Mon petit théâtre de Peau d’Ane de Jean-Michel Othoniel et Marie Desplechin

Mon petit théâtre de Peau d’Ane

Jean-Michel Othoniel
et Marie Desplechin

Editions Courtes et Longues, 19€

Mon avis :

Avant tout ce livre est un magnifique objet, qui est une invitation à le feuilleter encore et encore. De très belles couleurs, une présentation très classe, aérée, des photographies… Vraiment un ensemble graphique très réussi.

Pour ce qui est du texte, Marie Desplechin prête sa plume aux mots de Jean-Michel Othoniel, et décidemment elle sait très bien le faire. C’est une vraie réussite, un récit autobiographique et documentaire agréable à lire.

L’histoire quand à elle nous permet de découvrir l’art en général, mais aussi Rochefort, Pierre Loti, le théâtre et Peau d’Ane surtout!

Un vrai livre d’art, artistique et très accessible, et la fin, les mots de l’histoire sonnent comme une invitation poétique je trouve.

 

Les auteurs (informations de l’éditeur)
Marie Desplechin : auteur de plus de 30 livres pour les enfants et les adultes, traduite en plusieurs langues, elle est l’un des auteurs qui comptent dans la littérature française. Son écriture fluide, précise et pleine d’humour éclairent ses textes avec magie.

Jean-Michel Othoniel : on connaît tous au moins une œuvre de cet artiste : la station de métro en perles de verre au Palais-Royal à Paris. Qu’on l’ait vue en photo ou qu’on y soit descendu, on éprouve toujours le même sentiment de douceur, d’intimité et de mystère. Trois aspects essentiels de l’œuvre de Jean-Michel Othoniel qui, depuis la fin des années 1980, porte sur notre monde un regard à la fois

tendre et douloureux, qu’il métamorphose avec poésie et couleurs.

Marie_Desplechin
Info +
Rétrospective de l’œuvre de Jean-Michel Othoniel au Centre Pompidou, du 2 mars au 23 mai 2011. Elle sera présentée dans le musée mais également dans la galerie des enfants (où sera exposée une double page du livre). Elle fera ensuite escale au Japon, en Corée et aux États-Unis.

Un livre lu dans le cadre de la semaine Marie Desplechin chez Stephie.

J’ai lu aussi de Marie Desplechin (et j’en parle sur mon blog)
– Le journal d’Aurore (mon avis sur le tome 3)
Danbé

 

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Le passage de Justin Conin

Le passage

de Justin Cronin

Roman « fantastique » dans les deux sens du terme!

Éditions Robert Laffont, mars 2011
9782221111130, 22,90€

Attention Coup de Coeur

Vous parler de ce livre tout en vous laissant la chance d’être surpris est si dur! Si vous comptez lire ce livre je vous conseille d’ailleurs de beaucoup vous méfier car sur le net j’ai déjà croisé beaucoup trop d’informations ! Lire ce livre sans rien en savoir, c’est de loin le mieux! C’est ce que j’ai fait, j’ai commencé ce livre sans avoir regardé la quatrième de couverture, sans avoir lu d’avis, rien! Et je suis entrée dans ce livre…

Je n’en suis jamais sortie! Je n’ai pas pu le lire d’une seule traite bien sûr (il fait presque 1000 pages), mais j’ai vécu dans ce livre pendant toute une semaine… et j’y repense encore plus d’une semaine après avoir lu la dernière ligne. Ce qui me rassure c’est que c’est un tome 1, je sais donc que mon plaisir pourra se prolonger un jour. Je crois même que j’en profiterai pour relire ce tome à cette occasion!

Bon mais avec tout ça je ne vous ai toujours pas dit ce que j’aimais dans le livre. J’aime tout… tellement tout! Ca faisait longtemps que je n’avais pas eu un tel coup de coeur, et c’est avant tout grâce à l’histoire. Elle est à la fois tellement fascinante, tellement fournie, et tellement légère parfois… C’est ce mélange que j’ai aimé je crois : c’est un roman de science fiction, puisque ça se passe dans le futur… mais en même temps c’est de l’horreur, et aussi un roman d’aventure… et puis il y a de l’amour !

