Khadim, le petit Lord – Roman jeunesse

khadim

Vivre ensemble, un rêve ?

A partir de 9/10 ans

KHADIM, LE PETIT LORD

Gwladys Constant

Éditions Oskar (2018)

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Khadim découvre avec émerveillement les joies de l’hiver. En effet, il est arrivé depuis peu du Sénégal avec sa mère, Koumba. Leur vie n’est pas facile, ils vivent dans un centre d’accueil qui n’ouvre que pour la nuit, de 19h à 7h du matin. Ensuite, Khadim va à l’école Jacques Prévert, Prévert dont il aime tant la sonorité des poèmes, même s’il ne comprend pas tout. Et pour les aider dans toutes leurs démarches, il y a une travailleuse sociale, Edwige. Un jour, elle arrive avec une très bonne nouvelle : une place s’est libérée chez la Comtesse !

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Plus encore que l’histoire, même si elle est intéressante, c’est l’écriture qui m’a frappée. Une écriture légère, poétique et élégante, pour parler de sujets graves tels que le racisme, les migrants, les travailleurs pauvres ou encore les préjugés, ces « étiquettes » que l’on colle sur les gens sans les connaître.

Un livre optimiste et joyeux malgré les thèmes abordés. Seule la fin, un peu « abrupte » m’a laissé un goût étrange, un goût de « trop peu » ! J’aurai eu envie de mieux connaître toutes ses personnes (même si je sais qu’elles n’existent pas !!), connaître leur histoire. Je trouve qu’on se pose finalement plus de questions en fermant ce livre qu’en l’ouvrant.

Et puis, tous ces extraits de poèmes m’ont donné envie de relire Prévert !

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Extrait :

« Il est 7 heures. L’heure de quitter la chaleur des vieux radiateurs en fonte, du dortoir accueillant les sans-abri, comme des pensionnaires de la malchance. Sur le lit d’hôpital, Khadim a laissé sa couverture fétiche, la couverture du village, emportée dans la fuite, vestiges de nuits tout autres et tellement plus noires et silencieuses. Les veilleurs ont dit : « Sortez, c’est l’heure », et le bruit des clés, lourdes, fermant les portes, a lesté les pas de tous ceux qui ne savent où aller. »

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De cette autrice, nous vous avions déjà présenté La crocheuse d’enfant et Mamie Gâteau s’emmêle le tricot

Sur Ricochet, la bibliographie de Gwladys Constant et leur avis (je suis tout à fait d’accord avec le « bémol« ) sur ce roman

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Ce petit roman traîne dans ma pal depuis plusieurs mois…

Il participe donc au Challenge Objectif PAL chez Antigone

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

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AMOUR MINUSCULE – Roman graphique adulte

Minuscule

Une histoire d’amour et de tolérance

Roman graphique ado/adulte

AMOUR minuscule
T. Radice – S. Turconi

Coll. Treize Étrange
Glénat (2018)

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Un amour minuscule commence en Italie en avril 2013. Iris et Ismaïl s’installent dans la maison de famille d’Iris pour commencer une nouvelle vie. Ils se sont rencontrés quelques années auparavant en Syrie. Iris effectuait un visite touristique et Ismaïl était son guide. Ils sont heureux et amoureux. Mais Ismaïl repart en Syrie pour régler quelques affaires. Malheureusement, là-bas, tout ne va pas se passer comme prévu… Iris s’aperçoit peu après son départ qu’elle attend un bébé, un amour minuscule. On va suivre leurs deux histoires en parallèle : Iris qui est dans l’attente, à la fois du bébé qui grandit dans son ventre et d’Ismaïl dont elle n’a aucune nouvelle. Et Ismaïl, qui a été enlevé, s’est enfuit et essaie désespérément de retourner en Italie.

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Un roman graphique dense, touchant, poignant, plein d’humanité, de tendresse… Qui contient beaucoup de citations : poétiques, musicales, philosophiques et de réflexions. Je suis certainement passée à côté de beaucoup de choses, il va falloir que je le relise !

De nombreux sujets sont abordés : l’amour, la maternité, les secrets de famille, la transmission, la guerre, les migrants, les religions, l’art, la beauté ou encore la poésie… La vie quoi ! Quand je vous dis que c’est dense…

Les illustrations, très belles et différentes selon le pays ou la période évoquée, permettent de suivre les nombreux retours dans le passé et d’appréhender toute l’histoire familiale d’Iris.

Mon unique (et minuscule) bémol : Le format (assez petit) de ce roman graphique… qui fait que l’écriture des bulles est trop petite pour mes yeux fatigués !

Un gros coup de ♥

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Des mêmes auteurs : Le port des marins perdus , Violette autour du monde (BD jeunesse pleine de pep’s !)

