Une soupe à la grenade

soupeUne soupe à la grenade

Marsha Mehran

Éditions Picquier (2021 / vo 2005)

*****

Éditeur : Trois jeunes sœurs ayant fui l’Iran au moment de la révolution trouvent refuge dans un petit village d’Irlande pluvieux et replié sur lui-même. Elles y ouvrent le Babylon Café et bientôt les effluves ensorcelants de la cardamome et de la nigelle, des amandes grillées et du miel chaud bouleversent la tranquillité de Ballinacroagh. Les habitants ne les accueillent pas à bras ouverts, loin s’en faut. Mais la cuisine persane des trois sœurs, délicate et parfumée, fait germer d’étranges graines chez ceux qui la goûtent. Les délicieux rouleaux de dolmas à l’aneth et les baklavas fondant sur la langue, arrosés d’un thé doré infusant dans son samovar en cuivre, font fleurir leurs rêves et leur donnent envie de transformer leur vie.

*****

Un roman conseillé par une collègue, à qui je parlais des bons petits plats qu’on trouvait dans “La bâtarde d’Istanbul” qui m’avait fait saliver tout au long de ma lecture… Dans celui-ci également, beaucoup de descriptions de plats et même une recette à chaque chapitre.

Bref, de quoi faire soupirer rêver les gourmandes comme moi ! Derrière cette histoire de sœurs qui ouvrent un restaurant, il y a la révolution iranienne et la fuite devant la violence et l’insécurité. Rien n’a changé finalement depuis ce roman qui a été inspiré à l’autrice par la fuite de ses parents en 1979, à la chute du Shah.

Au fil des pages et des recettes, on comprendra pourquoi les 3 sœurs ont pris la fuite. Et, en même temps qu’elles, on apprendra à connaître les habitants de cette petite ville.

Une jolie lecture, gourmande et parfumée, qui m’a beaucoup plu !

*****

Lire quelques pages (site éditeur)

Les quatre filles du Dr March

MarchLE” roman de mon enfance ♥
Roman illustré

Les 4 filles du Dr March

Louisa May Alcott

Illustré par Nathalie Novi

Traduit par Janique Jouin-de-Laurens

(éditions Gallmeister)

Tibert éditions (2022)

*****

Lu aussi par Une ribambelle d’histoires et Jojo en herbe

*****

Ce roman a tellement bercé mon enfance que j’ai du mal à croire qu’on puisse ne pas le connaître… C’est sans doute celui que j’ai le plus relu. Mais pour ceux qui seraient passés à côté, voici le résumé :

Meg, 16 ans, Jo, 15 ans, Beth, 13 ans et Amy, 11 ans sont les quatre filles de Monsieur et Madame March. C’est une famille qui a été riche autrefois, d’ailleurs la tante March vit toujours dans une grande et belle maison bourgeoise, mais qui a été ruinée. Le père (selon les versions il est pasteur ou médecin) est parti sur le front aider les soldats (cela se passe pendant la guerre de Sécession). Nous suivons le quotidien de ces quatre sœurs aux caractères très différents. Meg est la plus raisonnable, Jo (ma préférée évidemment !) la plus impulsive, Beth est très timide et Amy… Pffou… Comment dire ça diplomatiquement ? J’avais toujours envie de lui donner des claques tellement elle m’agaçait par sa frivolité et son égoïsme !!

Bref. Les quatre sœurs vivent avec leur mère et la bonne, Hannah à Concord (Massachusetts). Les deux plus âgées travaillent un peu pour aider leur mère à joindre les deux bouts. Toute la famille est inquiète pour le père qui est au front. La vie n’est pas très facile, mais la joie et la bonne humeur règne dans la maison des March.

March

Édition originale américaine (1868) – Wikipédia

*****

C’est un roman en partie autobiographique selon la page Wikipédia qui lui est consacrée. On m’a offert cette nouvelle version il y a quelques temps déjà, mais je ne l’avais pas encore (complètement) lue. J’avoue que j’avais un peu peur que ma lecture “adulte” n’efface mes bons souvenirs d’enfance !

La première impression : Qu’est-ce qu’il est beau !! Les illustrations sont vraiment magnifiques et j’adore toutes les “décorations” de page. C’est un vrai plaisir que de l’ouvrir. Il est également gros et lourd ! Je ne me souvenais pas d’un si gros pavé…

*****

Pour plus d’illustrations et de détails sur ce magnifique ouvrage, c’est par ici

*****

Cette lecture participe à plusieurs challenges

Le challenge “Classiques” sur ce blog

Celui de Pativore sur la littérature jeunesse

Ainsi qu’au mois américain chez Belette !