Ce roman a donc une histoire entrainante, difficile à oublier, mais l’écriture aussi m’a permis d’apprécier ce livre. En effet malgré ces 900 et quelques pages, ce roman se lit vite (presque trop vite !). Justin Cronin a une écriture très agréable et dans ce roman il alterne les types de récits, entre témoignage, journal intime, narration, et les narrateurs. Au final on rencontre les personnages sous plusieurs aspects, et on a l’impression de les connaître, de vivre avec eux dans ce roman. On frissonne, on pleure, on espère et on voyage! Le personnage principal c’est Amy… elle est, disons, particulière. On a souvent du mal à la comprendre, on l’aime

En voyant la taille du roman j’ai eu peur de me lasser, pourtant au final il faut vraiment tout, je n’aurais rien coupé à ce roman! Aucun personnage a enlevé, aucune histoire qui parraisse secondaire et qui n’ai pas un intérêt… Il faut tout, j’ai tout aimé et j’attends la suite!

Pourquoi lire ce livre ? Parce que je pense qu’il a un énorme potentiel, et qu’il pourra plaire même à ceux qui n’aime pas le fantastique… Je m’avance peut être, mais quand on a autant aimé un livre, difficile d’imaginer que les autres puissent ne pas aimer. J’ai déjà convaincu mon homme de le lire… pourtant vu la taille du pavé, et le battage médiatique, ce n’était pas forcément gagné !

Je ne peux que vous souhaiter bonne lecture, et dire merci à Iris, la fille de Justin Cronin, qui lui a soufflé l’idée du livre!

SPOILER — en dessous de cette ligne, les informations sur le livre Le passage sont des spoilers… petits bien sûr, et qu’on peut lire partout, mais que je n’aurai pas aimé les avoir lu avant de découvrir le livre !

Dans ce roman il se déroule plus de 100 ans, pourtant on va suivre une jeune fille, Amy, qui d’allure ne dépassera pas les 15 ans! Magique ? Non scientifique et fantastique, à base de vampires un peu spécifiques. Car ce roman est un vrai roman de survie, celle des américains, suite à l’attaque de vampires crées en laboratoire… Une aventure pré et post apocalyptique !
Une communauté a survécu à cette attaque et au virus, mais combien de temps vont il encore tenir sur les vestiges de notre civilisation disparue ?


Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien – Mathias Leboeuf

Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien :
Petite histoire de la philosophie en 32 citations

de Mathias Leboeuf

Documentaire – usuel de philosophie

Le livre de poche, janvier 2011
(Les usuels de la philo)
6,00€, 279 pages

L’auteur :

Mathias Lebœuf est docteur en philosophie et journaliste à La Revue.
Après avoir consacré sa thèse au rapport de la peinture et du langage, il décide de fonder une agence d’action culturelle, Valeur Agitée, qui s’attache à promouvoir la philosophie et surtout à la diffuser en dehors de l’Université auprès de non-spécialistes. Il intervient ainsi régulièrement en entreprises, anime plusieurs cafés philosophiques et enseigne dans le cadre de l’Université Permanente de la ville de Paris.
Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien est son premier ouvrage.

Mon avis :

De la philosophie amenée par des citations, je me suis dit que c’était tout à fait ce qu’il me fallait. Au final je ne suis pas déçue, mais la promenade n’a pas été aussi reposante que prévue. Pourquoi ? Parce que c’est de la philosophie en fait, tout simplement. Les citations sont vraiment un prétexte pour amener un philosophe. Ainsi « Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point » permet de parler de Blaise Pascal. C’est un de mes chapitres préférés d’ailleurs, car j’aime à la fois cette citation, et en bonne auvergnate ce philosophe, scientifique émérite. Surtout qu’il ne se considérait pas du tout comme un philosophe, ce qui rend ses travaux plus accessible. Cheminement, argumentation, source et réfutation, chaque chapitre nous apporte des informations sur un philosophie donc, mais en le mettant en relief avec les autres philosophes, les idées partagées ou non, le contexte aussi… Et puis la citation est interprétée… et ici c’est « une querelle métaphysique […] sur la « connaissance de Dieu ». Un deuxième chapitre lui est consacré, pour encore plus de plaisir :)
Les auteurs sont classés par ordre chronologique. C’est donc Héraclite, Socrate et Platon qui commencent, suivis par Aristote, Epicure [mauvais souvenirs de terminal…], puis des inconnus pour moi Epictète, Guillaume d’Ockham et More, mais des incontournables aussi comme Machiavel, Montaigne, Hobbes, Descartes, Pascal donc, puis Spinoza, Leibniz, Voltaire, Hume (je ne le connaissais pas non plus celui ci), Rousseau (je l’aime bien lui aussi), Kant, Hegel, Proudhon, Marx, Nietzsche, Freud aussi, et les presque contemporains Wittgenstein, Camus, Sartre et Deleuze.