Découvrir quelques pages sur le site de l’éditeur

D’autres avis : Mes petites Madeleines, Noukette

Cette semaine nous sommes chez Noukette

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La peau noire des anges – Roman ado

peau

La peau noire des anges

Yves-Marie Clément

Le muscadier (2016)

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Angelina a 13 ans. Elle est malgache, mais elle (sur)vit à Mayotte avec son jeune frère Célestin suite au naufrage de la barque qui transportait ses parents. Elle travaille pour une femme qui les nourrit elle et son frère et ils vont tous deux à l’école. Mais suite à un accident, et faussement accusés, ils vont devoir se sauver.

Intimement persuadée que ses parents sont vivants, elle va repartir pour Madagascar en laissant son jeune frère se débrouiller à Mayotte. Mais elle devra travailler encore et encore, pour un salaire de misère afin de rembourser les passeurs (pour son voyage de Mayotte à Madagascar et pour rembourser l’emprunt fait par ses parents !)

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Impossible de rester indifférent à la lecture de ce roman. Ce n’est jamais « pleurnichard », on nous raconte des faits, point. Bon pas vraiment hein, c’est un roman ! Ce que j’essaie maladroitement de dire, c’est qu’Angelina ne se plaint pas de son sort. Elle est parfois triste, oui, elle voudrait retrouver ses parents (elle n’a que 13 ans !) et son frère Célestin mais l’accent n’est pas mis sur ces émotions là, mais bien sur l’envie d’étrangler tous ceux qui « profitent » de cette malheureuse gamine. Et ils sont nombreux apparemment à profiter de ce trafic d’êtres humains…

Parce qu’il ne faut pas être naïf, c’est un roman, oui, mais ces situations existent. J’ai refermé ce livre totalement dégoûtée et révoltée !! « Rester vivant » est une collection qui porte bien son nom, car la lecture des romans qui la compose ne laisse jamais indifférent !

En ces temps où l’on parle beaucoup d’immigration, « la peau noire des anges » est un roman à lire.

Et en plus, à la fin, vous comprendrez le titre ;)

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De cet auteur je vous ai déjà présenté : Le réveil de Zagapoï (lien avec les autres plus bas)

Pour en lire un passage (ce n’est pas le début du roman, mais le moment où Angelina arrive chez ses nouveaux « Maîtres » au Liban…)

Le site de l’auteur

Éditions Le Muscadier

De cette maison d’édition, nous vous avons déjà présenté plusieurs titres : Bêtes de pensée et Badalona, Jours de neige (un recueil de nouvelles), 40 jours d’automne, Station sous-paradis, les mains dans la terreVirée nomade, Phobie, Orient extrême, le 9E continent, l’aigle noir, le réveil de Zagapoï et Emma

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Rage – Roman ado / adulte

rageRAGE ♥

Orianne Charpentier
Coll. Scripto
Gallimard Jeunesse (2017)
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On ne sait pas vraiment qui elle est, ni quel âge elle a, ni d’où elle vient. Une fille avec qui elle a fini par se lier d’amitié l’a surnommé « Rage ». Elle ne veut pas se souvenir de son nom d’avant, trop de violence, de peine, de souffrance s’y rattache. On sait qu’elle a vécu la guerre, subit la violence des hommes, qu’elle a été contrainte à l’exil, pour sauver sa peau. Partie avec sa famille, elle se retrouve seule, dans un pays qu’elle ne connait pas, la France, et dont elle ne connait pas la langue.

Elle est seule, traumatisée, se méfie de tout, de tous, et surtout des hommes. Un soir, elle récupère un chien blessé et maltraité. Elle tentera tout pour le sauver.

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A travers le parcours de Rage, c’est celui de tous les immigrés poussés hors de chez eux par la guerre que l’on peut suivre. Des gens obligés de quitter leurs foyers, leurs villes, leur pays, leur famille ou leurs amis pour seulement pouvoir survivre… Ils avaient une vie, un travail, des loisirs / Ils se retrouvent isolés par la barrière de la langue, mais aussi à cause de tout ce qu’ils ont vécu, de toute cette violence qu’ils ont subi.

« Rage » est un petit roman (100 p. environ) mais c’est un roman « coup de poing » qui prend aux tripes.

Lu dans le cadre d’une formation (j’avoue que le titre et l’illustration de couverture ne m’attiraient pas du tout !!), j’ai beaucoup apprécié cette histoire réaliste et tout à fait d’actualité, qui aidera peut-être à la compréhension de « l’autre », l’étranger, l’immigrant…

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Pour lire les 20 premières pages

D’autres avis : Bob et Jean-Michel, Lecture jeunesse

D’autres liens sur des livres aux thèmes similaires dans ce billet

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