Le garçon en fleurs de Jarvis

Un album touchant et unique qui illustre parfaitement le concept de l’empathie

 

Album pour la jeunesse dès 3 ans

Le garçon en fleurs

de Jarvis

Ed. Kaléidoscope (L’école des loisirs), mars 2022,

ill. de Jarvis,

13 euros

Thèmes: amitié, maladie, fleurs, émotions, empathie

 

Présentation de l’éditeur: “Il s’appelle David. C’est le garçon aux cheveux fleuris, et c’est aussi mon meilleur ami. Mais, un jour, alors que j’arrosais les cheveux de David, un de ses pétales m’est resté dans la main. “

La couverture cartonnée est originale! Très sobre, on y aperçoit en gros plan le visage de David et les tiges fleuries lui servant de chevelure. Ces dernières se découpent sur un fonds blanc et leur relief donne une impression de mouvement.

Dans Le garçon en fleurs, la différence est à l’honneur. En effet, en plus de David, on compte parmi les camarades de classe du narrateur une petite fille en fauteuil roulant. Tous les enfants sont solidaires et grâce à l’intervention de son ami, David va peu à peu recouvrer sa joie de vivre. Le garçon en fleurs est donc avant tout une histoire d’amitié. Car, grâce à l’affection que lui porte son meilleur ami, David va pouvoir surmonter une épreuve douloureuse (on ne saura jamais laquelle mais c’est un procédé intelligent pour que l’enfant puisse s’identifier plus facilement).

Jarvis a trouvé une belle façon de transmettre son message: Le garçon en fleurs raconte tout en pudeur le désarroi mais aussi le retour de l’espoir dans le coeur d’un petit garçon pas comme les autres.

Les couleurs vives apportent beaucoup de joie, le contraste est d’autant plus renforcé lorsque David arbore ses branches dénudées. C’est simple mais efficace!

 

Une pépite à placer entre toutes les petites mains!

 

~Melissande~

 

+ un album pour les plus jeunes sur le thème de la différence: La différence de Jeanne Willis et Tony Ross, présenté par Hérisson.

 

+un album adulte tout en sensibilité: La différence invisible de Julie Dachez et Mademoiselle Caroline, présenté par Nathalie.

 

Les yeux fermés de Catherine Latteux

Un album à la beauté subtile et envoûtante!

Album pour la jeunesse dès 3 ans

Les yeux fermés

de Catherine Latteux

et Célina Guiné

 

Ed. Deux, ill. de Célina Guiné, novembre 2021, 32 pages- 18,95 $

 

Thèmes: nature, poésie, différence

 

Présentation de l’éditeur:

“Moe joue de la musique pour son amie. Au milieu d’un silence, la fillette se lève.

– Que fais-tu Lily?

Mais déjà Lily ne l’écoute plus. Elle disparaît au bout de l’allée…”

 

Cet album respire la poésie! C’est un récit de toute beauté que nous offre Catherine Latteux. Avec Les yeux fermés, le lecteur porte un regard différent sur le monde qui l’entoure. La nature devient un lieu d’exploration magique. Les enfants tout comme les adultes seront séduits par ce récit atypique.

Avec beaucoup de fantaisie, Célina Guiné nous fait découvrir le monde de Lily. Dans Les yeux fermés, les images enchanteresses se succèdent. Peu à peu, le texte faisant écho aux délicates illustrations, on devine que Lily a une particularité (je ne vous dévoilerai évidemment pas laquelle). C’était une belle surprise, même si le titre aurait pu me mettre la puce à l’oreille.

 

De plus, les tons sont délicats et harmonieux. Dans Les yeux fermés, les illustrations sont loin d’être conventionnelles. Certaines sont même métaphoriques. Célina Guiné a vraiment fait du très beau travail pour accompagner les mots de Catherine Latteux! Je pense notamment aux 2ème et 3ème de couvertures très soignées: une délicate brise emporte plumes et plantes par-delà des massifs fleuris.

 

En somme, cet album est un coup de coeur que je vous invite à découvrir!

 

~Melissande~

 

+ Hérisson vous a présenté un autre album de Catherine Latteux : Leo et Lionnie (illustré par Mattéo Gubellini)

+J’ai adoré le travail de Célina Guiné sur cet album que je vous ai présenté il y a un moment : Le glacier qui refusait de fondre d’Hélène Gloria

Rat et les Animaux moches – BD ♥

RatBD tout public
A partir de 7/8 ans

Rat et les Animaux moches ♥

Sibylline & Jérôme d’Aviau (ill.)

Lettrage : Capucine

Éditions Delcourt (2018)

*****

Rat habitait dans une maison bien jolie. Mais la mère Patate ne voulait pas de lui. Pourtant il faisait bien le ménage ! Alors Rat décida de s’en aller. Son sac de miettes sur le dos, il se mit à marcher joyeusement. Mais… partout où il passait, les gens le caillassaient, les chats le chassaient. On le trouvait dégoûtant.

