L’Auberge de Nulle Part – Innocenti

AubergeL’Auberge de Nulle Part

J. Patrick Lewis & Roberto Innocenti

Gallimard (2002)

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Par un morne après-midi, un artiste s’aperçut qu’il avait perdu son imagination. Mais était-elle juste égarée ou réellement perdue ? Lui, l’artiste, le peintre, qu’allait-il devenir sans elle ? Il décida donc de partir à sa recherche… Il rangea, puis ferma, sa petite maison et monta dans sa 4L rouge, qui, étonnement, semblait savoir où elle allait… Après plusieurs heures de trajet, la 4L finit par s’arrêter devant une extraordinaire auberge battue par les flots.

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Et me voilà béate d’admiration (et d’envie !) devant cette magnifique double-page montrant une vieille maison de pierre posée sur le sable, devant une mer déchaînée qui n’est pas sans rappeler « la vague » d’Hokusai. Un ciel nuageux dans le soleil couchant, quelques mouettes et macareux complétant le tableau. Et notre peintre, indécis, qui se tient devant le perron, sa valise à la main…

J’ai tout aimé dans cet album : l’histoire et les illustrations bien sûr, mais aussi l’ambiance, les couleurs et toutes ces références à d’autres imaginaires ! Si vous ne trouvez pas tout, la postface vous aidera à reconnaître tous les invités de cette histoire comme « la petite sirène », « Huckleberry Finn », « le baron perché » ou encore « Antoine de Saint-Exupéry » (et bien d’autres !) Un album qu’on peut bien sûr lire aux enfants, mais dans lequel les parents verront bien d’autres choses…

Ce que j’ai « entendu » dans cette histoire, c’est que notre imaginaire se nourrit de celui des autres ! Autrement dit, lisez, regardez, soyez curieux ! 

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Roberto Innocenti a reçu le prix Hans Christian Andersen en 2008 pour l’ensemble de son œuvre.

De cet illustrateur, je vous ai déjà présenté « La petite fille en rouge » et « La maison » (2ème album présenté) et Rose Blanche.

Une interview de l’illustrateur Roberto Innocenti sur le site du CRILJ (Centre de Recherche et d’Information sur la Littérature pour la Jeunesse)

Quelques recherches sur l’auteur et cet album m’ont permis de découvrir l’existence du Musée de l’illustration jeunesse qui se trouve à Moulins. Une bonne raison de plus pour aller en Auvergne !

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Petit commentaire de Sophie : « J’ADORE Innocenti, et surtout cet album!!!  »

Réponse de Nath : Moi aussi, j’ADORE Innocenti et cet album ! ;)

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D’autres que nous l’aiment aussi (et en plus elles ont mis plein de photos !) : Le bazar littéraire, Colimasson

challenge albums 2017

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Lectures diverses et variées de Janvier

Le grand mechant renard

Peur express

Ce mois-ci, j’ai lu aussi… 

 ***

Des lectures diverses et variées : Mais ici on trouvera surtout des bandes dessinées et des romans,  que je ne vais pas chroniquer, soit parce qu’ils ont déjà été présenté par Sophie, soit parce que je n’ai pas le temps et pis c’est tout !!

  1. Le grand méchant renard de Benjamin Renner présenté ici par Sophie et par « le tiroir à histoires »
  2. Les filles en chocolat, T.1 : Cœur Cerise de Cathy Cassidy dont Sophie a également parlé ici et Blandine .
  3. La petite famille de Dauvillier, Lizano et Rouger dont Sophie a parlé ici et « les petites madeleines » .
  4. L’enfant caché de Dauvillier, Lizano et Salsedo, voir l’avis de Sophie, et celui de Noukette.
  5. Peur express de Jo Witek : L’avis de Sophie ici
  6. L’autre terre de Perrotin et Beno, une bd en 3 tomes

J’ai bien aimé le grand méchant renard, petite bd humoristique et pleine de tendresse. Quand l’amour maternel arrive, que faire, surtout quand on est un renard élevant des poussins (pour les manger à la base…) ?

Les filles en chocolat est un petit roman sympathique qui m’a bien plu aussi (et ce n’était pas gagné avec cette couverture très sirupeuse et ce titre !), avec un sujet qui ne pouvait que me toucher puisqu’il s’agit d’une famille recomposée… Non, il n’est pas toujours facile de s’adapter !

La petite famille est une bd jeunesse qui parle de la vie avec tendresse, la vie qui passe, puis s’arrête… Mais continue avec d’autres, même si l’on n’oublie jamais ceux qui sont partis. Le dessin est amusant avec des personnages aux bouilles toutes rondes.

L’enfant caché Une belle histoire de transmission intergénérationnelle : une grand-mère juive qui était enfant pendant la 2nde guerre mondiale raconte cette partie de son enfance à sa petite fille. Une image m’a « choquée », je l’ai trouvé terrible : celle de la mère quand elle rentre des camps : Elle a une tête énorme, un corps tout maigre et les yeux hagards, comme absente… (une image très « parlante »)

Peur express est un roman étonnant. C’est la nuit, c’est l’hiver, il neige. Un TGV fonce à 280 km/h à travers la nuit et le froid, quand soudain c’est la panne, le train s’immobilise. Un chapitre après l’autre, on fait la connaissance de 6 ados, plus ou moins perturbés. Dans ce train à l’arrêt, bien des choses étranges et improbables vont se passer. Dans une 2ème partie viendra l’enquête, chargée de déterminer ce qui s’est réellement passé. Mais peut-on toujours tout expliquer ? Un roman qui m’a surpris par son thème et sa façon de l’aborder, mais que j’ai bien apprécié !

