Les chaussures de l’hippopotame de David Dumortier et Pierre Pratt

Des séquences de vie poétiquement absurdes, Les chaussures de l’hippopotame est un régal!!!

les chaussures de l'hippopotame

Album pour la jeunesse dès 6 ans

Les chaussures de l’hippopotame

de David Dumortier

et Pierre Pratt

 

Ed. Motus, ill. de Pierre Pratt,
coll. Pommes pirates papillons,
mars 2021, 64 pages -12,50 euros

 

Thèmes: nature, poésie, humour, imaginaire, fantastique absurde

 

Présentation de l’éditeur: “Des ciseaux mal écrits par un enfant sont devenus des oiseaux. Maintenant ils coupent le vent tout ça à cause d’un enfant qui faisait des poèmes dans ses fautes.

30 poèmes magiques pour s’étonner, sourire des petits riens qui font tout et de tout le reste qui n’est pas rien…”

 

J’adore ce style d’album! Les chaussures de l’hippopotame est l’une des oeuvres les plus originales découvertes ces deux dernières années. David Dumortier nous offre une bulle hors du temps, les instants volés d’un quotidien peu banal…

Quant aux illustrations de Pierre Pratt, elles permettent à ses  poèmes de prendre leur envol. C’est délicieusement absurde et on en redemande!

La première de couverture est très colorée mais par la suite, ce sont plutôt les tons ocres, noirs, blancs et orangés qui dominent dans cet album.

Dans un numéro de magicien, Un homme se transformait, En hippopotame. Quand il redevenait un homme. Ses chaussures étaient toujours. Pleines de boue.

Petit plus, l’objet livre est très agréable au toucher grâce au papier granuleux et le petit format est pratique. L’esthétique de cet album a été très bien pensé!

Bref, Les chaussures de l’hippopotame est un chouette recueil de poèmes à découvrir!

 

~Melissande~

 

+ Pour découvrir le travail de Pierre Pratt via son site officiel, c’est par ici

+L’avis de Nauriles du blog Les lectures de Naurile

+ Pour d’autres hippopotames, c’est par là ;)

Les yeux fermés de Catherine Latteux

Un album à la beauté subtile et envoûtante!

Album pour la jeunesse dès 3 ans

Les yeux fermés

de Catherine Latteux

et Célina Guiné

 

Ed. Deux, ill. de Célina Guiné, novembre 2021, 32 pages- 18,95 $

 

Thèmes: nature, poésie, différence

 

Présentation de l’éditeur:

“Moe joue de la musique pour son amie. Au milieu d’un silence, la fillette se lève.

– Que fais-tu Lily?

Mais déjà Lily ne l’écoute plus. Elle disparaît au bout de l’allée…”

 

Cet album respire la poésie! C’est un récit de toute beauté que nous offre Catherine Latteux. Avec Les yeux fermés, le lecteur porte un regard différent sur le monde qui l’entoure. La nature devient un lieu d’exploration magique. Les enfants tout comme les adultes seront séduits par ce récit atypique.

Avec beaucoup de fantaisie, Célina Guiné nous fait découvrir le monde de Lily. Dans Les yeux fermés, les images enchanteresses se succèdent. Peu à peu, le texte faisant écho aux délicates illustrations, on devine que Lily a une particularité (je ne vous dévoilerai évidemment pas laquelle). C’était une belle surprise, même si le titre aurait pu me mettre la puce à l’oreille.

 

De plus, les tons sont délicats et harmonieux. Dans Les yeux fermés, les illustrations sont loin d’être conventionnelles. Certaines sont même métaphoriques. Célina Guiné a vraiment fait du très beau travail pour accompagner les mots de Catherine Latteux! Je pense notamment aux 2ème et 3ème de couvertures très soignées: une délicate brise emporte plumes et plantes par-delà des massifs fleuris.

 

En somme, cet album est un coup de coeur que je vous invite à découvrir!

 

~Melissande~

 

+ Hérisson vous a présenté un autre album de Catherine Latteux : Leo et Lionnie (illustré par Mattéo Gubellini)

+J’ai adoré le travail de Célina Guiné sur cet album que je vous ai présenté il y a un moment : Le glacier qui refusait de fondre d’Hélène Gloria

Antigone peut-être – Album poétique ♥

AntigoneAntigone peut-être ♥

Martine Delerme

éd. Cipango (2022)

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Ouvrage paru dans une première édition en 2007 chez Panama

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Présentation éditeur : Elles s’appellent… Tatiana, Fatia, Juliette, Dolma, Keïko, Émilie, Antigone peut-être…

Martine Delerm livre avec cet ouvrage un témoignage fort et poétique sur l’enfance sacrifiée, particulièrement celle des filles, éternelles prisonnières des barbelés que leur tisse le monde, auxquelles est donnée ici une voix multiple.

