King Kong – Album jeunesse ♥

king
Mais en fait, qui est la bête ?
Album à partir de 6/7 ans

KING KONG ♥

F. Bernard et F. Roca

Albin Michel Jeunesse (2020)

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D’après le scénario novélisé et publié en 1932

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Sur cette île du Pacifique, autrefois généreuse, les humains n’avaient pas laissé grand-chose. Kong, King Kong, le Roi Kong comme l’appellaient les quelques humains qui restaient, crevait de faim. Et d’ennui. Seul de son espèce depuis longtemps, il se nourrissait d’huitres qu’il pêchait et des quelques offrandes offertes par les tribus de l’île.

Un jour pourtant, une chose nouvelle arriva. Il ne le savait pas, mais c’était un navire. Un navire qui apportait avec lui une odeur inhabituelle, un parfum qui lui rappelait quelque chose…

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Cette couverture m’a attirée au premier regard. Puis j’ai vu le nom des deux auteurs : Fred Bernard et François Roca. Pour moi, c’est une valeur sûre. Et je dois bien avouer que cet album ne m’a pas déçue, bien au contraire. Je ne suis pas très objective, j’adore les illustrations de François Roca ! On a envie de toucher, de consoler, de protéger ce gorille aux yeux si humains. Et aussi de se promener dans ce New-York des années 30, coloré et insouciant.

Les textes ont des bordures comme dans les vieux films muets, j’ai beaucoup aimé la mise en page et les dessins sépia également.

Un très bel album que je vous recommande, que vous connaissiez ou non King Kong !

(il y a vraiment des gens qui ne connaissent pas ???)

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De ces deux auteurs nous vous avons déjà présenté : Anouketh, Le pompier de Lilliputia, Anya et Tigre blanc et Ushi

Illustré par François Roca : Sacré Raoul

De Fred Bernard : L’histoire vraie de Siam l’éléphant, L’histoire vraie de Yen-Yen le panda géant

A la fin de l’avis de France Inter, François Roca explique comment il a dessiné King Kong.

Un autre album de King Kong qui est très fort, c’est celui d’Antoine Guilloppé (voir la présentation en fin de billet)

Radium Girls – BD

Radium

Quand le travail tue…
Roman graphique Ados/Adultes

Radium Girls

Cy

Glénat (2020)

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États-Unis, 1918. Edna commence à travailler pour l’USRC au côté de Grâce, Kathrine, Mollie, Albina et Quinta. Elles peignent les chiffres des cadrans de montres avec une peinture spéciale qui se voit dans le noir.

Lip. Dip. Paint. C’est par ces trois mots que l’on explique le travail à Edna. Lip : Tu lisses le pinceau entre tes lèvres. Dip : Tu mets la peinture sur le pinceau. Paint : Tu peins.

Un médecin essaie de les mettre en garde contre la toxicité de cette peinture au radium, il est viré. Mais du coup, elles essaient de savoir s’il y a un risque pour leur santé. “Non, non, pas du tout”, leur répond leur supérieure. Et pourtant…

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Et pourtant, l’espérance de vie de ces femmes a été très sérieusement raccourcie à cause de cette fameuse peinture contenant du radium. On croit rêver quand on s’aperçoit que c’est sciemment qu’on ne leur a pas dit la vérité ! C’est monstrueux. Bref.

J’avais vu passer cette BD chez les copines de la BD de la semaine. Je l’ai donc empruntée quand je l’ai vu à la médiathèque malgré une couverture qui ne me tentait pas plus que ça.

C’est une bande dessinée assez légère et plutôt gaie malgré le sujet. On y côtoie des jeunes femmes qui ont envie de sortir, de s’amuser, de rencontrer l’amour ou encore de faire des blagues en se peignant les dents avec cette peinture si drôle qui brille dans le noir… Des jeunes femmes totalement inconscientes du danger, et pour cause, on ne leur a rien dit !

Si je n’ai que moyennement apprécié ce dessin au crayon de couleur (certaines pages sont très belles pourtant, mais j’ai eu du mal avec les visages), j’ai beaucoup aimé cette histoire et ce qu’elle m’a appris. Un petit bout de l’histoire américaine que je ne connaissais pas du tout !

Et la mort de ces jeunes femmes, même si elle est terrible, n’aura pas été inutile. Les lois ont ensuite été modifiées pour que les travailleurs puissent plus facilement attaquer leurs patrons en justice et les normes de sécurité industrielle ont été améliorées.

Mais quand même… Quelle injustice pour ces jeunes femmes !

Une histoire touchante et très intéressante qui m’aura appris plein de choses, j’aime !

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Lire un extrait sur le site de l’éditeur

Une BD découverte grâce aux avis de Fanny et Caro

Cette BD a reçu le Prix BD Lecteurs.com 2021

Pour en savoir plus sur les “vraies” Radium Girls : Wikipédia et deux épisodes sur France Culture

Et pour ce dernier rendez-vous avant la pause estivale, nous nous retrouvons chez Noukette !

“Un monde à inventer” de Stéphanie Demasse-Pottier et Magali Dulain

Un album en noir et blanc reflétant à merveille le pouvoir de l’imagination

Album pour la jeunesse dès 7 ans

Un monde à inventer
de Stéphanie Demasse-Pottier
et Magali Dulain

Editions L’étagère du bas, octobre 2020,
32 pages- 13,20 euros

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Thèmes: art, imagination, expressions artistiques, monde intérieur

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Présentation de l’éditeur: “Une petite fille se promène au gré de ses réflexions, de ses inspirations et de ses découvertes. Le chemin de la création est sans fin… Au fil de sa promenade, au milieu des arts, l’enfant finira-t-elle par trouver son propre chemin?”

