Vivre mieux sans croissance – P. Rabhi

vivreEnquête journalistique sur un enjeu qui nous concerne tous

Doc Adulte

Vivre mieux sans croissance

Pierre Rabhi & Juliette Duquesne

Collection Carnets d’Alerte

Presses du Châtelet (2019)

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Vivre mieux sans croissance fait partie de la collection « Carnets d’alerte« 

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La croissance, on en parle quotidiennement dans les journaux, à la télévision. C’est elle qui permettrait que tout le monde mange à sa faim, que tout le monde ait du travail…

Mais est-ce vraiment la réalité ? Et depuis quand existe t-elle ? Est-elle réellement indispensable ? C’est à ces questions et bien d’autres encore que tente de répondre cette enquête. Pierre Rabhi préface l’ouvrage et le conclut dans un entretien avec Juliette Duquesne, journaliste indépendante. A la fin du livre, plusieurs pages de notes, la liste des personnes interrogées, un lexique et une bibliographie.

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Si j’ai ouvert ce livre, j’avoue que c’est grâce à la « caution » de Pierre Rabhi, parce que je ne connaissais pas du tout cette journaliste. L’économie n’est pas un sujet qui me passionne, mais dans notre société actuelle, il est difficile d’en faire totalement abstraction !

Une chose est sûre, c’est bien d’avoir un contrepied aux journaux télévisés. Et d’avoir, pour une fois, de « vraies » explications avec de « vrais » experts. Des explications avec des exemples aussi, de choses qui se font et qui fonctionnent. Sans pour autant nous dire que c’est facile ou que tout va marcher partout. Bref, un livre qui donne des pistes de réflexions intéressantes !

Face aux changements, je trouve qu’il est bon de réfléchir à ce que chacun de nous peut faire pour améliorer les choses. Et cette collection peut certainement nous y aider.

A lire !

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Le site de Pierre Rabhi

Celui de Juliette Duquesne, journaliste indépendante

Vidéo dans laquelle elle présente le livre

Carnets d’alerte, c’est aussi une association.

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La loi de la mer – Lectrices ELLE (12)

loi

Récit basé sur des témoignages

La loi de la mer
Davide Enia

Albin Michel (2018)

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4ème de couverture :

Pendant plus de trois ans, à Lampedusa, cette île entre Afrique et Europe, l’écrivain et dramaturge Davide Enia a rencontré habitants, secouristes, exilés, survivants. En se mesurant à l’urgence de la réalité, il donne aux témoignages recueillis la forme d’un récit inédit.

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Un livre où se côtoient deux drames : un personnel à l’auteur, la maladie puis le deuil d’un proche, et cette tragique immigration subie par tous, immigrants comme habitants de l’île. Car si l’on peut imaginer (et encore…) le calvaire que subissent tous ces gens ballottés par les flots (souvent sans rien à boire ni manger, sans même savoir s’ils vont arriver quelque part un jour ou l’autre), on ne pense pas à celui des habitants de Lampedusa, qui sont régulièrement confrontés à l’horreur, à la mort, aux cadavres qui se retrouvent rejetés près de chez eux.

Dans la loi de la mer

Davide Enia ne se contente pas d’énumérer les faits. Il discute avec les habitants, les sauveteurs. La plupart font ce qu’ils peuvent pour aider ces malheureux qui échouent sur leurs côtes, mais se sentent aussi terriblement impuissants face à ces tragédies qui se reproduisent régulièrement. On en parle un peu plus maintenant, mais il y a plus de 20 ans que cela se produit. Les pêcheurs ont retrouvé les premiers cadavres en 1996…

On en entend parler aux infos, on trouve ça monstrueux, puis, une information en chassant une autre, on oublie. Les habitants de Lampedusa n’ont eux, pas cette possibilité. La mer leur apporte encore et toujours des gens épuisés, affamés, malades, déshydratés, quand ce ne sont pas des cadavres.

Un livre à lire pour que « les migrants », deviennent « des personnes« , des êtres humains comme vous et moi, qui auraient sans doute, pour la plupart, préférés rester tranquillement chez eux si cela avait été possible.

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Prix du Premier roman étranger

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ELLE

12ème lecture / 28

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C’est ma 14ème participation au Challenge 1% de la Rentrée Littéraire

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Rentrée Littéraire 2013 # Essais & Mémoires

… Articles en cours ….

Essais et mémoires prévus pour la rentrée littéraire 2013

Présentation, résumé et extraits ou citations de ces essais et mémoires de la rentrée littéraire

Aden

La tête ailleurs : années chinoises Jean-Pierre Outers 

Voilà un livre d’une beauté rare. Rare car elle échappe à toute tentative de catégorisation. Une beauté innommable. Où sommes-nous : dans l’essai, le récit de voyage, la fiction ?  Nulle part et partout à la fois. Saisis tour à tour par la surprise, le rire ou l’incrédulité. Nous sommes en Chine, immergés au cœur de l’étrangeté, d’un monde qui ne se laisse approcher que par touches successives, que l’on croit soudain tenir et qui se dérobe aussitôt.

