Thomas Drimm Tome 1 et 2 de Didier Van Cauwelaert

 

Thomas Drimm

Tome 1 :La fin du monde tombe un jeudi

Tome 2 : La guerre des arbres commence le 13

de Didier Van Cauwelaert

 

Roman de Science Fiction – Adolescent
Editions Albin Michel, 2009-2010, 17€

 

 

 

 

 

 

 

Présentation de l’éditeur (tome1)

« Un fatal accident de cerf-volant a fait de Thomas Drimm, 13 ans moins le quart, le détenteur involontaire d’un secret terrifiant. Tiraillé entre la femme de ses rêves et un vieux savant parano réincarné dans un ours en peluche, Thomas va découvrir l’exaltant et périlleux destin d’un super-héros malgré lui. « 

 

Mon avis :

J’ai décidé vu mon retard actuel dans mes billets de faire d’une pierre deux coups en vous présentant ensemble le tome 1 et le tome 2 de Thomas Drimm. Pourtant je n’ai pas tout à fait le même ressenti sur les deux tomes….

Dans le premier tome nous découvrons un monde, pas si éloigné du notre et pourtant tellement
surprenant. Imaginez un monde où tout se joue aux jeux de hasard (la ludocratie)! Ce tome bien mené, haletant, permet de découvrir en plus des personnages très bien défini, avec des personnalités
parfois exaspérantes, mais hautes en couleur. L’histoire défile sans qu’on s’en rende compte, on parcours les pages les unes après les autres, comme Thomas notre héros découvre son potentiel, et
essaye de sauver le monde. J’ai apprécié ce tome son histoire, et j’avais vraiment hâte de lire la suite.

La suite, le tome 2 donc, sur 5 prévus. Déjà 5 je trouve que cela fait beaucoup, mais après tout pourquoi pas, il y a des séries bien plus longues que j’ai dévorées sans soucis. Pourtant ce tome 2 m’a paru moins fluide. J’ai apprécié de retrouver l’univers de Thomas Drimm, mais je l’ai trouvé moins prenant, avec moins d’humour aussi. J’ai eu plus de mal à me représenter les situations, à les vivre au côté des personnages. Il manque la découverte du monde c’est sûr, du coup j’ai trouvé l’ensemble assez long… C’est dommage car cela reste un livre agréable, avec de bonnes idées, des réflexions intéressantes que j’ai pris plaisir à lire !

Espérons que la suite me permettra de revenir sur ma très bonne impression du premier tome!

A noter que le tome 1 est ressorti en même temps que le tome 2, avec une nouvelle couverture, plus colorée, plus attrayante aussi je pense!

Merci à BoB et Albin Michel

Le site officiel


Bal de givre à New York de Fabrice Colin

Bal de givre à New York

de Fabrice Colin

Roman adolescent

Editions Albin Michel (Wiz)

Sorti le 05 janvier 2011

978-2-226-19356-8, 13,50€

Mots Clés : New York, Amour, Secret, Fantastique

Présentation de l’éditeur (censurée par moi!) :

« Anna Claramond ne se souvient plus de rien.
Seul son nom lui est familier. La ville autour d’elle est blanche, belle, irréelle. Presque malgré elle, la jeune fille accepte
les assiduités du beau Wynter, l’héritier d’une puissante dynastie. Bal de rêve et cadeaux somptueux se succèdent avec lui mais Anna sent que quelque chose ne va pas. […]
« 

Mon avis :

Quel plaisir de retrouver la magie de Fabrice Colin, après un livre plus terre à terre (quoique!) La vie extraordinaire des gens ordinaires, que j’avais cependant adoré!

Ici j’ai cru un instant avoir affaire à une simple histoire d’amour, ce qui  sincèrement ne me tentait pas plus que ça… et bien pas du tout et c’est d’une seule traite que j’ai dévoré ce roman. On y retrouve l’écriture simple mais toujours entraînante de Fabrice Colin, mais aussi la magie que j’aime… Par magie j’entends en fait fantastique, car pas d’Harry Potter ici, ni de baguette!

