Esprit d’hiver – Roman adulte

Roman adulteesprit

Esprit d’hiver ♥

Laura Kasischke

Christian Bourgois (2013)

*****

C’est le jour de Noël. Eric et Holly ayant veillé longtemps et bu pas mal de lait de poule (bien corsés !) se sont réveillés tard. Très tard. Trop tard pour ouvrir –avant l’arrivée des invités, comme chaque année- les cadeaux entassés sous le sapin avec leur fille adoptive de 15 ans, Tatiana, qui, du coup, est contrariée.

Eric saute dans ses vêtements et file chercher ses parents à l’aéroport, pendant qu’Holly, elle, essaie de chasser une idée bizarre, tout en préparant le repas de Noël. Cette idée, elle l’a depuis son réveil : « Quelque chose les avait suivis depuis la Sibérie jusque chez eux ». L’ambiance entre Holly et sa fille dégénère petit à petit tout au long de la journée. Holly est contrariée parce que ses amies et sa filleule ne viennent pas à cause de la neige qui tombe à gros flocons depuis le matin et parce qu’Eric et ses parents n’arrivent pas non plus. Une suite de petits incidents émaille cette journée faite de chamailleries entre Tatty et sa mère.

*****

Laura Kasischke a une façon très particulière de faire monter l’angoisse.

On ne sait pas (avant la fin) si on se trouve en présence d’une histoire fantastique, d’un roman d’horreur ou encore d’un récit de la vie quotidienne.

Une chose est sûre : tout au long de ses romans, on sent que quelque chose ne va pas alors même qu’il ne se passe rien d’extraordinaire.

Ici, on perçoit juste la frustration de la mère (dans le passé elle écrivait des poèmes, elle n’y arrive plus) ; son énervement lorsque sa fille ne lui répond pas ; sa tristesse parce que ses amies ne viendront pas passer Noël avec eux (la neige, toujours la neige) ; son regret d’être une femme-robot comme elle dit (opérée des seins et des ovaires).

Toute son histoire familiale, son histoire personnelle, une tonne de souvenirs occupent son esprit tout au long de cette longue, très longue journée de Noël. Elle n’aura pas un instant de répit et nous non plus !

Scotchant !

Une auteure vraiment à part que j’aime beaucoup et que je ne peux que vous conseiller.

*****

De cette autrice j’ai également lu : La couronne verte, A suspicious River et j’en ai 5 qui attendent dans ma pal !

Nous suivre et partager :

Et je danse, aussi – Roman épistolaire

danseRoman

Et je danse, aussi

J-C Mourlevat & A-L Bondoux

Fleuve éditions (2015)

*****

Pierre-Marie, romancier à succès (prix Goncourt tout de même !) mais en panne d’inspiration suite aux aléas de la vie, reçoit un jour un paquet. Cette grosse enveloppe, envoyée par une femme, Adeline Parmelan (grande, grosse et brune selon sa propre présentation), il ne veut tout d’abord pas l’ouvrir (il pense que c’est un manuscrit pour lequel on lui demande son avis).

Il envoie donc un mail à Adeline Parmelan pour lui demander son adresse postale et pouvoir ainsi lui renvoyer son enveloppe. Et c’est ainsi que commence cette histoire… De mails en mails, Pierre-Marie et Adeline vont apprendre à se connaître, se faire rire, s’intriguer et une grande complicité va naître de ces échanges épistolaires.

Difficile d’en raconter plus sans dévoiler l’histoire, ce qui serait dommage, nos deux « emailistes » (ça se dit, ça ?) s’en chargeront beaucoup mieux que moi !

*****

Ma première réflexion en fermant ce livre, a été : « Ils n’ont pas le droit !! » Je pensais aux auteurs bien sûr et pas le droit de quoi ? De finir cette histoire de cette façon… En fait, je me suis beaucoup attachée à ces personnages, à tel point que je n’avais vraiment pas envie de les quitter.

C’est bien simple, j’ai adoré cette histoire !

Les personnages sont très attachants, ils ont de l’humour, se charment l’un l’autre et finissent par nous charmer aussi.

Je pense que les deux auteurs se sont beaucoup amusés en écrivant ce texte. On le sent et on s’amuse aussi.

Je les connaissais en tant qu’auteurs pour la jeunesse (mes préférés d’Anne-Laure Bondoux ? « Pépites » et « le temps des miracles » à lire d’urgence si ce n’est pas encore fait ! Et de Jean-Claude Mourlevat, « le combat d’hiver » et « la rivière à l’envers » sont magnifiques)

N’ayant malheureusement par leur talent pour écrire, j’espère quand même vous avoir donné envie de lire ce très beau roman. Chapitres courts (puisque ce sont des mails) donc rythmé, drôle et facile à lire, cette lecture vous changera les idées le temps de quelques heures. Bonne lecture !

*****

D’Anne-Laure Bondoux, nous vous avons présenté : Tant que nous sommes vivants, L’autre moitié de moi-même (autobiographie)

Et de Jean-Claude Mourlevat : Le combat d’hiver, La balafre, Le jeune loup qui n’avait pas de nom (dernier album présenté)

D’autres idées de romans plus ou moins légers pour l’été par ici.

