Les ZOLA – BD biopic ♥

les zolaBiopic

Les ZOLA ♥

Méliane Marcaggi & Alice Chemama

Dargaud (2019)

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Éditeur : En 1864, Émile Zola est encore jeune pigiste chez Hachette. Discret mais brillant, il rêve de devenir écrivain. Il rencontre auprès de ses amis, figures artistiques majeures en devenir (Cézanne, Monet, Manet, etc.), la vivante et énigmatique Alexandrine, alias Gabrielle, devenue modèle afin d’échapper à sa condition d’ouvrière. Mutuellement séduits, ils entament une relation amoureuse qui se conclura par un mariage tardif. En plus de sa vie, elle partagera avec Zola son histoire personnelle tragique, et celle de son milieu de naissance misérable, qui servira de terreau à l’une des plus grandes sagas littéraires, politiques et sociales de la seconde moitié du XIXe siècle : les Rougon-Macquart. Dans ce contexte, un troisième personnage viendra compléter ce trio, Jeanne Rozerot, la mère des deux enfants de Zola…

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Non seulement cette bande dessinée est belle et intéressante, mais en plus, elle donne furieusement envie (à moi en tous cas) de (re)lire les 20 romans composants la série des Rougon-Macquart. J’en ai lu plusieurs (Germinal, Nana, Au bonheur des dames…) mais pas tous et pas dans l’ordre, ce que m’a donné envie de faire cette bd !

On découvre que Zola est un homme gentil, un peu réservé, plein d’empathie. Sa rencontre avec Gabrielle/Alexandrine va lui donner non seulement de l’assurance, mais la connaissance de la vie des gens “de la rue”, Zola venant d’une classe sociale plus “élevée”. Gabrielle va travailler pour lui permettre de se consacrer à l’écriture et va également lui créer un réseau qui va l’aider à se faire connaître.

Gabrielle est une “maîtresse” femme mais c’est aussi une “belle âme” comme on peut le voir à la fin de cet album. Je ne dévoile pas tout si vous ne connaissez pas la bio de Zola, vous aurez ainsi le plaisir de la découverte. Un album qui m’a beaucoup plu, tant pour la vie de cet écrivain que pour les belles illustrations semblables à des tableaux…

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+ Quelques mots de Sophie Hérisson : 
J’ai eu ma période Zola au lycée, et puis l’engouement est retombé… mais quel plaisir de me plonger ainsi dans sa vie ! Loin de mes souvenirs édulcorés d’adolescente, j’ai apprécié de voir Zola sous cet angle extérieur, de le découvrir un peu plus. Les personnages féminins qui entourent Zola m’ont eu aussi beaucoup intéressée, et c’est sans doute la force de ce biopic, de montrer des personnages secondaires que l’on a envie d’entendre, de défendre.
Cette bande dessinée a aussi plu à mes collègues de français qui la conseille notamment en 4e !

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Lire les premières pages (site de l’éditeur)

Les avis de Natiora, Fanny, Stephie, Karine et Moka bien sûr ! ;)

Quant à Jérôme, il a présenté Pot-Bouille, une BD adapté d’un roman de Zola.

Sophie vous avait présenté un imagier pour les petits : Au bonheur des dames

Cette semaine, nous sommes avec Stephie !

Une bd qui participe également à notre challenge “2021, Cette année sera classique !

2021

Le gardien de l’arbre – Album

Une histoire pour découvrir une œuvre d’art !
Album à partir de 5/6 ans

Le gardien de l’arbre

Myriam Ouyessad & Anja Klauss

Éd. l’élan vert (2017)

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Djalil était un jeune garçon curieux. Il aimait aller chez Minoa. Elle lui racontait des tas d’histoires. Elle avait des tonnes de boîtes, de toutes les tailles et de toutes les couleurs. Chaque boîte contenait une graine. A chaque fois qu’il allait là-bas, Djalil avait le droit de choisir une boîte. Il la donnait à Minoa et elle lui parlait alors de l’arbre d’où provenait la graine, des fruits qu’il portait et du pays d’où il venait.

Mais ce jour-là, Minoa, considérée par certains comme une sorcière, avait elle-même choisit la boîte. Djalil en sorti une drôle de graine. Il ne le savait pas encore, mais il était devenu le gardien…

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Quand j’ai vu la couverture de cet album à la médiathèque, je n’ai pas hésité une seule seconde pour l’emprunter ! Je la trouve tout bonnement magnifique.  Tout comme les illustrations intérieures d’ailleurs. Anja Klauss s’est librement inspirée du travail de Gustav Klimt et c’est très réussi. Très beau, riche de détails, de motifs et de couleurs. (Et en plus il est grand ! 24 x 32 cm…)

Et si le but de cet album* était de faire connaître Klimt et de donner envie de (re)découvrir son œuvre, je trouve que c’est tout à fait réussi ! A la fin du livre une double page documentaire parle de Klimt, de la vie à Vienne à son époque et de la naissance de cet album.

