Persuasion – Mois anglais !

Persuasion

Persuasion

Jane Austen
Christian Bourgois éditeur (1980)
Première édition 1818
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Persuasion

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Tout au long de ce roman, on suit la jeune Anne Elliot. On apprend à connaître sa famille, c’est à dire son père Sir Walter Elliot, Baronnet et propriétaire du château de Kellynch, personnage sot et vaniteux, sa sœur aînée, Elizabeth, très semblable à son père et Mary, la sœur cadette, seule à être mariée (hypocondriaque et franchement pénible !).

Sir Walter étant plutôt dépensier, vint un moment où, les finances s’épuisant, il fallut prendre une décision. Ne souhaitant à aucun prix vendre son château, Sir Walter accepta finalement de le louer et de partir vivre à Bath.

Anne n’aimait pas Bath, mais personne ne lui demanda son avis. A 27 ans, elle avait l’habitude d’être considérée comme une quantité négligeable, une fille gentille et serviable, mais qui, fait criminel aux yeux de son père, avait perdu le premier éclat de la jeunesse… A 19 ans, très amoureuse, elle avait été demandée en mariage par le Capitaine Wentworth. Mais celui-ci n’ayant aucune fortune vit sa demande rejetée par Sir Walter. Anne n’ayant jamais véritablement oublié ce premier (et unique !) amour, son visage s’était vu marqué par ce renoncement.

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J’ai toujours un peu de mal à entrer dans ce genre de roman : le temps de me familiariser avec tous les personnages d’une part et avec l’écriture d’autre part. Mais une fois qu’on est dedans, on se laisse porter par l’histoire.

Anne est une héroïne simple, modeste, intelligente et cultivée mais très réservée. Réserve qui provient peut-être aussi d’une certaine tristesse. Celle d’avoir perdu sa mère tout d’abord, puis d’avoir été dans l’obligation de refuser la demande en mariage du Capitaine Wentworth…

Tous les personnages de cette histoire sont bien « travaillés » en ce sens qu’aucun ne laisse indifférent. Soit on les aime bien, soit on les déteste, mais aucun n’est « transparent » comme cela arrive parfois dans les personnages secondaires.

L’histoire est relativement simple, mais il y a tout de même quelques rebondissements qui font qu’on ne s’ennuie jamais tout au long de ce joli roman !

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Lu grâce à Agnès dont c’est le roman préféré de cette auteure.

L’avis de Lou (un tout petit peu moins enthousiaste)

De Jane Austen, j’avais déjà lu (et vu !) l’an dernier « Orgueil et préjugés » (présenté sur un autre site mais toujours dans le cadre du Mois Anglais).

Un site entièrement consacré à Jane Austen (en français)

The Jane Austen Center (en anglais) – Pour les grands fans, il y a un festival à Bath en septembre (voir sur le site)

Sur France Culture, 4 épisodes de « la compagnie des auteurs » consacrés à Jane Austen.

Persuasion en pdf (version anglaise)

Persuasion en pdf (version française traduction de 1882)

Ce roman participe au Mois Anglais chez Lou & Cryssilda, ainsi qu’au Challenge « je (re)lis des classiques« .

Persuasion

classiques

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

L’âme soeur – Roman adulte

âme

L’âme sœur

Agnès Karinthi
Collection Hélium
L’Astre Bleu (2018)
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Depuis des années, Philippe Bérichon essayait de retrouver Anne, son amie d’enfance, son âme sœur. Mais impossible de la retrouver car il ne connaissait pas son nom de famille et ses quelques demandes à la mairie ou l’école n’avaient pas reçues de réponse. Pourtant, un jour, en rangeant le garage de ses parents, il tombe sur un carton contenant ses affaires de CE2… Et dans ce carton, en plus d’une photo de classe, il trouve un dessin signé d’Anne. Il connaît enfin son nom, il va pouvoir la retrouver…

Le roman commence le dimanche 4 janvier 2015, Philippe est enfin devant la porte d’Anne :

Cette fois, ce n’est plus un rêve. Il l’a retrouvée. Il prend une longue inspiration et sonne. Le visage d’une femme jeune s’encadre dans l’entrebâillement de la porte. Philippe ébauche un sourire.

« Tu me reconnais ? »

Il lui tend un bouquet de roses. Elle élargit suffisamment l’ouverture pour passer le bras et attraper les fleurs, mais ne fait pas un geste de plus. Ils s’observent quelques instants dans un profond silence.

Il sourit, encourageant.

« Ça fait des semaines que je te cherche. Ça n’a pas été facile de te retrouver. Tu n’as pas de compte Facebook ni Twitter.

– Je n’en veux pas.

– Pas grave. Je n’en suis pas fan, moi non plus. Je me suis débrouillé autrement. »

Il la dévisage avec un plaisir qu’il ne cherche pas à cacher.

« Tu n’as pas changé. Les mêmes cheveux, les mêmes yeux »

Comme elle ne réagit pas, il insiste.