Nous suivre et partager :

Histoires sur les roses, la pluie et le sel de Dzavinka Matiyash

Des nouvelles fascinantes, empreintes de nostalgie et de spiritualité

Recueil de nouvelles pour adultes

Histoires sur les roses, la pluie et le sel

de Dzvinka Matiyash

 

Editions bleu et jaune, mars 2020,

228 pages- 22 euros

 

Thèmes: famille, pauvreté, religion, art, espoir, amour

 

 

Présentation de l’éditeur: “Les Histoires sur les roses, la pluie et le sel sont de véritables miniatures littéraires. Elles relient les dimensions humaine et divine qui s’y rencontrent et s’y expriment avec une simplicité déconcertante et une remarquable poéticité.

Qu’il s’agisse du monde réel ou imaginaire, les miracles sont partout : la Sainte Vierge se déplace à bicyclette, une jeune femme qui ne peut plus marcher parvient à courir avec le vent, un moine bègue et simple d’esprit apprend à lire en latin et en d’autres langues, ou encore des fleurs ne fanent jamais… La joie et la tristesse, le bonheur et la souffrance se côtoient inlassablement. C’est ainsi qu’une harmonie rare et profonde envahit le cœur des êtres humains qui arrivent à trouver la vérité absolue.

Ce livre donne un sens à chaque petite chose de la vie.”

 

 

Traduit de l’ukrainien par Justine Donche-Horetska

 

En premier lieu, je vous invite à vous arrêter quelques instants pour observer la couverture d’Histoires sur les roses, la pluie et le sel. Sur un fond rose pâle se découpe une rose bien singulière, aux teintes bleutées. Quelques gouttes translucides semblables aux larmes terminent cette compositon rafinée et la magie opère…

J’ai véritablement été séduite par ce recueil de nouvelles. Histoires sur les roses, la pluie et le sel n’est pas un ouvrage ordinaire. Divisé en trois parties, chacune d’entre elles se composent de quinze récits à propos (comme le titre l’indique) de roses, de pluie et de sel.

De toutes les histoires contées par Dzvinka Matiyash, ce sont celles évoquant les roses que j’ai préférées. Certains récits relèvent du fantastique intérieur puisque seuls les protagonistes assistent aux miracles.

Idée originale, nous retrouvons au fil des pages certains personnages à travers différents moments de leur vie. Avec beaucoup de poésie, Histoire sur les roses, la pluie et le sel conte le quotidien de personnes ordinaires au destin extraordinaire. Parfois tragique, ce recueil décrit tout simplement la vraie vie. De celle que l’on a en rêve, des moments de joie et et de peine. Une vie pavée de souvenirs qui offre ses cadeaux et les reprend au moment où l’on s’y attend le moins.

La plume de Dzvinka Matiyash peint tout cela avec sensibilité sans jamais tomber dans le mélodramatique. Avec des mots justes et forts, l’auteur parvient à nous toucher. Et l’on referme ce livre à regret. Comme l’on aurait aimé courir plus longtemps en compagnie du vent ou encore célébrer la statue de la vierge un hiver de plus…

 

Une très belle découverte en somme que je vous recommande chaleureusement!

 

~Melissande~

 

+ L’avis de Monsieur Philippe Bonnet sur Les soirées de Paris

+ La présentation de l’auteur sur le site de l’éditeur

 

 

 

Nous suivre et partager :

Le bois du Rossignol – Roman

boisLe bois du rossignol

Stella Gibbons

Éd. Héloïse d’Ormesson (2013)

*****

A la mort de son père qu’elle adorait, Viola accepte de se marier avec Teddy Wither qui la courtise depuis un moment. Le mariage ne durera pas, Teddy mourant peu de temps après d’une pneumonie. Viola se retrouvant de nouveau seule et presque sans le sou n’a guère le choix et doit accepter d’aller vivre dans sa belle famille, à la campagne.

Nous retrouvons donc cette jeune femme de 21 ans au sein d’une famille composée de :

Mr Wither, le père, qui dirige tout (et surtout s’occupe de l’Argent), Mme Wither, qui s’occupe de la maison et les deux filles, Madge et Tina. Madge a une quarantaine d’année, c’est un garçon manqué qui n’aime que le sport et les chiens. Tina a 35 ans, elle s’ennuie énormément au sein de cette famille qu’elle n’aime guère.

*****

Dans ce roman on va suivre l’histoire de Viola,

mais également celle de Tina et d’autres personnages. Je n’en dis pas plus pour ne pas dévoiler l’intrigue.

Ce roman a été écrit en 1938 et pourtant je l’ai trouvé très moderne dans sa façon de voir la vie. Car ce n’est pas seulement une comédie ou une jolie romance, mais aussi une critique de la bourgeoisie ou encore des personnes qui se soucient uniquement du « qu’en dira t-on ». Les barrières sociales sont énormes (la bourgeoisie ne doit pas frayer avec le petit peuple des travailleurs) et le poids des conventions sociales pèse bien plus lourd que la recherche du bonheur

Et puis un roman de 1938 dans lequel on parle de sexe, (c’est pas du porno non plus, hein, il ne faut pas exagérer !) et de libération de la femme, il fallait oser à l’époque !

J’ai beaucoup aimé le style de Stella Gibbons et je lirai d’autres romans de cette autrice à l’occasion…

*****

Lire le premier chapitre.

D’autres idées de romans plus ou moins légers pour l’été par ici.

Nous suivre et partager :