Pourtant il mangeait toutes les miettes, faisait le ménage sous les meubles, débouchait les canalisations. Mais non, les gens n’étaient pas contents. Alors il se remit en route. Il faisait nuit. Il arriva quelque part. Dans le noir, il y a des yeux, des tas de gros yeux.

En fait, il était arrivé au village des animaux moches qui font un petit peu peur. Ils avaient peut-être de drôles de têtes, mais Rat se rendit compte qu’ils étaient très gentils. Mais aussi tristes un peu tout le temps… Alors il décida d’essayer de les aider.

*****

Deux remarques à propos de cette bd :

La 1ère : Jamais je n’aurai lu cette bd si elle n’avait pas été présentée par mes camarades de la BD de la semaine. Et ça aurait été bien dommage, parce que c’est une lecture qui m’a beaucoup plu !

Mais je trouve que la couverture verte et noire n’est pas des plus attirantes. Et je ne suis pas vraiment fan des rats (ou autres animaux moches d’ailleurs !) Seul le titre (plutôt rigolo) aurait pu faire que je l’ouvre.

La 2ème : En fermant cette bd, moi qui d’ordinaire n’aime pas lire les BD à haute voix, je me suis dit “ça serait une super lecture à faire pour une réception de classe ou une heure du conte !

Ensuite j’ai vu qu’il y avait un spectacle tiré de cette bande dessinée. Et même une version à écouter. Il faut dire aussi que le texte n’est pas dans des bulles comme dans une bd “classique” mais sous l’image. Ce qui en fait un hybride, à mi-chemin de l’album et de la bd.

Une très belle découverte
que je vous conseille vivement de lire à vos enfants, cela ne peut que leur plaire
(et à vous aussi !)
*****

Lire les 30 premières pages (site de l’éditeur)

D’autres avis : Le Petit carré jaune, L’ourse bibliophile, Moka

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La BD de la semaine est en pause pour la période estivale.

Mais je continuerai à vous présenter mes lectures de BD tous les mercredis (et parfois d’autres jours aussi !).

Lewis. Caméléon métis de Justine Jotham et Sophie Hirsch #roman

Lewis Caméléon métis : Une belle manière d’aborder le thème de l’appartenance à un groupe

Lewis caméléon métis

Roman pour la jeunesse dès 8 ans

Lewis
Caméléon métis

de Justine Jotham
et Sophie Hirsch

Ed. Poulpe fictions, ill. de Sophie Hirsch, août 2020, 168 pages- 9,95 euros

Thèmes: deuil, identité, racines, différence, voyage, immigration, tolérance

 

Présentation de l’éditeur: “Adopté par la joyeuse famille des Dupont-Durand, Lewis pourrait avoir la vie douce si les autres animaux du quartier ne se moquaient pas sans cesse de sa drôle de démarche ou de sa couleur de peau (jamais la même et, pourtant, jamais la bonne, selon eux). Né d’une mère lézard et d’un père caméléon qu’il n’a jamais connu, Lewis s’interroge sur ses origines. Il n’a qu’une hâte : découvrir la Gwaraïbe ! Surprises et amitiés l’y attendent, dans ce voyage qui pourrait bien changer sa vie.”

 

Lewis caméléon métis est un chouette roman explorant divers thèmes tels que l’adoption, l’identité ou encore le retour aux sources. Bien que Lewis soit un animal, il est très facile de s’y identifier. Notre lézard-caméléon est un personnage attachant en quête de reconnaissance. En effet, c’est auprès de ses pairs qu’il cherche des réponses à ses questions existentielles.

Le récit est accessible aux plus jeunes grâce à l’écriture fluide et sans fioritures de Justine Jotham. Petite originalité supplémentaire, un proverbe créole introduit chaque chapitre. C’est tout simplement génial!

Avec beaucoup d’humour et de légèreté, Lewis caméléon métis livre un message universel: celui de l’acceptation de soi. Quant aux illustrations de Sophie Hirsch, elles renforcent le côté humoristique tout en apportant une petite touche de fraîcheur.

Lewis et ses amis sont tout simplement adorables! Mine de rien, de nombreuses thématiques actuelles sont évoquées comme par exemple l’expatriation. Même si l’ensemble du récit reste une aventure parfois cocassse, le fonds lui est plutôt sérieux. En somme, une manière sensible et délicate de traiter d’évènements dramatiques survenus dans certains endroits du monde.

Lewis caméléon métis est une belle découverte. C’est le tome 8 d’une série éditée par les éditions Poulpe fictions, série nommée “Nos amies les sales bêtes” (ce qui est plutôt comique vous en conviendrez).

Il me tarde de lire les autres tomes!

 

~Melissande~

 

+ Un autre album sur le thème de la différence, présenté par Hérisson: La différence de Jeanne Willis et Tony Ross

+ Pour découvrir le travail de Sophie Hirsch, c’est par ici