Trois petits chats – Rentrée littéraire 6

TroisRentrée littéraire 2026 – Épisode 6

Trois petits chats

Elisa Routa

Coll. Littérature intérieure

Bayard (2026)

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Éditeur : Dans une bastide provençale où le vent souffle sans discontinuer, une petite fille grandit. L’homme qui est arrivé dans la maison observe. Il sait tout manier avec habileté – les outils, les mots, les couteaux de cuisine, les gens. Grâce à lui, les volets sont repeints, les portes ferment, un mur entoure désormais la maison.

À l’intérieur, gare à qui désobéit. Gare aux rires entre la mère et ses enfants.

Pour la grande sœur, il faudra tenter de protéger un frère. Il faudra, pour sortir du huis clos, toute la rage de l’enfance.

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C’est un premier roman. Mais Elisa Routa écrit depuis longtemps (bio sur son site). Elle nous livre ici un court récit (235 pages) autobiographique. Et vu la violence de ces souvenirs, on comprend qu’il valait mieux qu’ils sortent !

A peine rentrée à la maison après le boulot, je me suis plongée dedans. Avec une pause tisane, tous les 100 pages, pour respirer un peu. Car c’est un livre en “vers libres”, sans ponctuation. Et ça, pour moi, ça n’était pas gagné…

Alors je me suis lue les premières pages à voix haute, pour apprivoiser le texte. Pour ressentir son rythme, comprendre sa musicalité. Et ça a marché. Je me suis laissée emporter et je l’ai lu d’une traite. La forme originale de ce roman renforce encore ce sentiment d’urgence et la violence des faits racontés.

On est embarqué, le cœur serré, dans la vie de ces “trois petits chats”, la mère et ses deux enfants. Inquiets pour cette famille déjà fragile, qui se retrouve à vivre au pays de “l’intranquillité“… Ils doivent faire attention à tout, tout le temps, parce qu’on ne sait pas quand la colère de l’Autre se déclenchera.

On ressent fort cette inquiétude permanente, ce stress, loin, si loin de l’insouciance de l’enfance. Le seul lien avec l’enfance dans cette histoire, c’est cette comptine qui ponctue par moments le récit : “Trois p’tits chats, trois p’tits chats, trois p’tits chats chats chats”…

Un livre coup de poing, qu’on lit en apnée.

Et après lequel on ne peut qu’avoir une pensée terrifiée pour tous les enfants qui vivent des faits similaires…

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Un roman qui participe à mon auto-challenge “Rentrée littéraire“

RL 2026

Et au challenge ABC (lettre R) chez Enna

Ainsi qu’au challenge ABC Titre

(Lettre T) chez Sophie (ici donc !)

FALALALALA

FALALALALARoman ado dès 14 ans

FALALALALA

Émilie Chazerand

Éd. Sarbacane (2019)

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Éditeur : Chez les Tannenbaum, on est petit. Trois générations d’achondroplases, soit sept naines, gèrent ensemble Tannenland, le paradis réduit des êtres miniatures. Deuxième curiosité alsacienne après la cathédrale de Strasbourg, experte en Bredele et productrice des meilleurs shows de Noël de la région, cette famille n’a rien d’ordinaire. Sauf peut-être Richard, 19 ans, le seul garçon de la tribu. Le seul grand, aussi. L’exception à la règle, la mouche dans le lait. Tout aurait pu néanmoins rester ainsi, si… Si le coeur de Lulu Tannenbaum, 16 ans, ne s’était pas déglingué ! Si la Syrie n’était pas en guerre. Et si Hervé Vilard était juste un chanteur.

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Je m’attendais à quelque chose de très drôle. Et c’est effectivement le cas, par moments. Mais il y a aussi beaucoup de moments d’émotion, de tristesse même. Il y a cette famille atypique et parfois oppressante. Il y a aussi la découverte de l’amour, d’un secret de famille bien gardé et d’une maladie aussi inattendue que bouleversante.

Et des personnages hauts en couleur, qui vont vous faire passer du rire aux larmes !

Bref, il y a plein de choses belles et émouvantes dans ce roman que je vous conseille sans hésitation.

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De cette autrice, nous vous avons déjà présenté le très piquant (et très drôle !) : La fourmi rouge

Un roman qui participe au challenge de Pativore sur la littérature jeunesse

Le goût du cresson d’Andrea Wang et Jason Chin

Un récit émouvant au cœur d’une tragédie familiale

Album pour la jeunesse dès 7 ans

 Le goût du cresson

d’Andrea Wang et de Jason Chin

Editions Hong-Fei, octobre 2024,

40 pages-16,50 euros

Thèmes: famille, secret, enfance, deuil, Chine, pauvreté

 

Présentation de l’éditeur: “Sur une route de l’Ohio, une famille sino-américaine ramasse du cresson sauvage. Alors que les parents y mettent tout leur cœur et que leur jeune garçon s’amuse beaucoup, leur fille vit ce ramassage comme une honte. De retour à la maison, elle boude le plat cuisiné par sa mère qui décide alors de lui révéler un épisode douloureux de sa propre enfance passée en Chine (…)”

 

Le goût du cresson traite avec beaucoup de sensibilité un thème assez dur: la pauvreté. Les liens familiaux sont au centre du récit ainsi que le fossé intergénérationnel.

