The Hate U Give d’Angie Thomas

The Hate U GiveRoman jeunes adultes

The Hate U Give

d’Angie Thomas

Nathan, 5 avril 2018
978-2092576731, 17,95€
490 pages

 

The Hate U Give est un roman pour grands adolescents qui a fait son chemin aux Etats Unis l’année dernière et qui arrive enfin en France. Son auteur Angie Thomas, afro-américaine, a basé son livre sur des faits réels, qui ont inspiré Black Lives Matter (Les vies noires comptent), un mouvement américain qui dénonce les violences policières dont sont victimes les Noirs aux États-Unis. Une auteure vraiment engagée aussi pour que la littérature jeunesse évolue vers plus de diversité… Mais passons à son roman !

Starr a 16 ans et habite dans un quartier américain dirigé par les gangs, même si elle va dans un lycée un peu plus éloigné, dans un quartier chic. Dans son quartier on ne joue pas dehors, et quand on est contrôlé par la police, on ne parle pas sans y être invité, on ne lève pas les yeux. Des règles que son père lui répète depuis des années. Alors quand de retour d’une soirée interrompue par un règlement de comptes entre gangs, son ami et elle sont arrêtés par un policier, le stress monte. Et tout bascule quand le policier tire dans le dos de son ami, suite à un léger mouvement…

Starr va continuer sa vie, dans son lycée de blanc, avec ses amis blancs, son petit copain blanc… sans même leur en parler… Pourtant, en suivant son parcours intérieur, on va vite se rendre compte du trouble qui l’habite. Et devant ce racisme évident, elle va devoir parler, et se battre. Avec et contre les habitants de son quartier, au milieu échauffourées, dans la peur.

En plus de cette histoire, on va découvrir toute la vie de son quartier, de sa famille, de ses amis. Et peu à peu nous aussi on va frissonner d’horreur devant les faits, les mots. On va se demander comment de telles différences sont possibles. Pas qu’ils soient malheureux, loin de là, mais plus parce qu’ils vivent dans la peur, dans les coups de feu. J’ai apprécié que le personnage de Starr soit un entre deux. Vivant dans ce milieu, mais en même temps avec un échappatoire via son lycée. Son point de vue est d’autant plus précieux qu’il nous fait voir différents aspects. Et qu’il nous conte la vie et les inquiétudes d’une ado, juste une ado, on a tendance à l’oublier parfois tant ce livre est prenant.

The hate U give est un roman à découvrir, pour mieux comprendre les Etats-Unis, et la condition des jeunes Afro-Américains. Un livre a réservé à de grands adolescents, car la violence y est très présente, mais aussi parce que le vocabulaire est celui de Starr. Avec de nombreux mots d’argot – et j’ose volontiers dire que j’étais loin de tous les connaître. Un aspect qui m’a presque rebuté au début… et puis on est pris dans ce pavé que l’on dévore. C’est brut, souvent violent, parfois inégal dans l’écriture, mais ça sonne juste ! Et même si le point de vue de l’héroïne vocalise forcément notre jugement, l’auteur ne prend pas vraiment parti, elle expose surtout les faits.

Un roman d’actualité, à conseiller pour voir des personnages différents de ceux qu’on croise souvent en littérature jeunesse. Plus francs, plus révoltés, mais tout aussi touchants ! The Hate U Give est une fresque sociale doublée d’un message politique fort, je comprends mieux l’accueil qu’il a eu aux USA. Une lecture percutante !


+ Disponible dès le 5 avril en France

+ The Hate U Give vient de THUG, un mot d’argot, selon la définition du chanteur américain Tupac, « le chanteur voyait en ce terme quelque chose d’héroïque, puisqu’il mettait l’accent sur la capacité de résilience face à l’adversité de la vie. » (selon Ohmymag)

+ L’avis de Karine

Say something – Roman ado/jeune adulte

saySay Something

Jennifer Brown
Albin Michel (2018)

*****

Au lycée, avec son nom de famille « féminin » -Judy- sa timidité et son allure chétive, David est la proie rêvée de certains plus costauds, plus sportifs, sûrs d’eux et de leur force et inconscients, sans doute, des ravages qu’ils occasionnent.

Cette année, plus encore que les autres années, David fait sa rentrée (en Terminale) la peur au ventre. Il faut dire que l’année précédente a été terrible, un déferlement de violence ayant eu lieu dans son lycée. David a passé l’été enfermé chez lui à essayer d’oublier. Impossible, d’autant qu’il « sait » des choses, des choses qu’il devrait dire à la police, mais il ne peut pas, il n’y arrive pas. Les mots refusent de franchir ses lèvres et, du coup, il culpabilise…

*****

En lisant ce roman, on a l’impression de vivre de l’intérieur, de ressentir, de comprendre ce que c’est que d’être quotidiennement moqué / insulté / harcelé par d’autres élèves au lycée. Ce sont toujours les mêmes insultes « Pédé. Tapette. Pédale. Tantouze. » Les mêmes vexations (baisse du pantalon, obligation de faire des pompes devant tout le monde). Pourtant, le ton n’est pas « pleurnichard », David, s’il souffre de tout cela, ne s’en plaint pas. Il s’adapte (il ne mange plus le midi pour éviter qu’on crache dans son assiette par exemple), évite, courbe l’échine.

