Un MUR si HAUT – Album

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à partir de 5 ans

Un MUR si HAUT

N. Guilbert & S. Augusseau (ill.)

Des ronds dans l’O jeunesse (2015)

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Deux jeunes enfants, Plume et Timy étaient amis. Ils s’étaient même dit un soir qu’ils étaient amis pour la vie. Ils partageaient tout. Les jeux, les promenades, les secrets, les fous rires et la tristesse aussi. Mais un jour, le Roi bleu du village de Plume se fâcha avec le Roi Blanc du village de Timy… Une dispute si grande que les deux rois décidèrent de ne plus jamais s’adresser la parole. Et comme les rois, c’est bien connu, décident pour tout le monde, ils firent construire un mur immense entre les deux villages. Plume et Timy étaient tristes d’être séparés. Plus que tristes, désespérés…

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Comme ces deux enfants, nous sommes attristés, pour ne pas dire atterrés, par la bêtise humaine… L’être humain se bat depuis la nuit des temps apparemment, et sans toujours bien savoir pourquoi.  Ici ce sont deux rois qui se sont fâchés pour un petit bout de terrain.

J’ai tout aimé : l’histoire, les illustrations et les couleurs. Les dessins sont élégants et les couleurs très douces. Il y a des tampons (?) et des collages qui donnent du relief. C’est plutôt original.

En ce moment, avec la guerre entre l’Ukraine et la Russie, il me paraît important d’expliquer aux enfants que les conflits existent. Mais aussi qu’ils peuvent s’arrêter un jour…

C’est une très belle histoire, et elle finit bien.

De quoi apporter un peu d’espoir ?

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Le site de l’autrice “Rêve de plume”

Un autre album de cette autrice : L’oiseau Lyre

Le site de l’illustratrice, son instagram et son FB

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Trois histoires de réfugiés

Trois

Reportage en BD
Ado / Adulte

Trois histoires de réfugiés

M. Ozkul – R. Phildius – J. De Clerck

Couverture illustrée par Joe Sacco

Coll. Somnambule

La Joie de Lire (2022)

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Cette bande dessinée, comme son nom l’indique, nous parle de 3 personnes, qui ont dû quitter leur pays pour différentes raisons. Lela est Géorgienne. Elle est venue en Suisse pour faire soigner son mari qui souffre de graves problèmes neurologiques. Mais si la Suisse veut bien soigner son mari, Lela et son fils sont priés de retourner d’où ils viennent…

Sri est Tamoul. Il avait 13 ans lorsque la guerre a éclaté chez lui, au Sri Lanka. Plus tard, pour avoir traduit des documents, il se retrouve en prison pendant 3 ans. Il fonde une famille, a deux enfants, mais la reprise des troubles entre Cingalais et Tamouls l’oblige à quitter le pays. Et il va enchaîner les petits boulots pendant des années dans différents pays, sans gagner assez pour subvenir aux besoins de sa famille. Il décide donc de partir aux USA. On est en septembre 2001…

Ali est Afghan, il a 20 ans. Là où il vit, il n’y a pas d’université. S’il veut étudier, il faut aller à Kaboul. Mais pour y aller, il faut traverser des régions contrôlées par des terroristes. A Kaboul, chaque jour, il y a des morts. Ali a peur, il veut partir. Commence alors un long périple qui va passer par le Pakistan, l’Iran, la Turquie puis la Bulgarie…

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Ce n’est pas la première fois que je lis des témoignages de réfugiés. Mais à chaque fois, je suis franchement admirative devant le courage, l’énergie et la patience qu’il faut à toutes ces personnes pour atteindre leur but. Sans compter les privations, les conditions de vie totalement dégradées, la solitude parfois aussi…

Des gens qui, finalement, ne demandent qu’à vivre en paix et à manger à leur faim. Ce que tout le monde souhaite non ?

Ces trois témoignages ont été recueillis par des étudiants de l’ESBDI (l’école supérieure de bande dessinée et d’illustration) fraîchement diplomés et ce roman graphique est leur premier ouvrage publié.

Côté illustration, c’est en noir et blanc. J’ai bien aimé le dessin de la 1ère histoire (Lela) mais j’ai trouvé que ça manquait un peu de décor (d’arrière plan). Le 2ème témoignage est illustré au crayon à papier. Même si le rendu est assez sympathique, j’ai trouvé qu’il y avait trop de hachures et que le dessin était trop statique. Les dessins du 3ème témoignage sont très noirs !

Sur le site de l’éditeur, La joie de lire, vous pourrez voir plusieurs planches.