Mes mauvaises filles – Bulles d’amour

mauvaisesMes mauvaises filles

Zelba

Futuropolis (2021)

*****

Résumé éditeur : En 2006, deux sœurs aident leur mère à mourir. À sa demande, elles donnent la mort à celle qui leur a donné la vie. Zelba évoque le moment, à la fois intime et universel, de la perte d’un être cher. Il aura fallu 13 ans à Zelba pour raconter cette histoire, croiser ses souvenirs avec ceux de sa sœur, changer certains noms et romancer en partie.

Elle aborde de front l’euthanasie, ou la mort assistée, sujet qui suscite des débats contradictoires en Europe. Forte de son expérience, elle milite pour que chaque personne puisse choisir, le moment venu, de mourir comme elle l’entend.

À quel moment les soins palliatifs se transforment en acharnement thérapeutique ? Combien de temps peut-on décemment prolonger l’agonie ? Peut-on décider de mourir ? L’euthanasie, ou la mort assistée, est une question délicate à laquelle les pays d’Europe répondent de manière très différente. C’est en tout cas un sujet sensible qui parle à tout le monde.

*****

S’il est question de mort dans cette bande dessinée, il y est aussi beaucoup question d’amour. De l’amour d’une mère pour ses filles, de l’amour des filles pour leur mère. Mais aussi de l’amour entre les deux sœurs. D’amour, de confiance et de respect.

C’est une BD pleine d’émotion, il y est assez peu questions des souffrances de la mère (même si elles sont évoquées à plusieurs reprises). J’ai, bien évidemment, pleuré avec ces deux sœurs. Pleuré à cause de ce geste qu’elles savaient devoir faire, pour soulager leur mère, mais qu’elles étaient incapables de faire… Et qui leur jetterai la pierre ? On s’imagine dans la même situation et c’est horrible…

C’est une décision terrible à prendre, un geste quasi impossible à faire. Chacun a une vision des choses différentes en fonction de son éducation ou de sa religion. Moi je suis pour que les gens puissent décider de leur mort.

Et, tout comme Zelba, j’ai été soulagée d’apprendre le décès de Vincent Lambert, ce jeune homme resté 11 ans allongé sur un lit d’hôpital. Même si je comprends qu’en tant que parents on n’arrive pas à prendre cette décision, je trouvais cela tellement cruel pour lui ! Est-ce que c’est une vie ??

Une BD qui m’a beaucoup touchée et que je vous recommande !

*****

Une autre BD de Zelba (beaucoup plus drôle !) : Le grand incident

Le blog de Zelba (inactif depuis 2023 mais vous pouvez quand même aller voir ses dessins)

Son compte FB et son Insta

Une courte biographie sur le site de l’éditeur

Un avis un peu différend sur le sujet, celui de l’homme étoilé dans “A la vie !

Cette semaine, nous sommes chez Fanny

Brontëana

Brontëana

Paulina Spucches

Éd. STEINKIS (2023)

*****

Éditeur : Les sœurs Brontë ont marqué, avec leurs romans, l’histoire du XIXe siècle.
Plus exactement Emily et Charlotte Brontë sont célébrées et mondialement reconnues. Leur cadette, Anne, est souvent oubliée, au mieux décrite comme la plus sensible des trois.
Prisonnière d’un monde qui a toujours attendu d’elle quiétude et douceur, Anne a pourtant fait fi des mises en garde de ses aînées, prenant le risque d’écrire et de laisser jaillir sa propre voix…
Biographie fictionnelle, Brontëana donnera une belle place à l’imaginaire des soeurs, qui s’inventaient des mondes parallèles à travers des jeux de rôles d’écriture.

*****

J’ai découvert cette jeune autrice-illustratrice (elle a 21 ans et Brontëana est déjà sa 2ème bd) avec “Vivian Maier” (lien plus bas) dont les illustrations à l’aquarelle et les couleurs m’avaient conquises. (Et sans doute aussi après avoir lu l’avis de Fanny !)

Ici, elle a utilisé de la gouache (elle explique pourquoi dans la vidéo ci-dessous) mais les couleurs sont toujours aussi belles et flamboyantes ! Elle a un style très particulier, j’aime beaucoup sa façon de dessiner les bâtiments et les paysages. Alors qu’on a l’habitude d’imaginer les sœurs Brontë habillées de couleur sombre, elles les a vêtues de couleurs vives, ce qui donne un ton plutôt joyeux à cet album.

J’ai appris plein de choses aussi, sur l’imagination de cette fratrie, leur façon d’écrire, leurs partages. C’était très intéressant. Je vous conseille de regarder la vidéo ci-dessous, dans laquelle Paulina Spucches explique en détails la création de cette bd et ce qui a déclenché l’envie de la faire.

Un joli coup de cœur

et une autrice à suivre assurément !

*****

Blandine l’a lu aussi, allons voir ce qu’elle en a pensé !

Quelques pages à découvrir sur le site de l’éditeur

Déja présenté sur ce blog : Vivian Maier, à la surface d’un miroir

La bd de la semaine est chez Fanny

Interview de l’autrice