Certains sont purs philosophie, d’autres beaucoup moins, mais l’ensemble est homogène et tout à fait accessible… Il faut quand même porter un intérêt à la philosophie ou avoir une grande curiosité car les informations sont condensées. Un livre qui part direct vers ma petite sœur, en espérant qu’elle en retira quelque chose pour ses concours  !

Et quelques citations pour vous :
« On ne se baigne jamais dans le même fleuve » Héraclite
« L’homme est un loup pour l’homme » Hobbes
« Il est beaucoup plus sûr d’être craint qu’aimé » Machiavel

 

Plus une petite vidéo Interview de l’auteur :

Danbe d’Aya Cissoko et Marie Desplechin

Danbe

d’Aya Cissoko et Marie Desplechin

Roman adolescents / adulte

Calmann-Lévy, février 2011
9782702141755, 15€

Thèmes : Immigration, Intégration, Boxe, Volonté, Famille

Une petite fille immigrée grandie heureuse à Ménilmontant, frappée par une série de deuils familiaux, devient championne de boxe puis étudiante à Sciences Po : le parcours hors du commun d’Aya, raconté avec force et justesse par Marie Desplechin.
Danbé est le résultat d’une longue conversation entre Aya Cissoko et Marie Desplechin. Quand elles se sont rencontrées chez des amis communs, le projet d’écrire une « vie d’Aya » était déjà ancien ; Aya en avait posé les grandes lignes sur le papier. Il pouvait sembler curieux, voire prématuré, de se lancer dans un récit autobiographique, quand son auteur avait tout juste une petite trentaine d’années.
Mais son destin à la fois exemplaire et particulier justifiait la démarche. Fille de parents maliens venus d’un village pour s’installer à Paris, Aya connaît les conditions de vie difficiles d’une famille pauvre et déracinée.

Mon avis
Cette autobiographie est menée de mains de maître par Aya Cissoko et Marie Desplechin. J’avoue bien volontiers que c’est le nom de Marie Desplechin, auteur jeunesse que j’affectionne, qui m’a poussé vers ce livre. Je ne connaissais pas du tout Aya Cissoko… et tant mieux finalement, car j’ai pu découvrir son histoire petit à petit, au fil des lignes. Je suis entrée tout entière dans ce récit, j’ai eu peur, j’ai eu les larmes aux yeux, le sourire aux lèvres, envie de crier… mais surtout l’envie de tourner les pages, de continuer à découvrir ce destin si particulier, tellement plein de force et de dignité.
Un parcours exemplaire ? Pas vraiment en fait, et je ne le souhaite à personne, sauf que ce sont ces épreuves qui ont fait d’Aya Cissoko une femme aux talents multiples…

Dans ce livre nous découvrons la France, et Paris, sous les yeux d’une petite fille, puis d’une adolescente qui n’a pas choisi de vivre là où elle vit, mais qui s’y adapte. Alors non ce n’est pas un roman sur les « quartiers », pas vraiment, mais ce qui y est évoqué est intéressant, car même dans les situations dramatiques, il y a des lueurs d’espoir. « L’avantage » d’une autobiographie contrairement à un roman, c’est qu’on ne peut rien épargner au personnage principal… Même si ce récit est celui d’une réussite, multiple d’ailleurs, ce n’est pas que cela, il y a aussi les trous noirs, les difficultés, la pauvreté, la mort… Le tout est superbement maitrisé, car on ne tombe jamais dans le pathos. Un témoignage admirable d’une jeune femme qui continue d’avancer, et de réussir!

Alors un grand bravo à Aya tout d’abord, pour cette force, cette leçon de vie, et ses réussites… et mes félicitations à Marie Desplechin aussi, qui a prêté sa plume et son talent à ce récit! Une autobiographie qui est à lire, à transmettre, et à faire lire, notamment aux adolescents, mais pas que!

Une rencontre a eu lieu à Paris, certains adolescents vont avoir la chance des les rencontrer (c’est ça aussi d’avoir 2 supers nanas comme profs :)
L’avis plus qu’enthousiaste de Stephie, qui a en plus assisté à la rencontre parisienne. Mais aussi les avis de Noukette, Constance93, et Chiffonnette !

Extrait :
 » Grandir enfant français de parents africains donne un regard particulier sur l’Histoire, un regard ironique, un peu méfiant. Je ne sais pas si l’Afrique a un problème avec l’Histoire. Mais je suis à la bonne place pour constater que l’Histoire a un problème avec l’Afrique. »