Le Chenal – Une BD étonnante

chenalBD Ado/Adulte

Le Chenal

Thierry Boulanger

Couleurs : Olivier Romac

Kotoji éditions (2017)

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Ce roman graphique est un long monologue dans lequel l’auteur s’adresse au lecteur. Il lui raconte ses souvenirs d’enfance liés à ce chenal de Brouage près duquel habitait ses grands-parents, en Charente Maritime. C’est visiblement un amoureux de la mer, de la nature et des oiseaux. Il nous parle aussi des bateaux et des gens qu’il a connu. Des changements que les années ont apporté.

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En voyant la couverture avec ses monstres préhistoriques, je me suis dit que ça devait faire peur, être un peu fantastique et que ça serait très bien pour le challenge Halloween. Pour ça c’est raté, rien à voir !!

Je ne veux pas vous dévoiler la fin de cette histoire. Tout au long de l’album, je me suis demandée ce que ces monstres faisaient là. Il y a bien une raison et l’auteur nous la donne dans un texte à la toute fin du livre. J’ai bien conscience que mon résumé n’est pas à la hauteur… Mais c’est une BD par laquelle il faut se laisser porter, comme on se laisser porter par le courant.

C’est une BD un peu nostalgique, mélancolique… Une BD réservée aux gens qui ont le temps de s’assoir tranquillement pour écouter une histoire. A ceux qui ont le temps de regarder la mer monter dans un chenal.

J’ai beaucoup aimé les très belles illustrations plutôt réalistes de ce roman graphique (120 pages). Et l’objet en lui-même aussi, pour sa couverture solide et la belle qualité du papier (il est très épais, 170 gr), ce n’est pas si courant et c’est bien agréable à feuilleter…

Une belle découverte que je vous recommande !

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https://www.labandedu9.fr/images/projet/32/large/chenal_34.1_-_copie_.jpg

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Le site de l’éditeur

Un projet financé par La bande du 9 (en bas de page de nombreuses illustrations !)

Cette semaine, nous sommes chez Moka

Les enquêtes d’Anatole Bristol

bristolA partir de 9 ans

LES ENQUÊTES

D’ANATOLE BRISTOL

T1 : Le gang des farceurs

Sophie Laroche & Carine Hinder (ill.)

Coll. Pas de géant

Auzou romans (2012)

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Ce tome 1 a reçu le Prix Renaudot des Benjamins 2013.

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Anatole n’aime pas son prénom. Il le trouve démodé, ridicule. Il aurait préféré s’appeler Mattéo ou Lucas, un prénom récent et que tout le monde connaît. Mais c’était le prénom de son grand-père maternel décédé pendant qu’Anatole était dans le ventre de sa mère. En arrivant dans sa nouvelle école, il est aussitôt surnommé “Anatole pot-de-colle” parce qu’il cherche des copains. Quand il rentre en pleurant ce soir là, sa mère lui dit qu’il ne doit pas rougir de son prénom, car c’est celui de son grand-père, un très grand détective.

A partir de ce moment là, Anatole devint “Anatole Bristol – Détective d’école” ! Sa mère lui ayant acheté des fiches bristol, il se met à étudier les faits et gestes des enfants dans la cour. Et pour l’assister dans ses enquêtes, il s’est fait une amie, Philomène.

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Une histoire amusante !

Ce sont les débuts d’un nouvel enquêteur pour les plus jeunes.

Les chapitres sont courts, la police d’écriture assez grosse et les illustrations gaies et colorées. De quoi séduire les jeunes lecteurs qui voudraient lire un livre un peu plus “gros” (il fait 90 pages). L’humour est présent, mais la réflexion aussi (sur l’amitié ou encore la réaction face à une personne malade).

En tant qu’adulte, je l’ai lu avec plaisir, sans m’ennuyer. Ce qui n’est pas toujours le cas avec les romans pour les 7 à 11 ans…

Une série qui compte 11 tomes à ce jour, le dernier est sorti en juin 2020.

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Le site des éditions Auzou

Page de l’autrice sur le site de la mel (Maison des écrivains et de la littérature)

Blog de l’illustratrice

Ultra book de l’illustratrice

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D’autres enquêtes à partir de 9 ans :

Les enquêtes de Ninon et Paul (avec un côté historique), Mystère à la cantine, Enquêtes au Muséum, Le chat des archives

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L’art de ne pas être des moutons – Roman ado

moutons
Savez-vous dire stop ?
Roman ado

L’art de ne pas être des moutons

Christophe Léon

Le Muscadier (2018)

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Yvon vit avec ses parents, exploitants agricoles et propriétaires terriens. Son père est fier sa terre, de ses engins agricoles et c’est aussi un chasseur. Un homme de traditions qui entend les léguer à son fils. La mère travaille avec le père.

