“Un monde à inventer” de Stéphanie Demasse-Pottier et Magali Dulain

Un album en noir et blanc reflétant à merveille le pouvoir de l’imagination

Album pour la jeunesse dès 7 ans

Un monde à inventer
de Stéphanie Demasse-Pottier
et Magali Dulain

Editions L’étagère du bas, octobre 2020,
32 pages- 13,20 euros

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Thèmes: art, imagination, expressions artistiques, monde intérieur

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Présentation de l’éditeur: “Une petite fille se promène au gré de ses réflexions, de ses inspirations et de ses découvertes. Le chemin de la création est sans fin… Au fil de sa promenade, au milieu des arts, l’enfant finira-t-elle par trouver son propre chemin?”

 

Cet album en noir et blanc est une véritable ode à l’imagination. Il explore avec délicatesse les différentes formes d’expression artistique.

Sur la première double-page d’Un monde à inventer, une étrange petite fille à la chevelure sumontée d’un paysage se met en mouvement. Elle découvre un carnet sur le sol et s’interroge. Sur la page de garde, elle se saisit du carnet et l’aventure peut commencer…

Les décors sont sobres et stylisés. Notre héroïne évolue dans son propre monde, un univers qu’elle façonne au gré de ses envies et de ses besoins. C’est un très beau message que nous livrent les illustrations de Magali Dulain et le texte de Stéphanie Demasse-Pottier.

Pour animer cet album original, Magali Dulain a utilisé une seule technique: un crayon épais noir. Et cela a donné naissance aux dessins épurés d’Un monde à inventer. Quant au récit, il est simple et efficace. En effet, en quelques lignes, Stéphanie Demasse-Pottier parvient à donner corps aux plus belles formes de créativité. On y retrouve le dessin, la peinture ou encore la musique. La danse y est même représentée sur les 3ème et 4ème de couverture.

La petite fille (dont on tait le nom) s’initie donc à tous les arts, y compris la photographie. Elle se cherche en réinventant son monde.

Un monde à inventer est donc un ouvrage peu commun, poétique et novateur. Quelle meilleure manière de faire prendre conscience aux enfants qu’ils possèdent tous un don qu’il leur faudra exploiter afin de faire vivre leur monde intérieur?

En somme, une très belle découverte!

 

~Melissande~

 

+La chronique de Un monde à inventer, par Nicole Tharin sur ricochet-jeunes.org

+Un autre album évoquant la poésie de l’enfance:   Tu te souviens de Zoran Drvenkar et Jutta Bauer (présenté par Nathalie)

Mon coeur de Corinna Luyken

Un album tout en douceur pour apprendre aux petits à décrypter leurs émotions

mon coeur couverture

Album pour la jeunesse dès 5 ans

Mon coeur

de Corinna Luyken

Editions Kaléidoscope, octobre 2020,

texte et illustrations de Corinna Luyken,

40 pages, 13 euros

 

Thèmes: émotions, sentiments, enfance, amour

 

 

Présentation de l’éditeur:

“Quelques fois il se brise,

oui, mais tout se répare,

et un coeur verrouillé

peut se rouvrir plus tard.

Il n’est pas toujours facile de comprendre et d’acccepter les émotions changeantes qui nous animent. Cet album tout en délicatesse explore avec bienveillance le langage de notre coeur.”

 

La couverture donne le ton, nous avons un album très délicat entre les mains. Tout comme cette petite fille qui se penche afin de cueillir son coeur avec beaucoup de précaution, tournons les pages de cet ouvrage peu ordinaire…

 

Mon coeur est un album très tendre et poétique. L’autrice n’utilise que des tons noirs, gris ou jaunes; elle parvient cependant à transmettre un panel d’émotions! L’histoire est simple mais efficace. La petite protagoniste nous décrit ses sentiments selon les situations avec des images très précises. Le texte est écrit en rimes, ce qui lui confère une certaine musicalité.

 

Les illustrations de Mon coeur  sont sobres et faciles à interpréter. Au fil des pages, le petit lecteur se rend compte que son coeur peut vivre mille choses, positives ou non et que c’est à lui d’en décider. Une très belle conclusion qui permet aux enfants de ne pas se sentir coupable face à certains ressentis.

 

Mon coeur est une oeuvre très délicate que je vous invite à découvrir.

 

 

~Melissande~

 

+Un challenge d’albums sur les sentiments présenté par Nathalie

+Une autre manière de parler de certaines émotions avec les plus grands: Nuit étoilée de Jimmy Liao

Vent d’hiver – Petites histoires

Petites histoires pour réchauffer les jours froids
A partir de 7 ans

vent

VENT D’HIVER

Carl Norac & Gerda Dendooven

La Joie de Lire (2020)

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Présentation de l’éditeur : Ce livre rassemble de petits textes poétiques, tour à tour drôles ou oniriques, sur l’hiver. Le mariage puis le divorce de Madame Hiver et de Monsieur Printemps, les péripéties d’un bonhomme de neige au mauvais caractère, un hiver peu pressé de laisser sa place, l’invention du rhume… autant d’aventures qui parlent de saisons, de neige, de froid… à se raconter au coin du feu ! Car comme le dit l‘auteur dans une de ses poésies : « Des quatre saisons, l’hiver est celle qui raconte le plus d’histoires ! »

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De Carl Norac, je connais et j’adore les petits albums avec Lola (Les mots doux, Un bisou c’est trop court, L’île aux câlins…), délicatement illustrés par Claude K. Dubois. Je suis d’ailleurs surprise que l’on n’en ai présenté aucun sur le blog !! Mais je ne le savais pas poète. Alors qu’il a été nommé Poète National de Belgique en 2020.

