THE HATE U GIVE – La haine qu’on donne ♥

Hate

« Pour les Blancs, être noir c’est la classe jusqu’au jour où c’est la poisse »

Roman Jeunes Adultes

THE HATE U GIVE ♥

La haine qu’on donne

Angie Thomas

Nathan (2018)

*****

Starr a 16 ans, elle est noire et vit dans un quartier gangréné par la guerre des gangs, mais ses parents l’ont mise à l’école dans un lycée blanc d’une banlieue chic. Elle s’adapte chaque jour à ces deux mondes totalement différents.

Ce soir, Starr accompagne sa quasi-sœur Kenya à la soirée de Big D. La musique trop forte lui file mal au crâne, l’odeur de la beuh lui donne la nausée et il y a vraiment trop d’alcool dans le punch. Elle regrette d’être venue car elle ne se sent tout simplement pas à sa place au milieu de ces corps qui se trémoussent.

Soudain ça se gâte et plusieurs coups de feu sont tirés. Starr suit son ami d’enfance, Khalil, vers la sortie la plus proche. Il va la raccompagner chez elle en voiture. Enfin, ça c’était le programme d’origine… Car en fait, Khalil va se faire tuer de trois balles dans le dos par un policier, sous les yeux terrifiés et horrifiés de Starr.

*****

L’année de ses 12 ans, Starr a eu droit à deux explications de la part de ses parents. La première, c’était pour lui expliquer en gros, « comment on fait les bébés ». Et l’autre explication, moins « courante » : Comment réagir si tu es contrôlée par un « flic »…

« Starr-Starr, tu fais tout ce qu’ils te disent de faire. Garde tes mains en évidence. Ne fais pas de mouvement brusque. Ne parle que si on te pose une question. »

J’avoue que ce petit passage m’a choquée.

J’essayais de m’imaginer disant la même chose à mon fils… Fais attention mon fils, ces personnes sont censées te protéger mais en fait elles peuvent te tuer ?? Et pourtant, aux États-Unis au moins, cela s’est produit de nombreuses fois (et à chaque fois des afro-américains…)

Il est difficile de rester indifférent en lisant ce roman. On est dans la peau d’une jeune fille noire, on ressent ce qu’elle ressent. Et on comprend comment certains propos, que l’on pourrait banaliser ou trouver amusants (le racisme ordinaire) peuvent être reçus/perçus de façon très violente.

Un roman qui parle certes de gangs, de drogue, de ghettos, mais aussi et surtout de jeunes, qui voudraient juste vivre une adolescence « normale »…

Pour les explications concernant le titre « THUG » The Hate U Give, Sophie vous en a déjà parlé, vous pouvez aussi voir le billet de Blandine (de Tupac, moi, je ne connais que le nom !) et pour les explications plus « politiques » voir celui d’Enna (qui vous parle du mouvement des Black Lives Matter).

Quand à moi, je vous conseille juste de le lire et de le faire lire aux jeunes (et aux moins jeunes) de votre entourage.

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Il a reçu le Prix Libr’à Nous Littérature Jeunesse 2019

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(Prix décerné par des libraires francophones)

 

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Le roman devient un film, sorti en France le 23 janvier 2019

Il participe (un peu hors délais…) au Challenge d’Enna

 

Retrouvez sur le blog un autre avis, celui de Sophie

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

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La vraie vie – Lectrices ELLE (9)

VraieUn roman « coup de poing » de la Rentrée Littéraire…

LA VRAIE VIE
Adeline Dieudonné

L’iconoclaste (2018)
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Présentation de l’éditeur

Chez eux, il y a quatre chambres. Celle du frère, la sienne, celle des parents. Et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. Un prédateur en puissance. La mère est transparente, amibe craintive, soumise à ses humeurs.

Avec son frère, Gilles, elle tente de déjouer ce quotidien saumâtre. Ils jouent dans les carcasses des voitures de la casse en attendant la petite musique qui annoncera l’arrivée du marchand de glaces. Mais un jour, un violent accident vient faire bégayer le présent. Et rien ne sera plus jamais comme avant.

*****

Elle a 10 ans. Et dans sa vie, il y a… Un père ultra violent, une mère éteinte et un petit frère de 3 ans son cadet qu’elle protège autant qu’elle peut et qu’elle adore. Il y a aussi cette chambre pleine de cadavres, trophées de chasse du père, avec cette hyène qui lui fait si peur.

Le jour de l’accident, son petit frère arrête de rire. Cela va enclencher chez elle une sorte de moteur intérieur, une motivation sans faille que rien ne va pouvoir arrêter.

Je l’ai lu en un après-midi. Et au soleil, heureusement. La violence est partout dans ce roman. Violence physique, conjugale, psychologique, amoureuse même… Je n’en dis pas plus, si ce n’est que c’est un roman bourré d’énergie, terriblement addictif, qu’on ne lâche plus une fois commencé.

On en prend plein la tête !! Plus qu’une lecture « coup de cœur », c’est une lecture « coup de poing »…

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Extrait : C’était un homme immense, avec des épaules larges, une carrure d’équarrisseur. Des mains de géant. Des mains qui auraient pu décapiter un poussin comme on décapsule une bouteille de coca. En dehors de la chasse, mon père avait deux passions dans la vie : la télé et le whisky. Et quand il n’était pas en train de chercher des animaux à tuer aux quatre coins de la planète, il branchait la télé sur des enceintes qui avaient coûté le prix d’une petite voiture, une bouteille de Glenfiddich à la main. Il faisait celui qui parlait à ma mère, mais, en réalité, on aurait pu la remplacer par un ficus, il n’aurait pas vu la différence.