En effet, la petite fille se rebelle face à une tradition familiale qu’elle trouve honteuse et qui n’a pas de sens pour elle.

Cette incompréhension l’amène à rejeter un plat symbolique mais elle l’ignore.

C’est pourquoi le regard de sa mère sur une tragédie familiale passée va l’aider à se rapprocher des siens. Le goût du cresson c’est aussi l’histoire d’un rapprochement entre une mère loin de son pays natal et de sa fille vivant aux Etats-Unis.

Le texte est sobre et les illustrations délicates. Andrea Wang signe un album en partie autobiographique et les dessins de Jason Chin viennent sublimer ses souvenirs.

 

 

Le goût du cresson est un album permettant d’aborder les différences culturelles mais aussi les conséquences dramatiques de la pauvreté.

 

~Melissande~

 

+ Un autre album sur la famille, présenté par Hérisson: Bonne nuit, les jumelles! de Hyewon Yum adapté par Françoise de Guibert

+ Pour découvrir le travail de Jason Chin c’est par ici

Frère d’âme – David Diop

frereGrande guerre – Tirailleurs sénégalais

Frère d’âme

David Diop

Seuil (2018)

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Ce livre a reçu de nombreuses récompenses

Le prix Goncourt des lycéens 2018 – l’International Booker Prize 2021 – Le Prix Ahmadou-Kourouma – Le Strega Europeo 2019 – et plusieurs autres…

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Résumé éditeur : Un matin de la Grande Guerre, le capitaine Armand siffle l’attaque contre l’ennemi allemand. Les soldats s’élancent. Dans leurs rangs, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais parmi tous ceux qui se battent alors sous le drapeau français. Quelques mètres après avoir jailli de la tranchée, Mademba tombe, blessé à mort, sous les yeux d’Alfa, son ami d’enfance, son plus que frère. Alfa se retrouve seul dans la folie du grand massacre, sa raison s’enfuit. Lui, le paysan d’Afrique, va distribuer la mort sur cette terre sans nom. Détaché de tout, y compris de lui-même, il répand sa propre violence, sème l’effroi. Au point d’effrayer ses camarades. Son évacuation à l’Arrière est le prélude à une remémoration de son passé en Afrique, tout un monde à la fois perdu et ressuscité dont la convocation fait figure d’ultime et splendide résistance à la première boucherie de l’ère moderne.

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Frère d’âme est le récit de deux amis d’enfance, Alfa et Mademba qui partent un jour du Sénégal pour aller faire la guerre en France. Mademba va mourir sous les yeux d’Alfa, son plus que frère… Son frère d’armes, son frère d’âme, son frère de larmes…

Une histoire de deuils (Alfa en vivra plusieurs), d’amitié puis de violence et de folie. J’ai beaucoup aimé la façon dont c’est raconté, dans un style un peu naïf, à la manière d’un conte.

Une belle découverte !

– … je sais, j’ai compris, je n’aurais pas dû. Moi, Alfa Ndiaye, fils du très vieil homme, j’ai compris, je n’aurais pas dû. Par la vérité de Dieu, maintenant je sais. Mes pensées n’appartiennent qu’à moi, je peux penser ce que je veux. Mais je ne parlerai pas. Tous ceux à qui j’aurais pu dire mes pensées secrètes, tous mes frères d’armes qui seront repartis défigurés, estropiés, éventrés, tels que Dieu aura honte de les voir arriver dans son Paradis ou le  Diable se réjouira de les accueillir dans son Enfer, n’auront pas su qui je suis vraiment. Les survivants n’en sauront rien, mon vieux père n’en saura rien et ma mère, si elle est toujours de ce monde, ne devinera pas. Le poids de la honte ne s’ajoutera pas à celui de ma mort.

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Pour en savoir plus, il existe un dossier pédagogique en ligne

N’hésitez pas à aller consulter la page sur les prix littéraires africains

Et celle sur les prix Goncourt

Et si vous préférez écouter, Omar Sy vous le lit !

Sur le thème des tirailleurs sénégalais, il y a aussi : Verdun 1916 – Un tirailleur en enfer (roman ado) / L’homme de l’année : 1917 le soldat inconnu (BD) / Le chant noir des baleines (Roman ado)

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Un livre qui participe à la LC sur David Diop organisée par “Sur la route de jostein” pendant le mois africain

(La lecture prévue était Où s’adosse le ciel de David Diop, mais je ne l’avais pas…)

Ainsi qu’au challenge ABC chez Enna

ABC

Et à mon challenge “Pages de la grande guerre“

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