ON A SUPERMARCHÉ SUR LA LUNE

supermarché

A partir de 13 ans

ON A SUPERMARCHÉ

SUR LA LUNE

Sébastien Joanniez

La Joie de Lire (2022)

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Ce roman fait partie de la sélection du Prix Vendredi 2022

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On a supermarché sur la lune, c’est le journal de Rosa. Elle nous raconte sa vie, ses rêves, ses cours, ses potes, sa famille et ses amours. L’adolescence, l’âge des questions sans réponses ?

Rosa a pourtant trouvé ce qu’elle veut faire dans la vie. Elle veut écrire des chansons. Alors elle monte un groupe avec son pote Mano, lui, il comprend tout, même les trucs les plus bizarres. Et en plus, il joue de la guitare. Le groupe s’appellera Epiphony.

Et puis une nuit, au lavomatic, Rosa fait une rencontre qui la trouble. Au fil des jours, des mois, du cycle lunaire (symbolisé sur chaque page) Rosa se cherche, grandit, change. Elle écrit son journal, mais aussi des poèmes, des chansons.

En tombant amoureuse, elle fait une découverte.

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Au départ, j’ai eu du mal à rentrer dans cette histoire. A cause du style, un peu décousu, sans virgules, avec des juxtapositions de mots… Un style particulier. Mais Rosa est une adolescente attachante, qui se cherche, se questionne et ne peut laisser indifférent. Elle m’a touchée et son histoire aussi. C’est donc un personnage très réussi !

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Poème caché dans une poche arrière

J’écris quelque chose qui ne ressemble à rien

pour chanter quelque part

quelqu’un me cherche :

c’est moi.

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Lire les premières pages (site de l’éditeur)

Totalement différents en matière d’écriture, mais avec des thèmes similaires : 2 romans de Sarra Maning et Je les entends nous suivre

Trois histoires de réfugiés

Trois

Reportage en BD
Ado / Adulte

Trois histoires de réfugiés

M. Ozkul – R. Phildius – J. De Clerck

Couverture illustrée par Joe Sacco

Coll. Somnambule

La Joie de Lire (2022)

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Cette bande dessinée, comme son nom l’indique, nous parle de 3 personnes, qui ont dû quitter leur pays pour différentes raisons. Lela est Géorgienne. Elle est venue en Suisse pour faire soigner son mari qui souffre de graves problèmes neurologiques. Mais si la Suisse veut bien soigner son mari, Lela et son fils sont priés de retourner d’où ils viennent…

Sri est Tamoul. Il avait 13 ans lorsque la guerre a éclaté chez lui, au Sri Lanka. Plus tard, pour avoir traduit des documents, il se retrouve en prison pendant 3 ans. Il fonde une famille, a deux enfants, mais la reprise des troubles entre Cingalais et Tamouls l’oblige à quitter le pays. Et il va enchaîner les petits boulots pendant des années dans différents pays, sans gagner assez pour subvenir aux besoins de sa famille. Il décide donc de partir aux USA. On est en septembre 2001…

Ali est Afghan, il a 20 ans. Là où il vit, il n’y a pas d’université. S’il veut étudier, il faut aller à Kaboul. Mais pour y aller, il faut traverser des régions contrôlées par des terroristes. A Kaboul, chaque jour, il y a des morts. Ali a peur, il veut partir. Commence alors un long périple qui va passer par le Pakistan, l’Iran, la Turquie puis la Bulgarie…

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Ce n’est pas la première fois que je lis des témoignages de réfugiés. Mais à chaque fois, je suis franchement admirative devant le courage, l’énergie et la patience qu’il faut à toutes ces personnes pour atteindre leur but. Sans compter les privations, les conditions de vie totalement dégradées, la solitude parfois aussi…

Des gens qui, finalement, ne demandent qu’à vivre en paix et à manger à leur faim. Ce que tout le monde souhaite non ?

Ces trois témoignages ont été recueillis par des étudiants de l’ESBDI (l’école supérieure de bande dessinée et d’illustration) fraîchement diplomés et ce roman graphique est leur premier ouvrage publié.

Côté illustration, c’est en noir et blanc. J’ai bien aimé le dessin de la 1ère histoire (Lela) mais j’ai trouvé que ça manquait un peu de décor (d’arrière plan). Le 2ème témoignage est illustré au crayon à papier. Même si le rendu est assez sympathique, j’ai trouvé qu’il y avait trop de hachures et que le dessin était trop statique. Les dessins du 3ème témoignage sont très noirs !

Sur le site de l’éditeur, La joie de lire, vous pourrez voir plusieurs planches.

Mais si le dessin aide bien sûr à faire passer le message, l’important pour moi, ce sont les histoires vécues par ces personnes. Lire ce genre de témoignages aide à mieux comprendre pourquoi tant de gens fuient leurs pays…

A lire et à faire lire
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D’autres bandes dessinées qui parlent d’immigration : L’Odyssée d’Hakim, Les deux vies de Pénélope

Cette semaine, nous nous retrouvons chez Moka, Au milieu des livres

L’incroyable histoire du coq qui ne voulait pas…

CoqRoman à partir de 9 ans

L’INCROYABLE HISTOIRE DU COQ QUI NE VOULAIT PAS FERMER SON BEC

Thomas Gerbeaux & Pauline Kerleroux

Collection Hibouk

La joie de lire (2021)

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Aujourd’hui c’est mercredi. Normalement, Jeanne reste à la maison avec son père ce jour là, sauf qu’aujourd’hui… il ne peut pas s’occuper d’elle, il doit partir.

