Voyage à Birmingham de Christopher Paul Curtis

Un texte qui donne à réfléchir…

Roman pour la jeunesse à partir de 11 ans

Voyage à Birmingham  Voyage à Birmingham

de Christopher Paul Curtis

Editions Ecole des loisirs,

coll. Medium Poche, 2021

(éd. originale parue en 1977)

6,90 euros

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Thèmes: Etats-Unis, 20ème siècle, histoire, Martin Luther King, racisme

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Présentation de l’éditeur: ” La vie quotidienne de la famille Watson, dans l’état du Michigan au début des années 60, est celle d”une famille noire des plus normales (…)  Mais Byron, le fils aîné, est en train de mal tourner. Alors, pour lui apprendre à vivre tant qu’il en est encore temps, les parents décident de l’emmener en pension chez sa grand-mère du Sud (…) C’est l’été 1963. Il fait chaud. Dans 15 jours, le 15 septembre, Martin Luther King prononcera son immortel discours: “J’ai fait un rêve…”

 

D’après la quatrième de couverture de Voyage à Birmingham, on se doute un peu de la tournure des événements. Le quotidien de la famille Watson va en effet être troublé par un contexte politique et historique devenu célèbre. Il y est question, entre autres, de la lutte pour les droits civiques des Noirs Américains à l’été 1963. Mais pas que.

Voici donc les Watson en route pour le sud des Etats-Unis. La psychologie des personnages est très bien construite. Christopher Paul Curtis nous conte les relations (souvent difficiles) qu’entretiennent les différents membres de la famille. J’ai été surprise de découvrir à quel point Byron, l’aîné, est cruel et calculateur. Je n’ai vraiment pas apprécié ce personnage. Au fil du récit, on assistera à plusieurs de ses méfaits, il sera même parfois puni très sévèrement.

J’avoue que l’histoire de Voyage à Birmingham n’est pas du tout celle à laquelle je m’attendais. Les événements en lien avec le discours de Martin Luther King arrivent tardivement et je n’ai pas trouvé les personnages très sympathiques. Néanmoins, Christopher Paul Curtis écrit très bien. Il saisi à merveille les différents aspects de l’être humain.

Voyage à Birmingham est un roman qui pourrait intéresser nombreux adolescents et leurs parents. C’est une lecture qui fait réfléchir.

 

~Melissande~

 

+ Un album traitant de la ségrégation aux USA: Ruby tête haute d’Irène Cohen-Janca et Marc Daniau, présenté par Nathalie

+  Nathalie nous présente deux romans-documentaires sur Martin Luther King: Martin Luther King expliqué aux enfants

+ Sophie a présenté The Hate U give / Nathalie aussi !

 

ON A SUPERMARCHÉ SUR LA LUNE

supermarché

A partir de 13 ans

ON A SUPERMARCHÉ

SUR LA LUNE

Sébastien Joanniez

La Joie de Lire (2022)

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Ce roman fait partie de la sélection du Prix Vendredi 2022

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On a supermarché sur la lune, c’est le journal de Rosa. Elle nous raconte sa vie, ses rêves, ses cours, ses potes, sa famille et ses amours. L’adolescence, l’âge des questions sans réponses ?

Rosa a pourtant trouvé ce qu’elle veut faire dans la vie. Elle veut écrire des chansons. Alors elle monte un groupe avec son pote Mano, lui, il comprend tout, même les trucs les plus bizarres. Et en plus, il joue de la guitare. Le groupe s’appellera Epiphony.

Et puis une nuit, au lavomatic, Rosa fait une rencontre qui la trouble. Au fil des jours, des mois, du cycle lunaire (symbolisé sur chaque page) Rosa se cherche, grandit, change. Elle écrit son journal, mais aussi des poèmes, des chansons.

En tombant amoureuse, elle fait une découverte.

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Au départ, j’ai eu du mal à rentrer dans cette histoire. A cause du style, un peu décousu, sans virgules, avec des juxtapositions de mots… Un style particulier. Mais Rosa est une adolescente attachante, qui se cherche, se questionne et ne peut laisser indifférent. Elle m’a touchée et son histoire aussi. C’est donc un personnage très réussi !

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Poème caché dans une poche arrière

J’écris quelque chose qui ne ressemble à rien

pour chanter quelque part

quelqu’un me cherche :

c’est moi.

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Lire les premières pages (site de l’éditeur)

Totalement différents en matière d’écriture, mais avec des thèmes similaires : 2 romans de Sarra Maning et Je les entends nous suivre

Rêves de garçons – Laura Kasischke

LauraMois Américain

Rêves de garçons

Laura Kasischke

Traduite de l’anglais (usa) par Céline Leroy

Christian Bourgois éditeur (2007)

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Lecture Commune avec Hilde du Livroblog

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Années 70. Au camp de vacances des pom-pom girls de Pine Ridge.

Kristy Sweetland avait 17 ans à cette époque. Avec sa meilleure amie Desiree et une autre fille, Kristi, elles avaient décidé d’aller se baigner. Dans la Mustang rouge de Kristy, capote baissé, autoradio allumé et cheveux au vent, la route était à elles.

Kristi et Desiree étaient toutes deux très belles. Kristy avait conscience d’être un peu moins belle, mais elle était aimable et souriante. Depuis toute petite on lui avait assené que si elle souriait, tout irait bien. Alors elle souriait à tout le monde.