P’tit Louis vit seul avec son père depuis le décès de sa mère. Son père est ouvrier à l’usine et travaille de nuit.

Leurs deux histoires vont avoir un point commun : Un centre de vacances doit se construire dans le village. Le père d’Yvon possède une partie des terres sur lesquelles doivent se construire ce centre. P’tit Louis, lui, va rencontrer des zadistes qui sont contre ce projet et occupent le terrain pour empêcher cette construction.

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Dans ce monde où on nous apprend à être obéissant dès notre plus jeune âge, comment ne pas devenir des moutons ? Ce n’est pas toujours facile de dire non, surtout à ses parents, à sa hierarchie… Et ce n’est pas toujours facile non plus de se faire ses propres idées, de ne pas être des moutons.

Nos deux ados vont être confrontés à des choses qui vont les faire réfléchir et qui peuvent se résumer à :

IL FAUT PROTÉGER LA NATURE, IL FAUT PROTÉGER LA TERRE !

Du moins, si nous (l’humanité) voulons survivre bien sûr…

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Le site de l’auteur

Éditions Le Muscadier

De cette maison d’édition, nous vous avons déjà présenté de nombreux titres : Bêtes de pensée et Badalona, Jours de neige, 40 jours d’automne, Station sous-paradis, les mains dans la terreVirée nomade, Phobie, Orient extrême, le 9E continent, l’aigle noir, le réveil de ZagapoïEmma, La peau noire des anges, Plastique apocalypse, Dysfférent, jours de soleil, Sur le dos de la main gauche, Les murs bleus, Trouver les mots , Pipriat Paradise et Faits d’hiver

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Ce livre participe à l’Objectif Pal chez Antigone

(Reçu en juin 2018...)

Il suffirait d’un signe de Tiffany Schmidt

La vie de Mia bascule quand elle apprend qu’elle a une leucémie. Il suffirait d’un signe est l’histoire de son parcours, dans la maladie, mais surtout pour cacher la vérité à ses amis !

il suffirait d'un signeRoman pour adolescents
ès 12 ans

Il suffirait d’un signe

de Tiffany Schmidt

Bayard, 2016
disponible en numérique

 

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Thèmes :
relation ados parents, musique,
mensonge, adolescence, cancer,
maladie, amitié

 

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En commençant Il suffirait d’un signe, reçu dans la box Ebook j’ai vite compris qu’il s’agissait, encore, d’un roman de sick-litt. Cette mode suite à la parution de Nos étoiles contraires de John Green, de roman avec un jeune héros malade. On en a vu passer un bon paquet, et on s’est vite lassé, je trouve. Pourtant dans Il suffirait d’un signe un petit quelque chose a réussi à me happer et j’ai lu ce récit d’une traite. Outre la maladie de Mia, l’héroïne, c’est surtout les relations humaines et la distance qu’impose la maladie qui est mise en avant, avec brio et humour.

 

Mia est une adolescente à la vie parfaite : elle est entourée d’amis, fait partie des pompom girls, réussi en cours, adore le lycée… Quand on lui annonce qu’elle a une leucémie son monde bascule, et elle fait tout pour que ça n’arrive pas vraiment… Elle, si superstitieuse, cherche des signes et se persuade alors qu’il ne faut rien dire à personne. Soutenue en ce sens par sa mère – un personnage détestable de mon point de vue, très attachée aux apparences – elle va alors cacher sa maladie à ses meilleurs amis et même à son petit ami. Seul son voisin, un ami d’enfance, est au courant.

« Qu’est-ce qui se passe ? Dis-moi, je t’en prie.
– J’ai une leucémie, chuchotai-je, le mot redouté me laissant un goût amer dans la bouche.
L’accablante réalité me frappa soudain.
– Mon Dieu ! J’ai un cancer.
Quand Gyver m’attira contre lui, mes yeux se remplirent de larmes.
– Alors, on fait quoi, maintenant ? »

Entre chimio et mensonge, elle a bien du mal à continuer sa petite routine. Il suffirait d’un signe n’est pas un roman triste pour autant. Touchant, bien sûr, mais ce sont surtout les liens entre les personnages qui sont importants : sa relation ambiguë -et prévisible- avec son voisin, son rejet de ses amies, ses parents et leur façon bien à eux de vivre la situation.

S’il n’y a pas de grosses surprises à la lecture de ce roman, le lecteur s’attache tout de même à Mia. Plus les pages passent plus on a envie de la pousser à changer, mais cela fait le charme de l’intrigue.

Un roman touchant centré sur les personnages et leurs relations, même si la maladie reste bien présente au fil des pages. Une belle découverte pour moi dans ma box Ebook !


+ Sur le site de l’éditeur Bayard

+ Première participation à cette 8ème édition du Challenge jeunesse / YA de Mutie !