Étrangement, ce ne sont pas toutes ces persécutions qui le perturbe le plus, mais bien cette chose qu’il sait et qu’il n’arrive pas à dire. Le poids de la culpabilité.

Say something est un roman très court puisqu’il ne fait que 126 pages (les 24 dernières pages sont le début du roman précédent de l’autrice), mais il laisse un goût un peu amer. (c’est ça l’endroit où l’on envoie nos enfants s’instruire ?? Sans être trop naïf, ça fait quand même un peu peur.)

*****

Ce livre est un « complément » à Hate list (plus qu’une suite, c’est un autre point de vue). Je l’ai lu sans avoir lu « Hate list » et j’ai très bien compris l’histoire.

Lire quelques pages sur le site de l’éditeur

De cette autrice, Sophie vous a déjà présenté « Tornade« 

Rage – Roman ado / adulte

rageRAGE ♥

Orianne Charpentier
Coll. Scripto
Gallimard Jeunesse (2017)
*****

On ne sait pas vraiment qui elle est, ni quel âge elle a, ni d’où elle vient. Une fille avec qui elle a fini par se lier d’amitié l’a surnommé « Rage ». Elle ne veut pas se souvenir de son nom d’avant, trop de violence, de peine, de souffrance s’y rattache. On sait qu’elle a vécu la guerre, subit la violence des hommes, qu’elle a été contrainte à l’exil, pour sauver sa peau. Partie avec sa famille, elle se retrouve seule, dans un pays qu’elle ne connait pas, la France, et dont elle ne connait pas la langue.

Elle est seule, traumatisée, se méfie de tout, de tous, et surtout des hommes. Un soir, elle récupère un chien blessé et maltraité. Elle tentera tout pour le sauver.

*****

A travers le parcours de Rage, c’est celui de tous les immigrés poussés hors de chez eux par la guerre que l’on peut suivre. Des gens obligés de quitter leurs foyers, leurs villes, leur pays, leur famille ou leurs amis pour seulement pouvoir survivre… Ils avaient une vie, un travail, des loisirs / Ils se retrouvent isolés par la barrière de la langue, mais aussi à cause de tout ce qu’ils ont vécu, de toute cette violence qu’ils ont subi.

« Rage » est un petit roman (100 p. environ) mais c’est un roman « coup de poing » qui prend aux tripes.

Lu dans le cadre d’une formation (j’avoue que le titre et l’illustration de couverture ne m’attiraient pas du tout !!), j’ai beaucoup apprécié cette histoire réaliste et tout à fait d’actualité, qui aidera peut-être à la compréhension de « l’autre », l’étranger, l’immigrant…

*****

Pour lire les 20 premières pages

D’autres avis : Bob et Jean-Michel, Lecture jeunesse

D’autres liens sur des livres aux thèmes similaires dans ce billet

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Les chiens – Thriller ado/jeune adulte

chiensLes chiens

Allan Stratton
Milan (2015)
* * * * *

22h. Je joue à Zombie Attack (sans le son) au sous-sol. Dans le noir, c’est encore plus sinistre. Maman a tout éteint pour que personne ne la voit. Elle est à la fenêtre et surveille une voiture garée en face. Soudain elle n’en peut plus, elle appelle la police, mais je sais très bien que ça ne servira à rien. Quand ils arriveront, « il » sera parti depuis longtemps. « Il », le type de la voiture, c’est Papa. Et voilà. Une fois de plus, il nous a retrouvé et il va falloir re-déménager, se refaire des copains, une vie. C’est le 5ème grand départ depuis que Maman a quitté Papa. J’avais 8 ans à l’époque. Je ne me souviens pas de grand-chose, des images m’arrivent parfois par bribes…

* * * * *

J’avoue que je n’ai pas mis bien longtemps à dévorer ce roman (bon 2 jours en fait, mais il m’arrive de travailler aussi…) J’avais lu au moins une bonne critique (celle de Lirado je crois) et la couverture m’attirait vraiment beaucoup, je la trouve très réussie, à la fois mystérieuse et un peu flippante. Elle résume bien l’ambiance de ce roman plutôt noir. Tout au long de l’histoire, on se demande ce qui est réel et ce que le jeune garçon, Cameron, imagine. Il trouve sa mère parano, mais il a parfois des flashs, des souvenirs (?) qui font frémir ! Son père lui manque (qu’a t-il fait réellement ? Cameron se le demande souvent et sa mère ne répond pas franchement à ses questionnements) , leur nouvelle maison est plutôt moche (une vieille ferme plus ou moins à l’abandon dans un petit bled) et les élèves de son nouveau collège par très sympa… En plus, on lui apprend qu’il y a eu une mort violente dans la maison où il habite… Pour calmer son imagination, il va mener l’enquête.

Bon, avant de commencer, assurez-vous d’avoir 2/3 heures de tranquillité : il ne fait que 317 pages, c’est écrit assez gros et en plus c’est tellement stressant que vous ne voudrez plus le lâcher !

* * * * *

Site de l’auteur Allan Stratton (en anglais)

Ce roman fait partie de la sélection des incorruptibles 2017/2018 (sélection 3ème-2nde)

D’autres avis : Lirado, Bob, Gwenlan, Mylène, Kobaitchi

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