 

Une belle histoire portée par de merveilleuses illustrations.

*La collection “Pont des arts” : Des histoires pour découvrir des œuvres d’art.

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Je vous incite vivement à aller voir cette collection “Pont des arts“, il y a de magnifiques albums !

https://www.elanvert.fr/media/showtime/storage/2021/04/07/178/main/gardien-klimt.jpg?1617802196

Carton d’étude pour la mosaïque murale de la salle à manger du palais Stoclet – Gustav Klimt

La vidéo ci-dessous vous donnera une idée des illustrations et des couleurs !

Bluebells Wood – BD Fantastique

bluebellsLes sirènes existent*
Bande dessinée fantastique

Bluebells Wood

Guillaume Sorel

Glénat (2018)

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Préface de Pierre Dubois

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Quelque part entre la forêt et la mer, dans une maison bâtie sur une plage, un homme vit avec ses souvenirs. William peint inlassablement sa femme disparue, Helena. Il n’arrive pas à faire son deuil et s’est isolé volontairement, n’acceptant que la visite de son ami Victor et celle d’une jeune femme qu’il utilise comme modèle, Rosalie. Alors qu’il peint tranquillement assis dans sa barque, il va faire une étrange et terrible rencontre… Il ira jusqu’à se demander si sa raison ne l’a pas quitté.

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Bluebells :  jacinthes des bois bleues.

Elles forment un tapis bleu sur le sol de la forêt proche de la maison du peintre. A la fin de l’album, l’auteur nous explique que cet endroit existe (je veux y aller !!). Il raconte comment il l’a découvert et comment ça l’a inspiré pour cette bande dessinée.

L’histoire est relativement simple et pourrait être résumée en peu de phrases. Mais certaines choses arrivent, progressivement, et vont venir mettre une ambiance étrange. Étrange et inquiétante… Et la fin est surprenante !

Les illustrations sont magnifiques, les décors surtout (je n’aime pas tellement les visages…)! J’ai tout particulièrement apprécié le cahier graphique final, qui regroupe les couvertures non retenues, des portraits et des croquis (avec de superbes double-pages).

Encore une belle découverte faite grâce à la BD de la semaine. Je ne serai pas allée de moi-même vers cet album, la couverture ne m’attirant pas du tout. Et ça aurait été dommage !

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Le site de l’auteur

Découvrir quelques planches sur le site de l’éditeur

https://static.wixstatic.com/media/0422aa_fb5e617f56294f39821a73d103051d54~mv2.jpg/v1/fill/w_408,h_253,al_c,q_80,usm_0.66_1.00_0.01/0422aa_fb5e617f56294f39821a73d103051d54~mv2.jpg

Illustration empruntée sur le site de l’auteur

*Les sirènes existent est le nom de l’exposition d’originaux de Guillaume Sorel à St Malo du 1er août au 27 septembre 2020.

D’autres avis : Noukette, Brize

Cette semaine, nous nous retrouvons chez Stephie du blog Mille et une frasques

Relire Hopper -Mai en nouvelles

Hopper

Relire Hopper

Anthologie présentée par Alain Cueff
Éd. de la Réunion des Musées Nationaux (2012)
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7 auteurs pour 7 nouvelles
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J’aime Edward Hopper et la couverture de ce recueil de nouvelles, avec ce morceau de tableau, ne pouvait que m’attirer. Merci à Blandine d’y avoir pensé !

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https://imgc.allpostersimages.com/img/print/affiches/edward-hopper-nightawks-noctambules-ou-les-oiseaux-de-nuit-1942_a-G-9315082-9118560.jpg

Nightawks – 1942 – Un de ses tableaux les plus connus

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Ce que j’aime dans les tableaux d’Edward Hopper, c’est l’ambiance. Elle n’est pas toujours très gai, je ressens souvent la solitude, la déprime parfois, des gens qui peuplent ses peintures… Ce sont des instantanés de la vie courante, figés dans le temps, et pourtant j’adorerais aller me promener dans ses tableaux ! J’ai envie de savoir qui sont les personnages, ce qu’ils font, où ils vont… Et je n’ai pas cette “empathie” ou cette curiosité avec tous les tableaux ou tous les peintres.

J’ai dû mal à expliquer pourquoi ça me plait autant. Les couleurs ? Le style ? Non, je crois vraiment que c’est “l’atmosphère” qui se dégage de ses tableaux et sans doute aussi la solitude qu’on perçoit chez les personnages.

Et dans les nouvelles de ce recueil, on retrouve un peu cette même ambiance.