Celui qui s’aventure en Chine sait le risque qu’il court : ne plus jamais revenir. C’est ce qui est advenu à l’auteur, il est devenu chinois. Et ce livre lentement m’a aidé à comprendre comment mon frère, sans déclaration fracassante – à peine un murmure – était passé de l’autre côté du miroir, celui de « la fin de notre origine, en l’occurrence, de notre occidentalité. » Car, par un étrange ricochet, àmesure que nous avançons, guidés par la main, l’immensité chinoise nous renvoie une image déformée de nous-mêmes, ébranlant à chaque pas nos belles certitudes. Et nous découvrons, au bout du compte, que nous ne sommes plus (les) seuls au monde.

Jean-Luc Outers

LABEL LITTÉRATURE,  10 x 18 cm, 240 pages ISBN : 9782805920585, 12 euros

 

L’Arbre Vengeur

Provinces de Thierry Laget

Chacun porte en soi un trésor fait de mots anciens, de langues apprises puis négligées, de lieux aimés et disparus : une géographie intime de signes et d’espaces qu’il faut réinventer pour mieux les mettre au jour.

En voyageant, en écrivant, Thierry Laget confie à ses phrases le soin de restituer, voire de susciter le souvenir. De la Toscane à l’Angleterre, de l’Auvergne natale à la Touraine, ce sont autant de provinces du seul pays qu’il vaille de conquérir pour un écrivain, celui d’une mémoire magnifiée par la littérature.

« Peut-être l’homme n’est-il que l’instrument dont la langue se sert pour se reproduire et se continuer », reconnaît-il dans cette déclaration d’amour aux mots. Comme une autobiographie qui aurait les atours d’un beau roman d’apprentissage.

ISBN : 979-10-91504-04-1  –  124 pages  – Prix : 12 €

 

Belin 

Balzac à Passy: le bal des créatures de Frédéric Martinez

Les prix de l’immobilier flambent à l’ouest de Paris, la capitale du roman dont Balzac arpenta toutes les rues, des plus fastes aux plus lépreuses. La tour Eiffel surplombe ce monde en crise. Au 47, rue Raynouard, le temps s’est arrêté. Si vous prêtez l’oreille, vous entendrez peut-être les sabots des chevaux marteler les pavés ; vous verrez peut-être brinquebaler des fiacres. Vous les verrez s’arrêter pour laisser descendre des filles perdues, des amoureuses, de faux revenants et des diables authentiques. Tous sont lancés à la recherche de Balzac. Que lui veulent-ils ? Frédéric Martinez cherche celui qui vécut entre ces murs, de 1840 à 1847, une vie de forçat, traversa des nuits d’encre et de café noir dévorées par un monstre : l’écriture.

 9782701159812, 12€

 

Belles Lettres 

Manhattan Volcano : fragments d’une ville dévastée de Pierre Demarty

« Le 24 août 79, le Vésuve entre en éruption et ravage Pompéi, faisant plusieurs milliers de morts. Dix-neuf siècles plus tard, un certain mardi matin de septembre 2001, c’est une autre éruption, celle de la violence humaine, qui réduit en poussière une partie de la ville de New York.

De ces deux catastrophes que sépare la nuit des temps, dissemblables par nature mais similaires à bien d’autres égards, le souvenir a été conservé par une multitude de témoignages. Dans le cas du Vésuve, aucun sans doute n’est si précis ni éloquent que celui de Pline le Jeune, qui dans deux lettres à l’historien Tacite relate en détail le ciel déchiré par les « immenses langues de feu » du volcan, le « torrent » du brouillard de cendres qui s’abat sur les habitants terrorisés de Pompéi, et la mort exemplaire de son oncle Pline l’Ancien. Reprenant la forme épistolaire choisie par Pline, et se situant tout autant que lui à la frontière ténue du vrai et de la fiction, Manhattan Volcano est un récit du 11-Septembre tel que l’a vécu un jeune Français parti un beau jour à la conquête de New York et qui, sitôt arrivé dans la ville de ses rêves, s’est retrouvé par le plus terrible des hasards confronté à l’inimaginable. Dans quatre lettres adressées à ses proches, datées aussi bien d’avant que d’après le 11-Septembre, depuis le vif de l’événement jusqu’à aujourd’hui même, douze ans après les faits, il tente de raconter l’irracontable – et, ce faisant, interroge la valeur même de la mémoire, sa véracité, sa fidélité, sa nécessité mais aussi ses impasses. Qu’a-t-il vraiment vu, au fond, à New York ce jour-là ? Comment saisir, à l’échelle individuelle, un événement dont l’ampleur dépasse toute dimension humaine ?

