Le secret de Miss Greene

GreeneLe secret de Miss Greene

Nicolas Antona & Nina Jacqmin

Le Lombard (2025)

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Éditeur : Jusqu’en 1967, aux États-Unis, toute personne ayant une ascendance africaine, même lointaine, était considérée comme noire, avec toutes les conséquences que cela pouvait avoir. C’est pourquoi, à l’orée du 20e siècle, Belle Greener devint Belle Greene da Costa et, cachant ses racines africaines, gravit les échelons de la haute société new-yorkaise. Mais peut-on conserver un tel secret une vie durant, même si cette dernière vous donne l’occasion de fleurir dans la lumière des blancs les plus puissants d’Amérique… ?

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L’histoire est étonnante, je ne connaissais pas du tout cette règle de “l’unique goutte de sang“. (Règle abolie en 1967 seulement !!)

Une personne dont un ancêtre, même très lointain, était noir, devait se déclarer comme homme ou femme de couleur… La “bonne” société américaine ayant très peur de la “noirceur” invisible des métis aux cheveux lisses et au teint clair. Évidemment, pour ces métis qui se déclaraient “colorés” la vie était différente de celle qu’ils auraient eu en étant “blancs”. Ce qui amenait certaines personnes à faire un acte dangereux : le “passing”. Se déclarer blanc. Le risque ? Être dénoncé avec lynchage public, prison et même la mort ! Et bien sûr, pas question d’avoir d’enfants, le risque que les “gènes noirs” ressortent étant bien trop grand…

Années 1900 : Belle, sa mère et ses frères et sœurs font un pacte. Étant “clairs” de peau, ils vont tenter de se faire passer pour blancs. Ce qui implique de grands sacrifices : Refaire sa vie ailleurs, là où on ne connait personne, quitter ses amis, ne pas avoir d’enfants… Mais la ségrégation est trop pesante. Ils veulent vivre une vie “normale” !

Dotée d’un nouveau nom, Belle Da Costa Greene, amoureuse des livres, commence par travailler à l’accueil d’une bibliothèque. Puis elle va travailler à l’université de Princeton. Avant qu’on lui propose un poste encore plus prestigieux : Diriger la bibliothèque Morgan à New York !

Le Secret de Miss Greene : un portrait faisant écho aux luttes actuelles

A la fin de la bande dessinée, un dossier historique de 4 pages permet de comprendre comment on a su que Belle Greene avait caché ses origines “noires”… Très intéressant !

Un bel album qui m’a permis de découvrir une femme intéressante et passionnée, ainsi qu’une règle que je ne connaissais pas. J’ai beaucoup aimé les dessins ronds et doux, les personnages expressifs, la mise en page ainsi que les couleurs variées.

Une lecture très plaisante !
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Feuilleter les premières pages (site éditeur)

De ces deux auteurs, nous vous avions présenté le très beau : “La tristesse de l’éléphant” ♥

Cette semaine nous sommes chez Moka, Au milieu des livres

Et cette BD participe également au Challenge d’Enna, l’African-Americain History Month

Revoir COMANCHE ♥

ComancheQuand le Far-West devient souvenir…

Revoir COMANCHE ♥

Romain Renard

D’après l’œuvre de Greg et Hermann

Le Lombard (2024)

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Éditeur : Quelque part au fin fond de la Californie, au début du XXe siècle, Cole Hupp vit à l’écart du monde, en attendant la fin. Mais en fait de Faucheuse, c’est Vivienne, une bibliothécaire curieuse de connaître la réalité du Far-West qui frappe à sa porte. Elle connaît son véritable nom : Red Dust, une légende inscrite dans la poussière et le sang du Wyoming. Vivienne est porteuse de nouvelles inquiétantes. Le ranch Triple 6, haut lieu des faits d’armes de Red, ne répond plus. Le vieux cow-boy n’a d’autre choix que de reprendre la route vers son passé. Un voyage à rebours parsemé de fantômes et de regrets au bout duquel il espère revoir celle qu’il n’a jamais pu oublier, Comanche.

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L’histoire n’est pas vraiment une suite de la série “Comanche” d’Hermann et Greg. Elle se passe bien après et évoque une époque révolue. On retrouve bien ici des hommes qu’on a connu dans la série, tels que Red Dust ou Chef  Tâche de Lune. Mais ils ont vieilli, ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. Ils vivent avec leurs souvenirs et leurs regrets aussi.

Chaque chapitre s’ouvre sur une chanson (Léonard Cohen – Joan Baez – Jim Morrison… Bref, que du bon !!) ce qui donne envie de les (ré)écouter bien évidemment. Un vinyle fait spécialement pour l’album était offert à quelques heureux veinards dont j’ai fait partie (sauf que je n’ai pas de lecteur !). Mais pas d’inquiétude, vous pouvez l’écouter sur Youtube.

Les illustrations sont de toute beauté, en nuances de gris (j’aurai bien dit “sépia gris” je ne sais pas si ça existe !). On dirait un mélange de vieilles photos, de bd et de dessin animé… C’est vraiment magnifique.

Même si vous n’aimez pas les westerns (et ce n’en est pas vraiment un d’ailleurs), donnez sa chance à cette bande dessinée !

