Freedom ! L’incroyable aventure de l’Underground Railroad

FreedomFreedom !

L’incroyable aventure de l’Underground Railroad

Jennifer Dalrymple

Justine Brax (Ill.)

Albin Michel Jeunesse (2021)

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Éditeur : Freedom ! retrace le combat pour la liberté de l’Underground Railroad, ce Chemin de fer clandestin américain qui a largement œuvré pour l’abolition de l’esclavage. Racontée à travers la voix d’Harriet Tubman, figure emblématique de ce mouvement, et celles d’autres activistes, voici la véritable histoire de la résistance à l’esclavage organisée par ce réseau de libération des esclaves du Sud des États-Unis, qui a permis à nombre d’entre eux de rejoindre le Nord.
Un récit historique passionnant, une mémoire à entretenir.

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Conseillé à partir de 6 ans par l’éditeur, personnellement ça me semble un peu juste… Sauf à être accompagné dans cette lecture.

Déjà pour la longueur du texte, le livre fait 91 pages. Puis parce qu’il y a plusieurs textes en anglais (des chansons essentiellement) qui ne sont pas traduites. Et aussi à cause du vocabulaire, pas forcement toujours très simple. Bref, un peu compliqué à l’âge où l’on débute la lecture ! Je le préconiserai plutôt à partir de 10/11 ans. (si vous l’avez lu, que vos enfants l’ont lu, n’hésitez pas à me donner votre avis à ce sujet !) Le site Ricochet propose cette lecture à partir de 8 ans.

Ce léger bémol mis à part, j’ai beaucoup aimé cette lecture.

L’album est grand (j’adore), la couverture superbe et le papier utilisé très épais et très agréable à feuilleter.

Le sujet, l’esclavage, n’est pas très gai bien évidemment.

Mais c’est traité de telle façon, avec de petits  encadrés qui traitent de différents sujets que ce n’est pas “plombant”. La mise en page, à la façon d’un vieux journal intime usé (encadrés, “faux” articles de journaux) est très originale. Et j’ai beaucoup aimé les illustrations également, magnifiques, à l’image de la couverture.

Un très bel album documentaire
que je vous recommande vivement !
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Je connaissais déjà un peu le sujet, ayant déjà lu plusieurs documentaires, dont :

Harriet Tubman, La femme qui libéra 300 esclaves de Anouk Bloch-Henry chez Oskar (2019)

La femme noire qui montra le chemin de la liberté d’Éric Simard toujours chez Oskar (2016)

Sur l’esclavage :

Un joli conte : Coton Blues

Un roman jeunesse : Marche à l’étoile

Des romans “adulte” :

Et lu et adoré, mais non présenté : Underground Railroad de Colson Whitehead ♥

James de Percival Everett (2025)

Nous serons tempête de Jesmyn Ward (2025)

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Déjà présentés sur ce blog :

De Jennifer Dalrymple : Merveille des merveilles

Illustré par Justine Brax : La robe rouge de Nonna et ŌUKI et le mystère de la nuit

Site de Justine Brax

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Une lecture qui participe au challenge d’Enna, l’African American History Month

https://lh3.googleusercontent.com/NJnOLTnUE8fkiZsVl1i1izT7vOHXNGOPHLQjqRId1JpfEFqKWAcUwN5n7GBF_e58zQILzh0WGngvDgQS7ipzPnq9H67GtMd2qXxvM9zbKIbK_MQ3_JAAldd8gaT1e7A3aGkZOMXBvjNJgJZlVIaJ2ATzFmtXj99njz-Et0r3dZ4THrCRoy_YbsiQ7fSYXRv0jyFRP-cYo9yrOw1F__P_zwu6bT0jzmZMF14ZCqb6n9Zz3x0jbt7DYh3OG3VQtqiRyWq5rcm2oI3OQIRVT4GvZXKW-4SyeXbYRAcg5ULbp8QTzveC_2a3NHvwpM5qtgbC0z4XoSSvjTcmO1pxLDrTSFF5fiLh_k_XRaydonBbOofIkq454r8re2zHzgpCLyVwRsvlDPDOoDT_exPnPqM8PFBqZJIXEH_rIe8vt9pZ_3i-YNaqssjQ-ucvhjNVg3XWErvt3XlJpnpfxrU-YGBrykRPrtRiKfXdYecBMXdtE2aw55_lZbv94o058_3V7qw9ovoNWHlwZyTCIYj4YuVSsfkmZxfwrUgVt2WrY0OlW_o2X7JhdY6OlRkWvMobupkxBuGk5pWynXfj1bmXegYuyYl66dl4esZ-rJCgvH01dIMRZquQ28bawqjhlidFq8mkCOjRWrMW_Z46OeCQtp1sRNOt4aWUHVNz=w960-h480-no

Nous serons tempête ♥

tempêteNous serons tempête ♥

Jesmyn Ward

Belfond (2025)

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Une Lecture Commune avec Enna (sauf qu’elle l’a lu en anglais !)