Anna Claramond est une adolescente attachante, qui se laisse entraîner dans l’amour par Wynter, un riche héritier. Si tout se passe à New York, le monde semble légèrement différent, comme décalé… Secrets, mystères, angoisse, nous ne pouvons pas nous empêcher de faire tourner les pages, pour comprendre enfin… sauf que plus on avance, plus on se pose de questions… ahhh je ne peux rien vous dire de plus, mais c’est bien mené, et très bien tourné! Mon seul regret sera peut être d’être adulte, car j’ai senti parfois que c’était vraiment pour adolescents… Enfin bon, vous connaissez mon coeur de midinette… j’ai craqué!

Un roman à lire et conseiller, que je vais proposer à mes collégiennes! – oui les filles surtout, parce qu’elles lisent plus déjà, et parce qu’une grande partie du roman repose sur l’amour, ce qui va être dur à défendre auprès de mes petites brutes –

Pour couronner le tout, Fabrice Colin est un homme très agréable, avec qui j’ai pris plaisir à discuter, et dont je suis
régulièrement le blog!

Extraits :

« Tournant la tête vers la vitre, j’observai mon reflet. Cheveux bruns mi-longs, expression rêveuse. L’impression de familiarité n’était pas aussi forte que je l’aurais pensé mais j’aimais ce que je voyais. Était-ce bien moi ? Et qui d’autre, pauvre idiote ? La vitre me renvoyé un sourire : j’avais seize ans. Mon père n’était plus là mais il m’avait laissé toute sa fortune. J’étais inscrite dans le lycée le plus prestigieux de la ville. »

 » Et si j’erre en ceci, si mon tort est prouvé,

je n’ai jamais écrit, nul n’a jamais aimé. »

Le récap des colis du swap Nouvel An, c’est juste en dessous – Le top Wikio Littérature de janvier
2011, c’est chez Mélo

Lundi découverte 21 Naïve éditions


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Naïve est une maison d’édition particulière, car elle ne publie pas que des livres, loin de là !

Musique, DVD, livres CD, Naïve joue sur tous les fronts, et si je ne peut parler que du côté livre, je peux dire que là pas de soucis, Naïve gagne!

 

Leur catalogue de littérature jeunesse se remplit rapidement, avec de nombreuses perles!

http://www.naive.fr/public/img/front/pho/backgrounds/2048x1280/000033.jpg

« naïve

(adjectif et nom commun)
féminin de naïf
Spontanée, sincère, vraie
Innocente, naturelle, simple
Se dit d’une oeuvre au style primitif. »

 

 

Et en effet je crois qu’il faut de la naïveté pour se lancer dans tant de domaine d’édition… pourtant après 12 ans
d’existence, Naïve continue d’étoffer son catalogue, pour mon plus grand plaisir.

« Être naïf, c’était rêver naïve.
Le rêve a dessiné une vision du futur, un projet d’entreprise qui a mobilisé les énergies autour d’une détermination
commune. Nous avons dû affronter ensemble une réalité difficile.

Être indépendant, c’est entrer en résistance, par une guérilla incessante, contre un système qui lamine. Mais c’est
précisément dans l’épreuve que l’entreprise et les hommes qui l’animent se révèlent.

Dix ans déjà mais l’aventure ne fait que commencer. Les fondations sont solides, nous remercions les artistes et les équipes naïve qui les ont construites ainsi.
Comme tous les albums de famille ce livre est incomplet, il est un instantané fugitif d’une réalité en perpétuel mouvement… et la famille ne cesse de s’agrandir.
Patrick Zelnik et Gilles Paire »

 

Pour tout savoir sur cette maison d’édition, et ses artistes, je vous conseille vivement le livre des 10 ans !

Dans la partie littérature jeunesse, il y a de tout, albums, livre CD, et romans ! C’est surtout la partie roman que je connais et que j’aime, bien que j’ai déjà lu quelques albums, mais qui ne sont pas vraiment des coups de coeur.