C’est nostalgique, plein de regrets mais que c’est BEAU !!!!
♥♥♥♥♥

Du même auteur, je vous ai déjà présenté “Un hiver de glace” également magnifique !

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Cet album a reçu plusieurs prix :

Prix coup de coeur Quai des Bulles

Prix Rossel de la BD

et il est sélectionné pour Angoulême

Cette semaine, pour la dernière fois de l’année 2024,

nous sommes chez Moka, Au milieu des livres

Rebis

Rebis

A partir de 12 ans

Rebis

Irène Marchesini & Carlotta Dicataldo

Traduit par Claudia Migliaccio

Le Lombard (2024)

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Rebis : A la naissance de Martino, son père, voyant qu’il était différent, ne voulut pas le garder. Mais sa mère insista pour conserver son enfant, qui était en bonne santé. En grandissant, il devint évident que Martino était “spécial”. Il avait la peau très claire et les cheveux blancs. Et à cette époque Moyenâgeuse, être différent revenait à être coupable…

Au fil du temps, les voisins sont de plus en plus nombreux à se plaindre : le renard a attaqué 3 fois le poulailler chez l’un, la vache ne donne plus de lait chez l’autre… Et tout cela, bien sûr, est la faute de Martino qui aurait attiré “le mauvais œil” sur le village. Le père, las d’entendre les récriminations de ses voisins, veut l’envoyer au loin. Mais Martino s’enfuit et fait une rencontre qui va changer sa vie.

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C’est une belle histoire sur la différence. Et sur comment les gens acceptent ou rejettent ce qu’ils ne connaissent pas, ne comprennent pas ou n’apprécient pas. Le gros “défaut” de Martino (selon les villageois) c’est qu’il est albinos. Cette histoire se passe au Moyen-Age, mais elle pourrait tout aussi bien se passer de nos jours… La bêtise humaine n’a pas de limites, c’est bien connu. Et puis il est toujours si facile d’accuser “l’autre”, celui qui est différent, celui qui n’a pas la même couleur de peau !

J’ai également apprécié les illustrations (malgré le côté un peu “manga” des visages, très à la mode de nos jours) et j’ai beaucoup aimé les couleurs variées et lumineuses ainsi que la mise en page changeante. Je vous laisse découvrir pourquoi le titre est Rebis…

A priori c’est la première fois que je lis une bd qui parle d’un albinos. En cherchant un peu, j’ai vu qu’il y en avait d’autres. Une mère qui parle de son post-partum et de son enfant albinos dans “Comme une comète” et pour les plus jeunes, une histoire de chats albinos : Léonid, les aventures d’un chat.

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Que veut dire le mot “Rebis” ?

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La BD de la semaine, c’est chez Fanny

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Quinzaine italienne chez Tours et Culture (Sur FB)

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+ au Challenge Halloween chez Lou et Hilde

https://lelivroblog.fr/wp-content/uploads/2023/09/logo-halloween-23a.jpg?w=1080

Si les hommes avaient leurs règles

RÈGLESA partir de 15 ans

Si les hommes avaient leurs règles

Camille Besse & Éric La Blanche

Le Lombard (2022)

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Imaginez un monde où, non contents d’édicter les règles, les hommes les auraient ! Un monde où Dieu aurait décidé de partager la douleur pour laver le péché universel : aux femmes celles de l’enfantement, et aux hommes les menstrues. Alors, la face du monde en aurait-elle été changée ? Les rapports homme-femme inversés ?

Hem… Comment vous dire… ? Les hommes seront toujours les hommes. Saigner serait vraisemblablement un motif de fierté, voire un marqueur de virilité… Après tout, célébrer les effusions de sang, ça les connaît !

Les deux auteurs racontent que leur projet de départ a été motivé par un article de la féministe Gloria Steinem. Paru en 1978 dans le magazine Cosmopolitan, il s’intitulait : “À quoi ressemblerait le monde si les hommes avaient leurs règles ?”

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Ah les règles ! Le super tabou… Au point que personne n’appelle ça par son nom réel, mais par des expressions plus étranges les unes que les autres : avoir ses ragnagna, ses ourses, ses lunes.  Ou encore “Les anglais vont débarquer” (celle-ci date des guerres Napoléoniennes !)

Bref. J’ai trouvé l’idée originale et amusante, et c’est bien imaginé. Et certainement proche de ce que serait cette “réalité alternative”, à savoir que les règles ne seraient plus un tabou mais un objet de fierté.

Dans les points négatifs, j’avoue que j’ai trouvé ça un peu long et répétitif au final… Mais comme ce sont des histoires qui font 2 ou 3 pages max, rien ne vous empêche de les lire petit à petit ! Et puis, pour une bd qui s’adresse à des ados de 15 ans, j’ai trouvé les références un peu “vieillottes” (Ste Thérèse d’Avila, U2, Karl Lagerfeld ?)

Par contre les pages documentaires à la fin qui expliquent justement ces références sont intéressantes et instructives. Les illustrations complètent bien le texte, elles sont rigolotes et colorées et les personnages sont expressifs.

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Éric La Blanche est journaliste scientifique, scénariste et auteur spécialisé dans les questions de genre et d’écologie.

Camille Besse est autrice de bandes dessinées et dessinatrice de presse.

La BD de la semaine est chez Blandine