Pline le Jeune, désirait, en racontant l’éruption du Vésuve, en perpétuer le souvenir, lui donner « en quelque sorte l’assurance de vivre éternellement ». Manhattan Volcano, par-delà les siècles, fait écho à cet irrépressible besoin de mémoire vive face au néant de la destruction : témoignage édifiant de « choses vues », méditation intime et nostalgique, hantée de doutes et d’interrogations, ces lettres composent in fine, plutôt qu’un requiem, un chant d’amour, plein de bruit et de fureur, adressé à la plus volcanique des grandes cités de notre temps, qui à l’image de Pompéi, survit et renaît toujours de ses cendres par la grâce de ceux qui la racontent. »

P. Demarty

978-2-251-69001-8, 9,50€

La cause des livres 

Mots croisés : trois générations de Juifs argentins de Philippe Enquin

« Les paroles qui se croisent entre grands‑parents, parents et petits‑enfants reflètent trois moments de la vie de la bourgeoisie juive argentine : le grand‑père immigrant, qui, fraîchement débarqué de Russie, devient un commerçant prospère et un actif dirigeant de sa communauté (il fut président de la naissante organisation communautaire de 1908 à 1912), mais élève ses enfants dans l’ignorance de toute tradition historique et religieuse ; le fils assimilé, médecin prestigieux, qui, en épousant une juive alsacienne, néglige encore un peu plus ses propres racines ; et le petit‑fils entrepreneur, sans la moindre notion sur ses origines, qui, jeune adulte, émigre en France. Protagoniste de cette histoire singulière, ce « juif perplexe » qu’est le petit‑fils va faire progressivement la découverte du judaïsme. Les lettres échangées entre le père et ses amies, délicieusement snobs et très représentatives des années vingt, et les incroyables photographies de ces beautés frivoles coiffées « à la garçonne » font de ce livre une sorte de « roman‑photo » social et familial. Les dialogues entre Felipe, l’Argentin, qui, devenu Philippe, le Français, finit par accepter Frumkin, le Juif, pour les réunir tous trois au sein d’un « Moi » englobant ses autres identités sont aussi des paroles qui se croisent par‑delà le temps.
Un récit d’immigration avec une problématique inespérée, à mille lieues de la vieille malle ou du baluchon à l’épaule avec les modestes effets. Sans esprit moralisateur et avec un sens de l’humour qui rend facile la lecture de ces échanges entre générations, l’auteur propose un retour aux sources, non comme un port d’arrivée, mais comme une voie ouverte pour continuer la recherche. »
Alicia Dujovne Ortiz

 978-2-917336-24-3 – 400 pages –

Diaphanes

Un été sans fin de Peter Kurzeck 

« Le présent, ce n’est quand même pas seulement ici et maintenant. »

Allemagne, année 1958 : dans le quartier rouge qui s’étend aux abords de la gare de Francfort, le jeune Peter Kurzeck entame une aventure littéraire à laquelle il n’a toujours pas mis de point final. Tableau d’une entrée mouvementée dans la vie, Un été sans finrestitue la magie séductrice d’une grande ville dans l’Allemagne d’après-guerre à travers une réflexion sur la force poétique du souvenir. Car pour Peter Kurzeck, ce qui a été vécu reste pour toujours à portée de main. Au lieu d’assujettir ses récits à un mode de narration linéaire, l’écrivain préfère galvaniser le temps, les souvenirs et les images intérieures : suivre les méandres de l’existence, être à l’écoute des associations d’idées, rassembler des
instantanés, s’attarder sur certains détails et restituer des ambiances. Régulièrement comparé à James Joyce pour la complexité de ses structures narratives, à Marcel Proust pour son fétichisme de la mémoire, à Alfred Döblin pour ses personnages de petits bourgeois, d’ouvriers et d’alcooliques citadins, Peter Kurzeck est certainement l’un des plus illustres – et injustement méconnus – représentants de la littérature allemande contemporaine.

Traduit de l’allemand par Cécile Wajsbrot – 64 pages – 978-2-88928-017-9, 12€ – Date de parution : 22.08.2013

Fayard

Ce qu’il reste des mots de Matthieu Mégevand

Le 13 mars 2012, à Sierre, en Suisse, vingt-deux enfants décèdent dans un accident d’autocar. Le véhicule était en parfait état; le chau eur, sobre, respectait les limitations de vitesse; la chaussée était sèche et bien entretenue. Nulle négligence ne permet de comprendre le drame. Aucune faute. Aucun coupable. Aucune explication. Situation intolérable pour l’esprit. Face à cette aporie, Matthieu Mégevand refuse de s’incliner. Il mobilise toutes les ressources de la pensée et de l’écriture dans une quête à la fois philosophique et romanesque. Il replonge dans d’anciennes lectures, se retire dans la solitude, taquine l’autofi ction, s’invente des interlocuteurs, contradicteurs ou complices, et des situations imaginaires qui pourraient l’éclairer. Les mots sont impuissants? C’est à voir. Avant de proclamer leur défaite, il faut au moins leur faire livrer bataille. Envisager tous les recours. Quitte à admettre que grammaire et logique n’épuisent pas le langage, qui doit se transcender lui-même lorsqu’il s’agit de trouver la raison pour laquelle la mort nous est insupportable.