L’autre terre Une bande dessinée en 3 tomes (histoire complète) avec un dessin sympa (quoi que les traits des personnages manquent parfois de « précision », certains personnages, féminins notamment se ressemblant un peu trop). Une aventure à mi-chemin entre science-fiction, steampunk et héroïc fantasy, qui est agréable à lire, avec de très bonnes idées mais que j’ai trouvé pas assez développées, c’est un peu dommage. C’est très prometteur mais quand on a l’habitude de lire ce style de bd, on reste un peu sur sa faim. Ce qui n’empêche pas de passer un bon moment !

Lectures diverses : Autre Terre Lectures diverses : Autre Terre T2 Lectures diverses : Autre Terre T3

 

La maison en petits cubes ♥

La-maison-en-petits-cubes.jpg ♥ La maison en petits cubes ♥

Kenya Hirata & Kunio Katô

Nobi Nobi (2012)

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PRIX SORCIÈRES 2013 du meilleur livre illustré

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Dans une ville entièrement immergée, un vieux monsieur résiste encore et toujours à la montée du niveau de la mer. Chaque fois que l’eau atteint son plancher, il est obligé de bâtir une nouvelle maison par-dessus la précédente, si bien qu’au fil du temps son logis a fini par ressembler à une immense pile de petits cubes. Un jour, alors qu’il s’est encore une fois lancé dans la construction d’une nouvelle demeure, ses outils tombent tout au fond de l’eau. Il enfile sa combinaison pour aller les repêcher, et au fur et à mesure qu’il descend à travers ses anciennes maisons, de lointains souvenirs lui reviennent en mémoire…

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Mon avis : Depuis le temps que j’en entends parler, il fallait que je le lise ! C’est fait et je ne suis pas déçue, bien au contraire !

Un album que j’ai trouvé vraiment très beau, que ce soit par ses illustrations (je suppose que c’est de l’aquarelle) lumineuses et douces à la fois avec des tons pastels. L’histoire est simple mais délicate : plongeant pour retrouver ses outils (dans le court-métrage c’est la pipe qui tombe à l’eau…) le vieux monsieur plonge de plus en plus profondément et ses souvenirs, eux, remontent à la surface… Sans tristesse, avec beaucoup d’amour, il revoit les beaux moments de sa vie.

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Pour voir le court métrage d’animation (2008) dont est tiré l’album (si, si, c’est dans ce sens là !) c’est par ici. Je vous conseille d’aller le voir, l’histoire est un tout petit peu différente de l’album, mais les couleurs et la musique sont splendides (12 mn). Il a tout de même obtenu l’oscar du meilleur court-métrage d’animation.

Sophie, qui l’a lu bien avant moi, vous en a déjà parlé ici.

SignatureNatD’autres avis, celui de Julie et celui de Laurette

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#Bleue de Florence Hinckel #SF

Roman de science fiction pour adolescents

#Bleue

de Florence Hinckel

Syros, 29 janvier 2015
collection Soon
978-2748516869, 15,90€

Si on vous proposait de supprimer toute souffrance émotionnelle pour les enfants et les adolescents, que décideriez-vous ?

Silas est un adolescent comme les autres, ultra connecté aux réseaux sociaux. Sauf qu’il n’a pas vraiment le choix. Dans son époque, c’est une obligation, un lien social virtuel qui permet d’avancer dans la vie. Si on ne poste pas, c’est qu’il y a un problème, et une cellule d’aide se charge d’intervenir. Plus déconcertant encore, la peine, la tristesse, n’existe plus vraiment ! La Cellule d’Éradication de la Douleur Émotionnelle (CEDE) a été mise en place pour effacer la douleur des souvenirs, sans effacer le souvenir en lui même. A chaque intervention, un point bleu reste sur le poignet. Si les adultes ont le choix, ce n’est pas le cas des mineurs, pour qui l’intervention est automatique en cas de traumatisme.

Silas, notre ado comme les autres, est un peu à part quand même. Parce que ses parents le sont, et parce qu’il aime le calme, loin des reseaux. Pourtant quand sa petite amie Astrid meurt dans un accident, il doit avoir recours à la CEDE et prend peu à peu conscience du monde qui l’entoure différemment.

Il paraît qu’avant, la rue était beaucoup moins sûre. Mais aujourd’hui, l’oblitération est entièrement prise en charge par l’État, ce qui fait qu’un gars comme ce SDF peut en bénéficier autant qu’il le souhaite. Bien entendu, il sera toujours sensible au dénuement, à la sensation de froid ou de faim, mais il peut oublier la douleur morale qui en découle. Ainsi, tous ceux qui ne souffrent plus de leurs conditions de miséreux n’ont plus aucune raison d’être agressifs. Après tout, il faut bien qu’il y ait des pauvres, des moins pauvres et des riches dans notre société ! C’est comme ça depuis toujours, et puisqu’il n’y a pas de travail pour tout le monde, à quoi bon en souffrir ?

Dans ce roman de science fiction en deux parties on découvre un monde tellement proche du notre que l’on ne peut s’empecher de se projeter, et d’avoir peur ! Quel bonheur de ne plus ressentir la douleur, mais quel malheur en même temps… Ce roman est magnifiquement bien construit, les rebondissements sont réellement saisissants. Le turn-over est assuré du début à la fin, sans répis, avec un besoin de connaître le dénouement grandissant.

La sensibilité des personnages offre un récit touchant. Entre engagement et histoire d’amour, Florence Hinkel fait vivre des situations difficiles à des adolescents auxquels on s’attache. Gagner son autonomie ne va pas sans combat, dans notre monde comme dans celui ci !

Un magnifique roman qui allie suspense, resistance et amour dans une histoire prenante, très ancrée dans la réalité pour de la science-fiction…

 + Challenge YA#4