Avec une postface inédite et le texte intégral en fin d’ouvrage.

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Une couverture aux dessins très doux. Un titre un peu intrigant. Voilà ce qui m’a tenté dans cet album. Je l’ai lu plusieurs fois depuis qu’il est arrivé chez moi. Et puis, je ne savais pas. Comment le présenter, comment en parler.

Parce qu’il m’a donné la chair de poule, qu’il m’a fait pleurer. Il est terrible ce poème (car c’en est un). En quelques phrases, on voit tout, on ressent tout. La guerre, la misère, l’enfermement.

Je mentirais si je disais que c’est amusant. C’est une sorte de constat implacable. Et presque sans espoir. Sauf, peut-être…

A lire, relire et faire lire.
Sans hésiter.

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Découvrir d’autres beaux albums aux éditions Cipango.

Le mythe d’Antigone, j’en avais entendu parler depuis longtemps, sans vraiment savoir de quoi il s’agissait. C’est un autre album qui m’a renseigné et donné envie de lire la pièce.

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Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

PREFERENCE SYSTEME – BD SF

Preference

PREFERENCE SYSTEME

Ugo Bienvenu

Denoël Graphic (2019)

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Yves travaille dans une société qui sauvegarde tous les fichiers de l’humanité. Les films, la musique, les livres, les discours politiques, tout est stocké informatiquement. Son boulot consiste à apporter les “dossiers” à des juges qui décident de les effacer ou non en fonction de l’intérêt qu’ils suscitent.

Aujourd’hui il doit leur apporter le dossier de 2001 : l’odyssée de l’espace. Le film, mais également tout ce qui le concerne, les différentes versions du scénario, les partitions musicales, les photos du tournage… Il va essayer de le sauvegarder, mais les juges seront impitoyables. Pour que tout le monde puisse stocker ses photos de vacances ou ses vidéos Youtube, il faut faire de la place…

Alors Yves va tricher et prendre des risques. Il va sauvegarder dans Mikki, le robot, tout ce qu’il trouve beau. Des films, de la poésie…

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Décidément, qu’est-ce qu’ils tous, à vouloir me faire aimer leurs robots ?? Encore une fois (voir le robot de DESCENDER), je vous mets au défi de ne pas être ému par Mikki, le robot à tout faire (même le bébé !!) de cette histoire. Une histoire de science-fiction certes, mais est-elle si loin de la réalité ?

Cette femme qui fait porter son bébé par son robot par peur de voir son corps se déformer, est-ce loin des préoccupations esthétiques de notre siècle ? Ces œuvres que l’on efface pour faire de la place aux photos de vacances de Mr tout le monde, n’est-ce pas ce que les réseaux sociaux “participent à faire” tous les jours ? On regarde des vidéos de chats et de bébés “trop” mignons alors qu’on pourrait ouvrir/cultiver son esprit avec de la littérature, de la musique, de la poésie…

Je ne jette la pierre à personne hein ? Je constate, c’est tout…

La première partie de ce roman graphique (en ville) est assez froide, un peu figée. La deuxième partie (à la campagne) est plus douce et très poétique !

Une lecture très intéressante, qui m’a beaucoup plu !

(malgré mes à priori de départ car le dessin et les couleurs ne m’attiraient pas trop)

Je viens de voir qu’Ugo Bienvenu vient de sortir un nouvel album : TOTAL

Un auteur que je vais suivre !

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Sensation

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.

Arthur Rimbaud – Mars 1870

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Grand Prix de la critique ACBD 2020

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Sur son compte Instagram, vous pourrez voir de nombreuses illustrations.

Ils en ont parlé avant moi : Jérôme, Noukette, Pativore et Sur mes brizées

Lire le début (site de l’éditeur)

Du même auteur, j’ai également lu Paiement accepté (non présenté sur ce blog, mais j’ai bien aimé même si j’ai toujours un peu de mal avec les couleurs flashy !)

et TOTAL (Histoire d’un businessman – Intéressant mais cynique et trop “philosophique” pour moi)

Cette semaine, nous sommes chez Moka