« Tu vois qui je suis ? Tu me reconnais ? »

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Voilà un roman qui ne restera pas longtemps sur votre table de chevet une fois entamé. Je l’ai commencé le matin, et terminé l’après-midi… Ce n’est pas un polar, mais il y a du suspense ! Il y a tellement de secrets, de non-dits… Des choses que l’on sent, que l’on devine même, mais d’autres qui nous tombent sur le coin de la figure sans qu’on s’y attende !!

Il faut dire que le personnage principale, Anne, est amnésique depuis l’âge de 9 ans et que sa mère ne l’aide pas vraiment à retrouver la mémoire. Tout ça donne une drôle d’ambiance par moments, avec des personnages auxquels on s’attache (enfin pas tous hein ! ) d’autres au contraire dont on se méfie rapidement et qu’on ne voudrait surtout pas rencontrer…

Ce roman a un point commun avec le premier roman de l’auteure : A la fin de « Quatorze appartements », j’étais sous le charme du personnage principal, une femme avec qui j’aurai volontiers passé un moment à discuter. Ici, c’est pareil, j’ai eu la même impression. On se sent proche d’Anne, on s’attache à elle, on la plaint aussi, on aurait envie de mieux la connaître, voire de l’aider…

Un roman qui m’a beaucoup plu et dont je vous recommande bien évidemment la lecture !

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De cette auteure, j’avais déjà lu et présenté (sur un autre site) : Quatorze appartements.

Relire Hopper -Mai en nouvelles

Hopper

Relire Hopper

Anthologie présentée par Alain Cueff
Éd. de la Réunion des Musées Nationaux (2012)
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7 auteurs pour 7 nouvelles
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J’aime Edward Hopper et la couverture de ce recueil de nouvelles, avec ce morceau de tableau, ne pouvait que m’attirer. Merci à Blandine d’y avoir pensé !

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https://imgc.allpostersimages.com/img/print/affiches/edward-hopper-nightawks-noctambules-ou-les-oiseaux-de-nuit-1942_a-G-9315082-9118560.jpg

Nightawks – 1942 – Un de ses tableaux les plus connus

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Ce que j’aime dans les tableaux d’Edward Hopper, c’est l’ambiance. Elle n’est pas toujours très gai, je ressens souvent la solitude, la déprime parfois, des gens qui peuplent ses peintures… Ce sont des instantanés de la vie courante, figés dans le temps, et pourtant j’adorerais aller me promener dans ses tableaux ! J’ai envie de savoir qui sont les personnages, ce qu’ils font, où ils vont… Et je n’ai pas cette « empathie » ou cette curiosité avec tous les tableaux ou tous les peintres.

J’ai dû mal à expliquer pourquoi ça me plait autant. Les couleurs ? Le style ? Non, je crois vraiment que c’est « l’atmosphère » qui se dégage de ses tableaux et sans doute aussi la solitude qu’on perçoit chez les personnages.

Et dans les nouvelles de ce recueil, on retrouve un peu cette même ambiance.

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1) La plus belle chose au mondeNorman Mailer

Un vagabond sans le sou se fait piéger par des joueurs de billard pas très honnêtes.

La « morale » de l’histoire pourrait être : « Il en faut parfois peu pour être heureux… »

2) L’homme soucieuxGrace Paley

Un homme marié s’intéresse d’un peu trop près à sa voisine…

Où comment passer près de la mort peut changer radicalement votre vision de la vie ! J’ai moyennement apprécié cette nouvelle dont le style ne m’a pas convaincue.

https://www.edwardhopper.net/images/paintings/newyork-movie.jpg

New York Movie – 1939

3) Le rien qui n’est pas làLeonard Michaels

Ce n’est pas vraiment une nouvelle. Plutôt un essai sur l’œuvre de Hopper en se basant sur un tableau que l’auteur, de son propre aveu, apprécie beaucoup : New York movie.

J’avoue que je manque cruellement de références pour apprécier ce que dit Mr Leonard Michaels. Il y a toutefois deux choses avec lesquelles je suis d’accord avec lui, pour les avoir moi-même ressenties : ce sentiment de solitude, souvent présent, et la facilité avec laquelle on peut se faire tout un film, s’inventer toute une histoire à partir d’un tableau de Hopper.

4) J’ai créé mon néantPaul Auster

L’errance d’un jeune homme qui trouve refuge dans Central Park où il survit tant bien que mal au fil des jours et des rencontres.

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une nouvelle, mais d’un extrait du roman « Moon Palace » (1989) dans lequel un jeune homme s’interroge, puis se laisse aller, persuadé que c’est son destin.

Un auteur que j’apprécie beaucoup, et un extrait qui m’a donné envie de lire le roman !

5) CrépusculeJames Salter

Nouvelle extraite d’un recueil de nouvelles « American Express » (Prix Faulkner 1989)

«C’était une femme qui avait un certain style de vie. Elle savait donner des dîners, s’occuper des chiens, entrer dans un restaurant. Elle avait sa façon de répondre aux invitations, de s’habiller, d’être elle-même. D’inestimables qualités, pourrait-on dire. C’était une femme qui avait lu, joué au golf, assisté à des mariages, qui avait de belles jambes, qui avait connu des épreuves. C’était une femme dont personne ne voulait plus.»