 

Cet album en noir et blanc est une véritable ode à l’imagination. Il explore avec délicatesse les différentes formes d’expression artistique.

Sur la première double-page d’Un monde à inventer, une étrange petite fille à la chevelure sumontée d’un paysage se met en mouvement. Elle découvre un carnet sur le sol et s’interroge. Sur la page de garde, elle se saisit du carnet et l’aventure peut commencer…

Les décors sont sobres et stylisés. Notre héroïne évolue dans son propre monde, un univers qu’elle façonne au gré de ses envies et de ses besoins. C’est un très beau message que nous livrent les illustrations de Magali Dulain et le texte de Stéphanie Demasse-Pottier.

Pour animer cet album original, Magali Dulain a utilisé une seule technique: un crayon épais noir. Et cela a donné naissance aux dessins épurés d’Un monde à inventer. Quant au récit, il est simple et efficace. En effet, en quelques lignes, Stéphanie Demasse-Pottier parvient à donner corps aux plus belles formes de créativité. On y retrouve le dessin, la peinture ou encore la musique. La danse y est même représentée sur les 3ème et 4ème de couverture.

La petite fille (dont on tait le nom) s’initie donc à tous les arts, y compris la photographie. Elle se cherche en réinventant son monde.

Un monde à inventer est donc un ouvrage peu commun, poétique et novateur. Quelle meilleure manière de faire prendre conscience aux enfants qu’ils possèdent tous un don qu’il leur faudra exploiter afin de faire vivre leur monde intérieur?

En somme, une très belle découverte!

 

~Melissande~

 

+La chronique de Un monde à inventer, par Nicole Tharin sur ricochet-jeunes.org

+Un autre album évoquant la poésie de l’enfance:   Tu te souviens de Zoran Drvenkar et Jutta Bauer (présenté par Nathalie)

L’homme à la lèvre tordue – Sherlock Holmes ♥

lèvreAlbum grand format !!!

LES ENQUÊTES DE SHERLOCK HOLMES

L’homme à la lèvre tordue ♥

Arthur Conan Doyle

Anton Lomaev – Illustrations

Thibault Vermot – Traduction

Éditions Sarbacane (2020 / VO 1891)

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Texte intégral

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A la demande d’une amie de sa femme, Watson se rend dans les bas-fonds de Londres rechercher le mari de celle-ci. En effet, c’est un fumeur d’opium et il a tendance à perdre la notion du temps… Qu’elle n’est pas sa surprise, en arrivant dans la fumerie d’opium, d’y retrouver son ami Sherlock Holmes !  Grimé en vieillard, celui-ci écoute les divagations des fumeurs pour les besoins d’une enquête. Enquête à laquelle il mêle aussitôt Watson. Une dame a demandé à Sherlock de retrouver son mari disparu de façon très étrange. Au cours de cette enquête, ils vont être confrontés à un étrange mendiant à la lèvre tordue…

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L’homme à la lèvre tordue est une histoire assez courte (61 pages) et prenante. Même si je me suis un peu doutée de quelque chose à la moitié de l’histoire, je n’avais ni le pourquoi, ni le comment et je l’ai lue avec plaisir jusqu’au bout.

Si vous me “connaissez” un peu, vous ne serez pas étonné de savoir que la première chose qui m’a plu, c’est le grand format (26 x 37,2 cm)  de ce magnifique album ! (Je t’entends rire Blandine !!) J’adore m’immerger dans les illustrations, et quand elles sont aussi belles qu’ici, c’est un très grand plaisir.

Quand aux illustrations… Ce sont de vraies peintures ! Le “jaune” de certaines pages m’a fait penser à des tableaux de Turner… Rien d’étonnant ceci dit, quand on sait qu’Anton Lomaev est peintre. Il a su rendre aussi bien l’atmosphère de Londres, les rues pauvres, enfumées… Que les intérieurs cossus des plus riches. Les couleurs, les détails, la lumière, tout est superbe !

L’illustration que j’ai mise ci-dessous est une double page (il y en a plusieurs !), c’est splendide.

Même si vous n’avez pas l’intention de l’acheter, faites-vous plaisir, allez le feuilleter chez votre libraire préféré.

https://editions-sarbacane.com/media/pages/albums/les-enquetes-de-sherlock-holmes/f8bc09ed99-1593621401/lhomme-a-la-levre-tordue-16-17-1400x.jpg

Pour voir d’autres (magnifiques !!) illustrations, rendez vous sur le site de l’éditeur, ici

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Pour en savoir plus sur Sir Arthur Conan Doyle (en anglais)

Sherlock encore : Le diadème de Beryls (Alb), en bd (3ème bd présentée), en film, en bd jeunesse

Lire le texte dans une autre traduction (pdf)

Courte bio d’Anton Lomaev (Sarbacane) –  Il a illustré 2 autres albums dans cette collection (Les chasseurs de loup et Moby Dick), j’ai hâte de les lire !

De Thibault Vermot, en tant qu’auteur, nous vous avons présenté son premier roman : Colorado train (que je vous conseille si vous ne l’avez pas encore lu !)

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Un album qui participe à l’objectif PAL, au Mois anglais et au challenge Cette année sera classique