Inventer les couleurs de Gilles Paris

Un artiste en herbe, des couleurs chatoyantes, une très belle leçon de vie!

inventer les couleurs

Album pour la jeunesse de 10 à 13 ans

Inventer les couleurs

de Gilles Paris

Editions Gallimard jeunesse, mars 2019,
hors-série Giboulées,
illustrations d’Aline Zalko,
48 pages- 11,90 euros

Thèmes: enfance, couleurs, apprentissage, école

 

Présentation de l’éditeur d’Inventer les couleurs : “Hyppolite vit avec son papa à Longjumeau. La vie pourrait être grise, avec un papa qui s’échine entre les quatre murs d’une usine, et l’école où Hyppolite fait l’apprentissage d’une vie avec ses copains Gégé et Fatou. Seulement voilà Hyppolite dessine et les couleurs transfigurent tous ceux qui l’approchent. Et si un enfant pouvait faire grandir les adultes autour de lui?”

 

Superbement illustré par la talentueuse Aline Zalko, ce premier album jeunesse adapté du roman de Gilles Paris est très touchant et ne peut laisser indifférent.

Depuis le départ de sa mère, Hyppolite voit son père tomber dans le cercle vicieux de la dépression. Pourtant, il l’aime ce père qui a perdu tous ses repères. C’est pourquoi, à l’aide de ses crayons, le petit garçon va l’aider à redonner des couleurs à son existence.

“Inventer les couleurs” c’est réinventer la vie afin qu’elle soit merveilleuse, loin de la grisaille quotidienne. Un récit court mais terriblement évocateur d’un quotidien qui nécessite d’être sans cesse réenchanté. Un message fort donc, mit en valeur par les illustrations réalistes, très colorées et dynamiques d’Aline Zalko.

En temps normal, les histoires réalistes ne me tentent pas mais j’ai beaucoup apprécié cette lecture. J’ai été ravie de découvrir l’univers de cet auteur et le fabuleux travail de cette illustratrice que je ne connaissais pas.

C’est un très bel ouvrage que je vous recommande chaudement!

 

~Melissande~

 

+ Un album traitant de l’école du point de vue des élèves chroniqué par Hérisson: Dans la cour de mon école de Sylvain Victor

+ Cet album parle plutôt de la difficulté pour un enfant jugé différent de trouver sa place, également chroniqué par Hérisson: Ma couleur de Catherine Leblanc

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Le tyran des songes d’Oren Miller

Un roman fascinant peuplé de dangereux mythes incarnés

le tyran des songes

Roman fantastique pour jeunes adultes, dès 13 ans

Le tyran des songes

d’Oren Miller

Editions Lynks, avril 2019,

illustrations intérieures d’Oren Miller,

540 pages- 14,90 euros

***

Thèmes: mythologie, dieux, fantastique, créatures

***

 

 

 

Présentation de l’éditeur: “Emma lit dans les âmes : elle voit le vrai visage de ceux qu’elle croise. Et elle déteste ce talent qu’elle subit depuis l’enfance.

Mais d’autres dans l’ombre l’observent aussi et vont lui montrer que toute sa vie n’est que mensonge et redoutable illusion. Emma plonge alors dans un univers cruel où dieux et déesses antiques, sorciers, magiciennes et autres créatures se disputent une partie d’échec grandeur nature dont elle est l’enjeu. Elle doit alors s’enfuir, éviter les dangers, survivre, coûte que coûte. Et découvrir pourquoi le Marchand de sable d’intéresse autant à elle… Excepté que l’un des joueurs de cette folle partie n’est pas comme les autres. La Mort n’aime pas perdre, elle n’aime pas non plus attendre.

Alors quand la Mort se trouve assez proche pour souffler sur votre nuque, vous n’avez que deux options :
Gagner.
Ou courir.
Toujours plus vite.”

 

Pour être  honnête, je ne m’attendais pas à ce que l’histoire prenne cette tournure. Bien qu’Oren Miller annonce d’entrée la couleur, “Le tyran des songes” réserve malgré tout bien des surprises.

L’auteur a créé un univers personnel à partir de légendes existantes, ce qui permet de rendre les relations entre les personnages très crédibles. L’intrigue, sur fond de complot politique, ne s’essouffle pas et les actions s’enchaînent dans la première partie où Emma découvre un pan de son existence, pour le moins extraordinaire…

La seconde partie est complètement à l’opposé de la première puisque l’on suit principalement Emma.  Notre jeune héroïne aura bien du mal à se dépêtrer d’une situation fâcheuse et sa réaction est assez surprenante. D’ailleurs, c’est le seul point “négatif” que je relève dans “Le tyran des songes”. Le comportement d’Emma suite à un événement me paraissant traumatisant n’est pas très réaliste à mon sens.

À part cela, c’est un bon roman, très  divertissant. La plume d’Oren Miller est fluide et de qualité, le récit défile sans que l’on ne s’ennuie une seule seconde. Grâce à certains protagonistes, de nombreuses scènes sont tournées en dérision. Et si vous êtes amateurs d’humour noir, il ne faut surtout pas passer à côté  du “Tyran des songes”!

En somme, une lecture très sympathique alliant mythologie et monde moderne. Une mention spéciale pour Jack, ce personnage est  exceptionnel!