Pour en revenir à ce recueil de petites histoires hivernales, si j’ai bien aimé la plupart de ces récits sur l’hiver, la neige, le froid, je n’ai pas du tout aimé les illustrations. Je ne sais pas du tout ce que c’est comme style ou comme technique, mais ça ne m’a pas plu.Ni le côté “flou”, ni les “tâches” un peu plus sombres que l’on voit ici et là (liées à la technique employée je pense). Bref, trop original pour moi !

Ceci dit, si cela plaît au public visé, à savoir les enfants (souvent beaucoup plus “ouverts” que moi) c’est le principal !

https://files.picturebookmakers.com/images/posts/20190205-gerda-dendooven/9.jpg

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Voir quelques pages avec d’autres illustrations sur le site de l’éditeur

De cet auteur, nous vous avons déjà présenté le très joli conte musical “Swing Café

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Un recueil d’histoires hivernales qui participe au Challenge Christmas Time chez Mya

christmas time

Ainsi qu’à l’Objectif PAL de Décembre chez Antigone

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

L’oiseau captif de Jasmine Darznik

Un récit émouvant et juste qui rend hommage à la merveilleuse Forrough Farrokhzad

l'oiseau captif

Roman pour adultes, littérature étrangère

L’oiseau captif

de Jasmine Darznik

 

 

Editions Stéphane Marsan, octobre 2018,

394 pages, 20 euros

 

Thèmes: poésie, Iran, féminisme, biographie romancée

 

 

Présentation de l’éditeur:

«Souviens-toi du vol, car l’oiseau est mortel.»

Forough Farrokhzad (1935-1967)

 

Forough Farrokhzad a grandi à Téhéran dans les années 1930. Dans la maison règne une discipline de fer, et les filles n’apprennent qu’une chose: l’obéissance. Très tôt, pourtant, Forough manifeste un vif intérêt pour la poésie persane et commence à écrire. À seize ans, elle épouse Parviz, sur décision de son père qui tient à éviter un scandale. Mais cet homme n’est pas exactement celui qu’elle imaginait. Pour se soustraire à ce mariage étouffant, elle s’évade et reprend la plume. Entre ses vers se devine une femme qui ne fait pas semblant de vivre. Une femme qui révolutionnera la scène littéraire iranienne et ne reculera devant rien pour célébrer la beauté du désir au féminin.

Le portrait inspirant et provocant d’une femme courageuse qui fut la figure de proue du féminisme en Iran.

 

 

L’auteur nous offre ici un magnifique hommage à Forough Farrokhzad, poétesse iranienne et femme moderne éprise de liberté. Jasmine Darznik décrit avec justesse et pudeur les élans passionnels mais aussi la souffrance de cette jeune femme dont la vie a été brisée. Au détour des pages, on ressent la chaleur étouffante des jours d’été mais aussi la fraîcheur et les fragrances enivrantes du jardin. D’ailleurs, ce lieu paradisiaque aura beaucoup d’importance dans ses souvenirs de jeune fille. Forrough se souviendra longtemps de sa mère au jardin, les seuls moments où cette dernière semblait heureuse.

 

On ne peut s’empêcher de trembler pour la jeune poétesse et même si l’on connaît son funeste destin, on espère qu’elle sera heureuse au moins à un moment de sa vie. Mais sa fin tragique nous ramène à la dure réalité: celle d’un pays où les femmes sont séquestrées dans leur esprit et dans leur corps. Un lieu aride, vide de passion où on leur inculque que leur vie ne leur appartient pas, qu’il faut obéir et surtout se taire.

 

Je salue le courage et la rage de vivre de cette jeune femme qui avait pour unique but de partager son amour de la poésie. J’ai été très touchée par l’histoire de Forrough et la plume de l’auteur n’y est pas étrangère. Quelle beauté, quelle sensibilité, quelle finesse, quelle fluidité dans les mots…

 

Avec beaucoup de tendresse et de candeur, Jasmine Darznik décrit avec exactitude les émotions de l’enfance dans la Téhéran d’antan, cité aux milles couleurs et odeurs en perpétuel mouvement.

 

Émouvant et sublime!

 

~Melissande~

 

+ Ce court roman intense sur le droit des femmes en Iran présenté par Hérisson: “La muette” de Chahdortt Djavann

+ Une BD plus légère sur la vie d’une famille de femmes en Iran présentée par Nathalie: Broderies de Marjane Satrapi

+ L’avis de  Jérome Cayla  (Les chroniques de Goliath) sur “L’oiseau captif” de Jasmine Darznik