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1) La plus belle chose au mondeNorman Mailer

Un vagabond sans le sou se fait piéger par des joueurs de billard pas très honnêtes.

La “morale” de l’histoire pourrait être : “Il en faut parfois peu pour être heureux…”

2) L’homme soucieuxGrace Paley

Un homme marié s’intéresse d’un peu trop près à sa voisine…

Où comment passer près de la mort peut changer radicalement votre vision de la vie ! J’ai moyennement apprécié cette nouvelle dont le style ne m’a pas convaincue.

https://www.edwardhopper.net/images/paintings/newyork-movie.jpg

New York Movie – 1939

3) Le rien qui n’est pas làLeonard Michaels

Ce n’est pas vraiment une nouvelle. Plutôt un essai sur l’œuvre de Hopper en se basant sur un tableau que l’auteur, de son propre aveu, apprécie beaucoup : New York movie.

J’avoue que je manque cruellement de références pour apprécier ce que dit Mr Leonard Michaels. Il y a toutefois deux choses avec lesquelles je suis d’accord avec lui, pour les avoir moi-même ressenties : ce sentiment de solitude, souvent présent, et la facilité avec laquelle on peut se faire tout un film, s’inventer toute une histoire à partir d’un tableau de Hopper.

4) J’ai créé mon néantPaul Auster

L’errance d’un jeune homme qui trouve refuge dans Central Park où il survit tant bien que mal au fil des jours et des rencontres.

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une nouvelle, mais d’un extrait du roman “Moon Palace” (1989) dans lequel un jeune homme s’interroge, puis se laisse aller, persuadé que c’est son destin.

Un auteur que j’apprécie beaucoup, et un extrait qui m’a donné envie de lire le roman !

5) CrépusculeJames Salter

Nouvelle extraite d’un recueil de nouvelles “American Express” (Prix Faulkner 1989)

«C’était une femme qui avait un certain style de vie. Elle savait donner des dîners, s’occuper des chiens, entrer dans un restaurant. Elle avait sa façon de répondre aux invitations, de s’habiller, d’être elle-même. D’inestimables qualités, pourrait-on dire. C’était une femme qui avait lu, joué au golf, assisté à des mariages, qui avait de belles jambes, qui avait connu des épreuves. C’était une femme dont personne ne voulait plus.»

De cet auteur, j’ai lu “un bonheur parfait”, roman que je n’avais pas vraiment apprécié car trop peu d’émotions y passaient, les personnages étaient des personnages, c’est tout. Dans cette nouvelle, c’est pareil, on suit une femme, le temps d’une journée, mais rien ne passe, on ne ressent aucune empathie pour cette femme. Elle a 46 ans, vit seule depuis que son mari l’a quittée. Une nouvelle dans laquelle, malgré tout, on voit bien la tristesse et la solitude et qui, de ce fait a toute sa place dans ce recueil qui se réfère à certains tableaux de Hopper !

https://www.edwardhopper.net/images/paintings/cape-cod-evening.jpg

Cape Cod Evening – 1939

6) Cape Cod EveningAnn Beatie

Dans cette nouvelle, une femme raconte son histoire et celle de son mari, comment ils ont récupéré le chien qui est sur le tableau et l’histoire de leur voisin, un peintre, Mr Hopper (qui donc a peint le tableau…)

On voit bien ici que l’auteur a “plongé” dans le tableau pour nous en rapporter cette histoire ! Et c’est tout à fait l’effet que me font les tableaux de Mr Hopper : j’ai toujours envie d’aller dedans, voir ce qui se passe sur le côté, derrière, d’aller discuter avec les gens… Je me fais très souvent des “films” avec ses tableaux…

Matin en Caroline du Sud – 1955

7) L’ombre écarlateWalter Mosley

Socrate, un vieil homme noir qui vit seul, attrape un gamin, Darryl, qui vient de tuer un coq. Il lui fait plumer le coq puis le cuisine et ils le mangent ensemble. Le vieil homme sent bien que quelque chose ne va pas avec le gamin, aussi il le “cuisine” un peu pour essayer de l’aider… Tout ça sous “le regard” de la femme noire du tableau…

Une drôle d’histoire, pas franchement gaie !!

Au final, ce recueil m’aura permis de découvrir de “nouveaux” auteurs et de me (re)plonger dans l’atmosphère -si particulière !- des tableaux d’Edward Hopper.

Cet ouvrage se termine avec une courte biographie de chaque auteur, ainsi qu’une bibliographie pour chacun.

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Cette lecture participe au challenge “Mai en nouvelles” proposé par le blog “Hop ! Sous la couette”.

Si vous aimez les nouvelles, je vous invite à participer à ce challenge, qui propose, en prime, un concours avec de jolis lots pour les participants.