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Annis est encore une enfant quand sa mère est vendue à un autre propriétaire. Et n’est guère plus âgée quand son maître, qui est aussi l’homme qui a violé sa mère, se débarrasse d’elle avec d’autres esclaves.
Lors de leur terrible marche vers les plantations de La Nouvelle-Orléans, Annis tente de se raccrocher à la vie et aux enseignements de sa mère : se battre, toujours, avec les armes et les sagesses qu’elle lui a transmises. Avec la mémoire aussi, celle de ces femmes qui, avant d’être arrachées à leur terre, ont été les guerrières des rois du Dahomey. Et avec la seule force qui lui reste, sa connaissance des plantes, des abeilles, de cette nature qui semble si hostile aux yeux des Blancs et qui pourtant est nourricière pour qui l’honore.
Et puis, quand Annis se sent sombrer, elle peut encore implorer Aza, l’esprit de sa grand-mère, capable de faire gronder l’orage et tomber la pluie. Celle qui, quand la faim et la douleur se font trop fortes, lui murmure qu’un jour, elle et ses frères et sœurs de malheur seront tempête…

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Que dire de cette histoire ? Qu’elle est terrible ? Certainement proche de la réalité ? Que je l’ai adorée ?

Tout cela est vrai. J’ai beaucoup aimé ce récit et j’ai aimé, cette fois encore, l’écriture fluide, poétique et émouvante de Jesmyn Ward. C’est touchant, c’est troublant aussi quand on se dit que tout cela a bel et bien existé. (Et que cela existe encore, sous une forme ou une autre…)

La jeune Annis, esclave et fille d’esclave (sa mère a été violée par le maître), séparée de sa mère, vendue, se retrouve sur la route de la Nouvelle Orléans. Et on se rend compte de ce qu’on probablement subit de nombreux esclaves : la fatigue ou plutôt l’épuisement, la faim, les viols, les coups, la peur… En a-t-il fallu du courage, à ceux qui ont osé se rebeller ou s’enfuir !!

Le côté fantastique de cette histoire, avec Aza, un esprit qui joue avec le vent et qui parle à Annis, aide à “supporter” toutes ces horreurs. Grâce à cet esprit et aux rencontres qu’elle fait, Annis arrive à garder l’espoir d’une vie meilleure.

Une très belle histoire que je vous recommande chaudement !

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De la même autrice : Le chant des revenants

AAHM chez Enna

Le challenge ABC (lettre W) chez Enna

Le challenge ABC Titre (lettre N) de Sophie (sur ce blog)

Traquée, la cavale d’Angela Davis

Traquée

Histoire d’une femme traquée pour ses idées

TRAQUÉE :

la cavale d’Angela Davis

Fabien Grolleau & Nicolas Pitz

Coll. Karma

Glénat (2020)

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Résumé éditeur :

Son crime : se battre pour la liberté. États-Unis, mai 1970. Voilà plusieurs semaines que le FBI suit la trace d’Angela Davis, recherchée pour avoir organisé une prise d’otage dans un tribunal. Son véritable crime : être militante communiste et membre active des Black Panthers. Il faut dire que les injustices subies par le peuple noir, Angela les a bien connues. Originaire de Birmingham, elle a grandi dans l’Alabama des années 1960, où la ségrégation sévissait encore et où le KKK œuvrait avec la bénédiction du pouvoir en place. Angela a vécu la violence, les meurtres, les émeutes… Elle a fait partie de celles et ceux qui ont décidé de se lever et de ne plus accepter. Aujourd’hui, elle est traquée pour ça. Elle ne sait pas encore qu’elle va devenir une légende, l’icône d’un peuple tout entier.

En retraçant la cavale d’Angela Davis, les auteurs mettent en lumière une figure majeure du Black Power qui s’est illustrée par ses actes. Ils nous replongent avec force dans une Amérique tourmentée par un combat, malheureusement toujours d’actualité, celui de la mise en place égalitaire des droits civiques.