9782213677996, Date 04/09/2013 – 208 pages – 17 €

Flammarion 

Une conversation française avec Benoît Chantre de Marc Fumaroli avec Benoît Chantre

Des entretiens qui permettent de mieux connaître l’historien de la littérature, professeur au Collège de France et docteur honoris causa de plusieurs universités. Un regard rétrospectif sur sa vie, son travail et les rencontres qui ont émaillé son itinéraire. Cette conversation apporte également un éclairage sur la vie intellectuelle de l’après-guerre.
16/10/2013, 21,00 €, 9782081253438

De notre correspondant à Rome (titre provisoire) de Philippe Ridet

Les mésaventures conjugales d’un auteur correspondant à Rome, la vie de cette capitale et la politique d’un pays européen se mélangent dans un texte très personnel.
02/10/2013, 9782081311961, 17€

Les érections américaines (titre provisoire) : dans la peau du tueur de Newton d’Amanda Sthers

A partir de la tuerie qui a eu lieu à Newton dans le Connecticut en décembre 2012 et du pistolet comme symbole phallique, ce récit, fait dans la peau du tueur juste avant le drame, tente de comprendre comment un être humain a pu en arriver là et est devenu le symptôme d’un pays fantasmé mais souffrant.
09/10/2013, 12,00 €, 9782081303454

Galilée 

 Le Graal sans la légende d’Yves Bonnefoy

Un colloque récent du Musée de Cluny demandait à des écrivains quelle influence avaient eue sur leur travail la littérature ou la pensée médiévales.   Cette occasion m’a permis de dire à quel point il m’avait paru, dès mes premiers écrits, que la légende de la terre gaste et du Graal est une pensée de la poésie, par dessous la réduction qu’avait tenté d’en faire à ses propres catégories la religion de l’époque.   La transcendance qui apparaît dans le graal, ce n’est que celle inhérente à toute chose du monde simple : cette présence à notre présence que la poésie cherche à rétablir dans son travail sur les mots, délivrés par elle de leur recentrement sur le projet conceptuel. Perceval se doit de comprendre que le plein du réel, c’est l’échange entre les êtres que permet ce vase ou chaudron qui porte à l’un d’eux réconfort.   Et Balin dans un des récits, c’est le pressentiment de la difficulté de la tâche. Il combat jusqu’à en mourir un chevalier masqué comme il l’est lui-même, ne découvrant que trop tard que ce chevalier, c’est son frère. Le Je de notre présence au monde va-t-il être étouffé par un moi qui n’est qu’une construction du concept, et en cela de l’irréel, rien qu’une image, une autre sorte de mort ? L’histoire de Balin suggère que la vraie quête n’est pas celle d’un bien surnaturel mais, opiniâtrement, d’un peu de lucidité dans le rapport de l’être parlant à soi-même. 12/09/2013 9782718608914, 25€

Portraits aux trois crayons d’Yves Bonnefoy

Sanguine, encre noire et craie blanche. Et un grand souvenir de Baudelaire. Assez pour que je place ces portraits d’amis disparus sous le signe de ces trois crayons qui laissent sur la feuille beaucoup de surface vide alors même qu’ils veulent exprimer l’affection, l’admiration, le regret. Une autre fois au seuil d’un projet semblable j’avais fait appel, pour caractériser le lieu où se portait le travail, à l’idée d’un fragment de miroir ramassé dans l’herbe, taché de boue, mais où de la lumière a brillé. C’est à peu près la même métaphore, aujourd’hui. Pour dire l’impossibilité de dire, pour indiquer que n’est jamais que partielle et trouble l’image que notre parole donne de ceux-mêmes qui nous ont été les plus chers, mais aussi parce que nous rêvons que le peu que nous avons préservé de leur présence perdue, ce puisse être la preuve, un rien enveloppé de lumière, que cette résurrection est possible, à laquelle pourtant nous ne croyons pas. 978718608822, 18€

Grasset

 Journal d’un écrivain en pyjama de DanyLaferrière

« Le pyjama est un étrange habit de travail », nous dit Dany Laferrière qui, après trente ans de publications, décide de parler à ses lecteurs. Suite de scènes où réflexions, récits, méditations s’entremêlent avec cette désinvolture qui caractérise son style. Voici les « conseils à jeune écrivain » d’un auteur pour qui la vie est une aventure exaltante qui se conjugue entre lire et écrire.

De « Comment débuter une histoire » à « La description d’un paysage » en passant par « La mémoire de l’enfance », sans oublier « Le fouet de Truman Capote », l’expérience et l’humour de l’auteur du Goût des jeunes filles, qui n’en a pas moins pour les bons livres.
Des avis de lecteurs sur Goodreads, puisque ce titre est paru en début d’année au Canada

Proust contre Cocteau de Claude Arnaud

Peu d’écrivains se sont autant aimés, enviés et jalousés que Proust et Cocteau. Très peu établirent une relation affective et sensible aussi riche, on l’ignore parfois. Tel un frère élevé une génération plus tôt, Proust montrait une admiration sans borne pour ce cadet qui le faisait rire aux larmes et manifestait à 20 ans le brio et la faculté qui lui manquaient encore, à près de 40 ans. Il l’aima d’un amour impossible et frustrant, comme tant d’autres avant lui…

Comment la situation s’est-elle retournée ? Pourquoi Proust pèse-t-il tant sur un paysage littéraire que Cocteau semble toujours traverser en lièvre, un siècle plus tard ? Aurait-il contribué à lui nuire ? Le premier des autofictionneurs aurait-il eu besoin d’éliminer ses modèles ?
Vénérons le saint littéraire, apprenons à connaître l’assassin.