Ma mère, elle avait peur de mon père.

 

Prix du Roman FNAC 2018

Prix Première Plume 2018

Il faisait également partie de la première sélection du Goncourt et il est dans la 2ème sélection du Renaudot.

ELLE

9ème lecture / 28

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Je l’ai également lu dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire Rakuten

#lavraievie #AdelineDieudonne #MRL18 #Rakuten

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C’est ma 10 ème participation au Challenge 1% de la Rentrée Littéraire

Logo Challenge 1% Rentrée Littéraire 2018 – Picos/Shutterstock

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Happy End : court mais terriblement intense

Happy End est un court roman qui se révèle incroyablement puissant. Tom et Béa risquent bien de vous marquer un bon moment, car il y a les Gentils et les Méchants !

Happy EndRoman pour grands adolescents 14+

Happy End

d’Anne Loyer

Alice Editions, 2016
Collection Le chapelier fou
62 pages

Happy End est un court roman qui se révèle incroyablement puissant. Sous la plume d’Anne Loyer, Tom et Béa prennent vie. Tom pouce, très grand mais tout petit dans sa tête nous raconte, avec ses mots enfantins et ses réflexions sur la vie, l’arrivée de Béa dans son immeuble. Sa nouvelle voisine, qui pleure dans le couloir, a un anneau dans le nez, écoute de la musique à fond et se dispute un peu trop avec son père.

Pour Tom, il y a trois catégories de personnes : Les Gentils, les Méchants, et les Jamais (ceux qui ne lui parlent jamais). Béa, il en est sûr, fait partie des Gentils, alors il l’espionne pour mieux la connaître. La rencontre est inévitable.

Happy End n’a que 62 pages, c’est un instantané de vie, une parenthèse dans le monde de Tom et Béa, qui nous permet de les rencontrer. Ne vous attendez pas à tout connaître d’eux, ni à suivre toute leur relation. Nous n’avons qu’une esquisse, un petit bout de l’histoire… C’est parfois un peu frustrant car Tom est un personnage intéressant, et le lecteur aimerait le connaître un peu plus, le comprendre en découvrant sa vie et sa famille notamment. On se contente de survoler sa vie et on se concentre sur ce moment, ce fragment de vie.

Anne Loyer sait décidément apporter beaucoup d’émotions en peu de mots et traiter de thèmes ardus dans s’appesantir. Ici déficience mentale et père violent se côtoient dans le couloir d’un immeuble, tout simplement… et cela ne peut que marquer le lecteur !


+ Le site d’Anne Loyer

+ D’autres livres d’Anne Loyer présentés ici :
Minus Lupus (album)
Les aventures de Kimamila (première lecture)

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Je ne sais pas – roman ado/jeune adulte

Je

Je ne sais pas

Marie Colot

Coll. Le chapelier fou
Alice Éditions (2016)
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Au milieu de la nuit, de sa fenêtre du 3ème étage, Clara a été témoin d’une scène hyper violente. Une des prostituées de la rue s’est fait tabasser, elle est à l’hôpital dans un état grave. Une autre prostituée a désigné la fenêtre de Clara aux policiers chargés de l’enquête. Interrogée, Clara est incapable de sortir le moindre mot.

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En une douzaine de petits chapitres (2/3 pages), Marie Colot nous fait remonter dans le temps, le temps de Clara. Son enfance, ses traumatismes (petits ou grands) à 6 ans, 7 ans, 10 ans… On découvre les différents moments de sa vie qui ont conduit à ce mutisme, à cette incapacité de communiquer.

Petit à petit, on comprend pourquoi/comment Clara en est arrivée à ne plus s’exprimer, comment elle s’auto-efface du monde… Comment, à un moment donné, les mots ne suffisent plus à expliquer les maux.

Un roman petit (70 pages) mais costaud qui m’a beaucoup plu !

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Un extrait :

« Je. Ne. Sais. Pas. Quatre mots. Juste quatre mots. Et je n’arrive même pas à les prononcer. C’est dommage. Ils arrêteraient peut-être avec leurs questions, si je les disais.

– Pourquoi tu te tais ?

– Pourquoi tu n’as rien fait ? Clara, enfin, pourquoi ?

Pourquoi ? Pourquoi ? Ils n’ont que ce mot à la bouche. Ils peuvent continuer encore et encore. Je ne leur parlerai pas. Ce n’est pas que je ne veux pas, c’est que je n’y arrive pas. J’ai déjà essayé cent fois ou presque.

Il y a du sang trois étages plus bas. Il paraît que c’est de ma faute. Enfin, en partie. Juste un peu. Assez pour m’empêcher de dormir – comme pas mal d’autres choses d’ailleurs. »

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De cette auteure, je vous ai déjà présenté « Deux secondes en moins » co-écrit avec Nancy Guilbert

Le site de Marie Colot

Dans cette collection « Le chapelier fou » je vous avais déjà parlé du très dur mais très intéressant « Un courant d’air » de Laurie Cohen

Éditions Alice jeunesse

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