que nous sommes en plein Automne. Pourtant, nous sommes bien en hiver, comme nos amis canadiens pourront vous le confirmer, malheureusement. Un nouveau titre automnal, mais dont le thème est bien loin une fois encore !

Le Muscadier, petite maison d’édition que je découvre à cette occasion, propose une collection « Place du marché » qui offre des textes citoyens à destination des jeunes adolescents.

Dans 40 jours d’automne, Philippe Milbergue nous invite à suivre Stelian et sa fille Lulia. Arrivés depuis peu, ces roumains tentent de s’intégrer en France. Lulia va à l’école et apprend rapidement le français, mais pour Stelian, son père, qui ne travaille pas, c’est bien plus compliqué de progresser. Pourtant c’est un homme diplômé dans son pays, qui souhaite s’intégrer en France.

On découvre leur histoire, peu à peu, l’intégration de Stelian, pas à pas et surtout une maîtresse absolument géniale qui propose des ateliers cuisine avec les parents. Stelian, bien que ne parlant pas français, va pouvoir s’investir et faire découvrir la cuisine de son pays.

Le thème de ce roman est particulièrement intéressant et son traitement réaliste, bien qu’assez léger, en 90 pages. Laisser de côté la couverture pour découvrir une histoire touchante, voilà qui est possible pour un adulte, mais pour un jeune ? Ce roman aura besoin de  soutien, du conseil de l’adulte pour avoir sa chance.

Ce roman très positif, peut être trop parfois tant il fait l’impasse sur de nombreuses difficultés, permet de découvrir des personnages hors du commun, et les thèmes d’actualité sont plus nombreux qu’on le croit dans ce texte…

Un positivisme volontaire et intelligent qui permet de découvrir l’intégration sous un jour très différent de ce que nous montrent les médias, cela fait du bien aussi de lire une telle histoire.

petit++ je donne cette année des cours de FLE (Français Langue Etrangère) à des primo-arrivants, mais ces élèves ne sont pas contents d’être là et l’apprentissage est lent et délicat… Et j’assiste à l’inverse puisque c’est ici le parent qui parle parfaitement le français!

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