De cet auteur, j’ai lu « un bonheur parfait », roman que je n’avais pas vraiment apprécié car trop peu d’émotions y passaient, les personnages étaient des personnages, c’est tout. Dans cette nouvelle, c’est pareil, on suit une femme, le temps d’une journée, mais rien ne passe, on ne ressent aucune empathie pour cette femme. Elle a 46 ans, vit seule depuis que son mari l’a quittée. Une nouvelle dans laquelle, malgré tout, on voit bien la tristesse et la solitude et qui, de ce fait a toute sa place dans ce recueil qui se réfère à certains tableaux de Hopper !

https://www.edwardhopper.net/images/paintings/cape-cod-evening.jpg

Cape Cod Evening – 1939

6) Cape Cod EveningAnn Beatie

Dans cette nouvelle, une femme raconte son histoire et celle de son mari, comment ils ont récupéré le chien qui est sur le tableau et l’histoire de leur voisin, un peintre, Mr Hopper (qui donc a peint le tableau…)

On voit bien ici que l’auteur a « plongé » dans le tableau pour nous en rapporter cette histoire ! Et c’est tout à fait l’effet que me font les tableaux de Mr Hopper : j’ai toujours envie d’aller dedans, voir ce qui se passe sur le côté, derrière, d’aller discuter avec les gens… Je me fais très souvent des « films » avec ses tableaux…

Matin en Caroline du Sud – 1955

7) L’ombre écarlateWalter Mosley

Socrate, un vieil homme noir qui vit seul, attrape un gamin, Darryl, qui vient de tuer un coq. Il lui fait plumer le coq puis le cuisine et ils le mangent ensemble. Le vieil homme sent bien que quelque chose ne va pas avec le gamin, aussi il le « cuisine » un peu pour essayer de l’aider… Tout ça sous « le regard » de la femme noire du tableau…

Une drôle d’histoire, pas franchement gaie !!

Au final, ce recueil m’aura permis de découvrir de « nouveaux » auteurs et de me (re)plonger dans l’atmosphère -si particulière !- des tableaux d’Edward Hopper.

Cet ouvrage se termine avec une courte biographie de chaque auteur, ainsi qu’une bibliographie pour chacun.

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Cette lecture participe au challenge « Mai en nouvelles » proposé par le blog « Hop ! Sous la couette ».

Si vous aimez les nouvelles, je vous invite à participer à ce challenge, qui propose, en prime, un concours avec de jolis lots pour les participants.

La vieille dame qui n’avait jamais joué au tennis – BD

vieille

La vieille dame qui n’avait jamais joué au tennis
& autres nouvelles qui font du bien

Zidrou (scénario)
Illustrateurs : Colombo – Cordoba – Gili – Homs – Hureau – Lafebre – Sempere – Siri – Van Beughen

Dupuis (2009)
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15 nouvelles composent ce recueil. Des nouvelles en BD, ça n’est pas si courant. Zidrou a écrit les textes, qu’il a proposé, au fil des rencontres, à différents illustrateurs.

J’ai beaucoup aimé la 1ère nouvelle « Coltrane » où l’on rencontre un grand-père qui accueille à bras ouverts son petit fils qui sort de prison. Dans « les brûlures » j’ai bien aimé le dessin de Simon Hureau et l’humour aussi. « Les poulets rôtis » m’a plu pour son côté « gentil » et résolument optimiste ! « Noël blanc » est une histoire surprenante de compréhension, d’humanité et d’empathie, la magie de Noël ?

La plus longue de ces nouvelles, « la vieille dame qui n’avait jamais joué au tennis… » celle qui donne son nom à ce recueil, est plutôt triste.. « Visite au cimetière » par contre, comme son nom ne l’indique pas, est franchement drôle !!

Impossible de résumer toutes ces histoires, cela perdrait tout son charme. Ce sont de petits instantanés de vie, plus ou moins tristes/amusants, plus ou moins coquins selon les histoires.

Et avec la dernière nouvelle, la boucle est bouclée, on retrouve les personnages de la première histoire…

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Sans que ce soit un coup de cœur, j’ai passé un bon moment avec ce recueil. Un moment trop bref peut-être, quand les personnages nous plaisent on aimerait rester plus longtemps avec eux !

Une bd feel-good ont dit certains, moi je dirais, pas tant que ça ! On a effectivement souvent le sourire aux lèvres, mais pas tout le temps…

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Un autre avis, celui d’Iluze

De Zidrou nous vous avons déjà présenté plusieurs bd (récap)

Cette semaine, nous sommes dans la bibliothèque de Noukette

 

 

Et cette bd participe aussi au Challenge « Un max de BD en 2018 » de Kobaitchi

Pour la ligne 20) Loué/emprunté à la bibliothèque