Hermann

Le transhumant : autochroniques de Jean Bellemin-Noël

Le troupeau de ce berger-là rassemble ce qu’il appelle des « autochroniques », sortes de brèves méditations qu’il tond à ses moments perdus sur les plus prometteuses de ses brebis ; cela parle des monts, des mots, du temps qu’il fait, du temps qui passe – de tout, de rien et même du reste. Car que faire sur les hauts à moins que l’on ne rêvasse en jouant parfois au philosophe solitaire ?
L’humour le dispute au goût du paradoxe pour imposer une liberté de ton allant jusqu’à l’impudeur et porter une attention sans retenue à bien des recoins de la vie et bien des tics de langage que leur visible légèreté n’empêche pas de peser lourd sur notre prétendue sagesse. Ces aubes et ces soirs, qui ne mériteraient sans doute pas de se succéder tout au long d’une année, donneront peut-être quelque prix à une excursion saisonnière ?
P.-S. : pour ceux qui n’en ont jamais vu, quel que soit l’âge d’un transhumant, son feutre noir à larges bords couvre surtout des cheveux blancs.
150 pages –  2013 – 9782705687267 – 22€

JC Lattès

 Comment les Eskimos gardent les bébés au chaud – Mei-Ling Hopgood

Une mère américaine installée à Buenos Aires, Mei-ling Hopgood a été choquée par l’heure tardive à laquelle les Argentins couchent leurs enfants. Était-ce bon pour leur développement, tant physique que social ? Poussée par sa curiosité de journaliste et ses interrogations de jeune maman, Mei-Ling Hopgood s’est lancée dans un tour du monde des méthodes éducatives, étudiant des problématiques aussi universelles que l’heure du coucher, l’apprentissage de la propreté, les repas, ou les activités ludiques.
Aux quatre coins de la planète, elle a interrogé des parents issus des cultures les plus diverses, ainsi que des anthropologues, des éducateurs, et des experts en puériculture. Son champ de vision de l’éducation s’en est trouvé profondément élargi. Ainsi, les Chinois sont les rois de l’apprentissage de la propreté. Chez eux, le pot, ça commence à six mois ! Quant aux Kenyans, ils portent leurs bébés sur le dos, sanglés dans des écharpes colorées. Et ce n’est pas seulement par tradition – essayez donc de manœuvrer une poussette
sur les trottoirs défoncés de Nairobi ! Les Français, eux, réussissent à faire de leurs bambins des gastronomes en culottes courtes. Toutes ces découvertes, Mei-Ling Hopgood les a testées sur sa propre fille, dès la naissance. Et les résultats parlent d’eux-mêmes !
Ce regard original sur l’éducation à travers les cultures nous offre non seulement la possibilité d’expérimenter certaines de ces traditions mais nous prouve également qu’il y a mille et une façons d’être de bons parents. Traduit de l’anglais par Marine Bramly

 

Robert Laffont 

couverture

L’enfant du 15 août : mémoires de Régine Deforges

Audacieuse, belle, écrivain, éditeur, sulfureuse, censurée, courageuse…
Pour définir Régine Deforges, les qualificatifs ne manquent pas. Elle a eu mille vies et mille aventures, elle s’est engagée sur tous les fronts, elle croit aux livres et aux êtres humains. Ses mémoires sont attendues car on est loin de tout savoir d’elle. Elles sont le témoignage d’un fougueux parcours personnel qui se confond avec la vie intellectuelle et politique de ces cinquante dernières années. Après une enfance dans le Poitou, Régine traverse une adolescence tumultueuse, se marie à dix-huit ans et s’installe à Paris. Elle prend des cours de théâtre au cours Simon, fait un peu de mannequinat mais trouve sa vocation en devenant libraire au drugstore des Champs-Élysées. Elle est représentante pour les Éditions Jean-Jacques Pauvert puis crée sa librairie, se spécialise dans les ouvrages érotiques avant de monter sa maison d’édition en publiant des ouvrages qui déchaînent la censure et lui valent de nombreux procès. Régine Deforges passe de l’autre côté du miroir : elle écrit et connaît d’immenses succès avec notamment la série des romans qui commence par La Bicyclette bleue. Divorcée, elle se remarie avec Pierre Wiazemsky, dit « Wiaz », le célèbre dessinateur du Nouvel Observateur.
Son ardeur dans la vie n’a d’égale que sa curiosité passionnée pour le monde qui l’entoure. Quelqu’un a dit : « Ce qu’il y a d’important, ce sont les rencontres. » Pas n’importe qui dans la vie de Régine. Des écrivains : Mandiargues, Vailland, Abellio, Hervé Guibert, Pascal Jardin, Pierre Emmanuel, Romain Gary. Des personnages : l’abbé Pierre, Jacques Lacan, Gaston Deferre, Louis Malle, René Andrieu. Les meilleures amies : Sonia Rykiel, Madeleine Chapsal, Geneviève Dormann et la plus admirée : Dominique Aury, l’auteur longtemps mystérieuse d’Histoire d’O. Un grand homme, François Mitterrand, qui l’emmène diner et lui parle littérature. Tous se pressent autour d’elle avant qu’elle ne reparte courir le monde : le Vietnam, l’Argentine, l’Algérie, Cuba, la bien-aimée. Retour à Malagar, la maison de Francois Mauriac, le grand-père de son mari, détours par Pigalle, les bars mal famés et les rues sombres. Mystérieuse Régine qui veut tout connaître et qui se cache en se dévoilant. Elle raconte aussi sa jeunesse à hue et à dia au fond d’une petite ville et d’une famille traditionnelle qu’elle a voulu fuir à tout prix et sur qui elle se retourne maintenant dans le respect et la tendresse. « Fille de Colette », a écrit Le Monde, « papesse de l’érotisme », Régine Deforges ne s’épargne pas dans ces magnifiques mémoires ; elle écrit comme elle vit, avec un style, du courage, un grand charme.
484 pages, Prix : 21,00 €, ISBN : 2-221-11310-1