Niveau roman par contre, que des coups de coeur!

J’ai commencé avec la Déclaration de Gemma Malley, un roman de science fiction très bien construit, que j’ai adoré, de même que la suite, La résistance, et j’attends avec impatience le 3ème tome, prévu pour 2011.

Extrait :

11 janvier 2140
Mon nom est Anna. Mon nom est Anna et je ne devrais pas être là. Je ne devrais pas exister.
Pourtant, j’existe.
Ce n’est pas ma faute si je suis là. Je n’ai jamais demandé à naître. Même si ça n’excuse pas le fait que je sois née. Mais on m’a retrouvée très vite, ce qui est « de bonne augure ». En tout cas d’après Mrs Pincent. Elle, c’est la directrice de Grange Hall. On l’appelle « Madame l’Intendante ». Quant à Grange Hall, c’est l’endroit où je vis. C’est là qu’on apprend aux gens comme moi à se rendre Utiles – ou « comment tirer le meilleur parti du pire », pour reprendre la phrase de Mrs Pincent. Je n’ai pas d’autre nom.  »


 

J’ai aussi apprécié Etranger à Berlin, j’ai d’ailleurs profité du salon pour saluer l’auteur Paul Dowsell dans un anglais à faire peur…

Extrait :

« Le lendemain de son quatorzième anniversaire, Peter s’était vu approcher au club-house par son chef de section de la Deutsches Jungvolk, qui l’avait officiellement convié à un grand défilé le 13 octobre prochain en l’honneur de son accession à la Hilterjugend. Lorsqu’il l’avait annoncé aux Kaltenbach, le professeur l’avait observé avec fierté en disant : « C’est le moment le plus sacré de la vie d’un jeune Allemand.

 

 

Et aujourd’hui encore une belle découverte avec

Black-Out

de Sam Mills

Un roman d’anticipation, post terrorisme en quelque sorte. Suite à de grave attentats à Londres, le gouvernement commence à censurer les livres, les interdire, les réécrire. Sauf que peu à peu de plus en plus de livres se trouvent interdit, car la moindre pensée subversive ou fantastique pourrait influencer sur les jeunes. Une montée de la toute puissance gouvernementale sur les livres, la culture, et finalement la population, on veut ne pas y croire, pourtant rien ne semble tout à fait impossible.
L’Attrape-Coeur, Sa majesté des mouches, 1984 et même Harry Potter interdits ! Mais le pire je crois c’est que certains sont réécrits dans des versions édulcorées… Imaginez donc 1984 finir par ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants…

Au milieu de ce monde Stefan, 16 ans, qui vit avec son père, libraire. Un adolescent attachant, dans un roman haletant! Des aventures, de l’action, du suspense, de l’amour, de la culture et un rapport aux livres très intéressant! Un livre à lire pour imaginer un monde sans liberté de pensée, et sans Harry Potter (oui je sais c’est bête, mais ça m’a plus choqué que Sa majesté des Mouches, question de génération!)

J’ai beaucoup apprécié l’écriture de ce pavé, qui reste simple mais touchante, entre action et réflexion!

 

Un roman pour adolescent, bien mené, avec un zeste de science fiction et un soupçon – et même plus- de livres et de lecture, une recette à dévorer sans attendre!

Black-out / Sam Mills.- Naïve (Naïveland), 2010.- 978-2-350-21225-8, 18€

Tout près, le bout du monde de Maud Lethielleux

tout près, le bout du mondeTout près, le bout du monde

de  Maud Lethielleux

Roman adolescent / adulte

Flammarion (Tribal), – 17/11/2010
508 p., 10,00 €
ISBN
978-2-08-124850-2

Thèmes : Adolescence, Famille d’accueil, Reconstruction, Écriture

Avis

Attention coup de coeur !