Ce jour-là, à la station service, lorsque Desiree, lui dit “Mais ne les regarde pas !” en montrant un vieux break rouillé avec deux garçons à l’intérieur, ça ne rata pas. Non seulement Kristy les regarda évidemment, mais en plus, elle leur sourit.

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Ce qui me frappe toujours quand je lis un roman de Laura Kasischke, c’est qu’en terme d’action, il ne se passe pas forcément grand-chose. Attention, on ne s’ennuie pas pour autant ! On fait connaissance avec les personnages, leur vie, leur entourage. Et le lieu où ils sont est très bien décrit, donnant même très envie d’y aller (bon sauf pour les cigales peut-être !). Mais en même temps, au fil des pages, il y a comme un malaise qui s’installe. Et qui grandit petit à petit.

Dès l’introduction, on sait qu’il va se passer quelque chose :

Tous les ans, on raconte des histoires autour du feu de camp. (…) Année après année, on répète les mêmes histoires – épouvantables, terrifiantes et véridiques – et il y a toujours des filles pour se cacher le visage dans les mains pendant le récit. (…) On commence par la baby-sitter qui, tard dans la nuit, monte à l’étage parce qu’elle a cru entendre les enfants sauter sur leur lit et qui les découvre égorgés dans la baignoire. (…) Puis celle-ci :

La jeune fille qui, un après-midi d’été, file en douce de Pine Ridge, la colo des pom-pom girls, avec deux copines dans une petite voiture de sport rouge, et qui sourit à deux garçons à bord d’un break mangé par la rouille…

On est d’accord que si ça commence comme ça, ça risque de mal finir, non ?

Une lecture qui m’a beaucoup plu !

J’aime énormément l’écriture délicate de cette autrice.

A découvrir de toute urgence si vous ne la connaissez pas encore !
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De cette autrice, déjà lus : A Suspicious riverLa couronne verte (Résumé sur les pages de l’éditeur)

Présenté sur ce blog, mon préféré pour le moment :  Esprit d’hiver

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Un roman qui participe au challenge

LE TOUR DU MONDE EN 80 Jours LIVRES” (USA)

proposé par Bidib

monde
Ainsi qu’au Mois Américain

Et pour en savoir plus sur Laura Kasischke

La dame des murs de Silène Edgar

La dame des murs est un roman pour adolescent puissant d’une grande beauté

 

  La dame des murs

de Silène Edgar

Editions Castelmore/Bragelonne, mars 2021,

448 pages- 10,90  euros

Thèmes: Histoire, famille, guerre, voyage dans le temps, fantastique

 

Présentation de l’éditeur:

1961-2021

Mara Galanta est la Dame des murs, chanteuse d’opéra célèbre pour avoir chanté au pied du mur de Berlin en 1972. (…) Rebelle, riche et talentueuse, Mara est aussi une grand-mère peu attentionnée, irritable et solitaire.

Emma est sa petite-fille. Impétueuse et sensible, elle ressemble plus à sa grand-mère qu’elle ne voudrait le reconnaître. À 14 ans, elle cherche encore à dessiner les contours de son identité. Mais il lui manque un morceau du puzzle, tenu secret par Mara : à 18 ans, sa grand-mère s’est enfuie de Lettonie, un pays soumis à la dictature soviétique. (…)  Quand Emma demande à Mara de l’y emmener pour découvrir l’histoire de sa famille, la jeune fille s’est assurée qu’elle ne pourrait pas le lui refuser.

 

La dame des murs fait partie de ces romans qui, une fois refermés, vous hantent encore pendant longtemps. D’une grande sobriété, la plume de Silène Edgar nous conte le chant d’espoir contre toute forme d’oppression à travers le monde. Loin d’être accusateur ou moralisateur, La dame des murs se penche sur plusieurs faits historiques d’un point de vue humaniste.

Tant qu’il existera des personnes comme Mara Galanta, le monde ne pourra que s’améliorer.

C’est aussi l’histoire d’une famille qui apprend peu à peu à s’apprivoiser et à se faire confiance. Emma, adolescente rebelle et sensible, ne sait pas comment réagir face à cette grand-mère froide et austère. Grâce à leur voyage, elle découvrira le passé de Mara et l’aidera à en guérir lesc blessures.

Avec La dame des murs, c’est un récit poignant agrémenté de photos en noir et blanc que nous offre Silène Edgar. Et Paul Beorn n’est pas en reste. En effet, on lui doit la contribution de quatre courtes lettres envoyées à Mara Galanta. Ces dernières sont très émouvante. Comme toujours, ces deux auteurs parviennent à trouver les mots justes.

Comme expliqué plus haut, ce roman est sobre mais les images et idées véhiculées sont percutantes; sans jamais tomber dans le mélodramatique.

De plus, la petite touche de fantastique survenant à un moment du récit est bienvenue. C’était une manière originale de relier passé et présent. Mais je n’en dirai pas plus…

Une lecture, malheureusement très actuelle, que je vous recommande.

 

~Melissande~

 

+ De Silène Edgar, je vous ai déjà présenté  42 jours

+ Paul Beorn a déjà travaillé en collaboration avec cette autrice, notamment sur Lune rousse