La Martinière 

Bacchus et moi de Jay McInerney

Jay McInerney on wine? Yes, Jay McInerney on wine! The best-selling novelist has turned his command of language and flair for metaphor on the world of wine, providing this sublime collection of untraditional musings on wine and wine culture that is as fit for someone looking for “a nice Chardonnay” as it is for the oenophile.

On champagne: “Is Dom Pérignon worth four bottles of Mo‘t & Chandon? If you are a connoisseur, a lover, a snob, or the owner of a large oceangoing craft, the answer . . . is probably yes.”
On the difficulty of picking a wine for a vegetarian meal: “Like boys and girls locked away in same-sex prep schools, most wines yearn for a bit of flesh.”
On telling the difference between Burgundy and Bordeaux: “If it’s red, French, costs too much, and tastes like the water that’s left in the vase after the flowers have died, it’s probably Burgundy.”
On the fungus responsible for the heavenly flavor of the dessert wine called Sauternes: “Not since Baudelaire smoked opium has corruption resulted in such beauty.”
9782732460505, 23€

Léo Scheer 

La déclaration d’amour

La déclaration d’amour : sur le fil du désir d’Isabelle Miller

La déclaration d’amour, funambule sur le fil du récit tendu par le désir des personnages et celui des lecteurs.

Quelle place un narrateur accorde-t-il à la déclaration d’amour ? Dans quelle mesure la parole amoureuse peut-elle être un élément de tension du récit ou au contraire une menace pour celui-ci ?
À partir de relectures de romans français, cet essai dévoile les rapports ambigus de ces frères ennemis que sont, selon Isabelle Miller, l’amou- reux et le narrateur. L’auteur s’interroge du même coup sur l’art du récit. Puisque tout récit est d’abord l’histoire d’une transformation, et que l’amour est par définition un événement bouleversant, une histoire d’amour est une histoire au carré. Et si l’amour était à l’origine de toutes les histoires ?
Le fil rouge de cet essai est un récit d’expérience personnelle racontée sur le mode mi ironique mi lyrique qui est la touche particulière de cet auteur.
parution 2 octobre 2013 – 120 pages – 15 euros

Marabout – Donnez le pire de vous même / Soyez le plus méchant possible de Charles Saatchi

Qu’est-ce qui donne le plus de pouvoir l’argent ou la connaissance ? Parmi les 7 péchés capitaux (orgueil, paresse, luxure, envie, avarice, gourmandise, colère), de combien êtes-vous coupable ? Croyez-vous que le mieux est l’ennemi du bien ? Monsieur Charles Saatchi, fondateur dans les années 70 de l’agence de publicité Saatchi & Saatchi devenue mondialement célèbre, et mécène de l’avant-garde artistique londonienne puis internationale, traite ici de questions aussi diverses que le cinéma, le suicide, la superstition, la morale ou la réincarnation. Une lecture décisive pour ceux qui cherchent des réponses, et qui n’ont pas peur des propos crus ni de l’humour noir.

L’olivier 

 Le style comme expérience  – Pierre Bergounioux

«Comme les manières de penser, de sentir et d’agir, les façons de parler et, plus encore, d’écrire sont nettement différenciées dans les sociétés développées. Le style comme écart, variation expressive, surcroît de sens, est un fait. Il a été perçu, formalisé dès les débuts de la culture lettrée, en Grèce. On l’assimile, depuis lors, à l’exploitation des ressources immanentes au langage, constitué en entité autonome de dépendances internes.
Mais, ce faisant, on perd sa dimension vécue, la satisfaction ambiguë qui colore pareille expérience. Celle-ci, comme l’ensemble de l’activité sociale, accuse la distribution inégale des ressources économiques et sémantiques. L’explication appelle une approche historique.» P. B.
Dans cet essai bref, Pierre Bergounioux évoque de manière éclairante ce qu’il appelle «l’expérience vécue du style». Mais Le Style comme expérience est aussi une archéologie de l’écriture. Comment l’écriture peut-elle s’abstraire de son vice originel, à savoir son émergence comme signe des premières sociétés inégalitaires? C’est un regard historique que cet ouvrage nous propose d’adopter
en analysant les bouleversements littéraires de notre modernité. Et nous permet de comprendre comment la littérature s’est mise à considérer le monde comme «ce que nous vivons quand on y est impliqué corps et âme, maintenant».

