Sa majesté des mouches

majestéSa majesté des mouches

Aimée de Jongh

D’après William Golding

Dargaud (2024)

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Une Lecture Commune avec Isabelle, Jojo, Fyda Lit et Sylvie Color Isis

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Une bande de garçons issus de la haute société anglaise échouent sur une île déserte à la suite du crash de leur avion. Le pilote et les adultes qui les accompagnaient sont morts. Livrés à eux-même sur une île paradisiaque, les voilà bien décidés à jouir de cette toute nouvelle liberté. Une nouvelle vie sans adulte et sans règles : des vacances. Ils se nourrissent de fruits, jouent et se baignent.

Pour survivre, ils seront pourtant bien obligés de s’organiser et de reproduire les schémas sociaux inculqués. Le téméraire et gentil Ralph devient alors le chef de cette petite tribu. Mais c’est compter sans Jack qui décide de former une autre tribu, plus sauvage et violente. Chaque garçon doit choisir son camp et la guerre fait rage entre eux.

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Je n’avais jamais lu le roman. Ou alors je ne m’en souviens pas. Mais ça m’étonnerait parce que c’est un roman fort, qui doit marquer durablement !

Pour ceux, qui, comme moi, ne connaîtraient pas l’histoire, la voici en quelques lignes : Après un crash d’avion, un groupe d’enfants d’âges différents (de 5 à 13/14 ans ?) se retrouvent seuls (sans adultes) sur une île déserte.

Au départ, quelques uns essayent d’instaurer quelques règles :

  • Faire un feu et le surveiller pour signaler leur présence à d’éventuels bateaux
  • Construire des cabanes pour s’abriter et rassurer les plus jeunes
  • Partager la nourriture
  • Écouter celui qui parle (le porteur de la conque)

Mais, très vite, la situation dégénère…

Le roman est conseillé par l’Éducation Nationale en classe de 5e/4e. C’est à dire 12/13 ans (sauf erreur de ma part). Je serais curieuse de savoir comment ils reçoivent, perçoivent cette histoire.

Je l’ai trouvée terriblement violente et même cruelle. Et, contrairement à son auteur, j’ai du mal à imaginer des enfants réagir comme ça.

La BD étant forcément moins détaillée que le roman, ce doit être pire encore… Par curiosité, je lirai le roman un jour. Mais pas tout de suite. J’ai besoin de digérer…

Je n’ai pas parlé des illustrations. J’aime beaucoup ce que fait Aimée de Jongh habituellement. Et là aussi, j’ai tout aimé : la mise en page varié, le dessin, les couleurs. Je pense même que son dessin a “adoucit” légèrement cette terrible histoire ! Ceux qui ont lu le roman et la bd nous le diront…

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Feuilleter quelques pages (site éditeur)

Fattorius, lui, a lu le roman

Une BD qui participe à plusieurs challenges !

Cette semaine nous sommes chez Blandine

Le challenge ABC (J) chez Enna

Le challenge 2026 sera Classique ! Sur ce blog

Le challenge ABC Titre (lettre M) de Sophie (sur ce blog)

Si les hommes avaient leurs règles

RÈGLESA partir de 15 ans

Si les hommes avaient leurs règles

Camille Besse & Éric La Blanche

Le Lombard (2022)

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Imaginez un monde où, non contents d’édicter les règles, les hommes les auraient ! Un monde où Dieu aurait décidé de partager la douleur pour laver le péché universel : aux femmes celles de l’enfantement, et aux hommes les menstrues. Alors, la face du monde en aurait-elle été changée ? Les rapports homme-femme inversés ?

Hem… Comment vous dire… ? Les hommes seront toujours les hommes. Saigner serait vraisemblablement un motif de fierté, voire un marqueur de virilité… Après tout, célébrer les effusions de sang, ça les connaît !

Les deux auteurs racontent que leur projet de départ a été motivé par un article de la féministe Gloria Steinem. Paru en 1978 dans le magazine Cosmopolitan, il s’intitulait : “À quoi ressemblerait le monde si les hommes avaient leurs règles ?

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Ah les règles ! Le super tabou… Au point que personne n’appelle ça par son nom réel, mais par des expressions plus étranges les unes que les autres : avoir ses ragnagna, ses ourses, ses lunes.  Ou encore “Les anglais vont débarquer” (celle-ci date des guerres Napoléoniennes !)

Bref. J’ai trouvé l’idée originale et amusante, et c’est bien imaginé. Et certainement proche de ce que serait cette “réalité alternative”, à savoir que les règles ne seraient plus un tabou mais un objet de fierté.

Dans les points négatifs, j’avoue que j’ai trouvé ça un peu long et répétitif au final… Mais comme ce sont des histoires qui font 2 ou 3 pages max, rien ne vous empêche de les lire petit à petit ! Et puis, pour une bd qui s’adresse à des ados de 15 ans, j’ai trouvé les références un peu “vieillottes” (Ste Thérèse d’Avila, U2, Karl Lagerfeld ?)

Par contre les pages documentaires à la fin qui expliquent justement ces références sont intéressantes et instructives. Les illustrations complètent bien le texte, elles sont rigolotes et colorées et les personnages sont expressifs.

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Lire les premières pages (site éditeur)

Éric La Blanche est journaliste scientifique, scénariste et auteur spécialisé dans les questions de genre et d’écologie.

Camille Besse est autrice de bandes dessinées et dessinatrice de presse.

La BD de la semaine est chez Blandine