Mais si le dessin aide bien sûr à faire passer le message, l’important pour moi, ce sont les histoires vécues par ces personnes. Lire ce genre de témoignages aide à mieux comprendre pourquoi tant de gens fuient leurs pays…

A lire et à faire lire
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D’autres bandes dessinées qui parlent d’immigration : L’Odyssée d’Hakim, Les deux vies de Pénélope

Cette semaine, nous nous retrouvons chez Moka, Au milieu des livres

La dame des murs de Silène Edgar

La dame des murs est un roman pour adolescent puissant d’une grande beauté

 

  La dame des murs

de Silène Edgar

Editions Castelmore/Bragelonne, mars 2021,

448 pages- 10,90  euros

Thèmes: Histoire, famille, guerre, voyage dans le temps, fantastique

 

Présentation de l’éditeur:

1961-2021

Mara Galanta est la Dame des murs, chanteuse d’opéra célèbre pour avoir chanté au pied du mur de Berlin en 1972. (…) Rebelle, riche et talentueuse, Mara est aussi une grand-mère peu attentionnée, irritable et solitaire.

Emma est sa petite-fille. Impétueuse et sensible, elle ressemble plus à sa grand-mère qu’elle ne voudrait le reconnaître. À 14 ans, elle cherche encore à dessiner les contours de son identité. Mais il lui manque un morceau du puzzle, tenu secret par Mara : à 18 ans, sa grand-mère s’est enfuie de Lettonie, un pays soumis à la dictature soviétique. (…)  Quand Emma demande à Mara de l’y emmener pour découvrir l’histoire de sa famille, la jeune fille s’est assurée qu’elle ne pourrait pas le lui refuser.

 

La dame des murs fait partie de ces romans qui, une fois refermés, vous hantent encore pendant longtemps. D’une grande sobriété, la plume de Silène Edgar nous conte le chant d’espoir contre toute forme d’oppression à travers le monde. Loin d’être accusateur ou moralisateur, La dame des murs se penche sur plusieurs faits historiques d’un point de vue humaniste.

Tant qu’il existera des personnes comme Mara Galanta, le monde ne pourra que s’améliorer.

C’est aussi l’histoire d’une famille qui apprend peu à peu à s’apprivoiser et à se faire confiance. Emma, adolescente rebelle et sensible, ne sait pas comment réagir face à cette grand-mère froide et austère. Grâce à leur voyage, elle découvrira le passé de Mara et l’aidera à en guérir lesc blessures.

Avec La dame des murs, c’est un récit poignant agrémenté de photos en noir et blanc que nous offre Silène Edgar. Et Paul Beorn n’est pas en reste. En effet, on lui doit la contribution de quatre courtes lettres envoyées à Mara Galanta. Ces dernières sont très émouvante. Comme toujours, ces deux auteurs parviennent à trouver les mots justes.

Comme expliqué plus haut, ce roman est sobre mais les images et idées véhiculées sont percutantes; sans jamais tomber dans le mélodramatique.

De plus, la petite touche de fantastique survenant à un moment du récit est bienvenue. C’était une manière originale de relier passé et présent. Mais je n’en dirai pas plus…

Une lecture, malheureusement très actuelle, que je vous recommande.

 

~Melissande~

 

+ De Silène Edgar, je vous ai déjà présenté  42 jours

+ Paul Beorn a déjà travaillé en collaboration avec cette autrice, notamment sur Lune rousse

Déracinée – Roman enchanteur

DÉRACINÉEDéracinée

Naomi Novik

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Benjamin Kuntzer
J’ai lu

Éd. Pygmalion (2017/vo 2015)

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Déracinée : Le village de Dvernik est bordé d’un bois maléfique. Heureusement, il bénéficie de la protection d’un puissant magicien, le Dragon. Mais celui-ci fait payer très cher ses services…

Tous les 10 ans, il vient et emporte une des jeunes filles du village. En général, c’est celle qui a quelque chose de “plus”. La plus gentille, la plus belle, la plus douée ou la plus populaire.

En cette année du “choix”, tout le monde sait que c’est Kasia qui sera choisie. Elle s’y prépare d’ailleurs depuis plusieurs années. Sa meilleure amie, Agnieszka, n’en doute pas non plus. Pourtant, lorsqu’arrive ce fameux jour, tout le monde est surpris par le choix du dragon. Mais a-t-il réellement eu le choix ???

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Je ne sais plus où j’ai récupéré ce roman. Sa jolie couverture m’a fait tendre la main, le résumé et les mentions “Prix Nébula et prix Locus” ont achevé de me convaincre de le prendre. Et je n’ai pas regretté. Malgré ses 509 pages, je l’ai dévoré en deux jours, me plongeant corps et âme dans cette histoire envoûtante.

Une histoire qui ressemble un peu à un conte slave (nom des villages, des personnages). Le nom du personnage principal est d’ailleurs issu d’un conte que la mère de l’autrice lui lisait lorsqu’elle était enfant.

Une chouette lecture que je ne peux que vous conseiller !

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De la même autrice, paru cette année : Éducation meurtrière me tente beaucoup !

Un roman avec des thèmes communs, une tour, un sorcier et l’apprentissage de la magie : Chroniques de la tour 1 La vallée des loups

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Un roman qui participe à l’Objectif PAL chez Antigone

(en pause cet été)

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Et au tour du monde en 80 livres (États-Unis) chez Bidib

monde

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