Le Passeur

De l’aube à midi : propos exutoires ; suivi de Fusées et strettes ; Dithyrambes du liseron de Jean-Yves Clément

 Ce recueil de pensées, maximes et aphorismes, en forme de triptyque dont le dernier volet est inédit, traduit une évolution de l’esprit, en quelque sorte de la culture à la nature. Il permet à son terme une nouvelle récolte et d’autres fruits, moins verts et plus goûteux, où l’aphorisme élu n’est plus considéré comme une forme en soi mais comme l’endroit où la pensée échoue, émue et résignée devant les règnes tout-puissants du sensible et de la musique, ici confondus dans la même contemplation et la même soif d’exister.

De l’aube à midi expose un parcours de presque trente années de songeries en tous genres, comme autant d’arrêts sur image de la réflexion, de la simple note à l’empreinte poétique la plus directe, des préludes des songes aux songes eux-mêmes, reflets des mouvements de l’âme de l’auteur — de l’aube à midi sur la terre.
29 août 2013 – 19,00 €

 

La Table ronde
Béton armé : portrait de l’artiste en costume de ville de Philippe Rahmy

Lorsque l’Association des écrivains de Shanghai l’invite en résidence, à l’automne 2011, Philippe Rahmy saisit cette chance, synonyme de péril. Fragilisé par la maladie, il se lance dans l’inconnu. Son corps-à-corps intense avec la mégapole chinoise, «couteau en équilibre sur sa pointe», «ville de folle espérance et d’immense résignation» donne naissance à un texte de rires et de larmes, souvent critique, toujours tendre, mêlant souvenirs d’enfance, rêves et fantasmes à la réalité. Bien plus qu’un récit de voyage, Béton armé est un flot d’images et de pensées que seule l’écriture a le pouvoir de contenir et de restituer.
«La vision qu’il nous livre de Shanghai est celle d’un homme pour qui cette ville représente non pas un lieu parmi d’autres, mais un nouveau monde. C’est qu’il lui en a coûté pour l’atteindre ! En notre siècle de vitesse et de facilité, Rahmy nous restitue un attribut qui fut longtemps propre au voyage : la difficulté. Il est plus près, à sa manière contemporaine, d’un Marco Polo que de nous. Les dangers
que Rahmy a dû affronter ne sont pas les mêmes, mais ils sont aussi nombreux. Il en résulte un appétit de voir multiplié par le long jeûne de l’immobilité.» Extrait de la préface de Jean-Christophe Rufin, de l’Académie française.
La ferveur du souvenir de Maurice Genevoix
Correspondance : 28 août 1914-25 avril 1915 – Maurice Genevoix, Paul Dupuy
La mort de Jean-Marc Roberts de Jean-Marc Parisis

Aussi annoncés par Livres Hebdo (Bibliographie établie par Nicolas Greslin, avec ElectreBiblio) ou les éditeurs mais pas d’informations sur les sites éditeurs pour le moment :

Albin Michel – Assise de François Cheng / Cinq méditations sur la mort: autrement dit sur la vie de François Cheng

 Arthaud Mon île au trésor d’Alain Blottière

Attila Debout-Payé : la vie intérieure du vigile de Gauz

Au Diable Vauvert La beauté du geste : chroniques 2000-2013 de Nicolas Rey

Cambourakis La lettre d’Isaïe  de Laszlo Krasznahorkai

Capricci Veit: d’un fils à son père, dans l’ombre du Juif Süss de Thomas Harlan

Les Editions nouvelles Cécile Defaut  – Personne(s): d’après Le livre de l’intranquillité de Fernando Pessoa de Sarah Chiche

Cherche Midi – Pour en finir avec l’espèce humaine : et les Français en particulier de Pierre Drachline – 978-2749110486, 15€

Contrebandiers – Pagaie simple de Victoria Horton

Corlevour – Goethe et Diderot de Jules Barbey d’Aurevilly

Denoël – La main coupée : et autres récits de guerre : 1914-1918 – Blaise Cendrars

Desclée de Brouwer – La langue française est un roman de Gérard de Cortanze

Jérôme Do Bentzinger Dialogue avec le temps de Bernard Pierrat

Equateurs Ici s’aimèrent d’Ariane Chemin

Escampette Lumignons d’Yves Dolé

Fayard- Leçons de mauvaise éducation : interdit aux moins de 13 ans d’Antoine Buéno

Folies d’Encre – Dieu et l’humour : conférence-fiction d’Alain Gluckstein – 12/09/2013, 978-2907337878, 8€

Gallimard – Les chants de la fureur de Léo Ferré
Quatre mots,trois dessins et quelques chansons  de DavidMcNeil
De nombreuses correspondances d’Albert Camus, avec Louis Guilloux, Roger Martin du Gard, Francis Ponge
Du côté de chez Drouant – Pierre Assouline
Journal de merde de Joann Sfar
Les derniers jours de Jean Clair
Elucidations : 50 anecdotes d’Alexis Jenni
Correspondance Paul Morand avec Jacques Chardonne. 1, 1949-1960
Lettres à sa voisine de Marcel Proust
Visage slovène de Brina Svit
Correspondance Jacques Copeau,Louis Jouvet
Les anges de Millesgarden d’Alexandre Najjar

Gaussen – L’inventeur de villes de Patrick Coulomb – 9782356980625, 13/09/2013 12€

Lettre volée  – Méditations et autres brièvetés : proses fantasmatiques de Marc Blanche