J’avais aimé Dis oui Ninon, et je vous en ai parlé, mais ce livre est encore au dessus selon moi !coeur.gif Comme toujours ce n’est que mon avis , je suis sensible, et j’aime les livres qui le sont aussi. Comment un livre peut-il être sensible? En mettant en scène des personnages attachants, avec sensibilité à fleur de peau, sans pour autant tomber dans le pathos… Dans ce roman nous suivons Malo, 10 ans, Jul. et Solam 17 ans environ, 3 adolescents ou presque. Ils sont aussi différents que peuvent l’être un jeune garçon de 10 ans à l’autorité parentale extravagante, une jeune fille qui a vécu dans la rue avant de se retrouver à l’hôpital couverte de bleue, et un ado rebelle. Pourtant ils vont se reconstruire côte à côte dans la maison campagnarde de Marlène, « le bout du monde ». Marlène c’est un p’ti bout de femme qui semble bien différente des familles d’accueil habituelles. Elle les accueille avec deux projets : rénover la grange, et écrire, 1 page chaque jour.

Tous les 3 font plus ou moins facilement se plier à ce journal intime, chacun à sa façon.

Pour Malo, c’est un reflet de ce qui se passe autour de lui, avec ses hésitations :

 » Moi j’aime bien l’idée du journal.
Il paraît que personne ne lira ce que j’écris alors je peux tout dire, c’est pratique, j’aime bien tout dire quand personne ne peut l’entendre.[…] Je sais pas si je peux parler de Jul et de Solam. Je sais pas si je dois expliquer pourquoi je suis là, toute façon, je suis pas sûr et certain de savoir. »

Jul. écrit d’elle même de toute façon, sous forme de lettre, à celui qu’elle aime :

« Ley.
Je vais partir cette nuit, je ne sais pas où exactement. La seule chose dont je suis sûre  c’est que tu n’auras pas mon adresse. Ils m’ont fait promettre de ne pas te chercher, ni de t’écrire, j’ai dit oui pour avoir la pais mais tu t’en doutes, je n’en pense pas un mot. […]
La ferme, je l’imaginais pleine de monde, une sorte de communauté avec des jeunes qui se passent les pelles à la chaîne. […] Je n’imaginais pas du tout ici ainsi. C’est calme et désert, je regarde par la fenêtre de ma petite chambre et je ne vois que des champs nus, des étendues immenses aux dégradés de vert. »

Quand à Solam, ce n’est pas pour rien un adolescent rebelle, blessé, et son écriture le montre clairement :

 » […]Vieille meuf tu fais pitié à voir. T’es misérable dans ton pull de vioque, t’es moche à crever. Tu t’en fous des fautes d’orthographe ? Tu vas être gâtée, grognasse, fallait pas me la faire anti scolaire. Comment tu vas regretter ta décision ! […] Tu veux me connaître, eh ben tu vas me connaître ! Tes champs de bouseux, je vais te les labourer avec les dents tellement j’ai la haine. »

Et c’est la force de Tout près, le bout du monde, puisque que toute l’histoire ne va se dérouler sous nos yeux que grâce à ces trois témoignages de la vie quotidienne. Typo différentes pour chacun, mais aussi écritures différentes, mais qui racontent la même histoire, celle de leur vie, au quotidien ou presque, avec leurs secrets, leurs interrogations, leurs façons d’avancer et de se lier les uns aux autres. Ce sont les omissions qui font de ce livre une histoire aussi prenante,
car on ne découvre que ce que veulent bien nous en dire les personnages !

Ces trois destins liés (et un quatrième sous-jacent) forment un ensemble atypique mais poignant, qui évolue vite mais souvent de façon inattendue… et quelle fin ! Je ne peux vous en dire plus sur ce que j’ai aimé sans vous gâcher le plaisir de la découverte!

Pour ceux qui ont encore besoin d’être convaincu par Tout près, le bout du monde :

– Une histoire prenante

– On aimerait les suivre, les accompagner, les aider

– Ça donne envie d’écrire!

– Un petit prix pour un livre grand format, à la couverture et à l’écriture qui plairont à mon avis tout à fait aux adultes – mais aussi aux adolescents bien sûr –

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