Du coup, il la confie à la secrétaire de rédaction du journal dans lequel il travaille. Ancien vétérinaire, il écrit une chronique qui parle d’animaux et qui s’intitule “Pas si bête”.

Dans la salle de rédaction, Jeanne va faire la connaissance de Marguerite Duras, une journaliste que tout le monde appelle Margot.

Celle-ci est en train d’enquêter sur une étrange affaire et son article commence ainsi : “Le coq de l’île aux moutons est-il forcément coupable ?

Jeanne est originaire de cette île. Elle est donc très intéressée par cette enquête…

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Toute cette histoire est partie d’un fait divers réel : En 2019, le coq Maurice de l’île d’Oléron a été autorisé à chanter au terme d’un procès très médiatique devant le Tribunal correctionnel de Rochefort (Lire l’article du Monde). Je me souviens que j’avais été assez agacée en entendant parler de ça…

Quand on habite en ville, il y a le bruit des voitures, des avions, des gens, du métro… Et à la campagne, il y a du bruit aussi. Les animaux, les tondeuses, les gens, les voitures. Qui peut échapper au bruit aujourd’hui ? A moins d’habiter dans un endroit très isolé, et encore, il y aura toujours un chien pour aboyer ou un avion qui passe dans le ciel. Si on commence à faire des procès à tout ce qui fait du bruit, on n’a pas fini !! Bref, fin de la parenthèse.

Pour en revenir à ce roman, il est plutôt rigolo. Le narrateur est une fille de 11/12 ans, Jeanne et c’est elle qui va mener l’enquête.

Deux choses ne m’ont pas plu, mais ça n’a rien à voir avec l’histoire. Et ça ne dérangera probablement pas la plupart des enfants à qui est destiné ce roman (et c’est bien le principal !). Ce qui m’a déplu, ce sont les couleurs ! Elles sont super “flashy“, on dirait que c’est coloré au surligneur… Et puis le texte écrit en bleu assez clair sur du blanc, j’avoue que ça m’a un peu gêné aussi.

Mais sinon, les dessins sont amusants, très simples, stylisés. Et une partie du sujet est importante, c’est “faut-il croire tout ce qu’on voit sur les réseaux sociaux ?

Bref, une lecture intéressante et très chouette malgré ces couleurs qui m’ont “piqué” les yeux !! ;)

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Pour lire quelques pages (et voir quelques illustrations) c’est sur le site de l’éditeur

L’avis de Pépita

ALICE PRINCESSE DE SECOURS

secoursRoman jeunesse
A partir de 9 ans (bon lecteur)

ALICE

Princesse de secours

Torun Lian

Illustrations de Øyvind Torseter

Traduit du norvégien par Aude Pasquiet

La Joie de Lire (2021)

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Alice est une enfant timide et discrète qui réfléchit beaucoup. A tout un tas de choses. Elle aime lire, dessiner et réfléchir tranquillement à des choses agréables. Penser à ce qu’elle aurait pu faire avec Iver s’il n’était pas parti jouer au foot avec les autres garçons de la classe par exemple. Ils auraient pu aller manger une glace dans la salle du personnel du supermarché où travaille la mère d’Iver. Ou encore envoyer des messages avec le téléphone d’Iver. Se cacher et imaginer la vie des gens des autres immeubles…

Ce qu’Alice n’aime pas, mais alors pas du tout, ce sont les personnes qui crient ou être obligée de parler devant des gens. Et malheureusement, c’est bientôt la fin de l’année scolaire et son fameux spectacle de fin d’année. Alice joue les pattes arrières d’un cheval, donc on ne la voie pas et elle n’a pas de répliques à dire. Mais après le spectacle, les enfants doivent servir des rafraichissements et des gâteaux aux spectateurs et ça, c’est vraiment terrifiant ! Et en plus, Alice est princesse de secours…

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Si j’ai indiqué pour bon lecteur, ce n’est pas pour le nombre de pages (178) mais pour le vocabulaire et certaines tournures de phrases. Certains mots de vocabulaire pourraient décourager des lecteurs encore un peu hésitants (hypermétropes / bougeotte / prétentieux / embrouillamini ou encore cataracte). Ceci dit, si votre enfant ne s’arrête pas devant un mot qu’il ne connaît pas ou qu’il a l’habitude de vous demander quand il ne comprend pas, aucun souci.

L’histoire est intéressante et très amusante. Avec cette héroïne pas comme les autres, qui n’aime pas se retrouver sur le devant de la scène et, qui, bien sûr, va finir par y être… Elle aura une façon très personnelle de s’en sortir.

Un bon moment de lecture !

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Du même illustrateur nous vous avons présenté : Factomule une bd un peu décalée

Le site de l’illustrateur

Un petit roman qui participe à L’Objectif PAL (Antigone)