Mercure de France  Ma mère rit de Chantal Akerman

Naïve La comtesse de Christophe Fiat

Noir sur Blanc – Manifeste incertain 2 Frédéric Pajak

Nous – 1960 de Jacques Barbaut

François Bourin – Petit Eloge du chat de Stéphanie Hochet

Payot La lampe de Proust et autres objets de la littérature – Serge Sanchez

Pierre Guillaume De Roux – L’être-bœuf de Richard Millet

PLON – Transfert imaginaire des cendres de Camus – Henri Guaino

P.O.L – Autoportrait d’Edouard Levé
L’enfant de Raymond Bellour
Je vais, je vis de Hubert Lucot

Ed. des Régionalismes – Finis terrae : notes sur Ouessant écrites et gravées par Jean Chièze

Rivages – Correspondance inédite : une amitié dans la tourmente de Stefan Zweig / Joseph Roth ;

Sémiose – Nocturnal : 10 septembre 2001-17 décembre 2001 d’Alexandre Gérard

Seuil –
Proust est une fiction de François Bon
Où le sang nous appelle de Chloé Delaume, Daniel Schneidermann

Xenia – De la frontière d’OskarFreysinger

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Je vous emmène au bout de la ligne – R. Macia & S. Adriansen

Témoignage

Je vous emmène au bout de la ligne :

tribulations et secrets d’un conducteur de métro

R. Macia & S. Adriansen

Max Milo, 2010
9782315001330 16,23€

 

            Je ne lis pas souvent de témoignages mais quand Sophie a proposé de faire voyager cette aventure plus loin que le métro parisien, j’ai profité de l’occasion. C’est étrange d’ailleurs car je n’ai pas ouvert ce livre avant d’être dans le train, en route pour Paris. Pour me mettre dans l’ambiance.

« À Paris, plus de 5 millions de personnes prennent le métro chaque jour. À l’heure de pointe, en fin de journée, 540 trains circulent simultanément sur tout le réseau. Tout le monde semble pressé de remonter à la surface. Et pourtant, les coulisses de ce monde underground ont de quoi fasciner et la mission du conducteur peut parfois s’avérer héroïque. »

           Dans ce récit, Rodolphe Macia nous montre l’envers du décor d’un métro parisien. Je ne suis pas de ces parisiennes pressées qui courent dans l’escalators mais j’ai toujours un lien privilégié avec Paris, je n’ai d’ailleurs pas souvenir d’une seule année où je n’y sois pas allée, depuis ma plus tendre enfance. Le métro est un espace étrange qui m’a d’abord terrifié et me semble maintenant totalement incontournable à Paris, même en aimant marcher. Mais vous n’êtes pas là pour connaître ma vie mais celles de ce conducteur de métro !

           Rodolphe Macia est conducteur de métro sur la ligne 2 et il nous raconte le métro de son point de vue. Tout le métro. Un témoignage qui se lit très bien car il est chargé d’humour mais deux points m’ont particulièrement plu.

           Les personnages tout d’abord car sous la plume de Sophie Adriansen les personnes anonymes que Rodolphe croise tous les jours prennent vie devant nous pour quelques lignes. Des voyageurs qui nous ressemblent plus ou moins. Avec son regard extérieur il met en lumière nos travers… et c’est plutôt bien vu!

           Outre cet aspect très humain, exacerbé par les réflexions personnelles de l’auteur sur son métier ce sont les informations presque documentaires qui ont retenu mon attention. J’ai aimé apprendre au détour d’un chapitre le nombre de lignes parisiennes, le nombre de conducteurs ou le détail des trains utilisés. Bien que le narrateur soit toujours présents dans les encadrés de fin de chapitre, l’accent est mis sur ces points plus documentaires et permettent en feuilletant le livre de retrouver rapidement une information.

           Après quelques chapitres, il faut bien l’avouer, j’ai eu peur de me lasser, mais finalement chaque nouveau chapitre apporte une fraîcheur à l’ouvrage et j’ai réalisé un agréable voyage sur la ligne 2.

      La seule chose qui m’a manqué finalement ce sont des photographies pour illustrer le tout… je ne suis pas assez parisienne pour partir sur la trace du tableau, des plaques de station, du lapin rose… mais j’aurais bien vu ce témoignage richement illustré de belles photos en noir et blanc comme sur la couverture !

Un témoignage vivant, très proche de l’oralité, dans les sous-sol de Paris, des recoins noirs et bondés, plein de gens qui courent sans regarder les autres… et pourtant on y découvre tout un monde qui pense, sourit et vit… et nous avec!

Les Petits Plus :

+ Un livre à compléter si vous aimer l’atmosphère du métro par deux sites :
– le premier est cité dans le livre, il s’agit de transport amoureux, un site destiné à laisser des annonces suite à des rencontres dans le métro (et oui, l’amour s’y trouve parfois)
– le second découvert il y a quelques années, un blog qui s’est arrêté depuis mais sur lequel vous pouvez fouiller http://linconnudumetro.wordpress.com

+ Le site de Sophie AdriansenLe site du livre, Le plan de la ligne 2

+ D’autres avis de blogueurs : George, Leiloona, Hélène, LilibaAngelita

+ D’autres livres de Sophie Adriansen : J’ai passé l’âge de la colo

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