Le livre brûlé – série en 2 tomes

Le livre brûlé

T.1 : Le cri de l’arbre

Françoise Grard

Gulf Stream Éditeur (2014)

LivreBrule1

L’auteure : Professeure de lettres en région parisienne, mère de 3 enfants, elle aime lire et bien sûr, écrire ! Ce qui ne l’empêche pas, parfois, de massacrer son piano…

L’histoire : Chris est heureux. C’est enfin les vacances et avec elles, la promesse de longues baignades et de promenades dans ses chers sous-bois. Mais à peine a t-il entamé sa première balade sous les arbres qu’une grosse voiture lancée à toute allure balance un paquet à ses pieds… Le paquet mystérieux s’avère être un livre, livre qui s’enflamme dès qu’on essaie de l’ouvrir ! Chris se retrouve à mener une drôle d’enquête, un peu malgré lui…

Mon avis : A la fois roman policier et fantastique (avec une pincée d’Histoire), le cri de l’arbre est un court roman (186 p.) qui se lit rapidement et avec plaisir. J’ai particulièrement aimé que le personnage principal, Chris, soit un ado amoureux de la nature (ça change des jeux vidéos !) et des animaux (qui le lui rendent bien). Beaucoup de mystères dans ce premier tome qui ne fait que mettre l’histoire en place…

Un seul bémol : j’ai vu ici et là qu’il est conseillé à partir de 11 ans. Les chapitres sont courts (10-15 pages), la mise en page aérée et la police de caractères assez grosse, ce qui facilite la lecture, il est vrai. Malgré tout, vu le vocabulaire employé, je doute un peu… Ou alors, pour les très bons lecteurs !

Et j’avoue également que je n’aime pas du tout l’illustration de couverture… Je la trouve vraiment tristounette et cette couleur caca d’oie ne m’aurait pas attirée du tout si j’avais vu ce livre en vitrine !

LivreBrule2 Comme vous êtes des petits veinards, le tome 2, “Dans les eaux noires du lac” (suite et fin) vient de sortir ! Ne faites pas la fine bouche, achetez les deux en même temps, ça vous évitera de ressortir…

SignatureNat

#Bleue de Florence Hinckel #SF

Roman de science fiction pour adolescents

#Bleue

de Florence Hinckel

Syros, 29 janvier 2015
collection Soon
978-2748516869, 15,90€

Si on vous proposait de supprimer toute souffrance émotionnelle pour les enfants et les adolescents, que décideriez-vous ?

Silas est un adolescent comme les autres, ultra connecté aux réseaux sociaux. Sauf qu’il n’a pas vraiment le choix. Dans son époque, c’est une obligation, un lien social virtuel qui permet d’avancer dans la vie. Si on ne poste pas, c’est qu’il y a un problème, et une cellule d’aide se charge d’intervenir. Plus déconcertant encore, la peine, la tristesse, n’existe plus vraiment ! La Cellule d’Éradication de la Douleur Émotionnelle (CEDE) a été mise en place pour effacer la douleur des souvenirs, sans effacer le souvenir en lui même. A chaque intervention, un point bleu reste sur le poignet. Si les adultes ont le choix, ce n’est pas le cas des mineurs, pour qui l’intervention est automatique en cas de traumatisme.

Silas, notre ado comme les autres, est un peu à part quand même. Parce que ses parents le sont, et parce qu’il aime le calme, loin des reseaux. Pourtant quand sa petite amie Astrid meurt dans un accident, il doit avoir recours à la CEDE et prend peu à peu conscience du monde qui l’entoure différemment.

Il paraît qu’avant, la rue était beaucoup moins sûre. Mais aujourd’hui, l’oblitération est entièrement prise en charge par l’État, ce qui fait qu’un gars comme ce SDF peut en bénéficier autant qu’il le souhaite. Bien entendu, il sera toujours sensible au dénuement, à la sensation de froid ou de faim, mais il peut oublier la douleur morale qui en découle. Ainsi, tous ceux qui ne souffrent plus de leurs conditions de miséreux n’ont plus aucune raison d’être agressifs. Après tout, il faut bien qu’il y ait des pauvres, des moins pauvres et des riches dans notre société ! C’est comme ça depuis toujours, et puisqu’il n’y a pas de travail pour tout le monde, à quoi bon en souffrir ?

Dans ce roman de science fiction en deux parties on découvre un monde tellement proche du notre que l’on ne peut s’empecher de se projeter, et d’avoir peur ! Quel bonheur de ne plus ressentir la douleur, mais quel malheur en même temps… Ce roman est magnifiquement bien construit, les rebondissements sont réellement saisissants. Le turn-over est assuré du début à la fin, sans répis, avec un besoin de connaître le dénouement grandissant.

La sensibilité des personnages offre un récit touchant. Entre engagement et histoire d’amour, Florence Hinkel fait vivre des situations difficiles à des adolescents auxquels on s’attache. Gagner son autonomie ne va pas sans combat, dans notre monde comme dans celui ci !

Un magnifique roman qui allie suspense, resistance et amour dans une histoire prenante, très ancrée dans la réalité pour de la science-fiction…

 + Challenge YA#4

Résistances 1 L’appel

Résistances
1 – L’appel

de Claude Plumail et Jean-Christophe Derrien

Bande Dessinée historique (adulte)

Le Lombard, 18 juin 2010 (symbolique non?)
9782803626533, 13€95

Thèmes : Seconde Guerre Mondiale, Résistances, Fuite, Appel du Général de Gaule

Présentation de l’éditeur :
14 juin 1940.
Les Allemands entrent dans Paris. C’en est trop pour Sonia et André qui ne veulent pas voir le drapeau nazi flotter sur l’Arc de Triomphe. Ils partent sur les routes en compagnie d’un homme désabusé, Louis. La Grande Aventure commence.

Mon avis :

Je lis beaucoup autour de la Seconde Guerre Mondiale, pour mes élèves, mais aussi par goût pour cette période historique. Une période dont mon grand père m’a beaucoup parlé et qui nous suit encore aujourd’hui.

Si les illustrations assez classiques ne m’ont pas totalement séduites (la faute surtout aux bouches) j’ai apprécié ce début d’histoire. Presque ébauche car si l’on apprend à connaître les personnages, on ne connait leur destin que par les bribes de futur que l’on découvre dans les premières et dernières pages. Assez pour avoir envie d’en apprendre plus, mais pas tout à fait assez pourtant.

“Faire ressurgir la diversité des parcours des résistants”

La couverture nous montre les trois personnages principaux, obligés de se cacher, mais ce n’est finalement que peu le cas dans ce tome. Louis, André et surtout Sonia, un trio que l’on découvre à leur rencontre et que l’on suit sur des chemins bien différents. La Bretagne, Londres, Paris, on découvre à travers eux la situation de la France, la guerre, l’armistice, la déportation, tout cela peu à peu, par petites touches. Si les détails historiques sont justes, on s’y attarde peu pour se concentrer sur les histoires humaines. L’amour, la haine, les secrets beaucoup.

De nombreuses cases sans texte, parce que les dessins sont suffisants, laissant le texte aux seuls dialogues renforcent l’idée d’un bande dessinée qui s’attache plus aux personnes qu’aux faits. La mise en page joue habillement sur les cases, ne montrant parfois que des morceaux, des parties de visages. Un cadrage intéressant qui donne à la fois une dynamique à l’histoire et un recentrage sur les personnages.

A la fin de ce tome chaque personnage garde une grande part de mystère, surtout Louis, et même si l’on est en juin 40, on sait déjà qu’en 42/43 ils se reverront…

BD du mercredi de Mango