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Si j’ai bien aimé le propos de cette bd, j’aurai préféré quelque chose de plus chronologique. Il y a beaucoup d’aller-retours et cela m’a un peu perturbée. Pour quelqu’un qui connaît déjà son histoire, ce ne doit pas être très gênant. Mais, si je connaissais la femme, je ne connaissais pas spécialement sa vie.

Ce bémol mis à part, c’est une bd à priori bien documentée et que j’ai trouvé intéressante. En plus d’Angela Davis (que je croyais morte, shame on me, elle a 84 ans et est bien vivante)  on croise bien sûr les Black Panthers, mouvement auquel elle a adhéré un temps, ou encore Martin Luther King.

Dans les années 70, Angela Davis a tout pour énerver les dirigeants blancs de cette Amérique. C’est une femme, elle est noire, activiste et surtout, surtout COMMUNISTE !!! Ce qui en fait l’ennemi public numéro 1… Hoover (directeur du FBI), aidé par Reagan (alors sénateur de Californie) et soutenus par Nixon (président) vont tout faire pour se débarrasser d’elle, y compris la faire accuser d’un crime qu’elle n’a pas commis.

Les méthodes du FBI à l’époque (dirigé par un certain Edgar Hoover) sont purement et simplement révoltantes. Mais j’avoue que je ne connais pas leurs méthodes actuelles…

Je n’ai pas parlé du dessin : il a un côté volontairement “vintage” qui ne m’a pas déplu. Par contre je n’ai pas franchement aimé les couleurs, souvent trop sombres.

A lire si vous êtes intéressés par les femmes fortes et intelligentes, l’histoire des USA ou la lutte pour les droits des afro-américains (ou les trois !)

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Voir quelques planches (site éditeur)

Sa bio sur le site Fondation pour la mémoire de l’esclavage

Radio France propose 4 podcasts d’une heure sur Angela Davis

Une autre BD présentée sur ce blog qui parle aussi de ségrégation et des Blacks Panthers : Liberty

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Cet album participe à la BD de la semaine, chez Blandine du blog Vivrelivre

ainsi qu’à l’African American History Month chez Enna

Le mystère de Billy the kid

BillyUn roman en 2 langues
A partir de 9 ans

Le mystère de Billy the kid

Julien Artigue

Illustré par Madeleine Merveilleux

Éd. Chattycat (2023)

*****History Mystery : Le Mystère de Billy the Kid ; éditions Chattycat

Pour Catherine, jeune orpheline élevée par sa grand-mère, la vie n’est pas toujours facile. Aussi, quand elle emmenée en Amérique par sa grande tante, se dit-elle que ça ne pourra pas être pire… Ce en quoi elle se trompait !

Car sa grande tante l’utilise comme une domestique non rémunérée (presque une esclave). Ses seuls moments de plaisir sont lorsqu’elle essaye de déchiffrer les “dime novels” (de petits romans) prêtés par sa grande tante. Petit à petit, en persévérant, elle arrive à comprendre quelques mots puis à lire enfin un roman entier ! Alors, le jour où sa tante lui reprend tous les livres, c’est la goutte qui fait déborder le vase…

Elle attend le bon moment et elle s’enfuit.

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Quand le roman commence, c’est Catherine qui raconte son histoire à sa petite fille Marguerite. En effet, celle-ci, en farfouillant dans le grenier (avec la bénédiction de sa grand-mère) a trouvé des lettres qui l’interpellent… Des lettres signées William Henri Bonney, qui datent des années 1880 et sont écrites en anglais. Catherine fini par avouer que ce William n’est autre que… Billy the kid ! Elle raconte donc à sa petite fille comment elle l’a rencontré.

L’histoire est amusante et les quelques phrases en anglais (2 ou 3 par pages max, parfois 0) n’entravent absolument pas la lecture. C’est même tout à fait compréhensible, d’autant plus qu’il y a un lexique à la fin du roman (classé par ordre d’apparition des mots, c’est la première fois que je vois ça je pense, mais pourquoi pas ?)

Bref, une façon intelligente de faire lire les enfants en anglais, sans les “effrayer” avec un texte tout en anglais alors qu’ils débutent !

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Le site de l’illustratrice (sur lequel j’ai emprunté les illustrations de ce billet)

Des éditions Chattycat, nous vous avons déjà présenté :

History Mystery : Le Mystère de Billy the Kid ; éditions Chattycat