 

~Melissande~

 

+ Un autre roman détournant une célèbre figure mythologique présent par Hérisson: Maudit Cupidon de Lauren Palphreyman

+ Mon avis sur le premier tome de l’excellente saga de Michael Scott: L’Alchimiste, les secrets de l’Immortel Nicolas Flamel

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Picpus déménage de Sven Nordqvist

Un album touchant, tout en sensibilité et en finesse

Picpus

Album pour la jeunesse dès 3 ans

Picpus déménage

de Sven Nordqvist

Série Les aventures de Pettson et Picpus

Editions Plume de carotte, 2013
(réédition en 2019),
32 pages- 9,90 euros

Thèmes: amitié, chat, déménagement, vie quotidienne, humour

 

Présentation de l’éditeur: “Quoi? Picpus déménage? Comment peut-il vouloir quitter l’adorable petite ferme de son maître Pettson? Que s’est-il passé? Entre péripéties rocambolesques, peur des renards, souris grignoteuses et beaucoup de galipettes, cette aventure, pleine de tendresse, ne va pas être de tout repos pour nos deux héros.”

 

Picpus étant un chat, il est normal que ses habitudes causent quelques désagréments à son maître. C’est pourquoi, un beau jour, il décide d’avoir son chez-lui. À partir de cet instant, la vie de Pettson et Picpus va changer. Dans cet album, on retrouve l’humour caractéristique  de la série même si le thème est un peu plus sérieux. En effet, Picpus veut s’émanciper mais a-t-il bien saisi tout ce que cela implique, lui qui a toujours vécu aux côtés de Pettson?

Comme à l’accoutumée, l’auteur dissémine dans ses illustrations nombre de petits détails désopilants. “Picpus déménage” est un album rafraichissant, qui permet d’aborder avec douceur et tendresse le passage à une certaine forme d’indépendance. Même si c’est un animal, le lecteur peut s’identifier à Picpus car ce dernier présente des caractéristiques anthropomorphiques.

Côté illustrations, en plus d’avoir des personnages secondaires qui ont une vie propre, Sven Nordqvist utilise un ensemble de tons harmonieux. Les couleurs sont douces et mettent en valeur les beaux décors en arrière-plan.

Si vous ne connaissez pas encore cette série d’albums pour la jeunesse, n’hésitez pas, elle vaut le coup d’œil!

 

~Melissande~

 

+Un autre album de la série “Les aventures de Pettson et Picpus” présenté par Nathalie: L’inoubliable Noël de Pettson et Picpus

+ Ma chronique de Pettson piège le renard

+ Une pépite (narrant la singularité des chats en musique) découverte par Nathalie: Chat chat chat de Pascal Parisot et Charles Berberian

 

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L’oiseau captif de Jasmine Darznik

Un récit émouvant et juste qui rend hommage à la merveilleuse Forrough Farrokhzad

l'oiseau captif

Roman pour adultes, littérature étrangère

L’oiseau captif

de Jasmine Darznik

 

 

Editions Stéphane Marsan, octobre 2018,

394 pages, 20 euros

 

Thèmes: poésie, Iran, féminisme, biographie romancée

 

 

Présentation de l’éditeur:

«Souviens-toi du vol, car l’oiseau est mortel.»

Forough Farrokhzad (1935-1967)

 

Forough Farrokhzad a grandi à Téhéran dans les années 1930. Dans la maison règne une discipline de fer, et les filles n’apprennent qu’une chose: l’obéissance. Très tôt, pourtant, Forough manifeste un vif intérêt pour la poésie persane et commence à écrire. À seize ans, elle épouse Parviz, sur décision de son père qui tient à éviter un scandale. Mais cet homme n’est pas exactement celui qu’elle imaginait. Pour se soustraire à ce mariage étouffant, elle s’évade et reprend la plume. Entre ses vers se devine une femme qui ne fait pas semblant de vivre. Une femme qui révolutionnera la scène littéraire iranienne et ne reculera devant rien pour célébrer la beauté du désir au féminin.

Le portrait inspirant et provocant d’une femme courageuse qui fut la figure de proue du féminisme en Iran.

 

 

L’auteur nous offre ici un magnifique hommage à Forough Farrokhzad, poétesse iranienne et femme moderne éprise de liberté. Jasmine Darznik décrit avec justesse et pudeur les élans passionnels mais aussi la souffrance de cette jeune femme dont la vie a été brisée. Au détour des pages, on ressent la chaleur étouffante des jours d’été mais aussi la fraîcheur et les fragrances enivrantes du jardin. D’ailleurs, ce lieu paradisiaque aura beaucoup d’importance dans ses souvenirs de jeune fille. Forrough se souviendra longtemps de sa mère au jardin, les seuls moments où cette dernière semblait heureuse.

 

On ne peut s’empêcher de trembler pour la jeune poétesse et même si l’on connaît son funeste destin, on espère qu’elle sera heureuse au moins à un moment de sa vie. Mais sa fin tragique nous ramène à la dure réalité: celle d’un pays où les femmes sont séquestrées dans leur esprit et dans leur corps. Un lieu aride, vide de passion où on leur inculque que leur vie ne leur appartient pas, qu’il faut obéir et surtout se taire.

 

Je salue le courage et la rage de vivre de cette jeune femme qui avait pour unique but de partager son amour de la poésie. J’ai été très touchée par l’histoire de Forrough et la plume de l’auteur n’y est pas étrangère. Quelle beauté, quelle sensibilité, quelle finesse, quelle fluidité dans les mots…

 

Avec beaucoup de tendresse et de candeur, Jasmine Darznik décrit avec exactitude les émotions de l’enfance dans la Téhéran d’antan, cité aux milles couleurs et odeurs en perpétuel mouvement.

 

Émouvant et sublime!

 

~Melissande~

 

+ Ce court roman intense sur le droit des femmes en Iran présenté par Hérisson: “La muette” de Chahdortt Djavann

+ Une BD plus légère sur la vie d’une famille de femmes en Iran présentée par Nathalie: Broderies de Marjane Satrapi

+ L’avis de  Jérome Cayla  (Les chroniques de Goliath) sur “L’oiseau captif” de Jasmine Darznik

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